Les Zayanes (en amazigh : ⴰⵥⴰⵢⵢⵉ, pl. ⵉⵥⴰⵢⵢⴰⵏ iẓayyan) constituent une ethnie amazigh : des Sanhadja du Moyen Atlas c’est-à-dire habitant sur le côté nord et boisé du Moyen Atlas, au Moyen Atlas, au centre du Maroc dans une zone anciennement nommée Fazaz. Le peuple zayane est réputé pour son attachement à la terre ancestrale, à son organisation sociale rudimentaire et son indépendance, depuis l'installation de ce peuple vers le et sa ténacité guerrière, contre les différentes expéditions organisées par les sultans Almoravides et Alaouites dans le cadre de pacification des tribus berbères en perpétuelle révolution contre le pouvoir central du Makhzen. Le contingent Zayane avait démontré sa qualité combative lors de la colonisation sous la conduite de Mouha Ou Hammou Zayani. C'est ainsi qu'ils ont empêché les colons de s'emparer facilement de Khénifra. Malgré la défaite française dans la bataille d'Elhri, le ., les stratèges de la colonisation furent déterminés à ne pas abandonner la lutte contre les Zayanes, qui constituaient une poche de résistance contre le colonisateur. Ce bastion de la rébellion inquiétait les troupes françaises qui, au début de la campagne du Maroc. (1907-1914), évitaient d'entrer en confrontation directe avec le contingent des Zayanes selon les instructions du général Lyautey et d'autres chefs militaires comme Charles ManginJournal des marches et opérations de la du Régiment d'Artillerie de Montagne pour la période du 6 septembre 1912 au 16 octobre 1913, Charles Mangin. qui ont mené la campagne du Maroc. Vu la combativité des Zayanes, qui finalement ont cédé devant la machine de guerre coloniale. sous le commandement du général HenrysOpération défensives sous le commandement du général Henry's., il s'était avéré stratégiquement utile de soumettre les tribus avoisinantes du Moyen Atlas : Ichkern, Ait Ouirra (berbères d'El Ksiba, dont le célèbre chef Mouha Ou Saïd Ouirra), Aït M'Guild, Béni M'Tir, les Aït Seghrouchen…) Le nom Zayane fut d’abord celui d’une tribu originaire de Khénifra, aujourd’hui il désigne l’ensemble des amazigh du Moyen Atlas de Imouzzer Kandar jusqu’à Azilal en passant par Ifrane, El Hajeb, Azrou, Khénifra, Midelt, Béni Mellal, Imilchil, Khémisset

Histoire Il n'est pas aisé de déterminer l'origine des ZayanesHypothèse sur l'histoire des berbères., par manque de sources historiographiques des Zayanes eux-mêmes et des chroniqueurs du Moyen Âge. Certains manuscrits, notamment d'Ibn Khaldoun, mentionnent l’existence d'ethnies amazighes peuplant le contrefort moyen atlasique, appartenant à la branche berbère dite Sanhadja. Le géographe Al Idrissi avait mentionné les Ait OumalouAit Oumalou.(X siecle) dont les Zayanes font partie. Cette population habitait Fazaz depuis le Archives marocaines Page 3.. Selon la description de Charles de Foucauld dans son livre de référence La reconnaissance au MarocLa reconnaissance au Maroc Charles de Foucauld., « les Zayanes sont nomades de race Atlante et forment une tribu très puissante, ils occupent un territoire borné par les Zaërs, Zemmours, Beni M'Guild, les Ichkern et par Tadla. » Selon des manuscrits trouvés à la Zaouia de Sidi Boukil, les Zayanes vivaient en nomades vers l'an 1004 dans les plaines d'Ighf Aman au Nord-Ouest de l'actuelle ville de Rich, il existe encore une colline qui porte leur nom, Abekhar Taourirt n'Izayan.

Les Zayanes se répartissent en deux grandes tribus : Ait Harkat : composé lui-même de six tribus : Aït Lahcen Ousaïd, (composée des sous-tribus Aït Bouho, Aït Khouya, Aït Moussa, Aït alla, ait bajji Aït benichi, « ait chard », « ait maï », « ihbarn », « ait hadou ou hamou », « ait bouhmad » ; Ait Krad : tribu composée d'Ait Boumazoughe, Ait Ammou Aissa, Ait Boumzil et Aït Bouhadou.

