Le mont Renaud est une colline qui domine la ville de Noyon dans le département de l'Oise. En mars et , les troupes françaises tenant la position – dernier verrou barrant la route de Paris à l'armée allemande – bombardèrent la ville de Noyon tenue par les Allemands.

Toponymie La colline est attestée sous le nom de mont Hérimont au Moyen Âge, puis devient mont Saint-Louis au , avant de devenir mont Renaud en hommage au fondateur de la chartreuse.

Géographie Le mont Renaud est situé dans le Nord de la France, dans la région des Hauts-de-France et le département de l'Oise, sur le territoire communal de Passel. Il se trouve à moins de trois kilomètres au sud-ouest de Noyon, à vingt kilomètres au nord-est de Compiègne, à soixante kilomètres au sud-est d'Amiens, à au nord-ouest de Reims et à au nord-est de Paris. Les côtes de la Manche sont à environ au nord-ouest. Cette colline s'élève à d'altitude. Elle domine l'Oise et l'embranchement entre le canal du Nord et le canal latéral à l'Oise sur son versant sud-est d'une cinquantaine de mètres. Son versant nord-ouest est encore moins marqué puisqu'il se prolonge vers la Montagne, un relief culminant à . Entre les deux, dans un col s'élevant à environ d'altitude et franchi par la route départementale 1032, se trouve la ferme du Mont-Renaud. La colline est constituée de sables et de marnes sableuses datant de l'Yprésien et entourée de lœss.

Histoire

La chartreuse Au Moyen Âge, le mont Renaud appartient aux Templiers. Renaud de Rouy, trésorier de Philippe le Bel, achète la propriété au et y installe une communauté de Chartreux, qui fonde la chartreuse de Mont-Saint-Louis. Les bâtiments sont endommagés pendant les guerres des et font l'objet d'importants travaux de reconstruction jusqu'au Passel, Chartreuse Saint-Louis du Mont-Renaud, Églises de l'Oise..

Déclarée bien national au début de la Révolution française, la chartreuse est mise en vente et subit de très importantes démolitions.

Le château

En 1802, alors que le site est propriété d'un certain , l'ancienne chartreuse est transformée par l'architecte François-Tranquille Gauché (1766-1846), ancien élève de Charles De Wailly, qui en fait un châteauArchives cantonales vaudoises, Fonds P Adrien Pichard 8, lettre à sa mère, du 24 août 1811.. Il lui est adjoint une ferme à la fin du .

La bataille de Noyon

Au printemps 1917, l'armée allemande quitte Noyon pour se replier sur la ligne Hindenburg. Le , au cours de l'offensive Michael, les troupes allemandes occupent de nouveau Noyon après la bataille de Noyon du 23 au . Du au , de violents combats se déroulent à proximité du mont Renaud provoquant la destruction de la ville de Noyon par les bombardements de l'armée française. Ces bombardements ont pour but de limiter les capacités logistiques de l'armée allemande afin de lui barrer la route de Paris par la vallée de l'Oise et de conserver un point d'observation sur la région à l'armée française. Le mont Renaud lui-même est totalement ravagé et son château totalement détruit. Le d'infanterie de ligne tient la position au prix de lourds sacrifices humains. Expulsées de Noyon après de durs combats de rue, les troupes françaises s'arc-boutent sur la colline du mont Renaud, à la sortie sud de la ville, sur la route de Compiègne. Il s'agit d'une position clé : les forces qui contrôlent la colline peuvent contrôler le site de Noyon. Le commandement français ordonne à l'artillerie d’effectuer le pilonnage systématique de Noyon. Le dernier jour d', la bataille de ce « Verdun noyonnais » s'achève. À vingt-trois reprises, les Stosstruppen, les troupes d'assaut allemandes, se lancent à l'assaut de la colline. À chaque fois, elles sont repoussées. Le R.I. laisse 721 de ses sur les pentes du mont Renaud. L'ultime assaut du , contré par le R.I. venu relever le , provoque la mort de 369 hommes en une seule journée..

Entre-deux-guerres vignette|gauche|Réunion en plein air de l'Action française au mont Renaud le 21 juin 1931.

Le lieutenant de réserve du d'infanterie Georges Gaudy, membre de l'Action française, narre la bataille de Noyon dans son livre L’agonie du Mont-Renaud en 1921.

Le , un des flancs du mont Renaud sert de lieu de réunion en plein air à l'Action française.

Lieu de mémoire de la Grande Guerre

Le mont Renaud est une propriété privée. Subsistent les communs et le château reconstruits après 1918.

Des expositions et des visites commentées sont organisées régulièrement au mont RenaudVisite guidée de la bataille du Mont Renaud.

Vestiges de la chapelle du Mont-Renaud Les ruines de la chapelle du Mont-Renaud, détruite en 1918, sont toujours visibles près du sommet, ainsi que le Christ de l'ancien calvaire de Passel, mutilé pendant la bataille.

Plaque à la mémoire de la division d'infanterie thumb|left|Plaque commémorative de la .

Plaque commémorative, apposée sur le mur de la ferme du Mont-Renaud, en souvenir de l'engagement de la D.I., qui dès le , lutta pour barrer la route aux troupes de la armée allemande du général von Hutier. Sur cette plaque a été gravée cette inscription :

Stèle à la mémoire du régiment d'infanterie Une stèle à la mémoire du , près du jardin potager de la ferme du Mont-Renaud, est inaugurée le . On peut y lire cette inscription : Sur le côté une plaque porte l'inscription :

Voir aussi Articles connexes Lieu de mémoire Lieux de mémoire de la Première Guerre mondiale Liste des mémoriaux et cimetières militaires de l'Oise Offensive Michael Bataille de Noyon (1918) Offensive des Cent-Jours

Liens externes

Dossier de monument (sous l'égide de la mairie de Château-Thierry) Histoire du Mont Renaud (sous l'égide de la commune de Passel)

Notes et références

Renaud Renaud Catégorie:Front de l'Ouest (Première Guerre mondiale) Catégorie:Bataille sur le sol français Catégorie:Bataille de 1918 Catégorie:1918 en France Catégorie:Bataille impliquant l'Empire allemand Catégorie:Lieu de mémoire de la Première Guerre mondiale dans l'Oise Catégorie:Histoire de l'Oise Catégorie:Histoire de Noyon Catégorie:Noyon