André VilleboeufL'acte de naissance indique que le patronyme s'écrit « Villeboeuf » et non pas « Villebœuf ». est un illustrateur, peintre, aquarelliste, graveur, écrivain et décorateur de théâtre français, né à Paris le , mort à Paradas (Espagne)Paradas, la ville où il est mort lui a rendu hommage en donnant son nom à l'une de ses voies : la Calle André Villeboeuf. le ..

Membre de la Société des peintres-graveurs français, il appartenait à l'École de ParisRaymond Nacenta, L'École de Paris, Éditions Seghers, Paris, ., tout en ayant son nom également associé à l'École de Crozant.

Biographie André Villeboeuf est né le à Paris dans le , au domicile de ses parents, Paul Villeboeuf (né en 1856), avoué à la cour d'appel de Paris et Aurore Louise Aglaé Pauton (née en 1870), sans profession, domiciliés . Il épouse Suzanne Gaupillat le à Paris , puis Hélène Sophie Cartage ("Lily") le à Paris , in Registre des naissances du de Paris, , ..

Issu d'une famille parisienne aisée, André Villeboeuf est initié à l'art par son père, bibliophile averti. Il y avait dans la bibliothèque familialeÉtienne Ader, commissaire-priseur à Paris, Catalogue de vente de la Bibliothèque Paul Villeboeuf, Hôtel Drouot, 30-31 octobre 1963, édité par Lucien Lefèvre et Claude Guérin, Paris, 1963. L'ex-libris héraldique de Paul Villeboeuf, son monogramme « VP » en queue de contreplat, restent vus aujourd'hui par les libraires comme des éléments bibliophiliques valorisant.Librairie Giraud-Badin, Histoire de la librairie. Cette histoire situe Paul Villeboeuf avec Sacha Guitry parmi les grands bibliophiles du ., se souviendra-t-il, Les caprices de Goya qu'André Villeboeuf feuilletait inépuisablement, source d'une passion qui lui demeurera pour la peinture espagnole (ses études à venir sur Vélasquez, Murillo, Valdés Leal et GoyaLes Annales politiques et littéraires, 1929-1931.) et plus généralement pour l'EspagneAndré Dunoyer de Segonzac, « Mon Ami André Villeboeuf », in Le Figaro, .André Villeboeuf confirme lui-même sa très ancienne passion hispanique dans son livre Goya and guitars, édité en anglais à Londres en 1958..

André Villeboeuf, dont un portrait de la sœur cadette Louise-Aurore (née en 1898, future peintre et céramiste Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, tome 14.), encore toute jeune enfant, fut peint par Mary Cassatt, se souvient qu'il accompagnait son père lorsque celui-ci rendait visite à Edgar Degas.

Il est ensuite l'élève de Jean-Paul Laurens à l'École des beaux-arts de Paris et s'installe à MontmartreAndré Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, Éditions André Roussard, 1999.. Il s'attache cependant bien moins à l'enseignement du maître académique qu'à la grande amitié qui se noue alors avec Léon Detroy. Ce dernier est passé lui aussi par l'enseignement de Laurens avant de le récuser totalement pour lui préférer les leçons directes de la natureGérald Schurr, Les petits maîtres de la peinture, valeur de demain, Les Éditions de l'Amateur, 1979, , .. Léon Detroy (1857-1955), sans enfant, fera d'André Villeboeuf son légataire universel. Mais, mort prématurément en 1956, André Villeboeuf n'aura pas le temps de s'occuper de la succession de son maître et son œuvre () sera dispersée..

