Karin van Leyden, artiste peintre, est née Elisabeth Frieda Johanna Erna Kluth le à Berlin-Charlottenburg en Allemagne. Elle épouse le peintre hollandais (Rotterdam 1892 - Versailles 1969) le (un fils prénommé Ragnar, qui fera carrière dans le montage cinématographique, naît en 1932). Figurative expérimentant l'abstraction à partir de 1953, elle signe ses tableaux "Karin", meurt à Lugano en .
Biographie thumb|left|120px|Johan Thorn Prikker Karin est de 1925 à 1927 étudiante à la (École des beaux-arts de Cologne) où elle suit les cours de (1889-1976) et Johan Thorn Prikker (1868-1932). Elle ne tarde pas à rencontrer Ernst van Leyden, proche de Piet Mondrian, Theo van Doesburg et Willem de Kooning Sur Ernst van Leyden, voir Dictionnaire Bénézit, Gründ 1999, tome 8 page 620., avec qui elle va parcourir l'Égypte, la Syrie, le Liban et l'Italie avant de s'inscrire aux cours de fresque murale dispensés par le professeur Chigi à l'Académie de Florence.
Sa première exposition à Cologne en 1928 est remarquée par Der Querschnitt, revue berlinoise d'art et de culture, qui publie un article illustré d'un tableau qu'acquiert le musée de Cologne. thumb|left|100px|Man Ray Jusqu'en 1932, avec Ernst van Leyden, elle partage son temps entre le bord du lac de Loosdrecht (Pays-Bas) et Paris où elle fréquente le milieu des écrivains et des artistes, en particulier Marc Chagall, Jules Pascin, Tsoguharu Foujita, Ossip Zadkine, Giorgio de Chirico, Francis Picabia, Christian Bérard et Man Ray. Ce dernier fait d'elle une photo-portraitPhoto de Karin par Man Ray (Source: listal). qui fait la couverture d'un journal parisien Paris Montparnasse, édition du 15 novembre 1929. et parait dans la revue anglaise Town and Country Ce portrait de Karin par Man Ray est reproduit dans Man Ray - Portraits. (Cf. Bibliographie ci-dessous). Le négatif original se trouve dans les collections du Centre Georges-Pompidou..
Après, en 1932, leur mariage qui donne naissance à leur fils Ragnar (1932-2018)Annick Peigne-Giuly, « Ragnar van Leyden », Libération, 8 janvier 2003, Karin et Ernst van Leyden s'installent pendant trois ans à Sintra (Portugal). Ils vivent en 1936 un temps à Capri (Italie) avant d'arriver à Londres. Les grandes peintures murales qu'à la demande de elle exécute alors au château de HatheropChâteau de Hatherop, détail de la fresque de Karin lui valent une distinction honorifique (voir Distinctions ci-dessous). thumb|left|100px|Diego Rivera thumb|150px|Beverly Hills Hotel, Los Angeles thumb|100px|Paul László Karin et Ernst van Leyden sont à peine de retour chez eux à Loosdrecht que la Seconde Guerre mondiale les contraint à émigrer aux États-Unis. Ils installent leur atelier à New-York puis à Nyack - de cette époque date son portrait de Gloria Vanderbilt qu'expose la Getty images, Gloria Vanderbilt à la Perls Gallery devant son portrait peint par Karin van Leyden - avant d'entamer en 1941 une lente traversée des États-Unis au terme de laquelle, découvrant la côte ouest, ils décident d'y vivre et achètent un ranch à Hollywood pour y installer leur atelier. Fréquentant un milieu d'écrivains, de peintres, de musiciens et de personnalités du cinéma (Aldous Huxley, Thomas Mann, Henry Miller, Bertolt Brecht, Salvador Dalí, Igor Stravinsky, Arnold Schönberg, Arthur Rubinstein, Charles Laughton, Charlie Chaplin), rencontrant aussi Max Ernst ou les architectes Eric Mendelsohn et Frank Lloyd Wright, Karin s'y constitue une notoriété, devenant portraitiste et peintre de fresques murales, au Beverly Hills Hotel ou dans les villas du "Tout Hollywood" (voir Collections privées ci-dessous). Le couple effectue plusieurs séjours au Mexique dont les temps impressionnants pour Karin sont la découverte de la culture indienne à Chiapas et les liens d'amitié qui se nouent à Mexico avec José Clemente Orozco et Diego Rivera dont elle peint le portrait. La période mexicaine de Karin (elle loue un temps une maison à San Miguel de Allende) teinte son art figuratif d'une influence cubiste.
Parallèlement à la peinture, Karin devient connue de part et d'autre de l'Atlantique en tant que designer, concevant des projets de meubles pour l'architecte d'intérieur Paul László, des publicités et des créations pour Kathleen Mary Quinlan, pour Jovoy-Corday ou pour le Harper's Bazaar. À compter de 1947, leurs voyages de plus en plus réguliers à Paris incitent Karin et Ernst van Leyden à s'y reconstituer un atelier, Rue des martyrs d'abord, puis chez Willy Maywald dans la Rue de la Grande-Chaumière, ensuite dans la Rue de Seine. Finalement, ils revendent leur propriété de Los Angeles et acquièrent une ruine appelée « L'enclos du Lieutel » près de Montfort-l'Amaury et de Grosrouvre (Yvelines)L'enclos du Lieutel, carte postale ancienne dans le but de la restaurer en résidence-atelier.
