vignette|Les personnes grosses, en surpoids ou obèses, sont souvent perçues comme des personnes manquant de contrôle sur leur alimentation.Le Glouton, Georg Emanuel Opiz, 1804. La discrimination selon l'apparence physique, porte sur les caractéristiques visibles d'un individu modifiable ou non qu'il s'agisse de son physique proprement dit (taille, poids, visage, cheveux, couleur de peau), de sa vêture, de ses tatouages, piercing et maquillage.

Parfois désignée par l'anglicisme lookisme (du mot anglais lookism, composé de look : apparence et -ism : -isme) ou par son équivalent français apparencisme, il désigne la création de stéréotypes et les discriminations ayant pour cause l'apparence physiqueLouis Tietje/Steven Cresap: Is Lookism unjust? The Ethics of Aesthetics an Pulic Policy Implications. (pdf) In: Journal of Libertarian Studies, ..

Le lookisme se distingue du , forme d'expression humiliante qui propage, encourage ou justifie cette discrimination.

Définition On peut le définir de la manière suivante :

Domaines concernés Les personnes peuvent être confrontées à des discriminations selon l'apparence physique dans tous les domaines de la vie quotidienne : emploi (recrutement., promotion., traitement inéquitable, employabilité et chômage., carrière)., enseignement (admission., biais cognitifs et sociologiques chez les enseignants.. et les étudiants., épreuves orales, harcèlement, stigmatisation sociale, effet Pygmalion chez les enseignants dont les attentes, même erronées, influencent les progrès et la réussite des élèves), statut social (mobilité sociale intergénérationnelle en ce qui concerne le niveau d'éducation, la profession et le revenu)., relations interpersonnelles (sélection inconsciente ou tacite du partenaire ou des amis selon des critères physiques., pouvoir de négociation des femmes au sein du ménage.), accès aux biens et services (commissions d'attribution de logement ou locations, prêts bancaires., négociation de prix., examen du permis de conduire, sélection à l'entrée des discothèques ou mauvais accueil dans des bars.), justice (préjugés des magistrats, avocats et jurés liés à l'apparence physique de l'accusé ou des témoins, récusation de juge, effets sur le rendu de la peine, le « délit de sale gueule » aggravant les condamnations)., politique (éthos de l'orateur politique, succès électoral).…

Impacts Si la pudeur, la honte, la lassitude ou le déni rendent parfois la souffrance moins dicible ou visible, les personnes discriminées n'en sont pas moins affectées par ce type de discrimination qui produit des impacts psychologiques et physiologiques plus ou moins profonds..

L'industrie du spectacle, la publicité et les médias sont accusés de jouer un rôle dans la perpétuation de cette discrimination en véhiculant des normes de beauté irréalistes et des stéréotypes. Toutefois, leur sensibilisation aux impacts potentiels du lookisme conduit le sociologue Jean-François Amadieu à observer .

Droit par pays Droit français L'apparence physique est une discrimination reconnue dans le droit en France (code pénal) depuis la loi du . Le rapport de l’assemblée nationale n° 2609 Fait au nom de la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales sur la proposition de loi (n° 2566) de Jean Le Garrec relative à la lutte contre les discriminations, par Philippe Vuilque, député, et enregistré à la présidence de l'Assemblée nationale le 4 octobre 2000., à l’origine de cette loi, évoque l'inclusion de ce critère d'apparence physique .

Depuis cette loi de 2001, le cadre législatif antidiscriminatoire français a évolué. La définition même de la discrimination (directe et indirecte) est donnée par le législateur dans la loi du , transposition des directives européennes RACE et EMPLOI, alors que la première occurrence de la notion en droit français date de 1972Selon le premier article du titre I de la loi du 1er juillet 1972, sont précisées les sanctions encourues par « ceux qui (…) qui auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence (…) ». Le titre II est quant à lui intitulé « De la répression des discriminations raciales ». et que la mission de la définir incombait jusque-là au juge national..

Longtemps sous-estimée, cette discrimination est mise en évidence notamment pour l'accès aux emplois par des testings de l'Observatoire des discriminations créé en 2003 et par les sondages du défenseur des droits créé en 2008. Cette législation antidiscriminatoire reste cependant largement ignorée ; .

Droit canadien Droit québécois

Dans l'affaire Ward c. Québec (Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse) 2021 CSC 43, la Cour suprême affirme que les propos qui relèvent de l'humour ne sont pas ordinairement de nature à entraîner un effet social discriminatoireParagraphe 108 de la décision car de tels propos ne cherchent pas à provoquer l'exclusion ou la haine. Au contraire, elle observe que distribuer des tracts haineux comme dans l'arrêt Saskatchewan (Human Rights Commission) c. Whatcott2013 CSC 11 est un bon exemple d'une situation où le critère de l'effet social discriminatoire est satisfait. Le contexte de l'affaire Ward c. Québec (CDPDJ) est que la Charte québécoise ne reconnaît pas directement l'apparence physique comme motif de discrimination, mais il est reconnu que le handicap puisse avoir un lien avec l'apparence physique.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

O. Hidri Neys et J. Duflos, « Entre le dire et (ne pas) le faire. Les recruteurs et la fabrique des discriminations selon l’apparence physique », Déviance et société, n° 41/4, 2017, p. 567-593 O. Hidri Neys, « Conversion d’une chercheuse par expériences d’enquête : pour une approche inductive des discriminations à l’embauche selon l’apparence physique », Les Mondes du Travail, numéro spécial « Travail et discriminations. Expériences et pratiques d'enquêtes », n° 21, 2018, p. 89-104

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