On appelle musique LGBT (ou musique lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre) la musique focalisée sur les questions LGBT interprétée par des artistes LGBT.
Les paroles sont particulièrement orientées sur l'émancipation homosexuelle, les relations entre personnes de même sexe, l'amour, la liberté, la fierté homosexuelle et l'encouragement du . Depuis les années 2010, ce style musical est devenu très populaire aux États-Unis, notamment à travers des artistes ouvertement homosexuels comme Adam Lambert qui atteint le sommet du Billboard 200 en 2012. Un festival de musique LGBT existe également.. Cela traduit une évolution de l'industrie musicale par rapport à ce phénomène durant les dernières années.
Périmètre Comme d'autres éléments de la culture LGBT, le périmètre exact de la musique LGBT change entre les auteurs. L'historien de la musique et de la communauté LGBT Daryll W. Bullock dinstingue ainsi d'un côté la « musique LGBT, » définie comme les productions musicales d'artistes LGBT, et la « Pink Pound » comme le support que la communauté LGBT donne spécifiquement à certains artistes qu'ils soient eux-mêmes LGBT, tels que Madonna, ou non, comme Cher ou Kylie Minogue ; la Pink Pound se confond ainsi avec les icônes gay.
Musique LGBT par des artistes de la communauté
Avant le Daryll W. Bullock fait remonter la musique LGBT aussi loin que l'existence de musiciens homosexuels ou trans, citant en particulier Jean-Baptiste Lully, Arcangelo Corelli, Tchaïkovski, Schubert, Haendel, ou la compositrice lesbienne Ethel Smyth.
Première moitié du : l'âge d'or des cafés-concerts et des music halls
Les cafés-concerts, puis plus tard les music halls, sont un vivier de nombreux chanteurs et chanteuses plus ou moins ouvertement homosexuels : Félix Mayol, Henri Varna, Gaston Gabaroche, Reda Caire, Jean Lumière, André Claveau, Reda Caire, André Pasdoc, Jean Sablon, Charles Trenet pour les hommes, Damia, Fréhel, Suzy Solidor, Dora Stroeva, Yvonne George, Jane Stick, Sidonie Baba, Agnès Capri pour les femmes.
Outre les artistes qui s'y produisent, une partie des music halls parisiens servent aussi de lieux de rencontre aux homosexuels qui s'y rendent et entretiennent des relations sexuelles dans les promenoirs.
Années 1940 à 1970 : Une visibilité difficile à négocier vignette|Liberace dans son salon en 1974, photographie d'Allan Warren. Le début des années 1970 est marqué par de nombreux coming-out : celui de Dusty Springfield en 1970 dans lEvening Standard, celui de David Bowie dans Melody Maker en 1972, ou celui d'Elton John dans Rolling Stone en 1976..
L'année 1972 est particulièrement riche avec la sortie de l'album Transformer de Lou Reed, dont le titre Walk on the Wild Side est un hommage aux personnalités trans Holly Woodlawn et Candy Darling et la contractualisation du chanteur Jobriath qui se voit proposer deux albums par David Geffen ; celui-ci devenant ainsi le premier chanteur rock ouvertement gay. Geffen lui-même fera son coming-out par la suite.
Ces coming-out se traduisent par des baisses des ventes ; pour cette raison, des artistes préfèrent ne révéler leur homosexualité qu'après l'apogée de leur carrière : c'est le cas de Johnny Mathis, populaire dans les années 1960 et ne réalisant son coming-out qu'en 1982, ou de Lesley Gore, qui effectue le sien au début des années 2000. Le pianiste Liberace ne révèlera jamais son homosexualité de son vivant, attaquant en justice les journalistes qui osaient en parler ; celle-ci ne sera confirmée que 30 ans après sa mort. La position de Freddie Mercury, leader de Queen, est plus ambigüe : s'il ne l'a jamais officiellement confirmée, son homosexualité était connue de tous.
Le label Olivia Records est créé en 1973 par des lesbiennes afin de promouvoir la musique alternative féminine.
Parmi d'autres exemples, on peut citer des artistes tels que les Village People, Sylvester, Tom Robinson, les Indigo Girls, K.d. lang, les Dead or Alive, Little Richard ou Marc Almond, parmi d'autres.
