vignette|, caricature montrant Cyrus Field, Jay Gould, Cornelius Vanderbilt et Russell Sage assis sur des sacs de millions de dollars dans un grand radeau porté par les travailleurs issus de divers métiers. Barons voleurs (ang. robber barons) est une locution péjorative qu'on trouve dans la critique sociale et la littérature économique pour caractériser certains hommes d'affaires riches et puissants des États-Unis au . Dans l'histoire des États-Unis, le Gilded Age ou âge doré voit l'éclosion de ces capitaines d'industrie qui façonnent le rêve américain mais sont aussi accusés, à cette période de capitalisme sauvage, d'exploiter et éventuellement réprimer la main-d'œuvre, ainsi que de pratiquer la corruption.

Historique L'expression trouve son origine dans la presse américaine dans le n°50 du magazine The Atlantic Monthly (1882) pour qualifier l'entrepreneur Jay Gould d'assassin :

Mais c'est le sénateur germano-américain Carl Schurz qui l'invente véritablement dans un de ses discours à Harvard pour désigner les entrepreneurs pratiquant l'exploitation pour accumuler leurs richesses. Leurs pratiques incluent le contrôle des ressources nationales, l'influence sur les hauts fonctionnaires, le paiement de salaires extrêmement bas, l'écrasement de leurs concurrents par leur acquisition en vue de créer des monopoles et de pousser les prix à la hausse, ainsi que la manipulation des cours des actions vers des prix artificiellement hauts, actions vendues à des investisseurs voués à l'appauvrissement dès le cours retombé, aboutissant à la disparition de la société cotée. L'expression, forgée par les journalistes dits muckrakers (« fouille-merde »), allie le sens de « criminel » (voleur) et celui de « noblesse douteuse » (un « baron » est un titre illégitime dans une république).

Le président Theodore Roosevelt est intervenu contre les monopoles en obtenant du gouvernement conservateur qu'il mette au pas ces capitaines d'industrie, qu'il appelle des « malfaiteurs de grande fortune » et des « royalistes de l'économie »..

Liste des hommes d'affaires qualifiés de barons voleurs

Les personnes listées ci-dessous sont citées par Matthew Josephson, dans son ouvrage Robber Barons, The Great American Capitalists (1934), sauf autre source mentionnée :

John Jacob Astor (fourrures, immobilier) – New York Andrew Carnegie (acier) – Pittsburgh et New York William A. Clark (cuivre) – Butte (Montana). Jay Cooke (finance) – Philadelphie Charles Crocker (chemins de fer) – Californie (finance) – New York James Buchanan Duke (tabac) – Durham (Caroline du Nord) Marshall Field (grand magasin) – Chicago. James Fisk (finance) – New York Henry Morrison Flagler (chemins de fer, pétrole) – New York et Floride David Leon Chandler, Henry Flagler: The Astonishing Life and Times of the Visionary Robber Baron Who Founded Florida, 1986. Henry Clay Frick (acier) – Pittsburgh et New York (fil de fer barbelé, pétrole) – Texas. Jay Gould (chemins de fer) – New York Edward Renehan, Dark Genius of Wall Street: The Misunderstood Life of Jay Gould, King of the Robber Barons, 2005. Edward Henry Harriman (chemins de fer) – New York (chemins de fer, transport fluvial, hôtels) - Illinois, Missouri, Kentucky, Californie Mark Hopkins (chemins de fer) – Californie Collis Potter Huntington (chemins de fer) - Californie Andrew W. Mellon (finance, pétrole) - Pittsburgh J. P. Morgan (finance, banque d'affaires) – New York (charbon, sidérurgie) - Colorado History : The Redstone Story re-lives the industrialization of the West, site de Redstone (Colorado). Henry B. Plant (chemins de fer) – Floride. John D. Rockefeller (pétrole) – Cleveland et New York Charles M. Schwab (acier) – Pittsburgh et New York Joseph Seligman (banque) – New York (transport fluvial, chemins de fer, sucre) – Californie Leland Stanford (chemins de fer) - Californie Cornelius Vanderbilt (transport fluvial, chemins de fer) – New York T. J. Stiles, The First Tycoon: The Epic Life of Cornelius Vanderbilt, 2010, . Charles Tyson Yerkes (transport urbain) – Chicago John Franch, Robber Baron: The Life of Charles Tyson Yerkes, 2008.

Culture populaire La série télévisée The Gilded Age se réfère spécifiquement au New-York des années 1880 et aux tractations financières des grands industriels contestées par les syndicats ouvriers.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Regroupement d'entreprises (Rollup) Monopole Spéculation financière Enrichissement

Bibliographie Zinn H (2002) Les barons voleurs‒Les rebelles. Mémoires sociales, 293-340 | https://shs.cairn.info/article/AGON_ZINN_2002_01_0293 Deneault A (2013) Les barons voleurs canadiens. Liberté, (299), 30-31. de Saint Victor J (2015) Tocqueville et l' "inégalité en Amérique". Revue des Deux Mondes, 74-83 | https://www.jstor.org/stable/44435718. .

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