George Churchill Kenney ( - ) est un général de l’United States Air Force qui a participé à la Première Guerre mondiale et à la Seconde Guerre mondiale. Il est surtout connu en tant que commandant des Forces aériennes alliées pour la South West Pacific Area (SWPA), poste qu'il occupe d’ à 1945.

Kenney s'enrôle comme cadet volant dans la en 1917 et sert sur le front ouest avec le lors de la Première Guerre mondiale. Il reçoit une Citation Star et la Distinguished Service Cross pour ses actions au cours desquelles il a combattu des chasseurs allemands et en a abattu deux. Après la fin des hostilités, il participe à l'occupation de la Rhénanie. De retour aux États-Unis, il effectue des missions de reconnaissance le long de la frontière entre les États-Unis et le Mexique pendant la révolution mexicaine. Entré dans l'armée régulière en 1920, il fréquente l', où il devient par la suite instructeur. Après les avoir testé en vol, il est responsable de l'acceptation des bombardiers Martin NBS-1 construits par Curtis. Il met également au point des techniques de montage de mitrailleuses de calibre.30 sur les ailes d'un avion Airco DH.4.

Au début de 1940, Kenney devient attaché militaire adjoint pour l'Air en France. À la suite de ses observations sur les opérations aériennes allemandes et alliées au début de la Seconde Guerre mondiale, il recommande des changements importants relatifs à l'équipement et aux tactiques du Corps d'aviation. En , il prend le commandement des Forces aériennes alliées et de la Air Force au sein du Commandement de la zone Pacifique Sud-Ouest du général Douglas MacArthur. Sous le commandement de Kenney, les forces aériennes alliées mettent au point des structures de commandement, des armes et des tactiques novatrices qui reflètent l'orientation de Kenney vers l'aviation d'attaque. Les nouvelles armes et tactiques remportent peut-être leur plus grande victoire lors de la bataille de la mer de Bismarck, en . En , il est nommé commandant des Far East Air Force, qui comprennent les , et Air Force.

En , Kenney devient le premier commandant du nouveau Strategic Air Command (SAC), mais critiqué à cette fonction, il est affecté comme commandant de l'Air University, poste qu'il occupe d' à sa retraite de l'Air Force en .

Jeunesse George Churchill Kenney est né à Yarmouth en Nouvelle-Écosse au Canada, le , pendant les vacances d'été prises par ses parents pour éviter l'humidité de la région de Boston. Il est l'aîné des quatre enfants de Joseph Atwood Kenney, un charpentier et de son épouse Anne Louise Kenney, née Churchill. Kenney grandit à Brookline dans le Massachusetts. Il obtient son diplôme de fin d'étude à la en 1907 et plus tard cette année-là, il entre au Massachusetts Institute of Technology (MIT), où il suit un cours en génie civil. Après le départ de son père de sa famille, Kenney quitte le MIT et accepte divers emplois avant de devenir arpenteur-géomètre pour la Quebec Saguenay Railroad.

Sa mère décède en 1913 et Kenney retourne à Boston, où il prend un emploi dans l'entreprise Stone & Webster. En 1914, il rejoint la New York, New Haven and Hartford Railroad comme ingénieur civil et construit un pont à New London dans le Connecticut. Après cela, il forme un partenariat avec un camarade de classe du secondaire, Gordon Glazier, pour créer la Beaver Contracting and Engineering Corporation. La société participe à un certain nombre de projets, dont la construction d'une digue à Winthrop au Massachusetts, et d'un pont sur la .

Première Guerre mondiale vignette|droite|Le escadron aéroporté en 1918. Kenney est le à partir de la rangée supérieure droite.

Les États-Unis entrent dans la Première Guerre mondiale en et Kenney décide de s'enrôler comme cadet volant dans la le . Il suit une formation au sol au MIT en juin et juillet, et reçoit une formation primaire de vol avec Bertrand Blanchard Acosta au à Mineola dans l’État de New York. Il est nommé first lieutenant le et part pour la France peu après. Il suit une formation au pilotage complémentaire à Issoudun dans l'Indre jusqu'à son affectation en au .