Après 1955, le couple poursuit ses séjours à l'étranger (Venise et New-York), mais une divergence des sensibilités se révèle: Karin se plait à travailler à Rome, Ernst préférant son "enclos" de Montfort-l'Amaury où il se fixera définitivement en 1962. La distance se crée, Karin s'oriente alors vers l'abstraction ( Christophe Dorny, « Karin van Leyden », Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, vol.8, pages 619-620.) et les rencontres, jusqu'au décès d'Ernst van Leyden en 1969, ne seront plus qu'occasionnelles, à New-York notamment où Karin continuera de revenir régulièrement.
Solitaire donc au soir de sa vie, Karin choisit de vivre à Lugano, non loin de chez sa sœur cadette Charlotte Kluth. Elle s'y éteint en Biographie constituée à partir de la chronologie figurant en page 3 du catalogue Atelier Karin van Leyden établi en 1994 par Hervé Chayette et Laurence Calmels (Cf. Bibliographie ci-dessus).. Son portrait sous le titre La fille aux mains jointes, peinture sur toile d'Ernst van Leyden datée 1931, est conservé par la Tate Gallery de LondresTate Gallery, "La fille aux mains jointes" dans les collections.
Expositions Expositions personnelles thumb|180px|Norton Simon Museum, Pasadena thumb|180px|, Claremont (Californie) thumb|180px|Palacio Foz, Lisbonne thumb|180px|Kunsthal, Rotterdam
Expositions collectives Biennale de Venise, 1956.
Réception critique thumb|100px|Aldous Huxley - Aldous Huxley et James Bolivar Manson, extraits du catalogue Karin van Leyden, Leicester Gallery, Londres, et Galerie Marie Sterner, New-York, 1938. - Aldous Huxley - Christophe Dorny
Conservation thumb|180px|Le château de Hatherop thumb|180px|Musée Solomon R. Guggenheim, New York Fresques murales Beverly Hills Hotel, Los Angeles. America House, New York. Restaurant La Méditerranée, Place de l'Odéon, Paris. Château de Hatherop, Gloucestershire.
Musées
Collections privées thumb|180px|Oona et Charlie Chaplin thumb|120px|Augustus John Charlie Chaplin, Portrait d'Oona Chaplin avec ses deux enfants, Geraldine et Michael, huile sur toileKarin van Leyden peignant le portrait d'Oona O'Neill en présence de Charlie Chaplin, 1947 (Discovering Chaplin). Mary Pickford. Rita Hayworth. Tyrone Power. Baron Biographie de Karin indiquant sa représentation dans la collection du baron (Source: Galerie de Waerdery, Hollande)..
Reconnaissance Distinctions Un portrait de Karin par Ernst van Leyden, primé à la Biennale de Venise en 1932, a été acquis par la Tate Gallery de Londres. Karin van Leyden a été élue vers 1937 membre de la Société royale des peintres muraux (Royaume-Uni) sous le patronage d'Augustus John. Hommages Man Ray a réalisé vers 1929 plusieurs photographies de Karin van Leyden que conserve le Musée national d'art moderne à ParisMusée national d'art moderne, Karin van Leyden par Man Ray, première photoMusée national d'art moderne, Karin van Leyden par Man Ray, deuxième photoMusée national d'art moderne, Karin van Leyden par Man Ray, troisième photoMusée national d'art moderne, Karin ven Leyden par Man Ray, quatrième photo.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Aldous Huxley et James Bolivar Manson (Directeur de la Tate Gallery): Karin van Leyden, catalogue des expositions à la Leicester Gallery de Londres et à la Galerie Marie Sterner de New-York, 1938. Iris Clert: Iris time, l'artventure, Denoêl, 1975. Edan Milton Hughes: Artists in California, 1786-1940, Hughes Pub Co éditeurs, 1989 (ouvrage réédité en 2002 par le Crocker Art Museum, Sacramento). Hervé Chayette et Laurence Calmels, commissaires-priseurs, 12 rue Rossini, Paris: Catalogue de la vente de l'atelier Karin van Leyden, Hôtel Drouot, Paris, vendredi . Ragnar van Leyden, Karin et Ernst van Leyden, Editions Ars & Animatio, Haarlem, 1999. Emmanuel Bénézit (article de Christophe Dorny), Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999, vol. 8, pages 619 et 620. Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001, page 1270 (lire en ligne). Adrian M. Darmon, Autour de l'art juif - Encyclopédie des peintres, photographes et sculpteurs, Éditions Carnot, 2003. Ursula Dietzsch-Kluth, Karin van Leyden - Stationen im Leben einer Malerin, Buch & Media GmbH, Munich, 2009 (consulter en ligne, langue allemande). Man Ray, Terence Pepper et Marine Werner, Man Ray - Portraits , Fonds Mercator Éditeur, 2013.
Liens externes
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