ou (connu en français comme Le livre des peintres) est un ouvrage écrit par le peintre et écrivain flamand Carel van Mander. Il a été édité pour la première fois en 1604 en néerlandais à Haarlem.

est composé de six volumes et est considéré comme l'une des principales sources de l'histoire de l'art et de théorie de l'art pour les aux Pays-Bas.

Constitution Het Schilder-boeck est constitué de six volumes qui sont indexés et possèdent une couverture propre : « Les fondations du l'art noble et libre de la peinture » (« ») « Vies des illustres peintres anciens, incluant les Égyptiens, Grecs et Romains » (« Het Leven Der oude Antijcke doorluchtighe Schilders, soo wel Egyptenaren, Griecken als Romeynen ») « Vies des illustres peintres italiens modernes et contemporains » (« Het Leven Der Moderne, oft dees-tijtsche doorluchtighe Italiaensche Schilders. ») « Vies des illustres peintres néerlandais et allemands » (« Het Leven der Doorluchtighe Nederlandtsche, en Hooghduytsche Schilders. ») « Commentaire sur les Métamorphoses d'Ovide » (« Wtlegghingh op den Metamorphosis Pub. Ouidij Nasonis. ») « Représentations des figures » (Uvtbeeldinge der Figueren)

Contexte Contexte historique L'histoire de la peinture néerlandaise primitive est d'abord décrite par l'Italien Lodovico Guicciardini dans son (Description des Pays-Bas, 1567) : c'est une source pour le biographe Giorgio Vasari et son très célèbre Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes, également connu comme Le Vite. D'ailleurs, les biographies du ont un style et un format similaires au . Carel van Mander fait de rares digressions à ce format : il commence, pour chaque peintre, par une vue générale sur sa jeunesse et une liste de ses maîtres, puis donne des informations sur sa carrière et conclut avec une liste des œuvres notables. Dominicus Lampsonius a été une source fiable pour Karel van Mander, à travers ses lettres à VasariMelion, Walter S., Shaping the Netherlandish Canon: Karel van Mander's Schilder-Boeck, The University of Chicago Press, Chicago et Londres, 1992, « Van Mander and Lampsonius », p. 145 : « Lampsonius provided Van Mander with a model response to the Vite in his first letter to Vasari, dated 30 October 1564. Quoted in the 1568 edition of the Vite, the letter approves landscape to question Vasari's assumptions about the primacy of the istoria. Lampsonius commends Vasari while insisting on reading him in a northern way. Vasari countered by embedding the letter in the chapter "Diversi artefici fiamminghi," where it served to confirm the hegemony of Tuscan criteria. » et son ouvrage Pictorum aliquot celebrium Germaniae Inferioris effigiesLampsonius, Dominicus, Pictorum aliquot celebrium Germaniae Inferioris effigies, Volcxken Diericx - Hieronymus Cock, Anvers, 1572., publié en 1572 avec Volcxken Diericx, la veuve de Hieronymus CockHauterive, Nicolas Galley, Thèse de Doctorat présentée devant la Faculté des Lettres de l'Université de Fribourg, en Suisse, Université de Fribourg, Fribourg, 2014, p. 154 : « Carel van Mander qui n'avait pu se procurer la Vita de Lombard, s'en servit à de nombreuses reprises et traduisit les épigrammes de Lampson au sein de son Schilderboeck. Le profond respect dont il témoignait pour l'humaniste liégeois, était évident pour celui qui se profilait comme son digne successeur. ».

Cette tradition ne faisait pas grand cas de la topographie géographique des Pays-Bas et du fait que les frères Hubert et Jan van Eyck, considérés comme les pères de la peinture néerlandaise, étaient situés à Bruges. Carel van Mander essaya de corriger ces erreurs en listant tous les célèbres peintres néerlandais primitifs. Il rencontra de nombreuses difficultés pour obtenir des informations précises du fait des conflits politiques et sociaux de son époque.

