Robert Lawrence Eichelberger ( - ) est un officier général dans l'United States Army qui commandait la dans la Guerre du Pacifique lors de la Seconde Guerre mondiale.

Diplômé de l'Académie militaire de West Point en 1909, il sert au Panama et à la frontière mexicaine avant de rejoindre la en 1918. Il reçoit la Distinguished Service Cross pour des actes de bravoure répétés en Sibérie. Après la guerre, il est transféré à l' et suit des cours au Command and General Staff College et au United States Army War College. Il est ensuite affecté comme secrétaire à l'état-major général du département de guerre, travaillant pour le chef d'état-major de l'United States Army, le général Douglas MacArthur.

En 1940, Eichelberger devient le surintendant de l'académie militaire de West Point. Il institue un certain nombre de réformes, en réduisant les activités telles que l'équitation et les parades militaires, et en adaptant la formation au combat moderne, dans laquelle les cadets participent à des exercices militaires aux côtés des unités de la Garde nationale. Il acquiert pour en faire un centre de formation, ce qui permet aux cadets d'être qualifiés comme pilotes à West Point. En , Il est nommé commandant de la division d'infanterie et du corps d'armée en juin.

En , Eichelberger est envoyé dans le Pacifique sud-ouest sous le commandement de la South West Pacific Area, où il conduit des troupes américaines et australiennes dans la sanglante bataille de Buna-Gona. En 1944, il obtient des victoires notables à Hollandia et à Biak. En tant que commandant général de la armée nouvellement formée, Eichelberger mène l'invasion des Philippines du sud et nettoient les îles de Mindoro, Marinduque, Panay, Negros, Cebu et Bohol. En , ses forces défont les Japonais sur Mindanao. En , la armée d'Eichelberger entame l'occupation du Japon pour une période de trois ans. Eichelberger se retire de l'armée à la fin de 1948.

Jeunesse Robert Lawrence Eichelberger est né à Urbana dans l'Ohio, le . C'est le plus jeune des cinq enfants de George Maley Eichelberger, agriculteur et avocat, et d'Emma Ring Eichelberger. Il grandit sur la ferme familiale de établie par son grand-père. Il est diplômé de la en 1903 et entre à l'Université d'État de l'Ohio où il rejoint la fraternité .

En 1904, Eichelberger convainc l'ancien associé de droit de son père, William R. Warnock, maintenant député pour le district congressionnel de l'Ohio, de lui fournir le parrainage nécessaire à l'entrée à l'Académie militaire de West Point. Il entre à West Point en . Sa classe de 1909 se distingue particulièrement avec 28 élèves à obtenir le grade de général, notamment Jacob Devers, , , George Patton et William Hood Simpson. Eichelberger termine ses études à la place sur 103.

Eichelberger est affecté comme second-lieutenant dans le le , mais il est transféré au à Fort Benjamin Harrison dans l'Indiana, le . En , le d'infanterie est expédié à San Antonio au Texas et intégré à la division de manœuvre, qui vient d'être formée pour entreprendre des opérations d'offensives lors de la guerre de frontière avec le Mexique. Puis, en septembre, le régiment est envoyé dans la zone du canal de Panama. C'est au Panama qu'Eichelberger rencontre Emmaline Gudger, la fille d'Hezekiah A. Gudger, juge en chef de la Cour suprême de la zone du canal de Panama. Après une brève cour, ils se marient le .

En rentrant aux États-Unis en , Eichelberger est affecté au à à Buffalo dans l’État de New York. Il est ensuite envoyé à la frontière mexicaine. Basé à Douglas dans l'Arizona, Eichelberger est promu au premier-lieutenant le . En septembre, il est nommé professeur de sciences et tactiques militaires à la à Boonville dans le Missouri.

