Linfluence coréenne sur la culture japonaise fait référence à l'impact des influences continentales transmises à travers ou originaires de la péninsule coréenne sur les institutions, la culture, la langue et la société japonaises. Comme la péninsule coréenne a été le pont culturel entre le Japon et le continent asiatique durant une grande partie de l'histoire de l'Extrême-Orient, ces influences, supposées ou établies, sont présentes dans la culture japonaise dans des domaines divers. La Corée a joué un rôle important dans l'introduction du bouddhisme au Japon en provenance de l'Inde via le royaume de Baekje. Des nuances propres aux styles de l'art coréen (souvent, mais pas uniquement, en provenance de Chine) sont également perceptibles au début de la peinture et de l'architecture japonaises, et allant de la conception des temples bouddhistes au Japon à divers objets d'art comme les statues, les textiles, puis la porcelaine à partir du .

Art Au cours de la période Asuka, les artisans de Baekje fournissent une orientation technique et esthétique à l'architecture et aux arts japonaisKodansha encyclopedia of Japan. Kodansha, 1983, . Par conséquent, les plans de temples, les formes architecturales et l'iconographie sont fortement et directement influencés par des exemples de l'ancienne CoréeDonald F. McCallum. The Four Great Temples: Buddhist Archaeology, Architecture, and Icons of Seventh-Century Japan. University of Hawai'i Press, 2009Neeraj Gautam. Buddha his life and teaching. Mahaveer & Sons, 2009. De fait, la plupart des temples japonais à cette époque sont conçus dans le style de BaekjeDonald William Mitchell. Buddhism: introducing the Buddhist experience. Oxford University Press, 2008, . La noblesse japonaise, qui souhaite profiter de la culture de l'autre côté de la mer, fait venir artistes et artisans de la Péninsule Coréenne (la plupart, mais pas tous, de Baekje) pour construire et décorer ses premiers palais et temples.

Parmi les premiers objets d'artisanat existants au Japon se trouve le Tamamushi no zushi, magnifique exemple d'art coréen de cette périodeThe Theosophical Path: Illustrated Monthly, C.J. Ryan. Art in China and Japan. New Century Corp., July 1914, . Le sanctuaire est un temple miniature en bois d'un étage, destiné à être utilisé comme une sorte de reliquaire. Ce sanctuaire est ainsi nommé parce qu'il est décoré des ailes d'un scarabée irisé (tamamushi) fixées sur un liseré métallique, autre technique d'origine coréenneMizuno, Seiichi. Asuka Buddhist Art: Hōryū-ji. Weatherhill, 1974. New York, Stanley-Baker, Joan. Japanese Art. Thames & Hudson, 1984, Conrad Schirokauer, Miranda Brown, David Lurie, Suzanne Gay. A Brief History of Chinese and Japanese Civilizations. Wadworth engage Learning, 2003, Paine, Robert Treat; Soper, Alexander Coburn. The Art and Architecture of Japan. Yale University Press, 1981. .Beatrix von Ragué. A history of Japanese lacquerwork. University of Toronto Press, 1976, . L'ornementation ajourée en bronze doré du sanctuaire, incrustée des ailes irisées d'un tamamushi, est de type coréenMetropolitan Museum of Art (New York, N.Y.), James C. Y. Watt, Barbara Brennan Ford. East Asian lacquer: the Florence and Herbert Irving collection. Metropolitan Museum of Art, 1991, .

Architecture L'Asuka-dera, plus ancien temple bouddhiste japonais construit sous la direction d'artisans originaires de l'ancien royaume coréen de Baekje de 588 à 596Donald Fredrick McCallum, The Four Great Temples: Buddhist Archaeology, Architecture, and Icons of Seventh-Century Japan, University of Hawaii Press, 2009 .Kakichi Suzuki, Early Buddhist architecture in Japan, Kodansha International, 1980, , est calqué sur la disposition et l'architecture de BaekjeHerbert E. Plutschow. Historical Nara: with illustrations and guide maps. Japan Times, 1983, . Et l'un des premiers grands temples au Japon, le Shitennō-ji, est conçu sur les types de l'ancienne CoréeAsoke Kumar Bhattacharyya. Indian contribution to the development of Far Eastern Buddhist iconography. K.P. Bagchi & Co., 2002, Louis Frédéric. Japan Encyclopedia. Harvard University Press, 2002, .

