Leo McCarey est un réalisateur américain, né le à Los Angeles et décédé le à Santa Monica. Il a obtenu quatre Oscars.
Auteur de nombreux courts-métrages burlesques muets, lançant la carrière de Laurel et Hardy, il poursuit sur cette veine dans le cinéma parlant avec les Marx Brothers, mais réalise aussi des films marquants dans des genres variés, comme la screwball comedy avec Cette sacrée vérité, le mélodrame avec les deux versions de et la comédie musicale avec le grand succès des Cloches de Sainte-Marie.
Biographie Vie personnelle McCarey est né Thomas Leo McCarey à Los Angeles. Il est le fils aîné de Thomas McCarey, manageur de boxeurs, et de Leona Mistrot McCarey, fille de parents français. Il reçoit une éducation catholique, faisant ses études primaires à la St. Joseph’s Catholic school puis à la Los Angeles High School. Il est le frère du réalisateur Ray McCarey. Il se marie en 1920 avec Stella Martin (1894-1987), ils eurent un seul enfant. Sur la fin de sa vie, il souffrit d'emphysème pulmonaire avant de mourir à Santa Monica.
Carrière Ses débuts à Hollywood thumb|upright=1.2|University of Southern California Law School À la suite d'études à la faculté de droit de l'université du Sud de la Californie, Leo McCarey s'essaye dans un premier temps à diverses activités.
Il écrit des chansons comme , qu'il vend en 1918, mais il ne parvient pas à gagner assez d'argent pour vivre de la musique, ce qui constitue d'ailleurs une de ses plus grandes frustrations à la fin de sa vie. Il tente un début de carrière dans la boxe. Une nouvelle source de revenus apparaît lorsque, à la suite d'un accident d'ascenseur, il récupère en dommages et intérêts, qu'il investit dans une mine de cuivre ; mais celle-ci fait faillite. Il essaye également, mettant en pratique ses études de droit, de devenir avocat. Il perd la plupart de ses procès car il n'a pas envie de défendre des coupables.
Il devient rapidement à Hollywood, dans les studios de l'Universal, l'assistant de Tod Browning (1918-1923), introduit par son ami David Butler, qui l'embauche comme « script girl », pour La Vierge d'Istanbul (The Virgin of Stamboul, 1920). Dès 1921, sous le giron d'Universal Studios, il réalise son premier long métrage, la comédie satirique Figures du passé (Society Secrets, 1921).
Réalisateur de courts métrages comiques
De 1923 à 1929 il travaille pour le producteur Hal Roach. Il est le metteur en scène attitré de Charley Chase entre 1924 et 1926, et à partir de 1928, il dirige nombre de films du duo Laurel et Hardy. Il définit le rôle de « superviseur » en ces termes :
La qualité de son travail le fait même nommer vice-président et superviseur des productions comiques du studio en 1926. Leo McCarey aurait eu l'idée de faire de Laurel et Hardy un « tandem comique », même si l'on ne sait pas précisément combien de films de ce duo il a tournés. Il explique en effet que le superviseur n'avait que rarement son nom dans les crédits , et estime le nombre de Laurel et Hardy qu'il « fit » à une centaine . Il affirme cependant qu'il a eu l'idée de réunir Laurel et Hardy :
Par les films de Laurel et Hardy qu'il réalise, on peut citer Vive la liberté (Liberty, 1929), Y a erreur ! (Wrong Again!, 1929), La Bataille du siècle (1927), et, dirigé par James W. Horne mais supervisé par McCarey, Œil pour œil (1929). Il affirme cependant en avoir dirigé un en entier : Mon neveu l'Écossais (Putting Pants On Philip, 1927) :
Il porte une estime toute particulière à Stanley Laurel, qu'il considérait comme intelligent et doué , tandis qu'il considère Oliver Hardy comme bien moins créatif et intelligent , le considérant presque comme un enfant (il le surnommait « Babe » Hardy ). En 1929, confiant en ses capacités, et décidé à entreprendre des travaux plus personnels, il quitte les Hal Roach Studios, triste de devoir se séparer du duo comique . Selon lui, cette association lui apporta beaucoup, il la juge irremplaçable , appréciant notamment la rapidité à laquelle les courts métrages étaient filmés :
Il pense que c'est grâce au succès de ces films qu'il put par la suite devenir un réalisateur de longs métrages . Il déclare finalement, parlant du duo comique : .
