George Juskalian (), né le à Fitchburg et mort le à Centreville, est un membre décoré des Forces armées des États-Unis qui sert pendant plus de trois décennies et combat au cours de la Seconde Guerre mondiale, de la guerre de Corée et de la guerre du Viêt Nam.

Après l'obtention de son diplôme à l'université de Boston, Juskalian entre dans l'United States Army en tant que second-lieutenant en . Pendant la Seconde Guerre mondiale, il sert avec l'infanterie pendant la campagne nord-africaine et prend part à l'opération Torch. À la bataille de Kasserine, il est capturé par les troupes allemandes et demeure prisonnier de guerre pendant . Pendant la guerre de Corée, il commande un bataillon d'infanterie. Il est ensuite affecté à Téhéran où il devient conseiller pour l' tout au long de 1957 et 1958. Pendant la guerre du Viêt Nam, Juskalian assume à nouveau des fonctions consultatives, en travaillant avec l'armée sud-vietnamienne entre 1963 et 1964 avant de servir comme inspecteur général du MACV sous le commandement du général William Westmoreland.

Juskalien se retire de l'armée avec le grade de colonel en 1967 et il est l'un des Arméno-Américains les plus décorés à avoir servi dans l'Armée des États-Unis. Ses décorations incluent deux insignes d'infanterie de combat, deux Silver Star, la Legion of Merit, quatre Bronze Star et l'Air Medal. Il reçoit également la médaille Nersès Chnorhali du Catholicossat de tous les Arméniens en 1988. Le bureau de poste de Centreville en Virginie, sa ville natale, est nommé en son honneur.

Famille et jeunesse vignette|redresse|gauche|George Juskalian et son fils Kevork Juskalian.

La famille Juskalian est une famille d'origine arménienne. Le père de George Juskalian, Kevork Juskalian (1861-1938), est originaire de Kharpert et sa mère Maritza (1876-1960) de Arapgir, alors dans l'Empire ottoman. Kevork Juskalian est parmi les premiers diplômés du à Kharpert vers 1881. Il sert comme un fonctionnaire du gouvernement local turc à Mezire, un village près de Kharpert. Il est ensuite invité à travailler au consulat de Perse à Mezire jusqu'à ce qu'il soit rappelé par le gouvernement turc pour superviser onze villages de la région de Kharpert. Kevork Juskalian estime qu'il n'y a aucun avenir pour lui dans la Turquie ottomane et décide d'émigrer aux États-Unis avec sa famille. Il arrive à Ellis Island le faisant de la famille Juskalian l'une des premières familles Arméniennes à venir s'installer aux États-Unis. Kevork trouve un emploi chez Iver Johnson Arms & Cycle Works à Worcester au Massachusetts. Il contribue à la création de l'Église arménienne de notre Sauveur le .

En 1893, Kevork retourne à Kharpert et épouse Maritza Ferrahian, fille de Krikor et Yeghisapet (Yesayan) Ferrahian. En raison des massacres hamidiens, Kevork et Maritza retournent aux États-Unis et Kevork retrouve la compagnie Iver Johnson Arms & Cycle Works. George né le à Fitchburg dans le Massachusetts. C'est le plus jeune fils de Kevork et Maritza.. Juskalian grandi à Fitchburg, fréquente les écoles locales et obtient son diplôme de fin d'étude à la Fitchburg High School en 1932. Il poursuit ses études à l'université de Boston dont il sort diplômé en 1936 avec un baccalauréat universitaire en journalisme.