De 1980 à nos jours vignette|Tom Robinson en concert en 2004.|gauche En 1978, l'artiste gay britannique Tom Robinson crée la chanson Glad to be Gay, qui devient un hymne pour les militants LGBT. Il faut attendre 1983 et Relax de Frankie Goes to Hollywood pour avoir un nouveau titre parlant aussi ouvertement de la sexualité de son chanteur. Outre ces chansons directes, l'homosexualité et la culture gaie sont plutôt évoquées par suggestion : c'est le cas par exemple des titres Macho Man, YMCA et In The Navy des Village People, de Tainted Love de Soft Cell ou de You Make Me Feel (Mighty Real) et de Sylvester.
Dans les années 1980, l'exposition d'artistes ouvertement LGBT est devenue plus importante avec Boy George (de Culture Club), George Michael, Frankie Goes to Hollywood, les Pet Shop Boys et Andy Bell (d'Erasure).
Le groupe T.a.T.u. et plus particulièrement sa chanson All the Things She Said devient un phénomène lesbien à sa sortie en 2002 : bien que l'homosexualité des deux chanteuses soit feinte, une technique marketing permettant d'augmenter les ventes de la chanson, la représentation qu'elle offre aux femmes queers a pris le pas sur son aspect faux et appropriatif, permettant à de nombreuses lesbiennes et bisexuelles de réaliser leur coming in. L'équilibre entre représentation et appropriation s'inverse au cours des années 2010 : ainsi, en 2018, Rita Ora, qui n'a alors pas encore fait son coming out bisexuel, est fortement critiquée par la communauté lesbienne pour sa représentation lesbophobe des relations entre femmes dans la chanson Girls, limitées à une technique d'aguichage des hommes.
Dans les années 2010, des artistes ouvertement homosexuels comme Tegan and Sara ont gagné en popularité allant jusqu'à produire une publicité pour la tolérance pour Oreo en 2014.. Dans la chanson francophone, l'homosexualité est un thème récurrent pour Hoshi, Pomme, Suzane ou Eddy de Pretto. Redcar évoque pour sa part les questions d'identité de genre. Certains artistes ont pu évoquer leur homosexualité dans certaines chansons comme Angèle sans que cela ne constitue le thème principal de leur œuvre.
Plusieurs artistes ouvertement LGBT sont couronnés de succès comme Elton John qui a le single le mieux vendu dans le Billboard des années 1990 (Candle in the Wind 1997) et le single Anything is Possible/Evergreen par Will Young qui était le single le plus vendu dans les années 2000 .. Le chanteur country Ty Herndon a fait son coming out en 2014, après trois hits dans le Billboard Hot Country Songs..
En 2020, l'artiste Temmie Ovwasa sort E Be Like Say Dem Swear For Me, qualifié dans la presse africaine LGBT comme le premier album ouvertement LGBT au Nigéria. vignette|Chappell Roan en concert en 2022 En 2024, Chappell Roan sort le single Good Luck, Babe! qui parle d'hétérosexualité compulsive ; sa popularité, conjointement avec celles de Billie Eilish et Reneé Rapp et d'autres artistes, font que les journalistes parlent alors d'une « Renaissance de la pop lesbienne ».
Musiques par des artistes hétérosexuels
Production depuis une position d'allié gauche|vignette|The Miracles en 1972 ; ils sont l'un des premiers groupes hétérosexuels à produire une chanson de soutien à la communauté LGBT.
Soutien dans les paroles Dès les années 1970, des artistes hétérosexuels produisent des chansons de soutien à la communauté LGBT : ainsi les Miracles produisent en 1975 Ain't Nobody Straight in LA, figurant sur l'album City of Angels, qui parle de la banalité de l'homosexualité. Rob Stewart évoquera quelques années plus tard le meurtre homophobe d'un ami dans The Killing of Georgie (Part I and II), qui atteindra la deuxième place des singles britanniques.
Le début des années 2000s voit la multiplication des titres explicitement de soutien : l'artiste countryBobby with an I de Phil Vassar (2009), I Kissed a Girl de Katy Perry (2008) et Same Love de Macklemore et Ryan Lewis (2012)..
