Les frondeurs sont un groupe de députés français du Parti socialiste opposés, pendant la de la Cinquième République, à la politique économique et sociale des gouvernements de Jean-Marc Ayrault, , puis de Bernard Cazeneuve, sous la présidence de François Hollande.
Ligne politique Globalement, les députés frondeurs estiment que la politique suivie par les , puis , met trop l'accent sur la baisse des dépenses publiques et les aides aux entreprises au détriment d'une politique keynésienne de soutien à la demande. Si certains, comme Pierre-Alain Muet, s'accordent sur , ils critiquent le fait que la . Une politique qui serait inefficace à créer des emplois et à relancer la croissance et qui ne ferait, in fine, que creuser plus la dette..
Selon ces députés, la politique suivie, qualifiée notamment par Laurent Baumel de , et est une des raisons de son impopularité. .
En 2014, les frondeurs proposent vers un soutien à la consommation : ils proposent notamment de moduler la CSG pour les revenus faibles et moyens, de créer supplémentaires et de cibler le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE)..
Premiers accrocs Le premier vote sur lequel une partie des députés socialistes refusent de suivre l'avis du gouvernement est l'approbation du Pacte budgétaire européen soumis à l'Assemblée nationale le .
Lors de la campagne présidentielle de 2012, François Hollande avait promis de « renégocier » ce traité mais a finalement opté, une fois élu, pour la négociation d'un pour .. Si la majorité des députés socialistes accepte alors cette position, certains la refusent. Par exemple, la députée Barbara Romagnan juge que et . tandis que Jérôme Guedj refuse .. Finalement, sur 297 membres du groupe socialiste, 20 votent contre le Pacte budgétaire et 9 s'abstiennent..
Dès lors, sur un certain nombre de scrutins, certains députés refusent de suivre la ligne du gouvernement : Le , 6 députés socialistes votent contre et 35 s'abstiennent lors du scrutin portant sur le projet de loi de sécurisation de l'emploi, validant l'accord national interprofessionnel.. Le , 17 socialistes s'abstiennent sur le vote de la réforme des retraites..
Constitution d'un groupe de frondeurs
En , Manuel Valls est nommé Premier ministre par François Hollande. Le , une partie des députés refusent de voter la confiance au gouvernement et d'autres s'abstiennent. Plusieurs parlementaires adressent alors une lettre au nouveau Premier ministre, réclamant et jugeant une nouvelle fois que la politique suivie devrait donner plus de place au pouvoir d'achat et au soutien de la consommation plutôt qu'à la réduction des déficits et les aides aux entreprises..
Le , 41 députés socialistes s'abstiennent lors du scrutin approuvant le programme de stabilité présenté par Manuel Valls et prévoyant d'économie entre 2014 et 2017.. Le quotidien L'Opinion voit dans ces abstentionnistes un rassemblement de trois types de parlementaires : les tenants des courants de gauche (Un Monde d'Avance et Maintenant la gauche) comme Pouria Amirshahi, Fanélie Carrey-Conte, Nathalie Chabanne, Pascal Cherki, Barbara Romagnan, des venus de différents courants, Laurent Baumel, Jean-Marc Germain, Daniel Goldberg, Pierre-Alain Muet, Christian Paul, et des députés souvent à leur premier mandat par une politique gouvernementale peu en phase avec le projet présidentiel comme Jean-Pierre Blazy, Kheira Bouziane-Laroussi, Philippe Noguès, Paola Zanetti..
En , les frondeurs se regroupent autour d'un texte baptisé l' et critiquent la loi de financement de la Sécurité sociale du nouveau gouvernement, dénonçant un ...
Lors de l'université d'été du Parti socialiste à La Rochelle, l' se transforme en collectif ...
En , Manuel Valls forme un nouveau gouvernement dont sont notamment exclus Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti, qui critiquent la ligne économique suivie. Lors du vote d'investiture de ce gouvernement, 32 députés socialistes s'abstiennent.. Redevenus députés, les deux derniers rejoignent le collectif des frondeurs à l'occasion d'une réunion publique à Paris en ..