Le escadron aéroporté pilote le Salmson 2A2, un biplan de reconnaissance. Kenney s'écrase au décollage le et se casse une cheville et une main, ce qui lui vaut le surnom de . Ses blessures guérissent vite et il enregistre sa première mission le . Le , Kenney pilote l'un des quatre avions d'une mission près de Gorze qui est attaquée par six éclaireurs allemands Pfalz D.III. Son observateur abat l'un d'eux, et Kenney est crédité de sa première victoire aérienne. Pour cela, il reçoit une Citation Star. Une deuxième victoire suit dans des circonstances similaires le alors qu'il vole près de Jametz pour soutenir l'offensive Meuse-Argonne. Une fois de plus, la formation avec laquelle il vole est attaquée par des chasseurs allemands. Cette fois, il reçoit la Distinguished Service Cross, qui lui est remise par le brigadier général Billy Mitchell le . La citation de Kenney se lit comme suit. :

vignette|droite|redresse|Le capitaine George Kenney en 1920|alt=Photo noir et blanc de George Kenney en tenue de capitaine de l'US army.

Kenney demeure un certain temps avec les forces d'occupation alliées en Allemagne. Il est promu capitaine le et retourne aux États-Unis en . Il est le co-auteur en 1919 avec Horace Moss Guilbert de . Il est envoyé à Kelly Field, près de San Antonio au Texas, puis à McAllen. Commandant du , il effectue des missions de reconnaissance le long de la frontière avec le Mexique pendant la révolution mexicaine. Le mauvais entretien des appareils, les pistes d'atterrissage accidentées et les intempéries font perdre 22 de ses 24 avions Airco DH.4 à l'escadron en un an seulement.

Entre-deux-guerres Kenney pose sa candidature à l'un des nombreux poste offertes aux réservistes après la guerre dans l'armée régulière des États-Unis et il est nommé capitaine dans l'United States Army Air Service le . Alors qu'il se remet d'un accident d'avion dans un hôpital au Texas, il rencontre une infirmière, Helen "Hazel" Dell Richardson, fille de George W. Richardson, un entrepreneur de Mobile en Alabama. Ils se marient à Mobile le . Hazel fait une fausse couche alors qu'elle attend des jumeaux. Son médecin l'avertit du danger d'une autre grossesse, mais elle continue de souhaiter vivement d'avoir un enfant. En 1922, alors que le couple vit à Long Island dans l'État de New York, Hazel met au monde un fils, William Richardson Kenney, mais elle meurt peu après de complications. Kenney s'arrange pour que sa voisine, Alice Steward Maxey, une autre infirmière, s'occupe de l'enfant. Le Kenney se marie avec Alice dans sa ville natale de Gardiner dans le Maine.

vignette|gauche|Un Airco DH.4 au-dessus des nuages en France. Kenney pilote cet avion au Texas et met au point des techniques de montage de mitrailleuses sur les ailes.|alt=Photo noir et blanc d'un biplan volant au-dessus des nuages.

De juillet à , Kenney est commandant d'un détachement aérien à Fort Knox, au Kentucky. Il suit ensuite une formation à l'École d'ingénierie du service aérien de McCook Field, près de Dayton en Ohio. Entre 1921 et 1923, il est inspecteur des services aériens à la Curtiss Aeroplane and Motor Company à Garden City, New York, où il est responsable de l'acceptation des cinquante bombardiers Martin NBS-1 que le service aérien a commandés à Curtis. Kenney inspecte, fait des essais et valide les avions. Le , alors qu'il est capitaine, il est rétrogradé au rang de first lieutenant, à la suite de la démobilisation de l'armée du temps de guerre, quelque temps après la Première Guerre mondiale. Il retourne à McCook en 1923 et développe des techniques pour monter des mitrailleuses de calibre.30 sur les ailes d'un DH.4. Il est à nouveau promu capitaine le . Sa famille s’agrandit avec la venue au monde de sa fille, Julia Churchill Kenney, née à Dayton en .