En 601, le prince Shōtoku commence la construction de son palais, premier bâtiment au Japon à disposer d'un toit de tuiles. À côté de ce dernier, il fait construire son temple connu sous le nom Hōryū-ji. Il emploie un certain nombre d'artisans qualifiés, de moines et de concepteurs de Baekje pour ce projetMizuno, Seiichi. Asuka Buddhist Art: Hōryū-ji. Weatherhill, 1974. New York, Nishi and Hozumi Kazuo. What is Japanese Architecture? Shokokusha Publishing Company, 1983. Tokyo. Le temple devient son centre de dévotion personnelle où il étudie avec les prêtres bouddhistes Hyeja et Damjing du royaume coréen de Goguryeo; il abrite aussi des gens qui pratiquent la médecine, les connaissances médicales étant un autre sous-produit du bouddhisme. À côté du temple se trouvent des dortoirs qui abritent étudiant-moines et moines-enseignants Mark Schumacher. A to Z Photo Dictionary of Japanese Buddhist Statuary..

Le premier Hōryū-ji est complètement détruit par un incendie en 670. Il est reconstruit et même s'il est probablement plus petit que le temple d'origine, le Hōryū-ji d'aujourd'hui est le même dans sa conception que celui construit par Shōtoku. Encore une fois, le temple est reconstruit par des artistes et artisans de Baekje. Les fondations d'une pagode en bronze doré de Baekje correspondent exactement aux fondations du Hōryū-jiShin, Young-hoon. "Audio/Slide Program for Use in Korean Studies, ARCHITECTURE". Indiana University.. La pagode en bois du Hōryū-ji, ainsi que la Salle d'or, passent pour des chefs-d’œuvre de l'architecture de Baekje du . Deux autres temples, le Hokki-ji et le Horin-ji, sont également probablement construits par des artisans du royaume de Baekje en Corée Mark Schumacher. A to Z Photo Dictionary of Japanese Buddhist Statuary..

Sculptures vignette|Le Kudara kannon L'une des plus célèbres de toutes les sculptures bouddhistes de la période Asuka trouvées aujourd'hui au Japon est le Kudara Kannon du Hōryū-ji, ce qui signifie « Guanyin de Baekje » (Kudara est le nom japonais pour le royaume coréen de BaekjePeter C. Swann. A concise history of Japanese art. Kodansha International, 1979, ). Cette statue en bois a été soit apportée de Baekje soit réalisée par un sculpteur immigrant coréen de BaekjePeter C. Swann. The art of Japan, from the Jōmon to the Tokugawa period. Crown Publishers, 1966, Ananda W. P. Gurugé. Buddhism, the religion and its culture. M. Seshachalam, 1975Jane Portal. Korea: art and archaeology. British Museum, 2000, . Elle se trouvait autrefois comme figure centrale dans la salle d'or au Hōryū-ji avant d'être transférée dans une chasse de verre au musée du Trésor après qu'un incendie ait détruit une partie de la salle d'or en 1949. L'indice premier et déterminant qui indique clairement une œuvre de Baekje est la conception de la couronne qui montre le motif caractéristique du lotus de chèvrefeuille trouvé dans les artefacts enterrés dans la tombe du roi Munyong de Baekje (règne de 501 à 523). Le nombre de saillies à partir des pétales est identique et l'enroulement de la vigne apparaît être le même. Des couronnes d'un type presque identique se trouvent encore en Corée, exécutées à la fois en bronze doré et en granit. Les pendentifs de la couronne indiquent un report des motifs chamanistes tels qu'ils apparaissent sur les couronnes coréennes du . Les bracelets en bronze de Guanyin et ceux des « Quatre Rois célestes » dans la Salle d'or montrent également des signes de techniques de métal ajouré similaires.

