Notre-Dame d’Akita désigne des manifestations de la Vierge Marie à une religieuse, sœur Agnès Sasagawa Katsuko, les , et à Akita au Japon. Ces phénomènes auraient eu lieu devant une statue de la chapelle du couvent à l'effigie de la « Dame de tous les Peuples », accompagnés de trois messages de la Vierge Marie entendus par la religieuse, dont le dernier a une teneur prophétique.

À la suite de ces événements, la statue a présenté des phénomènes inexpliqués d'écoulements de sang (entre le et le ), puis de lacrimations, du au , observées par plusieurs centaines de personnes et même diffusées en 1979 à travers le Japon par la télévision.

Ces phénomènes ont été reconnus par l’évêque de Niigata en 1984. Le cardinal Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a confirmé en la décision de l'évêque. L’Église catholique n'a toutefois pas émis d'avis définitif sur ces phénomènes.

Biographie de la « voyante » Agnès Sasagawa Katsuko est née en 1931 dans une famille bouddhiste japonaise. À dix-neuf ans, elle se retrouve paralysée à cause d'une erreur médicale lors d'une opération de l'appendicite qui entraîne une dizaine d'autres interventions et une hospitalisation de seize ans.

C'est au contact d'une infirmière qu'elle se convertit au catholicisme et demande à recevoir le baptême. En 1956, son état s'aggrave et elle tombe dans le coma. On lui fait avaler quelques gouttes de l'eau de Lourdes envoyée par des religieuses de Nagasaki à la clinique de Myōkō où elles est hospitalisée et elle reprend connaissance. Sa paralysie disparaît. Alors âgée de , elle travaille comme catéchiste dans sa paroisse à Myōkō.

Cependant le , à l'âge de , elle se rend compte à l'occasion d'une conversation téléphonique qu'elle a totalement perdu l’ouïe. Les médecins évoquent une paralysie du nerf auditif. En raison de ce nouveau handicap, elle obtient une allocation et se forme à lire sur les lèvres. Malgré son infirmité et contre l'avis de ses parents, elle souhaite cependant intégrer l'institut séculier des Servantes de l'Eucharistie, installé au couvent de Yuzawada au nord d'Akita par l'évêque du diocèse de Niigata, . qui en est aussi le supérieur. Elle y entre le .

René Laurentin, qui a connu sœur Agnès, évoque une guérison de sa surdité en deux étapes ( et ). Il témoigne aussi de sa totale paralysie à nouveau en qui la laisse . Laurentin fait se rencontrer sœur Agnès et Vassula Ryden en à l'occasion d'une rencontre à Akita organisée par Johannes Shōjirō Itō avec une dizaine d'autres évêques venus d'Asie et d'Afrique. Agnès Sasagawa Katsuko décède à l'âge de le ... thumb|Représentation de la « Dame de tous les Peuples ».

Phénomènes et messages (1973) . Il s'agit de phénomènes qu'Yves Chiron qualifie de .

Phénomène lumineux et plaie à la main gauche Une statue en bois à l'effigie de la « Dame de tous les Peuples », issue des apparitions d'Amsterdam, déclarées fausses par l’Église catholique., est installée dans le couvent d'Akita. Cette statue a été sculptée en 1963 par l'artiste Saburo Wakasa..

Le ainsi que le lendemain, sœur Agnès, un mois après son entrée au couvent, où elle trouve seule ce jour-là, voit à trois reprises une lumière mystérieuse semblant sortir du tabernacle de la chapelle du couvent, et des chœurs d'anges paraissant adorer le saint-sacrement exposé. La religieuse se prosterne puis s'interroge sur l'origine de cette lumière. Si elle reçoit cette lumière , elle ne peut s'empêcher de se demander s'il ne s'agit pas d'une hallucination.

Le vendredi Joachim Bouflet situe le phénomène le 29 juin : Yves Chiron donne la date du 28 juin : . René Laurentin, quant à lui, date le début du phénomène le 5 juillet. , une plaie en forme de croix apparaît sur sa main gauche et provoque une vive douleur qui l'empêche de trouver le sommeil.

Premier message reçu devant la statue Le jeudi , la plaie de la religieuse se met à saigner. La nuit suivante, alors qu'il est trois heures du matin, elle voit une personne, qu'elle identifie à sa sœur, qu'elle entend malgré sa surdité lui direCe premier épisode avec l'ange n'est pas relaté par Yves Chiron qui évoque directement le second épisode dans la chapelle en face de la statue. :

L'apparition se présente comme son ange gardien. Elle le suit jusqu'à la chapelle du couvent où sœur Agnès se met à prier devant la statue à l'effigie de la « Dame de tous les Peuples » qui s'illumine et semble prendre vie. La religieuse entend alors une autre voix provenant de la statue :

Sœur Agnès demeure dans la chapelle à prier devant la statue. À cinq heures du matin, le reste des sœurs arrivent dans la chapelle pour l'office des matines.

Présence de stigmates sanglants sur la statue (juillet-septembre 1973) Le , une religieuse, en s'approchant de la statue constate que les mains de la Vierge présentent des stigmates d’où suinte du sang. Le suivant, le sang coule à nouveau des mains de la statue alors que leurs sœurs sont en prière. Le , Johannes Shōjirō Itō se rend au couvent, constate le phénomène et interroge sœur Agnès. Le phénomène se poursuivra jusqu'au .