Van Mander écrivait dans un pays où le calvinisme était puissant et l'art religieux était regardé avec suspicion. Le marché des sujets religieux a rapidement été remplacé par la peinture de genre et les allégories historiques. C'était devenu à la mode de choisir des sujets politiquement corrects, comme des histoires trop vieilles pour heurter protestants et catholiques. La ville d'Harlem avait besoin de se réinventer après avoir perdu son attraction comme site de pèlerinage pour saint Bavon. Ces dirigeants ont fait des commandes de peintures représentant sa gloire passée, telle que l'histoire de la croisade à Damiette, qui est à l'origine des . Les artistes et les écrivains ont été à renouveler la source locale d'inspiration artistique. Van Mander contribue à cet effort en fournissant une liste de biographies d'anciens peintres dans son deuxième chapitre, « Vies des illustres peintres anciens, incluant les Égyptiens, Grecs et Romains » et dans son cinquième chapitre, « Commentaire sur les Métamorphoses d'Ovide »..

Selon Ernst van de Wetering, par son Schilder-boeck, Carel van Mander est ..

Carel van Mander La deuxième édition inclut une biographie de van Mander dont pense qu'elle a été écrite par son frère, présent avec lui quand il était sur son lit de mort. D'autres candidats ont été proposés pour écrire la biographie. Certains pensent que son fils, , a également pu en être l'auteur. Celui-ci se serait basé sur des informations biographiques que son père aurait compilées lui-même. Ces informations ne sont pas complètement fiables, mais restent la meilleure source d'information sur la vie de Carel van Mander..

Contenu et biographies

Du fait que les pages ne sont numérotées que sur la page de droite, les index ont un au numéro de page pour indiquer le recto et le verso de la page afin de la localiser plus efficacement. Chercher les peintres reste cependant difficile car l'indexation utilise les prénoms avant les noms de famille, étant donné que les noms de familles usités par les peintres eux-mêmes n'étaient pas concordants dans toutes les régions où ils avaient été actifs. Beaucoup de peintres étaient plus connus par leurs surnoms que par leurs prénoms. C'est pour cette raison que l’épellation des noms utilisés dans le texte ne correspondent pas toujours aux noms indexés.

« Les fondations de l'art noble et libre de la peinture »

L'ouvrage commence avec un livre sur la fondation de l'art de la peinture. Cette introduction est composée de quatorze chapitres sur la théorie de l'art évoquant de nombreux sujets comme les paysages, les animaux, la draperie et la composition des œuvres.

« Vies des illustres peintres anciens, incluant les Égyptiens, Grecs et Romains »

Les biographies d'anciens peintres du sont en grande partie basées sur l’Histoire naturelle de Pline l'Ancien et n'offrent aucune nouveauté.. La liste qui suit concerne les peintres anciens les plus notables :

« Vies des illustres peintres italiens modernes et contemporains »

Van Mander basa cette partie sur le de Vasari, qui a fut publié un demi-siècle avant. Carel van Mander ne traduisit qu'environ la moitié des biographies de Vasari, remplaçant l'autre moitié par des peintres italiens contemporains du néerlandais lors de son séjour en Italie, tels que Le Tintoret qui devint connu après la publication du . Par ailleurs, Van Mander fit un travail d'édition sur les biographies de Vasari en réinterprétant une partie du travail de Vasari et mettant à jour certaines informations.. Ce qui suit est une liste des textes de Vasari que van Mander a traduits et inclus dans son ouvrage avec leur notice correspondante. :

« Vies des illustres peintres néerlandais et allemands »

vignette|Page de la biographie de Pieter Brueghel l'Ancien (p. 233 recto). Van Mander est moins connu pour ses traductions sur l'art italien qu'il ne l'est pour ses biographies de peintres néerlandais. Ce qui suit est la liste des peintres déjà célèbres provenant des Pays-Bas. :

Van Mander décrivit également des peintres contemporains qu'il pensait devoir mentionner :

« Commentaire sur les Métamorphoses d'Ovide »

