Le baptistère de Cadenet, connu encore sous le nom de fonts baptismaux de Cadenet est une vasque antique en marbre, orné de bas-reliefs mythologiques, installé dans une des chapelles latérales de l'église paroissiale Saint-Étienne à Cadenet dans le département français de Vaucluse et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Le site et l'objet Cadenet est une petite ville qui tire son nom du Pagus Caudellensis, dont une inscription nous a conservé le nom. Son église paroissiale, dont les premiers éléments de construction sont datés du , est placée sous le vocable de saint Étienne. Elle a succédé à un prieuré des moines de Saint-Victor de Marseille.
Ses fonts baptismaux ont la forme d'une demi-ellipse, dont le demi-grand axe a 38 pouces et le petit axe 30 pouces. Ils sont en marbre blanc. L'extérieur représente une série de personnages dont le style a une démarcation bien prononcée, d’un côté la joie, de l'autre la douleur. Tout porte à croire que la destination primitive de ce marbre fut un tombeau.
Premières descriptions Les premiers à décrire les fonts baptismaux de Cadenet furent MM. Achard et Mérimée.
Claude-François Achard fut le premier à signaler leur existence :
Prosper Mérimée, inspecteur des monuments historiques de France, lors de son voyage en Provence, le décrit ainsi :
Mérimée est le seul savant à avoir vu dans cette cuve baptismale une ancienne vasque de fontaine. Joseph-Marie-Alexis Chaix l'en excuse en avançant deux raisons plausibles :
Scène mythologique thumb|Face du char du Centaure, par Séraphin-Médéric Mieusement. Si l'inspecteur général des monuments historiques s'est très certainement trompé sur la fonction initiale de cette vasque, il a par contre bien défini les personnages mythologiques y figurant. Il explique :
Bizarrement la très précise description qu'en a donné Charles Rolland est tout autre. Bien qu'ayant été le premier à diviser ces bas-reliefs en deux thèmes ou séries représentant la joie et la douleur, il fait intervenir Apollon et Vénus.
thumb|Face du Lion par Séraphin-Médéric Mieusement.
Or suivant l'étude de M. Chaix, ce bas-relief représente Ariane abandonnée dans l'île de Naxos, et consolée par Bacchus. Cette analyse est actuellement partagée par tous les historiens modernes.
Arguments pour le sarcophage Charles Rolland a été beaucoup mieux inspiré en reconnaissant la moitié d’un tombeau ayant servi de sépulture à une jeune femme. Il considère que ce sarcophage daterait de l'époque gallo-romaine.
J.-M. Chaix, qui a donné les raisons pour lesquelles Mérimée avait pris ce monument pour une vasque de fontaine, y voit aussi un tombeau destiné à occuper le milieu d'un columbarium. Il avance que ce bas-relief aurait pu être exécuté en Grèce, d'où il aura été apporté en Gaule, et il pense devoir l'attribuer au d'après le style de l'ouvrage. Il argumente .
Possible origine La présence des moines victoriens à Cadenet n'est peut-être pas étrangère à la réutilisation du sarcophage grec en fonts baptismaux. Ceux-ci, dès 1173, obtinrent de l'abbaye Saint-Eusèbe de Saignon le prieuré Saint-Étienne. L'abbaye Saint-Victor de Marseille récupéra lors de la même donation le prieuré Saint-Jean-de-Fanabrégol, sis dans le vallon du Laval, à Cadenet, au sud de Malconseil.. Vassiliki Gaggadis-Robin, chargée de recherches au CNRS, au centre Camille-Jullian de l'Université d’Aix-en-Provence, explique :
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . . .
Articles connexes Fonts baptismaux Sarcophage
Catégorie:Fonts baptismaux Catégorie:Sarcophage Catégorie:Sculpture en marbre Catégorie:Artéfact archéologique Catégorie:Élément de composition architecturale Catégorie:Cadenet Catégorie:Sculpture (œuvre) en France Catégorie:Nu masculin dans la sculpture