Ces grandes tribus appartiennent à la confédération d'Aït Oumalou qui comprend aussi Aït Boukhayou et Bouhssoussen. Enfin, la tribu des Aït Sgougou connue sous le nom des « Zayans d'OulmesLes zayans d'Oulmès- Archives berbères page 265 volume 1, fascicule 4. », représentée par la tribu Aït AmarCréation de la Djemaa Ait Amar en 1920 par décret., commandée par Mouhand Aquebli nommé caid pour rivaliser avec Mouha ou Hammou ZayaniIes Izayane d'Oulmes Page 265. (région amputée au territoire Zayane depuis la colonisation, elle est rattachée aux Zemmours). La tribu Zayane, qui gravite autour de Khénifra se compose des sous-tribus les plus représentatives : Aït Alla (Laffija…) ; Aït Benichi ; Aït Khouya (taghat, ment…) ; Ait bajji (sidi lamine…) ; Aït Bouhou, de Talat Oumadgoun et de Taabit, et de lougaïda… ; Aït Moussa sous-tribu de Mouha Ou Hammou (lougaida, talat oumdgoun…) ; Aït Chard, d'Assoul ; Aït Maï (ziyaar, sghnana…) ; Aït Boumazzoughe, (ajdir, tandra…) ; Aït Bouhamad (Ouzaghar), (talhnant…) ; Ihbbarn (sidi amar, tabaynout…) ; Aït Boumzil (ajdir, lbarj…) ; Aït Ammou aissa (tadart n'ait ammou assa, tkhoulan, ajdir…) ; Ait Haddou Ouhammou (aguelmous…) ; Aït Bouhaddou… (sidi amar, bouwzal…).

Le siège administratif était Khénifra à Tiddar Ezayane sous la tutelle du service des affaires indigènes du temps de la colonisation. Parmi les Zayanes s'ajoutent des confréries d'origine maraboutique, les Chourfas, installés en tant que réfugiés pour des raisons politiques, ce sont des anciens soldats du roi Moulay El Hassan venus aider les Zayanes contre la tribu Ichkern El Kbab; leur intervention entre dans le cadre de la lutte contre la confrérie de Sidi Ali Amhaouch (1844-1918).

Ils sont protégés et respectés, tradition d'hospitalité oblige. Ces tribus sont éparpillées dans le territoire zayane. Il s'agit des Bouaazaouine installés à Kaf N'sour, à côté, les M'barkiines à Moulay Bouazza, des Chourfas Alaouites (descendant du Sultan Mohammed Ier du Maroc) de Taskart à de Khénifra, les Aït Nouh dans le territoire d'Aït Chart, les Imrabten à M'Rirt, les Aït Sidi Ali Amhaouch, les Aït Sidi Bennaceur à Elkbab, les Aït Sidi Yahyia Ou Youssef à Tounfit, les Ali Ouammar à Krouchen. Ces tribus sont d'origine arabe mais berbérisées au fil du temps.

Confédération d'Aït Oumalou Amalou (Imoula au pluriel) est un mot pan-berbèreLe termes Amalou. qui signifie « l'ombre ». Il s'agit donc d'un toponyme utilisé pour désigner les peuplements amazighes du moyen Atlas Central, qui habitent le « versant ombragé » du contrefort moyen atlasique central, un milieu escarpé, boisé aux accès difficiles et au climat rude qui forgera le tempérament tenace de la personnalité amazighe. Les Ait Oumalous étaient réputés indomptables, avides d'indépendance démesurée, ce qui explique leur haine envers des facteurs étrangers à leur communauté. Dans l'organisation sociale berbère, le terme confédération désigne la réunion de plusieurs tribus, cette confédération n'a ni la communauté d'origine, ni l'unité suffisante pour constituer un rouage administratif fixe et durable. Cela est si vrai que la langue berbère n'a pas réservé un mot spécial pour désigner la confédération. Elle subit forcément les fluctuations de la politique locale, influencée par des facteurs extrinsèques à savoir l'autorité des sultans, des Zaouias et l'ambition des chefs locaux (voir le cas de Mouha ou Hammou Zyani). Généralement des raisons politiques seules déterminent les tribus à se grouper en confédération. Il n'est pas aisé de faire une classification claire des tribus du moyen Atlas qui relèvent de la confédération des Ait OumalouAit Oumalou:Coutumes du Maroc..

