Combat est pendant la Seconde Guerre mondiale un mouvement français de Résistance, créé d'abord sous le nom de « Mouvement de libération nationale » en zone non occupée en 1940 par Henri Frenay et Berty Albrecht.

Parmi les huit grands mouvements de Résistance membres du Conseil national de la Résistance (CNR), à partir de 1943, c'est celui qui est le plus structuré et compte le plus grand nombre d'agents.

À partir de , il fait aussi partie des Mouvements unis de la Résistance (MUR), sous la présidence de Jean Moulin, et s'intègre au nouveau Mouvement de libération nationale (MLN) au début de 1944.

Histoire de Combat Le contexte Le gouvernement Pétain signe l'armistice du 22 juin 1940 avec l'Allemagne : la France est partiellement occupée, ce qui entraîne la création de la zone Nord (occupée) et de la zone Sud (dite « zone libre »), séparées par la ligne de démarcation. Installé à Vichy, en zone Sud, le maréchal Pétain met fin à la Troisième République le , devenant le chef de l'État français, dit « régime de Vichy ». Le , le général de Gaulle, réfugié à Londres, appelle à la Résistance et crée la France libre.

Les débuts A la fin de l’automne 1940, Henri Frenay et Berty Albrecht créent ensemble à Lyon le Mouvement de libération nationale.

Par l'intermédiaire de chefs de régions, ils implantent le mouvement dans six « régions » de la zone Sud : Lyon (R1 : 10 départements), codirigée par Marcel Peck et André Plaisantin ; Marseille (R2 : 7 départements), dirigée par Henri Aubry ; Montpellier (R3 : 6 départements), dirigée par Gilbert de Chambrun ; Toulouse (R4 : 9 départements), dirigée par Francois Verdier et Pierre Dumas son bras droit ; Limoges (R5 : 9 départements), dirigée jusqu'en 1943 par Edmond Michelet ; Clermont-Ferrand (R6 : 5 départements).

D'autres régions apparaissent par la suite, situées principalement en zone nord (Jura, Bretagne…).

L'extension Le MLN fusionne avec d'autres organisations au fur et à mesure de son implantation. C'est la rencontre, organisée le dans son appartement grenoblois par Marie Reynoard, affiliée au MLN d'Henri Frenay, entre ce dernier et François de Menthon, dirigeant le mouvement Liberté, qui donne naissance, par leur fusion, au mouvement Libération française, très vite dénommé Combat...

À la même époque, Combat prend une orientation gaulliste, ce qui entraîne une rupture avec des résistants de tendance pétainiste. De là résulte pour Combat une diminution des sources d'informations.

Une antenne, le « groupe Nord », d'abord appelé « Les Petites Ailes », puis rebaptisé Combat Zone nord, est également créée en zone occupée, d'abord à Paris, par Robert Guédon (« Robert »). Celui-ci se montre très actif, élargissant rapidement ce mouvement à plusieurs régions de zone occupée, y compris dans le Nord-Pas-de-Calais (soumis à un régime d'occupation particulier) dont s'occupe Pierre de Froment.

Premiers obstacles Parmi les premiers membres du mouvement implanté en zone nord, se trouve un agent de l'Abwehr, Henri Devillers, qui assure la liaison et le courrier entre le mouvement de zone libre et de zone occupée. Jean-Paul Lien, militant de zone Sud déjà contrôlé par l'Abwehr-Dijon, signale Devillers à Henri Frenay qui le charge alors d'établir des liaisons plus sûres. 52 membres du mouvement sont arrêtés par la police allemande entre fin 1941 et début 1942 (47 seront jugés par le du (Tribunal du Peuple) en session à Sarrebruck (affaire « Continent », 12-) et condamnés à la déportation, dont seulement dix reviendront). Le mouvement de zone Nord est complètement démantelé. Henri Frenay décide de ne pas le reconstruire et de concentrer toutes ses forces sur la zone libre. Des ruines de Combat-zone Nord naît un nouveau mouvement, fondé par Lecompte-Boinet : Ceux de la Résistance.

Henri Frenay décline aussi de nombreuses offres l'invitant à se mettre au service du Deuxième Bureau de Vichy ou de l'Intelligence Service de Londres, préférant garder son indépendance et continuer à se battre pour la France seulement et non pour une puissance étrangère.

Au début de l'été 1942, un réseau, appelé « Carte », en lien étroit avec le Special Operations Executive(SOE), rallie deux groupes de Combat implantés sur la Côte d'Azur. Henri Frenay envoie alors un message au SOE lui demandant de cesser de le priver de ses équipes, ce qui n'arriva plus, pour de multiples raisons : le mécontentement d' Henri Frenay exprimé dans le message et l'invasion de la zone libre quelques mois plus tard.

L'invasion de la zone libre en par les Allemands à la suite du débarquement des Alliés en Afrique du Nord oblige Combat à plonger encore plus dans la clandestinité, puisqu'il faut désormais affronter la Gestapo en plus de l'Abwehr. Le cloisonnement et les précautions sont renforcés. Les courriers sont codés, les lieux de rendez-vous sont désignés par des lettres et sont pris généralement en dehors de Lyon, qui devient peu à peu la « capitale de la Résistance ». Des arrestations ont lieu dès février, suivies d'évasions. Malgré tout, .

Organisation interne (début 1943) Combat est dirigé par un Comité directeur dont la présidence est assurée par Henri Frenay avec six autres membres qui, en mars 1943 sont : Georges Bidault, Claude Bourdet, Maurice Chevance, Alfred Coste-Floret, François de Menthon, ancien chef du mouvement Liberté, et Pierre-Henri Teitgen. En , Combat comprend au total spécialisés et plus de clandestins, rémunérés par le mouvement.

