Le MAS, acronyme pour Motoscafo Armato Silurante ou Motoscafo Anti Sommergibile, est une vedette lance-torpilles utilisée comme moyen rapide d'assaut par la Regia Marina pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale.
Il est parfois désigné comme « motobarca armata SVAN », SVAN étant le nom de la société vénitienne « Società Veneziana Automobili Navali » qui le produit.
Cette embarcation rapide est une vedette de à de déplacement selon la classe, avec une dizaine d'hommes d'équipage. Son armement est constitué généralement de deux torpilles, de grenades anti-sous-marines, d'une mitrailleuse ou d'un petit canon.
Le terme « MAS » est aussi l'acronyme de , (« moyens d'assaut »), qui figure dans le nom de l'unité dont la plus célèbre est la Flottiglia MAS (Dixième flottille MAS) active pendant la Seconde Guerre mondiale.
Conception et développement technique Le développement des bateaux appelés MAS a commencé avant la Première Guerre mondiale. En effet, la modification de canots civils - en les équipant de systèmes pour la chasse anti-sous-marine près des côtes ou pour le lancement de torpilles - avait été envisagée vers 1904-1906 aussi bien par les marines italienne, britannique que française..
En 1913, Thaon de Revel, nommé à la tête de l’état-major de la marine, demande à nouveau une étude sur la possibilité de modifier les vedettes de tourisme pour en faire des embarcations d’assaut de surface. En , un prototype de vedette de de long et pouvant atteindre une vitesse de est commandé à la société Maccia Marchini de Milan, mais, celle-ci ne pouvant assurer une production en série, un capitaine du génie naval se rend en aux États-Unis afin de négocier avec la société Standart Motor Construction la fourniture d'embarcations rapides lance-torpilles. Cette approche américaine reste sans suite et le , la commande est finalement passée à la Societa Veneziana Automobili Nautiche (SVAN), dont le chantier situé à la Giudecca à Venise réalisait des bateaux-taxi et des vaporetti.
Au cours du mois de , l’ingénieur Attilio Bisio, directeur du SVAN propose les « vedettes armées » sous le nom de « Motobarche armate SVAN » (MAS). Au départ, il s'agit de la simple modification des « motoscafi » de bois vernis, pontés et effilés déjà produits dans les ateliers. Les deux premiers exemplaires, immatriculés « MAS 1 » et « MAS2 », sont des vedettes à coque de bois de de long qui sont mises à la mer dans le bassin de l’Arsenal, à Venise en et livrées à la marine le . Au départ, les bateaux à moteur dont le fuselage est en bois et en aluminium, d'un poids d'environ sont armés d'une ou plusieurs mitrailleuses et de deux torpilles (sans tube lance-torpilles). L'équipage se compose d'environ à hommes. Lors des essais, il s'avèrent instables et peu adaptés aux attaques de surface et sont transformés, d'abord en canonnières puis en poseurs de mines en .
L’état-major, sans attendre les résultats des premiers essais, demande la mise en fabrication des séries de «Motobarche armate » pouvant atteindre la vitesse de , d'un tirant inférieur à et d'une autonomie minimale de . L'entrée en guerre de l’Italie le incite le gouvernement italien à passer rapidement commande de embarcations pour un total de . Les modèles MAS 3 à 22 sont commandés à la SVAN et les modèles 23 à 52 à l'Ansaldo de Gênes. Cette première série, aux performances décevantes, conçue initialement pour le torpillage, sera finalement destinée à la défense côtière. Les torpilles laissant la place aux canons de et aux grenades anti-sous-marines.
La Regia marina commande en dix exemplaires de à tonneaux aux Cantieri navali Orlando qui seront équipés d’un moteur Isotta de chevaux et dont les nœuds pourraient permettre l'attaque de la flotte autrichienne. Des chaînes de montage sont installées dans les arsenaux de la marine italienne afin de construire des vedettes plus lourdes et mieux armées. À partir de 1917, la Regia Marina passe commande de deux séries de cent embarcations chacune, dont 20 sont même livrées depuis les États-Unis.
