L'église Saint-Martin est une église catholique paroissiale située à Herblay-sur-Seine, en France. Elle a été édifiée à partir de la seconde moitié du dans le style gothique. Le transept est la partie la plus ancienne. La nef, assez longue, est un peu plus récente, et peut être datée de la fin du ou du début du . Ses bas-côtés ont toutefois été rebâtis à l'époque moderne, et perdu leur intérêt. L'élégant clocher central, dont les baies sont flanquées de multiples colonnettes, est certes la partie la plus emblématique de l'édifice gothique. Entre 1500 et 1535 environ, son chœur a été remplacé par un vaste complexe de style gothique flamboyant, qui comporte trois travées, se terminant par un chevet à pans coupés, et deux collatéraux, également à pans coupés. Son architecture est soignée, et l'on y trouve toujours cinq verrières de style Renaissance, qui datent des années 1537-1540, et ont été restaurées vers 1881. Elles font le principal attrait de l'église. Elle a été inscrite monument historique par arrêté du .. Les messes dominicales y sont célébrées chaque dimanche à 9h30 et 11h.

Localisation

L'église Saint-Martin se situe en France, en région Île-de-France et dans le département français du Val-d'Oise, près de la rive droite de la Seine, sur la commune d'Herblay-sur-Seine, en bordure de la ville, rue Jean XXIII. Cette rue se termine sur le parvis de l'église, en cul-de-sac. La Seine coule à une centaine de mètres en contrebas de l'église, au sud. Les rives de la Seine connaissent des coteaux pentus à cet endroit, et la différence de niveau est de environ : le niveau de la Seine est à au-dessus du niveau de la mer, et l'église est bâtie sur une terrasse à une altitude de Cf. la carte topographique IGN « TOP 25 ».. Le centre-ville se situe à une certaine distance, au nord-est ; autour de l'église, l'on trouve un habitat épars. La façade occidentale donne sur le parvis, qui est délimité par le cimetière à l'ouest et au sud. Le parvis, ainsi que le terrain engazonné au sud et au chevet de l'église est l'ancien cimetière.. Le chemin des côtes de La Frette, parcourable uniquement à pied, part vers l'est. Au nord, le presbytère est contigu à l'église.

Historique L'histoire de la paroisse thumb|left|Vue depuis le sud-est.

Les origines de la paroisse se perdent dans le temps. Des sondages et fouilles archéologiques entrepris entre 1967 et 1971 devant le bas-côté sud et dans l'abside ont mis au jour des sarcophages en pierre de l'époque mérovingienne, avec des stèles gravées ou sculptées de rouelles ou de croix inscrites dans des cercles, et du mobilier funéraire permettant une datation du ou du . Une présence chrétienne à cette époque ne fait donc aucun doute, et l'existence d'un sanctuaire est plus que probable.. Sous l'Ancien Régime, Herblay relève du doyenné de Montmorency, de l'archidiaconé de Paris et du diocèse de Paris. Le collateur de la cure est l'évêque de Paris, ce qui donne à penser qu'Herblay fait partie des paroisses primitives du diocèse. À partir du , les principaux décimateurs sont l'abbaye de Saint-Denis et le chapitre de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Il y a trois seigneurs à Herblay, qui détiennent tous la haute, moyenne et basse justice sur leurs terres. Pour l'église, le seul seigneur est le chapitre de Notre-Dame, qui tient ses terres de saint Louis. Le conseil de fabrique ne dispose que de faibles revenus. Ils sont tirés des prés communaux, qui sont donnés aux habitants en 1682, ce qui prive la fabrique de la plupart de ses ressources. Contrairement à la règle, l'entretien du transept et donc du clocher sont à la charge de la fabrique et des habitants, en vertu d'un arrêt du Grand Conseil obtenu par l'abbaye de Saint-Denis. En effet, le chœur est si profond que l'on ne peut considérer le transept comme faisant partie du chœur liturgique, qui est à la charge des gros décimateurs. Les habitants doivent donc se cotiser pour assurer l'entretien de la nef, des bas-côtés et du transept, et effectuer les réparations nécessaires...

Plusieurs fondations de chapelles ont lieu en l'église Saint-Martin au fil des siècles. Guillaume de Barois, mort en 1333, fonde un autel de Notre-Dame, au fond du bas-côté nord, et y attache un bénéfice permettant la lecture de deux messes par semaine. Il instaure également la sonnerie du couvre-feu, dit localement pardon du soir. Le donateur est enterré face à l'autel. Son fils Étienne, doyen de Saint-Omer et confesseur du roi Jean II le Bon, mort le , est le fondateur de l'autel de Sainte-Catherine, dans le bas-côté sud. Les revenus proviennent de parcelles de la forêt de Saint-Germain-en-Laye et de la forêt Saint-James, près de Marly-le-Roi. Ils sont assez considérables. La présentation à la chapellenie appartient à ses exécuteurs testamentaires, c'est-à-dire, ses héritiers. Ils font partie de la famille de Beauvais. En l'absence de membres de cette famille dans la paroisse ou le diocèse, l'évêque de Paris, Pierre d'Orgemont, réunit les deux bénéfices fondés par le père et son fils. Sous le règne de Henri IV, les deux parcelles de forêt sont rattachées au domaine royal. En contrepartie, le chapelain touche les profits du marché de Montlhéry, qui portent sur par an, tous frais déduits. Le pouillé de 1648 renseigne que la collation a échoué à l'évêque de Paris, par l'intermédiaire d'une sentence des Requêtes du Palais. Les chapelains sont souvent des natifs d'Herblay. Parfois c'est le curé qui est nommé chapelain, dont Simon Macaire, curé d'Herblay en 1562. Le plus illustre chapelain est Victor-Augustin Méliand, évêque de Gap de 1679 à 1692..

