Tostes est une ancienne commune française située dans le département de l'Eure, en région Normandie, devenue le une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Terres de Bord.

Les Tostais y habitent.

Géographie

Situation générale La superficie de Tostes est de () avec une altitude minimum de et un maximum de .

Tostes est située dans une partie défrichée, en plein milieu de la forêt de Bord-Louviers formant une sorte de fer à cheval sur la route départementale reliant Pont-de-l'Arche au Neubourg. On trouve dans un Dictionnaire universel, imprimé en 1805 chez Baudouin à Paris., les indications topographiques suivantes : « village, arrondissement de Louviers, canton de Pont de l'Arche, près de la forêt de Pont de l'Arche, à 6k[m] de Louviers, 27 kil. d'Evreux, 6 k[m] de Pont de l'Arche. Pop[ulation] 207. Bur[eau] de poste de Pont de l'Arche ».

Une partie de la forêt de Bord-Louviers est placée sous le contrôle d'une maison forestière située à Tostes, et dont on fait déjà état dans un Dictionnaire géographique et administratif publié entre 1890 et 1905Sous la direction d'Adolphe Joanne et Elisée Reclus (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k73389j/f523.zoom.r=tostes.langFR)., dont voici un extrait à l'article Bord : Comme l'indiquent régulièrement les publications de la Revue des eaux et des forêts, les environs forestiers de Tostes et de la Cramponnière ont fait l'objet de coupes d'éclaircies, de déblais de chablis, ainsi que d'ensemencements..

vignette|Tostes et forêt de Bord-Louviers, situation générale (carte IGN).

Il semble que la commune ait été, au tournant du , une halte sur la ligne de chemin de fer reliant Rouen à Orléans ; c'est en tout cas ce qu'on peut lire dans un Guide national et catholique du voyageur en France, publié à Paris en 1900-1901..

GR 222 Tostes est traversée par le sentier de grande randonnée GR 222, reliant Pont-de-L'Arche à Verneuil-sur-Avre.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Tostes en 1174 (Charte de Henri II d'Angleterre)Auguste Le Prévost, Dictionnaire des anciens noms de lieux du département de l'Eure, Evreux, D'Ancelle fils, 1839, p. (lire en ligne) , Sainte Anne de Totte (Masseville). ou Totte en 1722, Tôtes-la-Forêt en 1828 (Louis Du Bois).

Auguste Le Prévost suggère que le nom de Tostes procède du latin tostus (participe passé de torrēre, soit « brûler »), et pourrait désigner Tostes comme une terre de friches issue de brûlis ; ce que le village est en effet historiquement, et comme le montre la topographie du lieu, situé dans une avancée de terres arables gagnées sur la forêt domaniale de Bord-LouviersAuguste le Prévost, op. cit.. Cette explication est reprise par Albert Dauzat, sans certitude cependantAlbert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit..

Les études toponymiques modernes attribuent à Tostes une tout autre origineFrançois de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Paris, A. et J. Picard, 1981, 221 p. , René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Presses Universitaires de Caen, 1996 , p. 256a.. Il s'agit d'une variante de l'appellatif toponymique -tot / Tot, fréquent dans la zone de diffusion de la toponymie scandinave. Il est en effet issu de l'ancien scandinave topt (devenu toft au Danemark, en Norvège et en Angleterre), signifiant « site d'une habitation, ferme ». Les toponymes scandinaves remontant à l'implantation durable des Hommes du nord au et , sont en effet fréquents dans cette partie du département. Déjà dans sa Philologie topographique de la Normandie, Édouard Le Héricher eut l'intuition de cette étymologie, on peut y lire cette annotation :

Cependant, les toponymistes plus modernes nuancent cette interprétation et contestent le fait que tot soit issu du vieux haut allemand, mais bien du scandinave, c'est la raison pour laquelle on ne le trouve qu'en Normandie, dans la zone de diffusion de la toponymie norroise. En outre, Tostes a pour homonymes Tôtes (Seine-Maritime) (Totes en 1030, Tostas au ) et Tôtes (Calvados) (Tostae en 1219). Autrement, ils considèrent que a aussi une origine scandinave, mais différente : il remonte au vieux norrois þveit « essart, défrichement »Åse Kari H. Wagner, Les noms de lieux issus de l'implantation scandinave en Normandie : le cas des noms en -tuit, in Les fondations scandinaves en occident et les débuts du duché de Normandie, actes publiés sous la direction de Pierre Bauduin .

La forme Tostes correspond à une latinisation du nom scandinave pour des documents écrits rédigés en latin, c'est-à-dire à l'accusatif féminin pluriel Tostas, mais il faut sans doute y voir une forme plurielle issue du vieil anglais, c'est pourquoi Tostes a son correspondant exact dans (Angleterre). Une influence similaire du vieil anglais explique Boos (Seine-Maritime, Bothas, Bodas, ), correspondant du nom de lieu anglais Booths, alors que sans cette influence l'ancien scandinave de l'est both est devenu -beuf (cf. Criquebeuf, Elbeuf), de même pour l'ancien norrois sletta « terrain plat, prairie », devenu Eslettes (Seine-Maritime) correspondant du toponyme anglais Sleights.

Tostes était d'ailleurs considéré par les moines de l'abbaye Notre-Dame de Bonport comme une grange ou un manoir (c'est-à-dire, en ancien français, un lieu d'habitation), trouve donc son rôle dans le paysage des bords de l'Eure et de la Seine jusque dans son nom même.

Le patron du village est Sainte Anne ; de façon surprenante, la paroisse est indiquée comme dépendante du chapitre de Chartres dans la charte de Henri II.

Histoire La commune nouvelle de -Terres de Bord- regroupe les deux communes Montaure et Tostes, qui deviennent des communes déléguées, le .. Son chef-lieu se situe à Montaure.