Le , Juskalian épouse Beatrice MacDougall, la veuve du lieutenant Jack W. Kirk, un de ses premiers commandants de compagnie... Juskalian et Beatrice MacDougall ont un fils qui vit à Stockbridge. Le mariage prend fin par un divorce en 1958. En 1970, il épouse sa deuxième femme, Lucine Barsoumian, une Arménienne originaire d'Alep en Syrie. Ensemble, ils ont un fils nommé Kevork et une fille nommée Elissa. Kevork est diplômé de l'université George Mason en avec une maîtrise en transactions internationales, puis rentre dans l'armée comme second-lieutenant. Après son second mariage, Juskalian et son épouse visitent de nombreux pays notamment le Liban, l’Égypte, l'Italie, la France, l'Espagne et sa terre natale d'Arménie. En 1989, Juskalian avec sa famille déménage à Centerville en Virginie.. George Juskalian est également le cousin de , récipiendaire le la Medal of Honor pour son service dans l'armée des États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Carrière militaire vignette|droite|redresse|George Juskalian au Reserve Officers Training Corps. Début de carrière Tout en étudiant à l'université de Boston, Juskalian entreprend la formation militaire en tant qu'élément du Reserve Officers Training Corps. Après l'obtention de son diplôme universitaire, il entre dans United States Army comme un second lieutenant et en , il est assigné en tant qu'officier dans l'administration d'un camp du Civilian Conservation Corps à Brewster dans le Massachusetts, où il participe à la construction d'un parc national. Après avoir quitté le service actif, Juskalian a l'intention d'étudier le droit à l'American University à Washington, mais avec la mort de son père en 1938, il renonce à cette perspective et retourne à Fitchburg pour retrouver sa mère et aider son beau-frère dans son affaire de nettoyage à sec.. Cette même année, après avoir passé un examen du gouvernement, Juskalian travaille à la classification d'empreintes digitales pour le Federal Bureau of Investigation (FBI), et participe notamment à la recherche de John Dillinger. Il se porte ensuite volontaire pour retrouver le service actif en 1939.

Juskalian commence son service actif à dans le Massachusetts, et il est promu au rang de premier-lieutenant en . Juskalian reçoit le commandement d'une compagnie de après la réorganisation de la division d'infanterie. En , Juskalian est promu au grade de capitaine et affecté au en Floride, avant de rejoindre Fort Benning en Géorgie, puis en Pennsylvanie, pour recevoir une formation complémentaire et une préparation au combat. En , Juskalian monte à bord du RMS Queen Mary et, avec les de la division d'infanterie, est expédié en Europe.

Seconde Guerre mondiale Campagne d'Afrique du Nord Les soldats de la division d'infanterie sont parmi les premières troupes américaines expédiées sur le théâtre européen pendant la guerre. La division débarque près de Glasgow en Écosse avant de rejoindre une base de l'armée britannique près de Londres pour continuer la formation. Juskalian, qui devient officier en second pour les plans et opérations de l'état-major régimentaire, se rend à Inveraray en Écosse, afin de préparer la campagne nord-africaine. Juskalian participe à l'opération Torch au sein du , division d'infanterie commandé par Theodore Roosevelt Junior.. Les Alliés, qui ont organisé trois Task Force amphibies, ont pour objectif de saisir les principaux ports et aérodromes au Maroc et en Algérie tout en ciblant à la fois Casablanca, Oran et Alger. L'unité de Juskalian fait partie de la Task Force chargée d'envahir le port d'Oran.

Débarquant à Oran le , l'objectif principal de la division d'Infanterie est l'Afrika Korps commandé par Erwin Rommel ; son objectif secondaire est de soutenir l'avancée de Bernard Montgomery contre les forces italiennes. Finalement, la division d'infanterie enfonce la résistance allemande et escalade le mont Djebel. Oran tombe aux mains des Alliés le et l'unité de Juskalian pousse vers l'est en Tunisie, atteignant la frontière entre l'Algérie et la Tunisie le . Là, la Task Force rencontre la résistance des troupes allemandes et italiennes.

Pendant que les combats continuent dans la vallée de Makthar, Juskalian est affecté au quartier général du régiment d'infanterie. Et en tentant de sauver la vie d'un autre soldat à la suite de combats intenses, il est capturé par les troupes allemandes à la bataille de Kasserine en Tunisie le ... Juskalian décrit sa capture de la façon suivante : . Après avoir demandé au chauffeur de retourner au poste de commandement, Juskalian décide de se renseigner sur les conditions des autres soldats américains : . Ayant perdu ses lunettes, Juskalian ne peut distinguer les soldats allemand qui l'approchent et qui le font donc prisonnier. Juskalian dit au sujet de sa capture : . Juskalian apprend par la suite, alors qu'il est encore prisonnier de guerre, qu'il a été honoré d'une Silver Star pour sa tentative de sauvetage. Après ses deux premiers jours d'emprisonnement, il est promu major.