vignette|gauche|Le Guze Kannon L'autre statue du Hōryū-ji, le Guze Kannon, est faite en bois doré dans le style coréenEvelyn McCune. The arts of Korea: an illustrated history. C. E. Tuttle Co., 1962, . Le Kannon conserve la plupart de son doré. Il est en excellent état car il a été maintenu dans la Salle du rêve (yumedono), enveloppé dans cinq cents mètres de tissu et jamais exposé à la lumière du soleil. La statue, qui provient à l'origine de BaekjeAsiatic Society of Japan. Transactions of the Asiatic Society of Japan. The Society, 1986, , est tenue pour sacrée et restée invisible jusqu'à ce qu'elle soit déballée à la demande d'Ernest Fenollosa, chargé par le gouvernement de cataloguer les œuvres d'art de l'État et plus tard devenu conservateur au musée des beaux-arts de BostonJune Kinoshita. Gateway to Japan, . Kodansha International, 1998. Fenellosa considère également le Kannon comme étant coréen et décrit le Kudara Kannon comme « le suprême chef-d’œuvre de la création coréenne »Fenollosa, Ernest F. Epochs of Chinese and Japanese Art: An Outline History of East Asiatic Design. Heinemann, 1912, . Selon le Shogeishō (聖冏抄), compilation des anciennes archives et des traditions historiques sur le prince régent japonais Shōtoku Taishi, rédigé par un moine japonais (1341-1420), de la secte Jōdo, le Guze Kannon est une statue qui représente le roi Seong de Baekje, réalisée sur l'ordre du roi suivant, Wideok de Baekje聖冏抄 ... 故威德王恋慕父王状所造顕之尊像 即救世観音像是也.

D'autres exemples de l'influence de la Corée ont été notées dans le New York Times, dont le journaliste qui contemple les trésors nationaux du Japon en 1974, et dans ces trésors la sculpture Hokan Miroku sculptée au Japon d'après un prototype coréen, et peut-être de SillaMizuno, Seiichi. Asuka Buddhist Art: Hōryū-ji. Weatherhill, 1974. New York, Asia, volume 2. Asia Society, 1979 conservée au Kōryū-ji ;

L'un des exemples les plus évidents de l'influence coréenne sur la sculpture japonaise est donc cette statue en bois de Maitreya en méditation, dans le temple de Kōryū-ji, le Miroku Bosatsu. Cette statue semble avoir été interprétée, autour du septième siècle, d'après un prototype coréen contemporain ou de peu antérieur. Mais la pose du Maitreya en méditation, n'est qu'un des motifs de la sculpture bouddhiste aux codes reproduits en tous lieux et à toutes époques, avec de faibles variations bien souvent, comme ici. La comparaison avec d'autres sculptures similaires permet de mesurer les nuances apportées au modèle coréen par le sculpteur japonais.

Au , des groupes de sculpteurs originaires de Baekje et Silla participent à la construction du Tōdai-jiJirô Sugiyama, Samuel Crowell Morse. Classic Buddhist sculpture: the Tempyô period. Kodansha International, 1982, . La statue de bronze du Grand Bouddha au Tōdai-ji est principalement faite par des CoréensCollege Art Association of America. Conference. Abstracts of papers delivered in art history sessions: Annual meeting. The Association, 1998, . Le Grand Bouddha a été supervisé par un artisan coréen de Baekje, Gongmaryeo (ou Kimimaro en japonais) et de nombreux artisans de Silla y ont travaillé depuis le début du projet. Malgré de grandes difficultés, le Grand Bouddha a finalement été coulé grâce à l'habileté des artisans importés de Silla en 752Richard D. McBride. Domesticating the Dharma: Buddhist Cults and the Hwaŏm Synthesis in Silla Korea. University of Hawaii Press, 2008, . Plus encore, la sculpture de Silla semble avoir exercé une influence considérable sur les styles du début de l'époque de Heian au JaponJirô Sugiyama, Samuel Crowell Morse. Classic Buddhist sculpture: the Tempyô period. Kodansha International, 1982, .

Peinture En 588, le peintre coréen Baekga (白加) est invité de Baekje au Japon et en 610, le prêtre coréen Damjing arrive de Goguryeo au Japon et enseigne aux Japonais la technique de préparation des pigments et la peinture des matièresBernard Samuel Myers. Encyclopedia of world art. Buddhism in Japan McGraw-Hill, 1959Terukazu Akiyama. Japanese painting. Skira, 1977, .