Anna, Anne, Ana de Sousa Nzinga Mbande ou Njinga ou MbandiLa forme Njinga est la plus exacte et correcte en kimbundu, la reine étant née dans une population Mbundu d’Angola. Les premiers missionnaires l'écrivaient d’ailleurs sous la forme Ginga. Sur sa statue en Angola, le nom inscrit est bien « Mwene Njinga Mbandi ». L'équivalent en kikongo est « Nzinga ». Jean Cuvelier, qui travaillait alors dans le Congo belge, dans sa biographie de la reine publiée en 1957, utilisa l’orthographe kikongo et contribua ainsi à répandre cette forme dans la littérature et les médias.Njinga, reine d’Angola, 2° éd. 2014, (note de John Thornton et Xavier de Castro)., connue également sous le nom de Nzinga du Ndongo et du Matamba, née vers 1583 et morte le , est une reine du royaume de Ndongo et du royaume de Matamba dans l'actuel Angola.

Elle est un symbole national angolais et l'une des figures de la résistance africaine face au colonialisme, en raison de son long combat contre les Portugais.

Grâce à ses talents de diplomate et sa maîtrise des questions commerciales et religieuses, elle est également reconnue comme un modèle de gouvernance féminine.

Encore aujourd’hui, la figure de Nzinga continue d’inspirer les cinéastes et producteurs de télévision, à l'image du film biographique Njinga, Rainha de Angola sorti en 2013 ainsi que la série documentaire Njinga diffusée sur Netflix.

Enfance et ascension Nzinga est née en 1581., sept ans après la première expédition militaire portugaise sur les côtes de l'Angola.

Son enfance se déroule dans l'entourage de son père, le souverain du royaume de Ndongo, le Ngola Kiluanji et la reine Kangela, qui ont également trois autres enfants : un fils, Mbandi, et deux filles, Kifunji et Mukambu.

De l'ethnie Mbundu., elle est prénommée Njinga parce qu'elle est née avec le cordon ombilical autour du cou (« kujinga » signifiant « tordre » ou « enrouler » en kikongo ainsi qu'en kimbundu).

La tradition veut que les enfants nés ainsi deviendraient des adultes fiers et hautains ; une femme sage aurait dit à sa mère que Nzinga serait reine un jour.

Elle se souvient avoir été choyée par son père, qui l'autorise à l'assister lorsqu'il gouverne son royaume et qui l'emmène avec lui lorsqu'il va faire la guerre.

Contexte de son ascension

Dans les récits nationaux postérieurs à la colonisation, Njinga est devenue une icône de la lutte anticoloniale, mais l'historienne américaine Heywood a raconté dans un livre de 2016 comment ce règne s'est d'abord inscrit dans la mémoire populaire. .

Depuis l'Union ibérique de 1580, qui lui donne le contrôle du Portugal, l'Espagne décide de fortement augmenter ses importations d'esclaves africains, en particulier pour les mines d'argent du Potosi, la plus importante du monde. Au milieu des années 1610, elle a atteint son niveau historique de production et l'afflux d'argent-métal en Europe dope la demande de produits coloniaux, en particulier le sucre du Brésil.

, avec la fondation du futur deuxième plus grand port de la traite négrière et l'arrivée du gouverneur Luis Mendes de Vasconcellos, qui va y rester quatre ans. Dans un mémoire au Roi de 1616, ce vétéran des guerres portugaises en Asie, qui a épousé la fille d'un des plus importants négriers portugais, explique que la traite négrière, , n'est possible d'être à l'échelle requise que par l'envoi d'une armée portugaise plus importante en Angola. De fait, la guerre qu'il mènera dans l'intérieur des terres va justifier l'envoi de plus en plus de troupes portugaises.

Luis Mendes de Vasconcellos propose de ne plus utiliser les guerriers imbangala, connus pour vivre de vols et de meurtres, mais de lancer une guerre de conquête sous la forme d'une grande offensive purement portugaise comme celle réussie un quart de siècle plus tôt en Angola. Mais l'offensive portugaise ne suffira pas, malgré l'aide de renforts obtenus de Lisbonne et il sera obligé de recourir à l'aide des Imbangala, groupe spécialisé dans le vol des troupeaux et le meurtre des éleveurs. .

tandis que .

