Pierrette Petitot, née le à Saint-Denis et morte le , est une femme politique française, membre du PCF. Elle est maire de Villetaneuse de 1945 à 1977, une des premières femmes maires en France, et conseillère générale de la Seine puis de la Seine-Saint-Denis de 1948 à 1973.
Biographie Jeunesse et résistance Pierrette Petitot arrive à Villetaneuse en 1928. Âgée de 13 ans, elle commence à travailler dans une usine de chocolatFiona Moghaddam, « En 1945, les premières femmes élues maires en France », franceculture.fr, 2 mars 2020.. Très jeune, elle est déjà active en tant que syndicaliste lors des grandes grèves de 1936. Résistante active sous l'Occupation au sein du Parti communiste clandestin, elle travaille au secours national qui s’occupe des cantines scolaires et de l'aide aux familles de prisonniers de guerre.
À 20 ans, elle se marie avec un syndicaliste CGT de onze ans son aîné.
En 1944, le droit de vote et d’éligibilité des femmes est légalisé. Aux élections municipales de mai 1945, Pierrette Petitot, jeune militante communiste, s’engage sur la liste issue de la résistance qui remporte le scrutin. Yves Mahé est élu maire, avant de démissionner quelques mois plus tard. Le conseil municipal choisit alors à la majorité Pierrette Petitot pour lui succéder. centré|vignette|Élections du conseil municipal de Villetaneuse en 1945 et 1947.
Maire de Villetaneuse Pierrette Petitot devient ainsi à 28 ans l’une des plus jeunes et premières femmes maires de France. Elle raconte :
Villetaneuse a été très meurtrie par la guerre, le conseil municipal est composé de communistes, de socialistes et de sans-parti (en particulier ceux qui avaient participé à la libération de la ville) et Pierrette Petitot, avec son équipe, développe en priorité l’action sociale et la protection des enfants. Dès 1945, une consultation pour nourrissons est ouverte rue Roger-Salengro. C’est l’ancêtre des centres de Protection maternelle et infantile (PMI).
La municipalité, sur proposition du maire, décide d’envoyer les enfants à la campagne, pour respirer le grand air. Ce sont les premières colonies de vacances. Une propriété à la campagne, « le Chêne vert », située aux Salles-Lavauguyon en Haute-Vienne, est achetée en 1951 par la ville. Dans le même temps, est créé le patronage, ancêtre des centres de loisirs.
Pierrette Petitot contribue, au cours de ses mandats, à la naissance d'une ville. Villetaneuse est en effet un gros village en 1945 (comme en témoignait Pierrette Petitot, le centre-ville était surtout habité par des paysans, et les maisons étaient très anciennesFilm en ligne, Intercommunalité et service public, l'électrification de la banlieue parisienne, témoignage de Pierrette Petitot (14 min 32 s). Film du centre d'Histoire Sociale (CNRS / Université Paris 1), 2014). Des années 1950 aux années 1970, le village de Villetaneuse se transforme en petite ville. Dans une commune qui manque de tout (il n'y avait pas d'équipements, pas d’égouts, comme dans nombre de petites communes de la banlieue parisienne), Pierrette Petitot met toute son énergie pour obtenir les matériaux et les crédits nécessaires à la construction d'équipements et de logements : les cités Édouard-Vaillant, Henri-Barbusse, ou Frédéric-Ozanam. Elle se bat pour l’agrandissement de l'école Jean-Baptiste-Clément, la réalisation de nouveaux équipements scolaires et pour faire venir des lignes de bus.
Elle s'investit aussi pour la création d'une crèche. Mais il est difficile d'obtenir des financements car il n'y avait pas assez d'enfants à Villetaneuse. Le bâtiment est donc construit à la frontière avec Saint-Denis. Elle commente : .
Pierrette Petitot est aussi aux avant-postes lors du projet de construction d'une université. La municipalité donne un avis favorable dès à la mise en chantier à Villetaneuse de la faculté des sciences du nord de Paris, mais alors que l'emplacement prévu est augmenté de au lieu de 20 initialement prévus et englobant alors 31 pavillons, Pierrette Petitot et son conseil municipal bataillent pour que soient garantis les droits des futurs expropriés, dont la réinstallation est sollicitée. Comme l'écrivait Pierrette Petitot, « le ministère de l'Éducation nationale restant sourd à cette proposition de l'assemblée municipale, celle-ci décidait, le , la création d'un lotissement permettant la réinstallation des expropriés ».
Elle prend également des responsabilités dans la gestion du SCBPE (Syndicat des communes de la banlieue pour l'électricité) (actuel SIPPEREC), au tournant des années 1960Deux pages sont consacrées à ce sujet et à Pierrette Petitot dans l'ouvrage de deux chercheurs du CNRS, Emmanuel Bellanger et François-Mathieu Poupeau, "Lumières sur la banlieue" paru en janvier 2014 aux Éditions de l'Atelier. Sa présence, dans cette instance intercommunale, est une exception. Les femmes sont à cette époque marginalisées de la scène intercommunale, très peu de femmes sont amenées à représenter leur ville dans les grands syndicats techniques de l'électricité, de l'eau ou du gaz.
De 1967 à 1973, Pierrette Petitot est également conseillère générale du canton de Saint-Denis-Nord-Ouest en Seine-Saint-Denis. Elle était conseillère générale de la Seine depuis 1948 : le BMO Ville de Paris, 25-26 juillet 1948 Remplacement d'un conseiller général par Mme Petitot elle y accédait après le décès du conseiller général Gaston Gouillet, du secteur Saint-Denis-Nord, était réélue du de la Seine en 1953 (Aubervilliers, Pantin Saint-Denis)Bottin administratif et documentaire, 1956, cf Préfecture de la Seine, p. 555 : liste des membres du conseil général de la Seine (banlieue), puis du en 1959 (Pierrefitte-sur-Seine-Villetaneuse-Saint-Denis-Nord)Libération, 10 et 17 mars 1959, résultats des élections au conseil général de la Seine et des élections municipales.
Âgée de soixante ans, et après plus de trente ans à la tête de la commune, elle décide de ne pas solliciter de nouveau mandat lors des élections municipales de 1977. André Boursier lui succède.
En 2012, la ville donne son nom à la maison de la petite enfance.
Figure de l'histoire de la banlieue parisienne, Pierrette Petitot est décédée le à l’âge de 96 ansEntretien avec Pierette Petitot, Maitron.
Distinction En 1998, elle se voit remettre l’insigne de chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneurPromotion du 13 juillet 1998 par Marie-George Buffet, ministre des sports.
Notes et références
Bibliographie Biographie dans le
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