La fameuse confédération d'izayanes comprend quatre tribus : les izayane supérieurs (aït khouya, aït boho, aït alla, aït moussa, aït benichi, aït boumzil, aït ammou aissa, aït mai, aït chard, ihbarn, aït hadou ou hamou, aït bajji, aït boumazough, aït bouhmad), les aït bouhadou, les aït sgougou (imrabden) et les ibouhsousn. La confédération Beni M'guild (Ayt Myill, grande tribu amazighe occupant une aire géographique prenant en écharpe le Moyen Atlas Central, depuis la vallée de la Haute Moulouya jusqu'aux plateaux situés au Sud de Meknés). La confédération Ait YoussiAire géographique des Ait Youssi. Confédération Idrassen, Beni M'Tir, tribu composée des fractions suivantes : Aït Boubidman Aït Harxallah Aït Na'man Aït Hammad Aït Lahsrn ou Ch'aib Aït Sliman Aït Ayach Aït Bou Rzouicn IqeJdarcnÉtudes d'Histoire . : La confédération des Guerrouanes ou Iguerouane, composée des sous-tribus suivantes : Les Aït Ali Ou Daoud, Les Aït Msafer et les Aït Mahdi, Les Aït Izarraren, Les Aït Tsidi, Les Aït Saïd ou Moussa, Les Igourramen, Les Aït Abdesslam, Les Aït Ali ou Moussa, Les Aït Berrechni, La confédération des Aït Roboa[http://tribusdumaroc.free.fr/aitroboa.php Ait Roboa est une tribu berbère. La confédération des Aït SeriTribu Ait Seri., Aït Ouirra dont la capitale est la ville d'El Ksiba qui avait subi un massacre par les légionnaires du colonel Charles Mangin en 1912-1913À la conquête du Maroc Sud avec la colonne Mangin, 1912-1913.. Les Zemmours. La grande tribu d'Ichkirn est une sous-confédérationIchqern : Encyclopédie berbère. des Aït Oumalous répartis en cinq grandes tribus Imzinaten, les Ait Yacoub Ou Issa, Ait Mechane (ElKbab) les Ait Hmad Ou Issa, Ait Ishak et d'Aït Ihand. Enfin la confédération d'Aït Yafelman : Aït Yahia, Aït Oufalla, Aït Izdeg, Aït Merghad et Aït HdiddouVoyages au Maroc (1899-1901) [articleM. de Segonzac].. Ces trois confédérations, avant le débarquement des colons français, étaient en perpétuelle lutte pour les pâturages et les points d'eau et à cause des infractions coutumières touchant à l'honneur de la tribu — c'est ce qu'on appelle les guerres inter-tribales. Faute de gouvernement central organisé, ces trois confédérations vivaient dans l'anarchie — autrement dit Siba. Cette instabilité sociale découle de l'environnement politique international et dure depuis la chute du royaume mauresque d'Espagne. Depuis lors, on assiste à de grands mouvements en masse des populations. Le Maroc est devenu la cible privilégiée des nouvelles puissances européennes montantes, notamment l'Espagne, le Portugal et la France, qui cherchent à disloquer le Maroc à partir du , et jusqu'au . Les populations berbères, surtout celles du Moyen Atlas, se retirent dans les contrées difficiles d'accès, ce qui défavorisera leur développement à tous les niveaux.

Répartition géographique des Zayans

Les tribus des Zayanes vivent au sein du Moyen AtlasTribu Zayane Aire géographique Zayane. dans la région de Khénifra. Ils ne connurent pas de stabilité sociale avant la colonisation française, ceci à cause des guerres intertribales. Ils sont en perpétuel déplacement à la recherche des pâturages ; à noter qu'ils ne pratiquent pas l'architecture, leur habitation traditionnelle étant la tente tissée en poil de chèvre ou de chameau (Akham). Les tribus Zayanes occupent l'espace géographique du bassin d'Oum Errabia et la forêt d'Ajdir Izayane. Limites La confédération Zayane est un groupement de tribus berbères dont la zone d'habitat a comme limites approximativesCes limites sont données d'après le travail fourni par le capitaine Marrot -Archives berbères,volume II,fascicule III 1917. : Au nord, une ligne entre l'oued Grou et le Bouregreg passant vers Aïn Skhoun à Ait Boukhayou ; Au nord-ouest et à l'ouest, le tracé du Grou Moyen (oued) ; Au sud, une ligne partant du oued Srou (Teskert- Elhri), jalonnée par le djebel Bou Guergour, coupant l'Oum Errabiaa au niveau de Tameskourte et aboutissant en face au djebel Hadid ; Au sud-est et à l'est, le plateau de Mezgouchen, le Haut Srou (oued) et la ligne allant des sources du Srou à celles de ГОum Errabiaa et de là au plateau de Zguit en englobant les Aït Sgougou et les tribus d'Oulmès. Cette étendue emprunte ses éléments à la fois au Moyen Atlas, au Haut Atlas et déborde un peu sur la Meseta marocaine.

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