Sous la Révolution française, une assemblée générale des habitants se tient en l'église en date du , et élit la première municipalité. paroisse est rattachée au nouveau diocèse de Versailles, qui correspond exactement au territoire du département de Seine-et-Oise. Les événements concernant la vie religieuse ne sont pas relatés par Barat et al.. Le 14 frimaire an V (1797), le presbytère est vendu à Nicolas Lorfèvre. En 1819, ses héritiers le revendent à la commune. Le Concordat de 1801 pérennise la liberté du culte, mais dans un premier temps, une seule paroisse est autorisée par canton. Les autres paroisses sont officiellement des succursales. Par ordonnance royale du , Herblay redevient une paroisse titulaire.. — Dans le contexte de la refonte des départements d'Île-de-France, le nouveau diocèse de Pontoise est érigé en 1966, et Herblay en fait partie à l'instar de toutes les autres paroisses du département. Le diocèse de Paris se limite désormais à la seule ville de Paris. La paroisse dispose aujourd'hui d'un second lieu de culte, à savoir la chapelle Saint-Vincent de Paul, 40bis rue du général de Gaulle, réaménagée en 1965. Ancienne chapelle de la maison de retraite des sœurs de saint Vincent de Paul, elle est à l'usage exclusif de la paroisse depuis la fermeture de la maison de retraite en 1978.. Toutes les messes de semaine sont célébrées dans la chapelle, ainsi que la messe dominicale anticipée du samedi soir. L'église Saint-Martin accueille notamment la messe principale du dimanche à 10 h 30, et les célébrations particulières.. Du fait de l'importance de la ville d'Herblay, il n'y a pas eu de fusion avec une paroisse voisine.

Les curés d'Herblay

Les curés d'Herblay sont connus depuis le , avec quelques lacunes pour les premières décennies. La liste des curés a été établie par l'abbé Williaume à la fin du ..

+ Liste des curés d'Herblay du au Début Fin Identité Guelmus de Monteforti Mathieu Hayard Simon Macaire, chapelain de Sainte-Catherine, curé en 1562 Mathieu de Loury, curé en 158515851596 Noël Couvresel, mort le , laisse une rente perpétuelle pour célébrer une messe le de chaque année (cf. plaque de fondation dans l'église).15961613 Nicolas Hellet, mort en 1613, a sa dalle funéraire à effigie gravée dans l'église, ainsi qu'une plaque de fondation 16131626 Jacques Hellet, neveu de Nicolas Hellet, mort de la peste le , a sa dalle funéraire à effigie gravée dans l'église.16261629 Jean Hellet16291637 Dumoustier16371640 Antoine de la Rivière16401650 Valeri Garde1650? Antoine de la Rivière, mort à Paris en 1682?1682 Thomas Lepetit, docteur en théologie, forcé de résigner sa cure en 168216821698 Nicolas Henriart du Manoir, fils d'un avocat au Parlement de Paris (mort en 1693), permute vers Ermont en 1698, mort à Ermont en 170716981709 Louis Pageois, mort en 170917091716 Claude Bordier, docteur en Sorbonne17161736 Gabriel François de Saint-Père, mort en 173617361758 Éloi Honnorat, mort en 1758?? Pierre Cassin, curé en 1780?? Pierre Honoré Cassin, curé en 1782 Martin, envoyé ad hoc par les vicaires généraux de la Métropole1794? François Brasserat, prêtre de Saint-Lazare17971804 Denis Boyenval18051806 Vincent, permute vers la paroisse de Feucherolles18061811 Alexandre Vastel18111819 Pierre Louis Laferté?? A. Joseph Gobert, venu de la Martinique, reste curé pendant environ un an18201836 Émile Auguste Desprez, permute vers la paroisse de Meudon18361856 François Marie Bertrand, de la société asiatique de Paris1856? Édouard Charles Chapelain1887? Stanislas François Joseph Wuillaume).

L'histoire de l'église

Les rares documents d'archives conservés du Moyen Âge ne renseignent pas sur la construction de l'église actuelle, et l'analyse archéologique est la seule approche pour établir la datation de ses parties les plus anciennes. Pour l'époque moderne, l'on dispose de suffisamment de données pour énoncer des dates assez exactes. Contrairement à ce qu'avancent Adam et al., aucun élément visible en élévation ne peut être rattaché à la période romane. Les parties les plus anciennes de l'église actuelle sont la base du clocher et le transept, qui sont de style gothique primitif, et remontent à la seconde moitié du . La nef est un peu plus jeune, et devrait dater de la fin du , ou du début du . Ses bas-côtés sont modernes, et la nef elle-même a connu une profonde transformation en 1869 (voir ci-dessous). Jusque là, la nef n'est pas voûtée. Vers le milieu du , l'abbé Lebeuf peut encore y admirer des peintures murales de tout premier intérêt, qui sont déjà un peu effacées à l'époque. Dans des cadres de six pieds de haut, sont figurés les effigies de quelques rois, reines, prêtres et prophètes de l'Ancien Testament, dont la reine de Saba ou la reine Pédauque. L'historien explique ces fresques par l'impossibilité de placer leurs statues au portail, comme le voulut l'usage de l'époque. Le portail affiche le style rayonnant tardif du . Les voyageurs à cheval avaient coutume d'y clouer des fers à cheval, afin d'obtenir l'intercession de saint Martin pour être préservé d'accidents, ou pour lui remercier au retour d'un voyage... thumb|Chœur, vue vers l'est.