Prisonnier de guerre Juskalian passe les vingt-sept prochains mois comme prisonnier de guerre dans divers camps en Italie, en Pologne et en Allemagne. Après avoir été interrogé à Kairouan, il est envoyé avec les autres prisonniers américains à Tunis et transporté par avion à Naples, puis au camp de prisonniers britannique Oflag IX-A/Z à Rotenburg an der Fulda où il reste jusqu'au , lorsqu'il est transférés à l' à Szubin en Pologne, puis à Hammelburg en Allemagne.

Oflag IX-A/Z à Rotenburg, Allemagne Les prisonniers de guerre britanniques fournissent aux Américains les conseils nécessaires concernant la vie du camp, les rations partagées et les vêtements envoyés par la Croix-Rouge britannique. Les Britanniques, qui sont en train de creuser un tunnel pour s'évader, demandent l'aide aux Américains. Juskalian décrit plus tard l'opération: .

Le tunnel mesure environ de haut pour de large. L'éclairage dans le tunnel est fourni par des bougies de fortune. Les prisonniers utilisent des outils de creusage improvisés et des pelles construites à partir de biscuits britanniques et leurs poignées à partir des lamelles en bois de leurs lits. Des boîtes sont également utilisées pour créer une conduite d'air frais à travers le tunnel avec l'aide d'un ventilateur à manivelle situé à l'entrée du tunnel. Un traîneau, fait de lattes de bois avec une base pour le faire glisser facilement sur le sol en terre du tunnel, est utilisé pour transporter les sacs de sable. Juskalian a décrit la méthode utilisée pour éliminer le sable : .

Mais avant que le tunnel ne soit terminé, les Allemands décident de transférer les prisonniers américains vers l' à Szubin en Pologne. Juskalian estime qu'à ce moment, il manque encore au tunnel pour atteindre son but sur la rive de la rivière Fulda. Deux prisonniers de guerre américains font alors semblant d'être malades pour rester dans le camp de Rotenburg et continuer à travailler sur le tunnel afin de pouvoir s'échapper. Les deux Américains, qui finalement rejoignent le reste des prisonniers américains à l'Oflag 64, relaient la nouvelle que le tunnel a été découvert par les gardes allemandes avec l'aide d'un espion parmi les prisonniers de guerre.

Oflag 64 à Szubin, Pologne vignette|droite|L' où Juskalian passe plus de dix-neuf mois en tant que prisonnier de guerre. Juskalian passe dix-neuf mois et demi de ses vingt-sept mois d'emprisonnement à l'Oflag 64.. Les prisonniers de guerre du camp entreprennent diverses activités de loisir, y compris la mise en scène de pièces de théâtre, la musique, la lecture, l'athlétisme et l'apprentissage des langues. Pendant ce temps, Juskalian devient un rédacteur en chef d'un journal mensuel qui est publié avec l'aide d'un garde qui possède une imprimerie locale. Le journal présente des histoires de la maison, des bandes-dessinées, des photos de pin-up et des articles sur les sports et les activités du camp.

En , les prisonniers de guerre américains organisent une fête pour le premier anniversaire de leur présence dans le camp.. Cette dernière coïncide avec le débarquement de Normandie et les Allemands soupçonnent les prisonniers de guerre américains d'avoir délibérément planifié la fête car ils avaient connaissance de cette opération. Le commandant de l'Oflag 64, pour obtenir des conseils et une assistance, appelle le quartier-général supérieur qui envoie la Gestapo enquêter. Cette dernière fouille les chambres des Américains afin de trouver des preuves de communication extérieure. Cependant, en partageant avec l'officier entreprenant la fouille, un des cigares que son beau-frère, Hagop Chiknavorian, lui a donné, Juskalian réussi à distraire et à amadouer les Allemands.