André Villeboeuf est évoqué par Émile Brami comme ayant fait partie d'un cercle d'amis montmartrois, et aimant se retrouver chez Gen Paul, avenue Junot, pour deviser. Outre André Villeboeuf et Gen Paul, il y avait Louis-Ferdinand Céline, René Fauchois, le peintre et graveur Jean-Gabriel Daragnès, Marcel Aymé, le comédien Robert Le Vigan, le danseur Serge PerraultÉmile Brami, Céline à rebours, Archipoche, 2011.Jean-Paul Crespelle, Montmartre vivant, Hachette, 1964. Ce livre (voir ) évoquait déjà , y ajoutant le nom de Jean Anouilh.. André Villeboeuf a dès lors surtout peint Paris (Le Sacré-Cœur vu du balcon de l'artiste), la Bretagne (Pardon de Pleyben), le département de la Creuse (où il retrouvait Léon Detroy qui y possédait d'où l'un et l'autre partaient peindre les villages, de Fresselines à Gargilesse-DampierreDictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, , .Christophe Rameix, l’École de Crozant, les peintres de la Creuse et de Gargilesse, 1850-1950. Ce livre donne toute leur place à Léon Detroy et à André Villeboeuf, à l'instar de Claude Monet et Armand Guillaumin, parmi les artistes qui, ayant aimé particulièrement la Creuse et Gargilesse (Indre), sont associés à l'École de Crozant. Christophe Rameix indique par ailleurs l'amitié entre André Villeboeuf et le peintre moins connu Marcel Couci, Franc-Comtois habitué de Gargilesse.), Saint-Tropez (en 1925, André Villeboeuf et ses deux amis aquarellistes, dessinateurs et graveurs André Dunoyer de Segonzac et Luc-Albert Moreau y rachètent ensemble la maison de Charles Camoin et la rebaptisent « Le Maquis »Browse & Darby Gallery, Cork Street 19, Londres, Notice sur la vie et l'œuvre d'André Dunoyer de Segonzac. Cité par Saint-Tropez cité des arts, Éditions de l'Office du tourisme de Saint-Tropez.) et l'Espagne, notamment l'Andalousie (Procession des pénitents à Séville, nombreuses aquarelles sur le thème de la corrida, lithographie Danse gitane). Son œuvre témoigne également de voyages en Belgique (La fête des Gilles au Carnaval de Binche), Hollande (Le Marché aux fromages à Alkmaar), Italie (Le Grand Canal à Venise), Grèce, Turquie (Village au bord de la Mer Noire), Roumanie, Portugal et Guinée (Cases dans le village de Samballo).

Côtoyant André Derain, travaillant l'estampe avec Édouard VuillardJean Laroche, Cuisine, collaboration d'André Villeboeuf avec André Dunoyer de Segonzac et Edouard Vuillard, chacun des trois artistes ayant réalisé six lithographies originales, Éditions Arts et Métiers graphiques, Paris, 1935., le montmartrois Villeboeuf s'est situé au cœur du monde des artistes de son tempsCitons aussi le peintre Michel Ciry qui évoque ses rencontres avec André Villeboeuf dans Le temps des promesses - Journal 1942-1949 (Plon 1979), La vie est une ombre - Journal 1945-1952 (Buchet/Chastel 1992), Pour l'amour de vous - Journal 1953-1956 (Buchet/Chastel 1992)..

En 1939, dans l'hebdomadaire Gringoire, André Villeboeuf rédige une notice très critique quant à l'œuvre de Picasso Deux femmes courant sur la plage - La course et, dans ce même journal, rédige des chroniques de soutien au régime portugais d'António de Oliveira SalazarGringoire, , .André Villeboeuf revient sur cette dernière prise de position dans son livre Le coq d'argent - Voyage au Portugal, Les Éditions de France, 1939.. Journaliste, il écrit également dans le journal satirique Le Crapouillot. et dans la revue populaire Les Annales politiques et littéraires.

On lit chez Christophe Rameix : Christophe Rameix, op. cit. .. Jusqu'à sa disparition en 1956, André Dunoyer de Segonzac lui est resté fidèle en amitié, prédisant : . James Ensor a pour sa part écrit un éloge du métier de graveur d'André VilleboeufManuscrit de James Ensor publié en fac-similé par Claude Robert en du Catalogue de la seconde vente d'atelier André Villeboeuf, .. Raoul Dufy témoigne enfin : Manuscrit de Raoul Dufy publié en fac-similé par Claude Robert en du Catalogue de la seconde vente de l'atelier André Villeboeuf, ..