En 1926, Kenney entre à l' à Langley Field en Virginie, l'école de formation avancée du Corps d'aviation. Il fréquente ensuite le Command and General Staff College de Fort Leavenworth, au Kansas, l'école supérieure de l'armée de terre, où l'on enseigne aux officiers comment gérer de grandes formations en tant que commandants ou officiers d'état-major. La plupart des officiers de l'armée de l'air, y compris Kenney, estiment que le cours ne les concerne pas et qu'il s'agit donc d'une perte de temps, mais néanmoins une condition préalable à la promotion dans l'armée de terre. Par la suite, il retourne à l'Air Corps Tactical School comme instructeur. Il enseigne l'aviation d'attaque et s'intéresse particulièrement aux attaques à basse altitude, comme moyen d'améliorer la précision et donc à ses problématiques tactiques. Notamment car les avions volant à basse altitude sont vulnérables aux tirs au sol. Il y a également des problèmes techniques à résoudre, car un avion peut être frappé par ses propres fragments de bombe. Son intérêt pour l'aviation d'attaque le place finalement à part dans le Corps d'aviation de l'US Army où le bombardement stratégique domine à cette époque la pensée.

Kenney atteint le sommet de sa formation professionnelle en , lorsqu'il entre au United States Army War College à Washington. Au War College, des comités d'élèves étudient un certain nombre de batailles de la Première Guerre mondiale ; le comité de Kenney examine la Seconde bataille des lacs de Mazurie. Ces groupes mettent également à jour les plans de guerre en vigueur, et celui de Kenney travaille sur le Plan de guerre Orange. Les élèves doivent aussi rendre un écrit individuel ; celui de Kenney a pour titre . L'un des avantages du collège de guerre est qu'il met les officiers du Corps d'aviation en contact avec des officiers au sol avec lesquels ils doivent par la suite travailler étroitement. Richard K. Sutherland et , tous deux membres de la classe de M. Kenney, travaillent avec lui au sein de ces comités.

vignette|droite|upright=1.3|Kenney est un partisan de l'appui aérien rapproché et ne veut pas que les États-Unis se concentrent autant sur le bombardement stratégique, comme le représente le Boeing B-17 Flying Fortress.

Après l'obtention de son diplôme au War College, il est affecté à un poste d'état-major et, en , Kenney devient l'adjoint du major à la Division des plans du Bureau du chef du Corps d'aviation, le major général . Il effectue diverses tâches, dont la traduction en anglais d'un article du théoricien italien de la force aérienne Giulio Douhet. En 1934, il participe à la rédaction d'une loi qui accorde une plus grande indépendance aux forces aériennes. Cette loi incite l'armée de terre à créer le General Headquarters Air Force, un commandement centralisé pour l'United States Army Air Corps, dirigé par un aviateur qui relève directement du chef d'état-major de l'armée de terre. Le lieutenant-colonel Frank Maxwell Andrews est choisi pour le commander et ce dernier prend Kenney comme chef d'état-major adjoint pour les plans et l'instruction.

À cette fonction, Kenney est promu au grade temporaire de lieutenant-colonel le , sautant celui de major. Il s'engage dans un débat houleux avec l'état-major général de l'armée de terre sur le désir du Corps d'aviation d'acheter davantage de bombardiers Boeing B-17 Flying Fortress. Il se retrouve également pris dans une bataille bureaucratique entre Andrews et le major général pour savoir si le chef de l'Air Corps doit contrôler le GHQ Air Force. En conséquence, Kenney est transféré à l' de Fort Benning en Géorgie, le , avec le grade temporaire de major, pour enseigner les tactiques aux jeunes officiers d'infanterie. À ce poste, il est promu au grade définitif de major le , mais cette affectation n'est guère un choix pour un officier de l'armée de l'air. En , il accepte l'offre de commander le à Mitchell Field à Long Island.

Seconde Guerre mondiale