Première Guerre mondiale Après l'entrée des États-Unis dans la Première Guerre mondiale en , Eichelberger est promu capitaine le . En juin, il est affecté au régiment d'infanterie à Fort Douglas dans l'Utah, afin de prendre le commandement d'un bataillon jusqu'en septembre, quand il est transféré au nouvellement formé au camp Pike dans l'Arkansas. Il est instructeur principal d'infanterie au camp d'entraînement des officiers au camp Pike jusqu'en , puis il est affecté à l'état-major général du Département de la Guerre à Washington, comme assistant du brigadier-général William S. Graves. Il est promu major le .

vignette|gauche|Les troupes américaines à Vladivostok défilant devant le bâtiment occupé par le personnel des Tchéco-Slovaques, le .

En , Graves est nommé commandant de la division basée à Palo Alto en Californie et qui devait être envoyée en France dans les 30 jours. Graves nomme Eichelberger comme chef d'état-major adjoint. Alors qu'Eichelberger est en route vers la Californie, Graves lui apprend que la destination de la division a changé, et que cette dernière doit maintenant prendre la route de la Sibérie. En effet, le président Woodrow Wilson a accepté de soutenir l'intervention des Alliés dans la guerre civile russe. Graves est chargé de prendre le commandement des . Ces dernières quittent San Francisco le avec Eichelberger comme chef d'état-major adjoint.

Graves est informé que sa mission est davantage politique que militaire, et par conséquent qu'il doit maintenir une stricte neutralité. Eichelberger se retrouve alors dans un environnement politique, diplomatique et militaire complexe. Peu de temps après son arrivée, il est nommé au Conseil militaire interallié des dix nations qui est responsable de la stratégie alliée. Eichelberger est convaincu que les objectifs des alliés français et britanniques en Sibérie ne sont pas nécessairement les mêmes que ceux des Américains, mais ces derniers ne sont pas non plus très clair, surtout lorsque le département d’État et le département de la Guerre ne sont pas toujours d'accord. La politique américaine préconise la protection du chemin de fer Transsibérien, mais celui-ci est sous le contrôle des forces de l'armée blanche de l'amiral Alexandre Koltchak, qu'Eichelberger considère comme des et des .

Pour son service en Sibérie, Eichelberger reçoit la Distinguished Service Cross et l'Army Distinguished Service Medal. Il est également promu lieutenant-colonel le . Graves lui interdit de recevoir l'Ordre britannique du Service distingué et la Légion d'honneur française comme d'autres membres du Conseil militaire interallié. Eichelberger reçoit cependant l'Ordre japonais du Trésor sacré et l'Ordre du Soleil levant.. L'intervention de Sibérie donne à Eichelberger l'occasion d'observer directement l'armée japonaise et il se montre impressionné par leur entraînement et leur discipline. Il conclut que si ces troupes étaient bien commandées, elles seraient plus qu'à la hauteur des troupes américaines. Le corps expéditionnaire américaine en Sibérie se retire en .

Entre-deux-guerres Au lieu de retourner aux États-Unis après son service en Sibérie, Eichelberger devient chef d'état-major adjoint du le . Comme beaucoup d'officiers après la Première Guerre mondiale, il retrouve son grade permanent, en l’occurrence de capitaine, le , mais il est immédiatement promu major le lendemain. Emmaline le rejoint à Vladivostok en , et tous les deux voyagent au Japon avant de rejoindre les Philippines. En , Eichelberger devient chef de la mission de renseignement en Chine. Il établit des bureaux de renseignement à Pékin et Tianjin, et il rencontre le Président de la République de Chine, Sun Yat-sen. Il retourne finalement aux États-Unis en , où il est affecté à la section renseignement de la division Extrême-Orient de l'état-major du département de la Guerre.

Eichelberger est particulièrement déçu par son échec à intégrer la liste d'admissibilité du personnel général. En effet, la exige que seuls les officiers de cette liste puissent être promus au poste de brigadier-général. Concluant que ses perspectives de promotion dans l'infanterie sont pauvres, et à la demande de l'adjudant-général, le major général Robert Courtney Davis, il est transféré au le . Il continue à travailler avec l'état-major général du département de la Guerre, mais depuis le bureau de l'adjudant-général. En , il est affecté à dans l'Ohio, en tant qu'adjudant-général adjoint du .

vignette|droite|Le général Malin Craig.