Au fil des ans, les bateaux sont graduellement améliorés, en particulier en ce qui concerne la gamme et la navigabilité. Le nouveau type de bateau « Baglietto » construit dans les dernières années de la Première Guerre mondiale fait , mesure de long par de large, a de tirant d'eau et déplace . Il est équipé de deux moteurs d'une puissance totale de chevaux, atteignant une vitesse de .
Les de carburant transporté lui permettent de parcourir à une vitesse de croisière de . Armé de deux torpilles de , d'un canon de et d'une mitrailleuse de , il peut emporter jusqu'à anti-sous-marines et une mitrailleuse. L'équipage est composé de .
Les embarcations dont la vitesse dépasse nœuds, environ un quart du nombre total, sont utilisées pour des actions offensives en Adriatique : torpillage, dépose d’agents sur les côtes ennemies et récupération d’hydravions. En 1917, l'ajout de moteurs électriques de chevaux sur les MAS les plus légers, permet l’attaque de nuit des cuirassés ennemis. Les vedettes les plus lourdes, ne dépassant pas les nœuds, sont employées pour la pose de mines et de réseaux de défense, l’escorte des convois à travers le canal d’Otrante, et pour la lutte anti-sous-marine.
Au jour de l’armistice il existe MAS de cinq types différents et d’innombrables variantes et sont en construction.
La marine légère italienne connaît un développement particulier au cours de l’entre-deux-guerres. En effet, 40 % des vedettes commandées pendant la Première Guerre mondiale sont livrées après l’armistice, faisant de l'Italie le pays des « escadrilles maritimes » offensives, poursuivant la production et la recherche dans le domaine. Les autres pays européens comme la France et la Suède s'en inspirentDe 1920 à 1925, la Suède s’équipe ainsi en MAS fabriqués par Orlando. La Marine nationale française crée en partenariat avec la Regia marina, le VTB 7. Lors de la Seconde Guerre mondiale, les belligérants déploient plus de vedettes de combat.
Après la fin du conflit, une seconde génération de « motoscafi » voit le jour, le développement technique du MAS se porte sur les moteurs, tandis que la conception de base reste inchangée. Le modèle mis au point en 1931 par le chantier Cantieri Navali Baglietto S.p.a, le « Baglietto 1931 »Le premier modèle est le MAS 431 équipé de deux moteurs à essence Fiat d'une puissance totale de , atteint une vitesse de pointe de . Le bateau fait de long par de large, de tirant d'eau et de déplacement. La vitesse de pointe officielle du bateau est de . La tonne de carburant embarquée lui permet de parcourir à . L'armement se compose de deux torpilles de , deux canons de . L'équipage est de .
La tentative de résoudre le problème du risque d'explosion de l'essence en utilisant des moteurs diesel n'est pas satisfaisante. En effet, le « Stefano Tur », prototype réalisé par Costruzioni Meccaniche Aeronautiche S.A. de Marina di Pisa, est un soit maximum, poids très supérieur à celui des bateaux précédents, équipé de quatre moteurs diesel Fiat de .
Le bateau mesure de long sur de large et de tirant d'eau. Il atteint une vitesse de . Le fuselage n'est plus, comme dans les précédents bateaux, en bois et en aluminium. L'armement se compose de quatre tubes lance-torpilles de , trois mitrailleuses de et grenades anti-sous-marines. Les moteurs se révèlent peu fiables et le bateau est abandonné en 1941.
La poursuite du développement repose donc sur le « Baglietto 1931 ». Quatre séries de bateaux légèrement améliorées sont construites de 1936 à 1941 (26, 11, 25 et 14 bateaux). Ils sont équipés du moteur Asso 1000 de la société milanaise Isotta Fraschini et atteignent en configuration de combat la vitesse de -. Le déplacement est compris entre et , ils sont armés de deux tubes lance-torpilles de et de une ou deux mitrailleuses de ou .
