vignette|Az-Zumar Az-Zumar (arabe : , français : Les groupes) est le nom traditionnellement donné à la sourate du Coran, le livre sacré de l'islam. Elle comporte 75 versets. Rédigée en arabe comme l'ensemble de l'œuvre religieuse, elle fut proclamée, selon la tradition musulmane, durant la période mecquoise.
Origine du nom
Bien que le titre ne fasse pas directement partie du texte coraniqueA. Chouraqui, Le Coran, traduction et commentaires, 1990, ., la tradition musulmane a donné comme nom à cette sourate Les groupes, en référence aux versets 71 et 73 parlant des gens allant au Paradis ou en Enfer :
Historique
Il n'existe à ce jour pas de sources ou documents historiques permettant de s'assurer de l'ordre chronologique des sourates du Coran. Néanmoins selon une chronologie musulmane attribuée à Ǧaʿfar al-Ṣādiq (VIIIe siècle) et largement diffusée en 1924 sous l’autorité d’al-AzharG.S. Reynolds, « Le problème de la chronologie du Coran », Arabica 58, 2011, p.477-502.R. Blachère, Introduction au Coran, p.244., cette sourate occupe la 59e place. Elle aurait été proclamée pendant la période mecquoise, c'est-à-dire schématiquement durant la première partie de l'histoire de Mahomet avant de quitter La MecqueR. Blachère, Le Coran, 1966, .. Contestée dès le XIXe par des recherches universitaires, cette chronologie a été revue par NöldekeG. Dye « Le Coran et son contexte Remarques sur un ouvrage récent », Oriens Christianus n°95, 2011, p. 247-270.E. Stefanidis, « The Qur'an Made Linear: A Study of the Geschichte des Qorâns' Chronological Reordering », Journal of Qur'anic Studies, X, II, 2008, p.13., pour qui cette sourate est la .
Les auteurs ont été en désaccord sur l’origine mecquoise ou médinoise de la sourateLes islamologues ont utilisé plusieurs approches pour tenter de dater les différentes sourates du Coran. Paret et Neuwirth appartiennent à l’« école allemande » qui, à la suite de Nöldeke, s’appuie sur la chronologie traditionnelle et sur un récit « laïcisé » des traditions musulmanes. Autrefois dominant dans les études islamologiques, ce paradigme nöldekien n'est plus qu'« en partie présent ». Les auteurs du Coran des historiens appartiennent davantage à l’autre courant (dit « sceptique ») qui prend davantage en compte une critique des sources traditionnelles. Voir : Historiographie de l'islam et du Coran. Neuwirth divise cette sourate en trois parties. Mais cette structure a subi plusieurs ajouts et modifications. Cela est visible dans l’irrégularité des rimes ou la variabilité de la longueur des versetsA.S. Boisliveau, "Sourate 39", Le Coran des Historiens, t.2b, 2019, 1293 et suiv.. Il est complexe de déterminer le contexte exact de cette sourate qui possède un fort contexte biblique, juif et chrétien mais aussi des éléments zoroastriens. Certains éléments datent visiblement d’après la mort de Mahomet.
Interprétations
Verset 23 : une autoréférence Le verset 23 est une autoréférence, le Coran se décrivant lui-même. Néanmoins, il possède des éléments peu clairs ayant fait l’objet d’interprétations. Le Coran se définit ici (ce qui est peu courant) comme une parole-hadith. Il se décrit ici comme kitaban, traduit par « sous forme de livre ». Or cela signifie moins l’aspect livresque que sa volonté de s’inscrire comme « Écriture sacrée » au même titre que la Bible.
Un terme particulièrement complexe est mathani qui n’apparaît que deux fois dans le Coran. Pour les exégètes musulmans, ce terme désigne certaines parties du Coran, sans qu’il n’y ait de consensus ni sur l’usage du terme, ni sur les parties désignées. Ces hésitations laissent supposer que ce terme est un emprunt, ce que pensent la plupart des universitaires. Pour eux, il dérive, en effet, de « Mishna », peut-être via le judéo-araméen.
Ce terme mishna désigne dans le judaïsme l’enseignement oral de la tradition en opposition avec la Miqra, la Torah écrite. Il serait anachronique d’imaginer cet usage comme une transcription islamique d’une dichotomie Coran/Sunna, cette dernière étant un concept tardif. Le ou les auteurs du corpus coranique ont probablement utilisé ce terme pour octroyer aux textes du Coran une connotation hébraïque. Une autre solution serait de voir dans ce terme une erreur de scribe (n changé en l) en l’absence de point diacritique (plusieurs lettres étant dans ce cas là équivalentes). Ce terme évoquerait alors une récitation orale.
Voir aussi
Articles connexes
Islam, troisième religion abrahamique Coran, livre sacré de l'islam Mahomet, prophète majeur de l'islam Sourate, nom donné pour les chapitres du Coran Ayat, nom donné pour les versets du Coran
Bibliographie
A.S. Boisliveau, "Sourate 39", Le Coran des Historiens, t.2b, 2019, 1293 et suiv. R. Paret, Der Koran. Kommentar und konkordanz, 1980En 2019, seuls deux ouvrages peuvent être considérés comme des commentaires scientifiques et continus du texte coranique. Il s'agit du Commentary on the Qur'an de Richard Bell publié en 1991 (aujourd'hui daté) et du Coran des historiens publié en 2019. L'ouvrage de Paret s'inscrit, avec ceux de Blachère, Khoury et Reynolds, dans un ensemble de traduction avec apparat critique. Voir : Sourate.
Liens externes
Texte de la sourate 39 en français, d'après la traduction de Claude-Étienne Savary de 1783.
Notes et références
Notes
Références
Zumar