Le roi Alvare III du Kongo proteste en 1617 contre cette nouvelle politique dans une lettre au pape, qui ouvre une enquête, ce qui amène en 1618 à condamner officiellement le recours aux supplétifs imbangala.

Dès 1618, Luis Mendes de Vasconcellos réprime l'opposition à sa politique menée par le chef de Matamba, frère de la reine N'Ginga. À la même époque, le négrier António Fernandes de Elvas, de la même confrérie religieuse, vient d'obtenir l'asiento, monopole d'approvisionnement de l'Empire espagnol : il doit livrer 5000 esclaves par an entre le et le Ribeiro da Silva, Filipa (2011). Dutch and Portuguese in Western Africa: Empires, Merchants and the Atlantic System, 1580-1674. BRILL... Son mandat a causé le plus grand mouvement d'esclaves africains vers les Amériques depuis le début de la traite, la plupart en provenance de Luanda : entre 1619 et 1624, Africains ont été achetés et portés à Carthagène. Cela n'a été interrompu que par la prise de Bahia et le blocus temporaire de Luanda, opérés par la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales. Ils partent vers deux principaux lieux, Carthagène des Indes (Colombie moderne) et Veracruz (Mexique moderne), et de là vers le Venezuela, les Antilles et Lima puis la mine d'argent du Potosí. Les historiens estiment que la partie terrestre du voyage cause plus de morts que la traversée de l'Atlantique..

L'évêque du Congo dénonce lui aussi ces pratiques et la capture de près de 4000 Africains chrétiens en 1619, l'année où un raid massif a lieu parmi les chrétiens de la ville d'Angoleme. Une partie d'entre eux, détournée par un corsaire hollandais, sont connus comme les rescapés noirs du White Lion en 1619 en Virginie. Au cours de cette même année 1619, les Imbangala finissent par se désolidariser des Portugais et rallient les forces du roi angolais, le Ngola Mbande, tandis que le pays est dévasté. .

Jinga du Ndongo et du Matamba travaillera alors à l'alliance avec les Kongolais, pour créer un large front anti-portugais allant des Kongolais aux Hollandais, notamment après 1621, quand Vasconcellos est remplacé par (1621-1623). Ce dernier attaque dès sa prise de fonction le Kongo, pour annexer le Kasanze, région boisée vassale, située juste au nord de Luanda. En plein milieu de cette crise, le roi Alvare III meurt le . . Correia de Sousa, qui espérait manipuler le successeur du roi, l'un de ses jeunes fils, est déçu lorsque les électeurs désignent plutôt .

Le gouverneur ordonne alors au capitaine-major Pedro de Sousa Coelho, à la tête de , de supplétifs mbundu et d'un contingent d'Imbangala, d'envahir la province Kongo de Mbamba . . La bataille de Mbumbi est gagnée le par l'Angola contre le royaume du Kongo. Ce dernier expulse ensuite les troupes portugaises, à l'issue de leur premier conflit armé, qui dure de 1622 à 1623., en gagnant notamment la bataille de Mbanda Kasi, en .

Des émeutes anti-portugaises éclatent dans tout le Kongo, causant des massacres. Le nouveau roi tente de les éviter mais finalement le royaume du Kongo déclare la guerre à l'Angola portugais en prenant l'offensive contre des territoires sous sa domination. Autre conséquence, sa lettre adressée en 1622 à la république des Provinces-Unies, proposant une alliance militaire aux Hollandais. afin de combattre les Portugais..

Peu mentionnée dans les sources portugaises, elle a été enregistrée dans une correspondance entre les Kongolais et leurs alliés hollandais..

La conséquence est l'éviction du gouverneur portugais Pedro de Sousa Coelho (1623) de Luanda et la libération des sujets kongolais emmenés comme esclaves dans les campagnes précédentes. Autre conséquence, recherche une alliance durable avec l'Empire colonial hollandais dans le but d'expulser totalement les Portugais de la région..