Les premiers longs-métrages thumb|upright=1.5|Les Marx Brothers en 1931 (de haut en bas : Chico, Harpo, Groucho, Zeppo) De 1929 à 1931, McCarey réalise six longs métrages, dont Madame et ses partenaires (Part Time Wife, 1930), l'histoire d'une femme passionnée de golf à tel point que son mari se voit forcé de le pratiquer pour sauver son mariage. Part Time Wife fut en quelque sorte son premier succès, il lui permit en effet de doubler son salaire et de contribuer à la renommée du réalisateur. De plus, selon McCarey, Part Time Wife annonce certaines scènes de Cette sacrée vérité, film qui lui vaut son oscar : .
Son premier long-métrage est L'étudiant de 1929 (The Sophomore (terme désignant un élève en seconde année de collège), 1929), dont Leo McCarey écrit une grande partie du scénario . Un détail amusant de ce tournage est que le producteur du film était Joseph Patrick Kennedy, père de John Fitzgerald Kennedy .
Il ne garde pas un très bon souvenir de son deuxième long métrage, Rythmes rouges (Red Hot Rhythm, 1929) : Il en est de même pour Wild Company, qu'il n’apprécie pas .
Pour Let's Go Native (1930), McCarey, produit par Ernst Lubitsch, avec qui il devient ami , et fait tourner les vedettes de la Paramount, comme Jeanette MacDonald, Kay Francis, ou Jack Oakie , ainsi le tournage fut plus agréable.
Le véritable début de sa carrière est 1932, avec Kid d'Espagne (The Kid from Spain), dont il écrit le scénario original pour le comique Eddie Cantor et dont la chorégraphie est due à Busby Berkeley. En effet, selon McCarey, , bien que le tournage de cette scène fut chaotique : , et le cascadeur finit même par se blesser .
Les Marx Brothers Le succès de Le Roi de l'arène vaut à McCarey un contrat avec la Paramount et une offre des Marx Brothers qu'il dirige dans La Soupe au canard (1933), titre repris d'un court métrage de Laurel et Hardy. Leo McCarey explique qu'il ne voulait pas tourner le film, à l'inverse des Marx Brothers, qui , mais qu'à la suite d'histoires complexes de contrats rompus et renouvelés, il y fut obligé La version de McCarey présente les choses sous un jour très avantageux.. Satire antimilitariste mettant en scène une guerre d'opérette entre deux états imaginaires, Soupe au canard constitue, en même temps, dans l'œuvre des Marx Brothers, un sommet d'humour. Leo McCarey n'en garde cependant pas un très bon souvenir : tout d'abord, il décrit le tournage comme une grande folie : Il garde finalement un avis plutôt négatif sur le film.
Collaboration avec d'autres comiques McCarey continue à mettre son talent au service de comiques dont les personnages sont déjà constitués, ce qui limite évidemment ses possibilités d'expression : 'Six of a kind (1934) est construit autour de W. C. Fields, George Burns et Gracie Allen ; Ce n'est pas un péché (1934) autour de Mae West ; Soupe au lait (1936), autour de Harold Lloyd. De ces films, à certains égards personnels, McCarey ne gardera pas le meilleur souvenir, cependant, il « sauve » Ce n'est pas un péché, qui lui permit de rencontrer et de travailler avec Duke Ellington, ce qui l'émut particulièrement. Il garda un particulièrement mauvais souvenir avec Soupe au lait, film qu'il n'aime pas beaucoup :
Vers la célébrité Pendant les dix années suivantes, il réalise l'essentiel de son œuvre, les films qu'il réalise correspondent exactement à ses ambitions et font brièvement de lui (en compagnie de son ami Frank Capra), l'un des tout premiers metteurs en scène d'Hollywood : L'Extravagant Mr Ruggles (1935) est, à l'instar des œuvres engagées de Capra, une comédie loufoque qui comporte un message. Le valet de chambre européen (admirablement interprété par Charles Laughton) découvre, au contact de l'Ouest américain, les valeurs démocratiques, au point de donner une leçon à ses nouveaux compatriotes en leur récitant le discours de Abraham Lincoln à Gettysburg, que pour leur part ils ont oublié.