Celui-ci est alors divisé en quatre branches : les relations extérieures (délégation en Suisse, relations avec les États-Unis, les services britanniques…), dirigées par Pierre Bénouville : elles deviennent indispensables au début de l'année 1943, alors que Combat a besoin d'argent et d'armes que les Britanniques tardent à fournir. Un de ses membres, Philippe Monod, prend contact avec les services secrets américains (Office of Strategic Services) en Suisse pour s'en procurer. Le service des relations extérieures se structure alors et s'élargit, s'organise. Les services américains promettent par la suite d'aider la Résistance française. Cette promesse reste cependant sans suite car l'ambassade du Royaume-Uni s'y oppose formellement et le général de Gaulle interdit toute poursuite des discussions dans ce sens. Les affaires militaires (Maurice Chevance, Henri Aubry) : elles comprennent les groupes francs (Jacques Renouvin), l'Armée Secrète (François Morin-Forestier), le Maquis (Georges-Louis Rebattet), le Sabotage-Fer (René Hardy, René la Combe) Les affaires politiques (la propagande, le service de renseignement de Jean Gemähling…) dirigées par Claude Bourdet ; le secrétariat général (Services généraux : logement, faux papiers, finances, service social…) dirigé par Berty Albrecht. Le service social est mis en place en 1941 : il alloue aux familles des résistants du mouvement ayant été arrêté une petite pension, une aide financière, matérielle ou alimentaire.

Les ressources financières proviennent au début de dons venant de toute la France, faits par des personnalités généralement haut placées (généraux…) sollicitées par Henri Frenay. Mais rapidement, l'essentiel des ressources provient de Londres, par l'intermédiaire de Jean Moulin. Au début de l'année 1943, l'argent que Combat reçoit de Londres s'élève à cinq millions de francs de l'époque (Libération en reçoit et Franc-Tireur, un peu moins d'un million).

Jean Moulin essaye de séparer les différentes activités du mouvement, et principalement le « Renseignement » et le « Choc », suivant les consignes qu'il a reçues à Londres. Il obtient finalement gain de cause lors de la création des Mouvements unis de la Résistance (MUR).

L'intégration dans les MUR En , l'idée de fusion des trois grands mouvements de la zone sud (Combat, Libération et Franc-Tireur) s'installe peu à peu et aboutit entre février et mars à la naissance des Mouvements unis de la Résistance (MUR) qui reprennent la structure de Combat (comité directeur, branche des Affaires politiques, des Affaires Militaires, etc.). Le Comité directeur de chaque mouvement perd beaucoup de son importance. Combat est représenté au Comité directeur des MUR par Henri Frenay, qui est aussi Commissaire aux Affaires militaires. Les organes de presse des trois mouvements restent cependant indépendants. Ainsi, le journal Combat continue d'exister séparément des autres.

Activités du mouvement La presse clandestine Les activités du mouvement sont originellement tournées vers le renseignement et sa diffusion au moyen de journaux clandestins. Ces renseignements, Henri Frenay les obtient d'abord des bureaux de l'Armée puis, après sa démission, des confidences d'officiers du deuxième bureau de l'État Français. Rapidement, il prend ses distances vis-à-vis de Vichy et les informations sont recueillies par divers mouvements de résistance avec qui Combat a des liens. Ces informations alimentent des journaux qui paraissent périodiquement. Au départ, Frenay distribue essentiellement un Bulletin fabriqué par lui-même et Berty, à partir de renseignements fournis par le .

Dans le Nord et le Pas-de-Calais, paraît alors Les Petites Ailes qui devient, en zone occupée : Les Petites Ailes de France puis Résistance. En zone libre, l'édition des Petites Ailes de France change de titre en et devient Vérités (Vérité étant jugé trop philosophique car, selon Frenay, la vérité est difficile pour ne pas dire impossible à exprimer). Lors de la fusion du mouvement avec Liberté, Vérités est sabordé et laisse sa place à un nouveau journal qui donne son nom au mouvement : Combat.

D'autres petits journaux voient aussi le jour mais se séparent progressivement de Combat comme Veritas et Cahiers du Témoignage chrétien, suivant une orientation catholique. Ces journaux contiennent, notamment pour les plus importants, des articles de propagande contre le régime de Vichy, qui révèlent et critiquent les actions du gouvernement et de l'appareil étatique, ainsi que des articles de fond traitant par exemple du nazisme ou de la collaboration. Henri Frenay rédige généralement lui-même l'éditorial du journal Combat (jusqu'à ce qu'il rejoigne le Général de Gaulle en Algérie). Le sous-titre de Combat est « Organe du Mouvement de la Libération Française », accompagné d'une citation de Georges Clemenceau : « Dans la guerre comme dans la paix, le dernier mot est à ceux qui ne se rendent jamais ». En 1943, une rubrique Attentats est ajoutée au journal : elle contient le récit des actions paramilitaires de Combat.

Le premier numéro de Combat parait fin 1941, à Lyon, à . André Bollier relève Martinet, le premier imprimeur du mouvement, en prenant en charge la parution de Combat. Il la répartit dans en zone libre, réduisant ainsi le transport des journaux depuis Lyon jusqu'aux différentes régions et permettant d'augmenter le tirage. En mai 1944, Combat est tiré à . André Bollier, en plus de Combat, imprime aussi sur ses presses Défense de la France (future France-Soir), Action (un journal d'essence communiste), les premiers numéros de Témoignage chrétien, et certains numéros de Franc-Tireur et de La Voix du Nord.

Le renseignement