Lors du vote du budget 2015 en , ce sont de nouveau 39 députés socialistes qui s'abstiennent.. Le , les critiques des frondeurs à l'encontre de la politique du gouvernement sont reprises par Martine Aubry, ancienne première secrétaire du Parti socialiste..
En , les frondeurs contestent plusieurs dispositions de la loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques du ministre de l'Économie Emmanuel Macron, notamment sur la question de l'élargissement du travail du dimanche. Benoît Hamon propose notamment d'inscrire dans la loi une indemnité salariale minimale pour les salariés travaillant le dimanche, ce que le gouvernement refuse. Hamon et d'autres frondeurs annoncent alors leur intention de voter contre le projet de loi. En réponse, Manuel Valls décide d'engager la confiance du gouvernement sur ce texte, via l'article 49, alinéa 3 de la Constitution..
En , à la suite du revers sévère du PS aux élections départementales, les frondeurs poursuivent leur critique de la politique de Manuel Valls et appellent à un « contrat de rassemblement ». Ils déclarent notamment : ..
Après sa reconduction comme premier secrétaire du Parti socialiste fin (avec 60 % des voix, contre environ 30 % au frondeur Christian Paul), Jean-Christophe Cambadélis estime qu'.. Pour sa part, Christian Paul, qui conduisait la motion B incluant la plupart des députés frondeurs, lance au congrès du parti le concept de « La prochaine gauche » : ..
Après le Congrès de Poitiers
Quelques jours après le Congrès du PS à Poitiers, l'annonce du Premier ministre de nouveaux amendements favorables au patronat, dont le plafonnement des indemnités prud'homales versées en cas de licenciement abusif, provoquent un nouveau raidissement qui pourrait contraindre le gouvernement à une nouvelle utilisation de l'article 49.3 en seconde lecture du projet de loi Macron..
Le président du groupe parlementaire Bruno Le Roux déclare après ce vote le qu'il . Il ajoute :
Le surlendemain, le député du Morbihan Philippe Noguès annonce son départ du PS et du Groupe socialiste à l'Assemblée nationale, pour rejoindre les non-inscrits déclarant faire et Tout comme Le Roux (), le député de la ligne majoritaire Eduardo Rihan Cypel se réjouit de ce départ :
Alors que, selon certains points de vue, le projet de loi relatif au renseignement instaurerait une surveillance numérique de masse., dix députés frondeurs votent contre en première lecture en ..
Pendant l'été 2015 et à la rentrée de septembre-octobre, ils manifestent leur opposition à l'instauration du travail dominical et au budget 2016.. Toutefois, la loi Macron est adoptée sans vote après l'utilisation de l'article 49.3 de la Constitution et les Frondeurs ne s'associent pas à la motion de censure déposée par la droite.. Quelques semaines plus tard, seuls 18 Frondeurs s'abstiennent sur le projet de loi de finances (contre 39 un an plus tôt) et un seul, Pouria Amirshahi vote contre..
En , ils écrivent à Jean-Christophe Cambadélis pour dénoncer un au sujet du référendum pour l'unité de la gauche aux élections régionales organisé par le Parti socialiste, lequel a par ailleurs suscité moqueries et critiques sur sa sincérité..
Reprise de la fronde après les élections régionales
L'annonce fin par le président de la République d'un projet de constitutionnalisation de la déchéance de nationalité pour les terroristes binationaux puis dans un second temps sans considération de nationalité, suscite une contestation à gauche dépassant le champ des frondeurs alors qu'un mouvement parallèle se développe à droite. n'est ainsi adopté que par contre 148.. Le , Pouria Amirshahi annonce quitter le PS et ne pas vouloir se représenter aux législatives de 2017..
S'émancipant un peu de l'exécutif, les frondeurs apportent leur soutien à «des primaires citoyennes de la gauche».. En , ils participent à l'opposition au projet de loi El Khomri porté par la ministre du Travail. Christian Paul affirme quelques instants avant l'annonce du report par le Premier ministre que quant au vote d'une éventuelle motion de censure en cas d'utilisation de l'article 49.3 sur ce projet de loi..