Expositions Salon des indépendants, Paris, 1921, 1924 Robert Rey, « Le trente-cinquième Salon des indépendants », Art & Décoration, vol.LXV, janvier-juin 1924, pages 73-80.. Galerie Devambez, Paris, 1922. André Villeboeuf, Galerie de l'Élysée, Paris, Michel Florisoone, « Dans les Galeries - André Villeboeuf, Galerie de l'Élysée », L'Amour de l'art, n°1, janvier 1937, page 32.. Exposition universelle, Paris, mai-Paul André Lemoisne, « Exposition internationale de 1937 - La gravure et l'estampe », nouvelles de l'estampe, n°250, 2015, . Galerie Druet, Paris, Louis Léon Martin, « André Villeboeuf chez Druet », Paris-Soir, 2 juin 1938.. Aristide Maillol et André Villeboeuf, Galerie Charpentier, Paris, juin 1957. Galerie de l'Élysée (Alex Glass), Paris, mai 1948Claude Roger-Marx, « Des ciels de Oudot aux neiges de Villeboeuf », Le Figaro littéraire, 15 mai 1948, , juin 1952 (thème : Séville)« Deux peintres de l'Espagne », Le Figaro littéraire, 14 juin 1952, . Les aquarelles d'André Villeboeuf, Galerie Charpentier, Paris, 1950, « La Bretagne vue par Villeboeuf », Le Figaro littéraire, 22 décembre 1951. Ecole de Paris, Galerie Charpentier, Paris, 1956. Exposition d'art taurin présentée par la Pena de Bernui, Société des artistes méridionaux, Palais des arts de Toulouse, mai-.Société des artistes méridionaux, Exposition d'art taurin présentée par la Pena de Bernui, catalogue de l'exposition, 1956. Salon des Tuileries, Paris, dates non communiquées. Galerie Marcel Guiot, Paris, dates non communiquées. Galerie Georges Wildenstein, Paris, dates non communiquées. Claude Robert, commissaire-priseur, vente de l'atelier André Villeboeuf, Hôtel Drouot, Paris, Françoise de Perthuis, « Le tour du monde d'André Villeboeuf », La Gazette de l'Hôtel Drouot, n°19, 7 mai 1982, page 15..

Réception critique - François Fosca François Fosca, « Chronique des expositions - François Fosca, Marseille », L'Amour de l'art, n°4, avril 1928, . - Michel Florisoone - Pierre Brisson Jean-Louis Vaudoyer (préface de Pierre Brisson), André Villeboeuf, éditions Galerie Charpentier, Paris, 1950.

- Raoul Dufy Raoul Dufy, André Villeboeuf, éditions Galeries Charpentier, Paris, 1951. - Temas españoles en las letras y el arte francés de hoy Temas españoles en las letras y el arte francés de hoy, Instituto francés en España, 1957. - André Dunoyer de Segonzac - Françoise de Perthuis Françoise de Perthuis, « André Villeboeuf », La Gazette de l'Hôtel Drouot, 13 décembre 1968.

Collections publiques Paris, Département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France. Paris, Palais de la découverte : fresques muralesRaymond Nacenta, School of Paris - The painters and the artistic climate of Paris since 1910, Oldbourne Press, 1960.. Musée d'art moderne de la ville de Paris. Paris, Fonds national d'art contemporain. Musée d'art moderne de Troyes. Musée d'archéologie et d'Histoire Locale de Denain

Collections privées notables Pierre et Denise Lévy, BréviandesPierre Lévy, Des artistes et un collectionneur (Mémoires), Flammarion, 1976.. Princesse Marthe Bibesco. Marguerite Caetani, Princesse de Bassiano. Marc Desaché. Gérald Schurr.

Publications et correspondance Illustrations Histoire de France, texte et dessins d'André Villeboeuf, Éditions Baudinière, 1928. Austerlitz, texte et dessins d'André Villeboeuf, Les Annales politiques et littéraires du . Taureaux et méridionaux de René Benjamin, Éditions du Capitole, 1930. Lettres de mon moulin suivies de Lettres à un absent d'Alphonse Daudet, hors-texte d'André Villebeuf, Librairie de France / Édition Ne varietur, 1930. Contes du lundi d'Alphonse Daudet, illustrations d'André Villeboeuf et Hervé Baille, Librairie de France / Édition Ne varietur, 1930. Papahouette, texte et eaux-fortes d'André Villeboeuf, papier hollande van Gelder, fabriqué en collaboration avec André Dunoyer de Segonzac et filigrané aux initiales A.D.S. de ce dernier, Librairie de France, 1931. Messieurs les ronds-de-cuir de Georges Courteline, Librairie de France, 1931. Les gaîtés de l'escadron de Georges Courteline, Librairie de France, 1931. Le quatorze juillet d'Henri Béraud, 47 eaux-fortes d'André Villeboeuf, imprimé dans l'atelier Jean-Gabriel Daragnès, Montmartre pour les Éditions de Lyon XXX, 1933. Lubies, suite de surréalistes, chemise demi-vélin ivoire sous étui bleu, Éditions "Aux dépens des cinq-vingt", Paris, 1934. Cuisine de Jean Laroche, collaboration d'André Villeboeuf avec André Dunoyer de Segonzac et Edouard Vuillard (chacun des trois artistes ayant réalisé six lithographies originales), Éditions Arts et Métiers graphiques, Paris, 1935.