Hommage à la culture queer La célébration de la culture LGBT ne se fait pas uniquement par des paroles, mais aussi par des choix de genre de musique et de collaboration : ainsi, l'album Renaissance de Beyoncé, sorti en 2022, est célébré comme un hommage à la culture queer en particulier Afro-Américaine, via l'utilisation de sons dance, bounce et disco, particulièrement présent dans la ball scene, les références textuelles et la collaboration avec des artistes queers, tels que , Ts Madison, Honey Dijon, Syd, Moi Renee, MikeQ et Kevin Aviance.
Détournements et réappropriations par la culture queer
Hymnes gays Un hymne gay est une chanson populaire qui est devenue très populaire auprès de la communauté gay. Si cette catégorie englobe des titres explicitement de soutien aux LGBT, qu'ils soient écrits par des membres de la communauté ou pas, elle comprend essentiellement des chansons écrites pour un public hétérosexuel et ensuite réinterprétées par la communauté gay.
Les paroles des hymnes gays abordent des thèmes récurrents : persévérance, de la force intérieure, et de l'unité., la résilience, qu'elle soit amoureuse ou personnelle; plus généralement, l'idée que l'amour triomphe de tout ; l'acceptation, fière et sans concession, de soi-même, en particulier de sa sexualité ; la difficulté de travailler pour obtenir une telle acceptation ; la rupture de la solitude, que ce soit en trouvant une communauté ou par l'acceptation par la société dans son ensemble ; et enfin, la capacité à vivre des moments d'insouciance, notamment par la fête.
Selon Popular Music, un journal musical, la chanson la plus communément identifiée comme un hymne gay est I Will Survive par Gloria Gaynor.. Stonewall, une association caritative pour les droits des LGBT au Royaume-Uni, a nommé Beautiful (2003) de Christina Aguilera, comme chanson la plus influente de la décennie 2000 pour les LGBT. Elton John avait prédit qu'elle remplacerait "I Will Survive" en tant qu'hymne gay prééminent..
Y.M.C.A., In the Navy (1978), Macho Man (1979) de Village People., I Need a Man de Grace Jones (1975)Grace Jones 2021-09-13., Love Sansation de Loleatta Holloway (1980), The Other side of the Rainbow de Melba Moore (1982), It's Raining Men de The Weather Girls (1982).., Ain't No Mountain High Enough (1966) et I'm Coming Out (1980) de Diana Ross., Dancing Queen (1976) et Gimme! Gimme! Gimme! (A Man After Midnight) (1979) de ABBA, Love to Love You Baby et Bad Girls (1979) de Donna Summer, mais aussi Last Night a D.J. Saved My Life de Indeep (1982), sont considérés comme des hymnes gays cultes.
Finally de CeCe Peniston (1991), Hero de Mariah Carey (1993), Free de Ultra Naté (1997), Together Again de Janet Jackson (1997), Believe de Cher (1999), Mi Chico Latino (1999) et Bag It Up de Geri Halliwell, sont considérés comme des hymnes cultes de la décennie 90.
Never Be the Same Again (2000) de Mel C, I Think I'm in Love with You (2000) et A Public Affair (2006) de Jessica Simpson, Spinning Around (2000) et Can't Get You Out of My Head (2001) de Kylie Minogue, It's Raining Men (2001) et Ride It (2004) de Geri Halliwell, I Begin to Wonder (2003) de Dannii Minogue, Beautiful (2003) de Christina Aguilera ou encore I Kissed a Girl de Katy Perry (2008), sont considérés comme des hymnes cultes de la décennie 2000.
Think About It (2012) de Mel C, Hot Sugar (2013) et If I Don't Have You (2015) et My Man (2017) de Tamar Braxton, Born This Way (2011) de Lady Gaga, Same Love de Macklemore et Ryan Lewis (2012), Everybody Talks (2012) de Neon Trees, For Once In My Life de Mel B (2013), (2013) de The Neighborhood, mais aussi Break Free (2014) de Ariana Grande, font partie des principaux hymnes des années 2010.
Pour les années 2020, l'album Renaissance () de Beyoncé rend hommage à la culture queer. Son single principal, Break My Soul est en particulier considéré comme un hymne gay.
Lip-syncs vignette|La drag queen , célèbre pour ses lipsyncs dans RuPaul's Drag Race, en 2019.