Malgré une démographie située constamment dans une fourchette basse, comprise aux alentours de deux cents habitants, Tostes semble avoir été, dès les temps les plus reculés de l'histoire humaine, un lieu de vie et de culture.

Curiosités préhistoriques Dans un Bulletin de la Société normande d'études préhistoriques datant de 1896, quant à l'inventaire des menhirs et dolmens de France, on trouve l'annotation suivante : On a découvert apparemment, dans les environs de la commune, quelques vestiges mobiliers datant de la Préhistoire. Dans la revue citée ci-dessus, on trouve à l'article Tostes : vignette|Triage des Treize-Livres, extrait de carte IGN.

Une autre note, dans les Bulletins de 1893 (article Tostes), était consacrée à une trouvaille similaire :

Vestiges gallo-romains Il semble, d'après un numéro paru en 1895 de la Normandie littéraire, que les environs de la commune et le plateau sur lequel elle se trouve ait été un lieu où les Gallo-Romains se sont installés :

En réalité, ces établissements sont le fait de populations autochtones romanisées, mais d'origine gauloise. D'ailleurs, l'archéologie moderne montre que les environs étaient couverts de fermes gauloises auxquelles ont souvent succédé des villae gallo-romaines fondées en partie sur le modèle romainDagmar Lukas, Hélène Delnef et Luc Leconte, Les établissements laténien et gallo-romain de Heudebouville (Eure). Premier bilan des fouilles menées en 2009 et 2010 à l’« Écoparc 2 », Presses universitaires de Rouen et du Havre (lire en ligne sur OpenEdition Books) ..

Tostes, dépendance de l'abbaye de Bonport Dans une série de références collectées en 1861 sous le nom de Cartulaire de l'abbaye royale de Notre-Dame de Bon-Port., on trouve un extrait datant du , intitulé Aveu et dénombrement des biens de l'abbaye de Bon-Port, présenté au roi par les religieux, stipulant que Tostes, qui n'est qu'à l'état de lieu-dit, fait partie de l'aire de mainmise de l'abbaye Notre-Dame de Bonport.

Le village n'est cependant constitué en paroisse que plus de deux siècles après cette mention dans le Cartulaire, en 1687. C'est ce qu'indique encore Auguste Le Prévost : « En 1687, les moines de Bonport exposèrent à l’évêque d’Evreux qu’ils possédaient mille acres de terre, tant de labour que de bois, situées dans la forêt du Pont-de-l’Arche, autrement dite la forêt de Bord ; qu’au milieu de ces terres s’élevaient cinq villages : Tostes, Blasquemesnil, la Corbillière, la Cramponnière et Treize-livres, et que ces cinq villages comprenaient environ trois cents habitants : que depuis 1680, l’abbaye de Bonport avait fait élever une chapelle à Tostes, et qu’il était urgent de transformer cette chapelle en paroisse. La paroisse ne fut érigée que le à la demande de Louis Colbert, abbé de Bonport [et frère de Jean-Baptiste Colbert], par décret de l’évêque d’Evreux. »

Cette dépendance à l'abbaye de Bonport, qui jouit de droits nombreux sur les forêts alentour, est confirmée quelques siècles plus tard dans une Ordonnance du Roi datée du , et faisant état d'un litige quant à une vente de terres forestières qui dut avoir lieu lors du partage des biens de l'Église durant la Révolution : Durant l'Ancien Régime par ailleurs, Tostes pourrait avoir été un lieu de haute justice et aurait possédé une potence, comme l'atteste un document tiré du Précis analytique des travaux de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen de 1890-91, et évoquant une querelle entre deux magistrats normands, d'Esneval et Saint-Victor : Cette information, toutes proportions gardées, est à manier avec précautions : il n'est pas bien certain que le Tostes cité dans ce texte, daté de 1783, soit celui situé dans l'Eure ; cependant, on évoque Pont-de-l'Arche ; on évoque également Bacqueville, localité des parages de l'Andelle. Mais peut-être s'agit-il de Bacqueville-en-Caux, auquel cas on peut lire Tôtes. La question demeure à trancher.

Politique et administration

Mandats municipaux

Démographie

Lieux et monuments Église Sainte-Anne. : cette église contient deux retables classés objets monuments historiques. : un Jésus guérissant les malades (Base mémoire, AP58N00263) et une Résurrection de Lazare (Base mémoire, AP58N00262). Plusieurs corps de fermes dont des parties datent du Moyen Âge et de la Renaissance, , .. Vestiges d'un moulin à vent. Vestiges gallo-romains dans la forêt. Grenier à sel (où était entreposé l’impôt, la gabelle). Colombier

Personnalités liées à la commune Personnalités réelles Un certain Joseph Lion, à Tostes (Eure), publie dans lAlmanach Normand-Percheron de 1908 un Essai sur les engrais potassiques en Normandie..

Personnalités fictives Madame Bovary On accrédite parfois l'idée que Tostes a servi de décor au roman de Gustave Flaubert, où il établit ses personnages dans un premier temps ; en réalité, c'est la commune de Tôtes (76890), en Seine-Inférieure, qui inspira le romancierCette information peut se retrouver en plusieurs endroits, dont le site de l'Université de Rouen qui a consacré, ces deux dernières décennies, de nombreuses recherches à la genèse de Madame Bovary . Sur cette carte, la proximité d'Yvetot ne laisse aucun doute quant à la localisation du village où Charles Bovary s'établit comme officier de santé.. La confusion provient du fait qu'au , on écrit indifféremment Tostes, Tôtes ou Totes pour les deux localités.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Liste des communes de l'Eure

Liens externes

Site officiel de la ville Tostes sur le site de l'Institut géographique national Tostes sur le site de l'Insee

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