Le massacre du bois d'Éraine est un crime de guerre, commis le . Celui-ci a eu lieu sur le territoire de la commune de Cressonsacq (Oise) durant la bataille de France, au début de la Seconde Guerre mondiale, par des membres de la du régiment GrossdeutschlandSACRIFIER SA VIE POUR SAUVER SES TIRAILLEURS ..
Contexte En , les armées françaises et britanniques sont encerclées à Dunkerque. La 4 division d'infanterie coloniale (), stationnée en Alsace, reçoit l'ordre le , de repousser les éléments allemands qui ont traversé la Somme. Elle y parvient, partiellement, causant de lourdes pertes à l'ennemi.
Le , elle reçoit l'ordre de couvrir le flanc gauche des armées françaises en retraite sur l'Oise. Elle parvient une nouvelle fois à contenir l'ennemi. Dans la soirée du , la décroche sur Saint-Just-en-Chaussée, poursuivie par la dont fait partie le régiment Grossdeutschland.
Massacre de soldats coloniaux du à Lieuvillers Le , de la et d'unités disparates provenant d'autres divisions se trouvent encerclés dans Angivillers. Afin de rejoindre les troupes françaises qui tiennent la rive gauche de l'Oise, une sortie est décidée.L'artillerie, le génie et un bataillon du parviennent à ouvrir une brèche dans l'encerclement et à reprendre Erquinvillers à l'ennemi. Celui-ci contre-attaque, s'empare à nouveau du village et massacre les tirailleurs africains capturés.Entre combats et exécutions, de l'armée française trouvent la mort.
Plusieurs autres groupes de soldats coloniaux s'échappent de l'encerclement et se cachent dans les bois situés au sud-est, mais environ , la plupart blessés, restent à Angivillers et sous le commandement du lieutenant-colonel Fabre du repoussent, le , une attaque allemande avant de se rendre faute de munitions. Les prisonniers africains ont la vie sauve grâce à l'intervention du lieutenant-colonel Fabre.
Massacre de soldats africains des , du et de leurs officiers Trois groupes de soldats, un du et deux du , sont cachés dans le bois d'Éraine au nord de la ferme d'Éloges-les-Bois. Ils sont privés de ravitaillement d'eau et de nourriture et sans munitions.
Le à , un des hommes ayant commis l’imprudence de se montrer pour se procurer de l’eau, les Allemands cernent le bois. Après un bref combat au cours duquel l'aspirant Méchet est abattu, les tirailleurs se rendent et sont emmenés à la ferme d'Éloges-les-Bois.
Le au matin, le commandement allemand fait séparer les soldats africains des soldats métropolitains et emmener chacun des groupes dans des lieux différents, malgré les protestations des officiers. Le commandant du bataillon Henri Bouquet s’indigne et voit ses protestations traduites en allemand par le capitaine alsacien Jean Speckel, mais les gradés allemands rejettent vivement leurs arguments. Ces deux officiers et les six autres officiers de leur groupe (le capitaine Jacques Ris, les lieutenants Louis Roux, Étienne Erminy, Marcel Planchon, Jean Brocard - de la CAB du RTS - et le sous-lieutenant André Rotelle) sont alors emmenés en lisière nord du bois à de là à la lisière nord du bois d'Eraine pour être exécutés d’une balle dans la nuque. Ils sont ensuite enterrés dans une fosse commune par un tirailleur et un artilleur coloniaux, Aka Tano Ivoirien du et Faya Leno Guinéen du , dont les corps furent plus tard retrouvés à proximité des autres corpsLes Tirailleurs sénégalais, les soldats noirs entre légende et réalité 1939-1945. Le nombre des tirailleurs, qui ne reçoivent pas de sépulture, est estimé à 64.
Les hommes de troupe métropolitains sont emmenés dans des camions à Saint-Just-en-Chaussée en tant que prisonniers de guerre.
Lieu de mémoire
Quelques semaines plus tard, un agriculteur ayant entendu parler d’un massacre, Valère Guizelin, se rend sur place et découvre les huit corps plus ceux de deux Africains, Aka Tano et Faya Leno sans doute chargés de creuser la fosse commune avant d’être exécutés à leur tour et d’y être enterrés. Les villageois de Cressonsacq les exhument et les enterrent dans le cimetière du village. Une cérémonie a lieu en 1947, puis le souvenir s'estompe pour plusieurs décennies. Les corps sont transférés à la nécropole nationale de Cambronne-lès-Ribécourt créée en 1950 pour regrouper les exhumés de l’Eure, de l’Oise, de la Seine-Maritime et de la Somme. Le neveu d’Aka Tano vient d'Afrique sur place pour retrouver la tombe de son parent. Assisté du maire de Cressonsacq, l'enseignant en retraite Jean-Jacques Potelle, le neveu retrouve le corps de son oncle à la nécropole. Le maire ravive alors le souvenir de ce crime de guerre.
À l'approche du des massacres, un regain de cette mémoire est organisé. En 1992 une stèle est érigée au bois d'Éraine à la mémoire des soldats exécutés à l’emplacement même de la fosse commune où les corps furent retrouvés. Le site est l'objet de cérémonies commémoratives, notamment le par la Fédération nationale des anciens d’Outre-mer et anciens combattants des troupes de marine (FNAOM/ACTDM).
Bibliographie Jean-François Mouragues, Soldats de la République. Les Tirailleurs sénégalais dans la tourmente : France mai-, L'Harmattan, coll. « Historiques », , 216 p. Julien Fargettas, Les tirailleurs sénégalais. Les soldats noirs entre légendes et réalités La Voix du combattant d', page 32-33
Articles connexes Liste de massacres perpétrés par les forces allemandes en France durant la Seconde Guerre mondiale Liste des mémoriaux et cimetières militaires de l'Oise Massacre de Chasselay | Tata sénégalais de Chasselay
Liens externes Le Maîtron
Notes et références Notes
Références
Bois d'Éraine Eraine Eraine Catégorie:Picardie (1939-1945) Catégorie:Histoire de l'Oise Catégorie:Histoire de la Picardie Catégorie:1940 en France