Les bateaux du type « Baglietto Velocissimo », par exemple, mesurent de long par de large, ont de tirant d'eau et de déplacement. Ses deux moteurs de assurent une vitesse de . Les de carburant permettent de parcourir . L'armement se compose de deux tubes lance-torpilles de et d'une mitrailleuse de . L'équipage est de hommes. Finalement, les bateaux de la troisième série de la classe « Velocissimo 500 » assurent un déplacement de . Armé de deux tubes lance-torpilles de , d'une mitrailleuse de , ils atteignent une vitesse de . Leur équipage est de hommes.
Les premières années de la Seconde Guerre mondiale ont mis en évidence les faiblesses des bateaux MAS à haute vitesse. La construction légère et la coque affectent la navigabilité des bateaux dans une mer agitée.
En , l'invasion de la Yougoslavie permet la capture à Kotor de 6 vedettes rapides de production allemande du type S 1. À partir de ces modèles, la marine italienne charge les Cantieri riuniti Adriatico (CRDA) à Monfalcone de construire la nouvelle génération de classe « CRDA 60 t » presque identique au modèle allemand. En , 18 vedettes de ce type sont déjà en service. Les bateaux ne sont plus nommés « MAS », mais « MS » (Moto Siluranti), mettant fin à la construction des bateaux MAS.
Toutefois les flottilles de 1940 n’ont que peu de traits en commun avec ceux de la Première Guerre mondiale. Le personnel navigant des premiers MAS est entièrement retraité et le théâtre des opérations s'est déplacé de l’Adriatique vers la Méditerranée. La marine légère italienne s’oriente désormais vers le torpillage de vaisseaux alliés entre Gibraltar et l’Égypte.
Les nouvelles unités, dont la plus célèbre, commandée à partir de 1939 par le prince Valerio Borghese, est la Decima MAS, remplacent les motoscafi par des « barchini explosivi », pilotés par un seul homme et employés comme « naufrageurs » kamikazes, ainsi que des torpilles guidées montées par des nageurs de combat.
Jusqu’en 1943, ces unités attaquent en Méditerranée les navires britanniques, comme en Crète, à Gibraltar, à Malte en 1941 et à Syracuse en .
Après l’ armistice de Cassibile du signé avec les Alliés, les navires, hommes et matériels de la Regia Marina sont consignés, pour presque la totalité, par les forces britanniques et américaines. Un accord de coopération avec les ex-ennemis permet aux marins italiens de continuer à combattre aux côtés de ceux-ci pour libérer le pays de l'occupation nazie. Le MAS se range donc du côté des alliés, hormis la Decima MAS, regroupée par Valerio Borghèse, qui reste fidèle à Mussolini et rejoint la république de Salò
Première Guerre mondiale Paolo Emilio Thaon di Revel, partisan de ce mode d’action est affecté à Venise avec des pouvoirs accrus. Sa première décision est de passer commande des MAS qui sont largement employés par la Regia Marina pendant la Première Guerre mondiale . Les modèles utilisés provenaient directement de la modification de bateaux à moteur civils, équipés de moteurs à essence. Ils ont été utilisés dans la patrouille anti-sous-marine et dans l'attaque de grandes unités de la marine austro-hongroise.
Les bateaux MAS ont été déployés principalement dans la mer Adriatique et y opéraient contre la marine austro-hongroise. La circulaire 5013 du avait établi trois bases pour les MAS, Tarente, Brindisi et Valona.
En 1918, le nombre de bateaux dans la mer Adriatique s'élevait à . Comme les Autrichiens n'avaient aucune vedette similaire, ils décident d'en voler une dans le port d'Ancône pour la copier. Cette opération est menée le . Une troupe sous le commandement d'officiers italophones, munis de faux papiers, a pénétré dans le port militaire fermé d'Ancône. À la suite d'une trahison, l'opération échoue et les intrus sont capturés.
Le camouflet de Bakar (Beffa di Buccari)