La Compagnie néerlandaise des Indes occidentales vient alors d'être fondée fin 1621 par Dierick Ruiter et Willem Usselincx, deux farouches opposants au trafic d'esclaves., qui ont une bonne connaissance de sa pratique dans l'empire portugais, à la suite de leurs voyages sur les côtes du Sénégal et d'Angola dès 1612, puis au Brésil en 1617. Dans son livre paru en 1623, Le flambeau de la marine, Dierick Ruiter dénonce la traite négrière portugaise : .

Conséquence des liens épistolaires entre Angolais et Néerlandais, en 1624, les Néerlandais tentent de s'emparer de Luanda par deux fois, après la prise de Salvador de Bahia, au Brésil, lors de deux expéditions menées par Philip van Zuylen puis Piet Hein. .

En 1624, à la mort du prince héritier d'Angola, la nouvelle de l'accession de sa sœur au trône d'Angola et de son opposition aux déportations d'esclaves déclenche des fuites d'esclaves de Luanda qui vont se réfugier sur les îles de Quindonga, sur le fleuve Kwanza. . , alors que sa rivale à la cour de Dongo, Hari, qui était opposée à un leadership féminin, jura allégeance aux Portugais.

En 1631, elle dépose la reine Mwongo Matamba et s'accapare son trône en y déplaçant la capitale de son royaume..

Ascension La première mention de Nzinga dans les archives européennes remonte à 1622 lorsque son frère, devenu le Ngola Mbande en 1617, veut amener les Portugais à retirer une forteresse bâtie sur ses terres et à lui restituer certains de ses sujets tenus captifs. En 1621-1622, il recourt à sa sœur. et l'envoie à une conférence de paix à Luanda avec le gouverneur du Portugal João Correia de Sousa.

Ainsi envoyée en ambassade à Luanda, elle refuse en 1622 de s'asseoir par terre face au représentant du Portugal assis sur un trône. Deux ans après, au décès du prince héritier, son frère s'empare du trône en assassinant son neveu. Les Portugais, qui se méfient d'elle depuis deux ans, nomment un autre prétendant, mais elle conserve de fait le pouvoir.

Prise du pouvoir et règne thumb|Nzinga lors des négociations avec le gouverneur portugais en 1657 à Luanda.

L'objectif du Ngola Mbande était de récupérer la forteresse d'Ambaca (que le prédécesseur de Correia de Sousa, Mendes de Vasconcelos, avait construite en 1618 sur son territoire), de récupérer certains de ses sujets tenus captifs (notamment des groupes de serfs ijiko), et de convaincre le gouverneur de faire cesser les raids des mercenaires imbangala à son service. Le gouverneur accéda à toutes ses demandes et signa un traité de paix ; les avis divergent toutefois sur le fait que Nzinga accepta un statut de vassalité ou non. Une histoire veut que le gouverneur n'offrit aucune chaise à Nzinga, l'invitant à s'asseoir sur une paillasse pendant les négociations, ce qui, selon la tradition Mbundu, ne convenait qu'aux subordonnés. Refusant de s'abaisser ainsi, Nzinga ordonna à l'une de ses esclaves de se mettre à quatre pattes pour s'asseoir sur son dos.

Nzinga se convertit au christianisme, possiblement pour renforcer son traité de paix avec le Portugal, et adopta le nom de Dona Ana de Sousa en hommage à l'épouse du gouverneur, qui est sa marraine. Le Portugal n'honora cependant pas sa part du traité, refusant de se retirer d'Ambaca, de rendre les sujets du Ndongo et de contenir les assauts des Imbangala.

Cet échec poussa le frère de Nzinga au suicide, convaincu qu'il ne pourrait jamais récupérer ce qu'il avait perdu à la guerre. Des rumeurs circulèrent accusant Nzinga de l'avoir empoisonné, rumeurs que le Portugal reprit à son compte pour refuser de la reconnaître comme le successeur de son frère.

Nzinga assura la régence de son neveu et fils de son frère, Kaza, alors sous la garde des Imbangala. Nzinga envoya des émissaires le chercher, puis le fit assassiner. Elle endossa ensuite le pouvoir au Ndongo.. En 1624, elle signait ses lettres Madame du Ndongo puis, à compter de 1626, elle prit le titre de Reine du Ndongo..

Alliance avec les Pays-Bas