Il réalise ensuite, Place aux jeunes (1937), adaptation de la nouvelle de Years Are So Long. Les studios Paramount hésitèrent à produire ce film, ce qui obligea McCarey à embaucher d'anciens acteurs pour faire le film qu'il considère comme son plus personnel, malheureusement, le film fut un échec financier, et cet échec causa le renvoi de McCarey des Studios Paramount. Cet échec fut un choc pour McCarney, si bien que lorsqu'il reçut son premier Oscar, il expliqua à tout le monde qu'il l'avait reçu pour le mauvais film.
McCarey embauché par Harry Cohn à la Columbia, collabore à nouveau avec Viña Delmar sur Cette sacrée vérité (1937), qui lui vaut un Oscar du meilleur réalisateur. Il garde du bref tournage de Cette sacrée vérité un très bon souvenir. À la suite du succès de son film, McCarey créa les Rainbow Productions, qu'il vendit par la suite aux studios ParamountThe Bells of St. Mary's" (1945) for which McCarey formed Rainbow Productions (which he later sold to Paramount). Lors de son tournage, un événement terrible se produit : Robert Walker mourut, ce qui entraîna des conséquences terribles sur le moral de l'équipe, sans compter que Leo McCarey devait cacher ce problème aux directeurs du studio (sans quoi ils auraient voulu récupérer l'argent du film), cependant il acheva le film : , alors qu'un problème majeur se posait : à la fin du film, le héros, incarné par Robert Walker, devait mourir, et la scène n'était pas encore tournée, alors McCarey dut faire appel à son ami Hitchcock :
L'anticommunisme de McCareyhttps://www.britannica.com/biography/Leo-McCarey se donne à nouveau libre cours, mais avec moins de talent que dans My Son John, dans son dernier film, Une histoire de Chine (1962)Satan Never Sleeps, another heavy-handed exposé of Communism. Il reconnait la mauvaise qualité du film, mais reporte l'erreur sur les autres : .
Bilan On prétend parfois que l'œuvre de McCarey ne vaut que par quelques « moments » mémorables, qu'il n'est pas un auteur au sens de Capra. Cette opinion demande à être nuancée. Il est vrai que McCarey est inégal, ce qui est d'ailleurs sans doute le lot commun d'un comique fondé sur le gag improvisé. Mais, précisément, son génie comique et son idéologie irlando-américaine sont inextricablement liées, et ensemble définissent son indéniable originalité. Jean Renoir exprima un sentiment partagé de tous lorsqu'il remarqua que . Et William R. Meyer rebondit sur ces paroles de Jean Renoir pour expliquer que c'est cette facilité à comprendre les gens qui lui permit de créer Si McCarey est aussi peu connu, c'est aussi à cause du fait que la plupart de ses films sont inaccessibles, onze sur trente-trois, ainsi que deux (Ce bon vieux Sam de 1948 et Lune de miel mouvementée de 1942) uniquement dans des versions de piètre qualité.
Filmographie Réalisateur Courts métrages
Longs métrages
Télévision 1955 : Le Choix de..., épisodes Gouverneur malgré lui. et Tom and Jerry.
Scénariste Courts métrages
Longs métrages
Télévision 1955 : Le Choix de...
Producteur Courts métrages 1929 : A Pair of Tights 1929 : Stepping Out 1937 : Au crépuscule de la vie
Longs métrages
Style et caractéristiques de son œuvre Esthétique et principes de mise en scène
Thèmes Sa propre vie