En , les tensions s'intensifient après l'annonce par le Premier Ministre de sa volonté d'utiliser le 49.3 dès le début du débat parlementaire pour faire passer la loi Travail malgré les vastes mouvements de protestation contre ce projet de loi depuis plusieurs semaines avec le mouvement Nuit debout. Les frondeurs annoncent réfléchir à leur position sur la motion de censure déposée par la droite afin de renverser le gouvernement.. Proche de Manuel Valls, le député PS Christophe Caresche annonce par anticipation que ceux qui voteraient la censure .. Excluant de voter la motion de la droite, les députés socialistes « frondeurs » conviennent le de déposer une motion de censure de gauche pour faire obstacle à l'utilisation de l'article 49.3. Ils ne rassemblent finalement que 56 signatures sur les 58 requises pour qu'elle soit soumise au vote..
Après une première lecture au Sénat, où le texte est durci par la majorité de droite et l'échec de la commission mixte paritaire, le texte est présenté en seconde lecture à l'Assemblée nationale. En raison des trop nombreuses oppositions qui ne lui permettent pas de faire passer sa loi, Manuel Valls engage une nouvelle fois la responsabilité de son gouvernement via l'article 49.3... Le , des députés frondeurs socialistes, écologistes et communistes tentent donc de déposer une nouvelle motion de censure à l'encontre du gouvernement, mais échouent à nouveau. Quatre députés qui figuraient parmi les signataires la première fois n'ont pas souhaité soutenir cette deuxième motion de censure : Alexis Bachelay, Yann Galut, Laurent Kalinowski et Isabelle Bruneau..
Le , cinquante-huit députés, très majoritairement de gauche, publient une tribune dans Le Journal du Dimanche pour réagir face à l'utilisation de l'article 49.3 pour la troisième fois consécutive par le gouvernement pour faire passer la loi Travail.. Pourtant, malgré cette opposition médiatique au projet de loi, la tentative de dépôt d'une motion de censure échoue le lendemain, n'étant soutenue que par 28 de ces députés..
Alors que le PS avait renoncé à organiser sa traditionnelle université d'été à La Rochelle pour choisir Nantes, avant de l'annuler devant les risques de violence, les Frondeurs choisissent d'organiser une université d'été à La Rochelle, les 10 et ..
Les 56 députés signataires de mai 2016 Liste des 56 députés signataires de la motion de censure « de gauche », de contre la loi Travail, qui indiquent que . Ce groupe est composé de 28 membres du groupe socialiste, 13 membres du groupe GDR (dont 8 communistes), 10 membres du groupe écologiste, 1 membre du groupe RRDP et 4 non inscrits..
Député(e)PartiGroupeNomComparatif selon l'effectifAlexis BachelayPS SRCLaurent BaumelJean-Pierre BlazyIsabelle BruneauFanélie Carrey-ConteDominique ChauvelPascal CherkiAurélie FilippettiGeneviève GaillardYann GalutLinda GourjadeÉdith GueugneauBenoît HamonMathieu HanotinSerge JanquinRomain JoronRégis JuanicoLaurent KalinowskiChristophe LéonardChristian PaulMichel PouzolPatrice PratBarbara RomagnanGérard SebaounSuzanne TallardPaola ZanettiChristian HutinMDCJean-Luc LaurentAlain BocquetPCFGDRMarie-George BuffetJean-Jacques CandelierPatrice CarvalhoGaby CharrouxAndré ChassaigneJacqueline FraysseNicolas SansuFrançois AsensiE!Huguette BelloPLRMarc DolezFGAlfred Marie-JeanneMIMJean-Philippe NilorLaurence AbeilleEELVECOLOBrigitte AllainDanielle AuroiMichèle BonnetonSergio CoronadoCécile DuflotJean-Louis RoumégasÉva SasIsabelle AttardECONoël MamèrePouria Amirshahiex-PSDémissionnaireNIPhilippe NoguèsThomas Thévenoudex-PSExcluJean Lassalleex-MoDemJérome LambertPSRRDP
Primaire citoyenne de 2017 vignette|Benoît Hamon au lancement de sa campagne pour les primaires.