Davis offre à Eichelberger la possibilité d'intégrer le Command and General Staff College à Fort Leavenworth. Eichelberger rejoint les 247 autres officiers là-bas en . Puisque les étudiants sont placés par ordre alphabétique, il s'assoit à côté de l'officier qui est au sommet de la classe, la major Dwight D. Eisenhower. Parmi les autres élèves de la classe figurent Joseph Stilwell, Leonard T. Gerow et . Eichelberger obtient son diplôme en se classant parmi le premier quart des élèves et demeure au Command and General Staff College comme son adjudant-général. En 1929, il intègre le War College, et après l'obtention de son diplôme, il est affecté au bureau de l'adjudant-général à Washington.

En 1931, Eichelberger est envoyé à West Point comme adjudant. Il est promu lieutenant-colonel le . En , il devient secrétaire de l'état-major général du département de la Guerre, travaillant pour le chef d'état-major de l'United States Army, le général Douglas MacArthur. Eichelberger retourne dans l'infanterie en , bien qu'il soit resté secrétaire de l'état-major du département de la Guerre jusqu'en , promu au rang de colonel le .

Le nouveau chef d'état-major, le général Malin Craig offre à Eichelberger le commandement du , basé à Fort Benning en Géorgie. Eichelberger préfère refuser car il avait été loin de l'infanterie pendant de nombreuses années, et certains officiers d'infanterie pourraient être jaloux. Au lieu de cela, il accepte le commandement du régiment d'infanterie, une unité moins prestigieuse stationnée au Presidio de San Francisco, mais s'il se trouve encore des officiers pour critiquer que l'on confie le commandement d'un régiment à un officier âgé de 52 ans. Avant de partir, il effectue un bref séjour à l'école d'infanterie de Fort Benning, pour se refamiliariser avec l'infanterie. Dans le cadre de la division d'infanterie, le régiment Infanterie participe à une série d'exercices d'entraînement majeurs au cours des deux prochaines années.

Seconde Guerre mondiale West Point et préparatifs de guerre vignette|droite|Plan de l'académie de West Point durant la guerre.

Eichelberger est promu général de brigade en et le mois suivant, il reçoit des ordres pour devenir le commandant en second de la division d'infanterie du général Joseph Stilwell. À la dernière minute, ces ordres sont changés. En effet, le major-général a intercèdé auprès du président Franklin Delano Roosevelt pour que ce dernier nomme Eichelberger comme surintendant de l'Académie militaire de West Point. Avant d'occuper ce poste, Eichelberger rencontre le successeur de Craig comme chef d'état-major, le général George C. Marshall, qui l'avertit que les cours du Command and General Staff College et du War College ont été considérablement raccourcis pour répondre aux besoins de l'expansion rapide de l'armée, et que West Point souffrirait le même sort à moins qu'Eichelberger ne puisse rendre les cours plus pertinent pour les besoins immédiats de l'armée.

En tant que surintendant, Eichelberger tente de ramener West Point au . Il réduit les activités telles que l'équitation et les parades militaires et développe la formation au combat moderne dans laquelle les cadets participent notamment à des exercices militaires aux côtés des unités de la Garde nationale. Il acquiert comme centre de formation et exige que les cadets subissent une formation de base en vol. Cela permet aux cadets de se qualifier comme pilotes alors qu'ils sont encore à West Point. Il se préoccupe également de l'état lamentable de l'. Grâce à Pa Watson, il réussit à persuader le chirurgien général de l'armée américaine de lever les restrictions de poids pour permettre aux joueurs plus lourds d'être recrutés. Enfin, il embauche Earl Blaik pour entraîner l'équipe.