Deuxième message Dans la nuit du , alors que sa plaie la fait particulièrement souffrir et exsude même du sang, ce qu'a constaté l'évêque ce même jour, sœur Agnès se rend à la chapelle et s'entend dire:

La plaie de sœur Agnès et le sang qui en coule disparaissent à compter de ce jour. Entre le et le , la statue exhale à plusieurs reprises un parfum agréable auquel succèdent d'épouvantables odeurs :

Troisième et dernier message (13 octobre 1973) Le dernier message est . De la statue devenue lumineuse parvient à sœur Agnès un assez long message qui évoque tout d'abord la menace d'un châtiment pour l'humanité : Le message se poursuit par l'évocation d'une grave crise à venir dans l’ÉgliseCette partie du message n'est pas évoquée par René Laurentin. : L'année 1974 se déroule .

Lacrimations de la statue (1975-1981) Le , les sœurs du couvent remarquent que le socle de la statue est mouillé. . Le phénomène est observé le même jour à trois reprises par les religieuses ainsi que par l'évêque présent au couvent. Sœur Agnès entend son ange lui dire : . D'après les religieuses, le visage de la statue a également changé, prenant une expression . En septembre, l'auteur de la sculpture, Saburo Wakasa, est appelé pour examiner sur place la statue. Il commente ainsi : .

En 1975, l'évêque demande à Kaoru Sagisaka, un professeur du département de biochimie de l’université d'Akita, et à un médecin légiste non chrétien d'analyser le sang recueilli deux ans plus tôt, ainsi que les larmes qui s'écoulent de la statue. Selon leurs conclusions, les lacrimations et le sang sont d'origine humaine.. En ce qui concerne le sang, l'analyse déclare qu'il est . Le cependant, Kaoru Sagisaka affirmera : , rectification qui a suscité divers commentairesRené Laurentin n'apporte pas de précisions sur les auteurs des commentaires, ni sur leur contenu..

Après deux ans d'interruption, les lacrimations de la statue reprennent le . Elles se poursuivent jusqu'au , fête de Notre-Dame des Douleurs, en présence de plusieurs centaines de témoins. La télévision japonaise filme ces lacrimations le . Au total ces phénomènes se répètent .

Le sens du nombre 101, qui n'a aucune origine biblique, a posé question à de nombreux observateurs. La voyante en a rapporté l'explication suivante telle qu'elle lui aurait été donnée le par son ange gardien : .

Enquête canonique L'évêque d'Akita, Johannes Shōjirō Itō, en réfère à la Conférence épiscopale japonaise qui nomme une commissionRené Laurentin ne fournit aucune date.. L'expert principal est un prêtre espagnol, particulièrement sceptique vis-à-vis de ces phénomènes. Il . L'évêque se déclare peu convaincu par les conclusions de la commission car . L'évêque reprend l'enquête en faisant appel à plusieurs instituts de recherche.

En 1981, la guérison d'une femme de Séoul en Corée du Sud, Teresa Chun, est attribuée aux manifestations d'Akita. Baptisée le , elle est hospitalisée en juillet pour soigner une tumeur du cerveau. Le , alors qu'elle est dans le coma et mourante, ses proches invoquent Notre-Dame d'Akita. Le suivant, des examens montrent que la tumeur a totalement disparu. Cette guérison est déclarée d'origine surnaturelle par la commission canonique mise en place par l'archevêque de Séoul, Stephen Kim Sou-hwan. Le dossier est adressé à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

Le , sœur Agnès elle-même guérit complètement et définitivement de sa surdité. Joachim Bouflet dit avoir été témoin de ce rétablissement, ainsi que deux otorhinolaryngologistes qui examinent la religieuse les 2 et . L'un des médecins établit un certificat attestant que sœur Agnès a totalement recouvré l'audition.

Reconnaissance par l’Église catholique Malgré les réticences de la commission, des autres évêques japonais et de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Johannes Shōjirō Itō obtient l'autorisation de proclamer l'authenticité des phénomènes avant de donner sa démission pour limite d'âge. Il publie ainsi une lettre pastorale le , dans laquelle il reconnaît une et autorise dans son diocèse la vénération de Notre-Dame d'Akita.

Le , le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, donne son approbation à la reconnaissance par l'évêque des phénomènes d'Akita.. Cependant, ..

Plusieurs cas de guérisons obtenues par l'intercession de Notre-Dame d'Akita ont été rapportés et transmis aux autorités ecclésiastiques. Deux ont été reconnus comme d'origine miraculeuse par l’Église catholique : la guérison en 1981 d'une habitante de Séoul et celle de sœur Agnès le .

Lien avec les apparitions de Fatima

Johannes Shōjirō Itō, après avoir reconnu officiellement les phénomènes, a déclaré dans une interview publiée en 1991Interview publiée dans la vidéocassette Apparitions mariales du . Un message pressant. Marian Communications LTD, Lima, Pennsylvania, USA, s.d. Cf. la note de bas de page dans . (Marian Apparitions of the 20th Century: A Message of Urgency, Marian Communications, Lima, Pa., 1991) que les , en particulier des secrets de Fátima : .

Joachim Bouflet note des et des entre le message du et le document présenté faussement comme la version intégrale du « troisième secret de Fatima » par le bimensuel allemand Neues Europa dans son édition du , sans se prononcer sur le fait qu'Agnès Sasagawa Katsuko ait pu avoir ou non connaissance de ce texte.

Notes et références Notes

Références

Bibliographie . .

. . . .

Voir aussi Articles connexes Dame de tous les Peuples Apparitions mariales de Fátima

Liens externes

du couvent d'Akita. .

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