Carel van Mander suivit une formation humaniste et avait publié auparavant une traduction des Métamorphoses d'Ovide. Dans le , il fournit un commentaire sur cet ouvrage. Van Mander embrassa la philosophie de la Renaissance selon laquelle il n'y avait pas de conflit entre la mythologie classique et l’Ancien Testament, et que la mythologie était capable de véhiculer des vérités et leçons des évangiles. Par exemple, le mythe des Titans assaillant le trône de Jupiter peut être interprété comme l'illustration d'un chrétien selon lequel l'orgueil est la cause de tous les maux. Les interprétations allégorisées des Métamorphoses dans le sont inspirées de cette vue de la Renaissance sur la mythologie classique..

Cette partie fut bien accueillie et fut vendue par la suite de façon séparée..

« Représentations des figures »

Le volume final traitant des représentations des figures contient une liste de plusieurs animaux et objets qui peuvent avoir un sens symbolique pour le peintre au moment de l'inclure dans la composition. Ce livre inclut plusieurs rites païens utilisables dans des allégories historiques.

Inclus avant l'index aux Métamorphoses, ce volume se veut un guide supplémentaire à l'ouvrage général.

Éditions vignette|upright=0.9|Page de couverture de la deuxième édition du . vignette|redresse|gauche|Page de couverture de l'édition de 1764 du . La première édition sort en 1604 à Haarlem et est éditée par Passchier Wesbusch. Mais van Mander meurt deux ans plus tard, et les éditions ultérieures sont toutes posthumes : la deuxième édition est faite par Jacob Pietersz Wachter à Amsterdam en 1618 ; il y aura ensuite de nombreuses éditions en néerlandais ainsi que dans d'autres langues.

L'une des plus remarquables d'entre elles est celle de 1764 : éditée par Steven van Esveldt, Jacobus De Jongh met à jour les textes tandis que Jan l'Admiral réalise une grande série de portraits gravés des peintres flamands et néerlandais...

La première traduction française date de 1884-1885. Elle est l'œuvre de Henri Hymans, conservateur de la Bibliothèque royale de Belgique. Cette traduction est complétée par des notes et commentairesCarel van Mander, Le Livre des peintres, traduction, notes, et commentaires par Henri Hymans, Paris, 1884 : Tome premier - Tome II..

Impact Le permit l'introduction des artistes néerlandais et flamands dans l'art italien et leur encouragement à voyager en Italie.

Cet ouvrage eut une grande influence sur l'écriture de l'art dans les . Cornelis de Bie (, 1662), Joachim von Sandrart (, 1675), Samuel van Hoogstraten (, 1678), Philippe Baldinucci (, 1681) et Arnold Houbraken (, 1720) sont quelques-uns des biographes primitifs qui utilisèrent le travail de van Mander pour leurs textes biographiques de peintres néerlandais ou comme base pour développer leur propre théorie de l'art..

Les « Vies des illustres peintres néerlandais et allemands » est le volume le plus long du . Historiquement, il fut et continue d'être le plus important ouvrage pour les historiens de l'art qui cherchent des détails sur les peintres néerlandais primitifs.. Il est la source primaire la plus citée dans les nombreuses biographies d'artistes que van Mander y a inclus. Les historiens de l'art accordent beaucoup d'intérêt à sa critique des œuvres de ces artistes, en particulier lorsqu'il décrit le style pictural, l'utilisation de la couleur, ainsi que le lieu de conservation et le propriétaire des peintures, ce qui a permis d'établir leur provenance.

Le est inclus dans la Librairie Basique de la DBNL (les ), qui contient les ouvrages que ses compilateurs ont estimé être les plus importants de la littérature néerlandaise, du Moyen Âge à l'époque contemporaine..

Notes et références

Notes

Notices des artistes sur le Schilder-boeck

Références

Annexes

Bibliographie Carel van Mander, Le Livre de peinture, textes présentés et annotés par Robert Genaille, Hermann, Paris, 1965.