vignette|Qaf (sourate) Qaf (arabe : , français : La Lettre Qaf) est le nom traditionnellement donné à la sourate du Coran, le livre sacré de l'islam. Elle comporte 45 versets. Rédigée en arabe comme l'ensemble de l'œuvre religieuse, elle fut proclamée, selon la tradition musulmane, durant la période mecquoise.

Origine du nom Bien que le titre ne fasse pas directement partie du texte coranique, la tradition musulmane a donné comme nom à cette sourate La Lettre Qaf, en référence au contenu du premier verset : .

Le titre provient du premier verset, mais d’autres noms sont connus en lien avec le dixième versetP. Neuenkirchen, "Sourate 50", Le Coran des Historiens, t.2b, 2019, 1535 et suiv..

Historique

Il n'existe à ce jour pas de sources ou documents historiques permettant de s'assurer de l'ordre chronologique des sourates du Coran. Néanmoins selon une chronologie musulmane attribuée à Ǧaʿfar al-Ṣādiq () et largement diffusée en 1924 sous l’autorité d’al-AzharG.S. Reynolds, « Le problème de la chronologie du Coran », Arabica 58, 2011, .R. Blachère, Introduction au Coran, ., cette sourate occupe la place. Elle aurait été proclamée pendant la période mecquoise, c'est-à-dire schématiquement durant la première partie de l'histoire de Mahomet avant de quitter La MecqueR. Blachère, Le Coran, 1966, .. Contestée dès le par des recherches universitaires, cette chronologie a été revue par NöldekeG. Dye « Le Coran et son contexte Remarques sur un ouvrage récent », Oriens Christianus , 2011, .E. Stefanidis, « The Qur'an Made Linear: A Study of the Geschichte des Qorâns' Chronological Reordering », Journal of Qur'anic Studies, X, II, 2008, ., pour qui cette sourate est la .

Cette sourate est construite à la manière de certaines homélies tardo-antiques. Elle est « très composite » et comprend visiblement deux ensembles juxtaposés. Elle est un assemblage de textes variés. La conclusion unifie ce texte.

Interprétations

Versets 12-15 : des peuples détruits Les versets 12-14 sont des Straflegenden, selon le terme d’Horovitz, des « légendes de punition ». Elles concernent ici huit peuples et forment la plus longue série du Coran. Deux remarques préalables est qu’il n’est pas fait mention du peuple d’Abraham et qu’elle mêle des personnages bibliques et des peuples arabes.

Parmi ces derniers se trouvent les ashab al-rass, mentionnés une autre fois dans le Coran mais qu’il est impossible d’identifier. Une des hypothèses pour creuser cette identité serait une erreur de lecture du rasm. L’original serait ashab Idris et donc une évocation d’Esdras. Une seconde serait qu’il s’agit du peuple des arsae, habitant au nord de Yanbu’.

Bell identifie les ashab al-Ayka aux Madianites. Wetzstein identifie ce terme à un port nabatéen de la Mer Rouge appelée en grec Leukè Komè (Village Blanc). Cette ancienne hypothèse a été récemment réactualisée par Puin qui déplace néanmoins Leukè Komè au port d’al-Hawra, au Nord-Ouest de la péninsule arabique.

Tubba a été identifié par les exégètes musulmans comme un nom propre d’un roi himyarite d’Arabie du Sud. Jeffery confirme le lien de ce titre avec Himyar. En 2005, Puin propose d’y voir une erreur de lecture du rasm et d’identifier, à travers ce nom, le port de Yanbu. L’hypothèse de Kropp est pourtant la plus convaincante. Pour l’auteur, tubba serait un adjectif signifiant « suivant son exemple ». Ainsi seraient désignés les peuples « de leur genre ».

Le verset 14b place ces peuples dans un contexte eschatologique, précisant que la menace s’est réalisée contre eux.

Voir aussi

Articles connexes

Islam, troisième religion abrahamique Coran, livre sacré de l'islam Mahomet, prophète majeur de l'islam Sourate, nom donné pour les chapitres du Coran Ayat, nom donné pour les versets du Coran

Bibliographie

P. Neuenkirchen, "Sourate 50", Le Coran des Historiens, t.2b, 2019, 1535 et suiv. R. Paret, Der Koran. Kommentar und konkordanz, 1980En 2019, seuls deux ouvrages peuvent être considérés comme des commentaires scientifiques et continus du texte coranique. Il s'agit du Commentary on the Qur'an de Richard Bell publié en 1991 (aujourd'hui daté) et du Coran des historiens publié en 2019. L'ouvrage de Paret s'inscrit, avec ceux de Blachère, Khoury et Reynolds, dans un ensemble de traduction avec apparat critique. Voir : Sourate.

Liens externes

Texte de la sourate 50 en français, d'après la traduction de Claude-Étienne Savary de 1783.

Notes et références

Notes

Références

Qaf