Marie-Andrée Regnard Duplessis de Sainte-Hélène, née à Paris le et morte à Québec le , est une annaliste, épistolière, chroniqueuse et supérieure des hospitalières de l'Ordre des Augustines de la Miséricorde de JésusAugustines de la Miséricorde de Jésus de l’Hôtel-Dieu du Précieux Sang de Québec. Elle figure au Répertoire du patrimoine culturel du Québec.
Notes biographiques Aînée d’une famille de quatre enfants, elle est la fille de Georges Regnard Duplessis, sieur Duplessis, originaire de la Champagne, et de Marie Le Roy.
En 1689, Georges Regnard Duplessis est nommé commis au trésorier de la Nouvelle-France. Sa femme l’accompagne au Canada. « Homme d’ordre et bon chiffreur », Georges Regnard Duplessis obtient vite des promotions. Ainsi, il devient receveur de l’Amiral de France (1698) et trésorier de la Marine royale de France (1699). Deux ans plus tard, conjointement avec René-Louis Chartier de Lotbinière, il occupe les fonctions d’agent général et particulier de la Compagnie d'Occident.
Dans le but d'établir un jour sa famille, Georges Regnard Duplessis acquiert, en 1699, la seigneurie de Lauzon au coût de livres tournois et devient l'un des seigneurs de la Nouvelle-France. Des revers de fortune l'obligent à vendre cette seigneurie en 1714 pour une somme de livres tournois.
À leur départ pour le Canada en 1689, le couple Duplessis confie Marie-Andrée aux soins de la grand-mère maternelle, qui habite Chevreuse, près de Paris. « Enfance heureuse, illuminée de charme et de bonté. Toute sa vie portera ce reflet. ».
Rentrée au Canada En 1702, Marie-Andrée a quinze ans et sa mère fait la traversée en France pour la ramener au Canada, où se trouvaient déjà depuis une dizaine d’années son père, sa sœur Geneviève – qui entrera au monastère de l'Hôtel-Dieu en 1713 sous le nom en religion de Geneviève de l'Enfant-Jésus – et ses frères François-Xavier Duplessis (1694-1771) – missionnaire jésuite né au Canada mais installé en France dès 1716, « sans doute le jésuite d'origine canadienne le plus célèbre de son temps » – et Charles-Denis Regnard Duplessis de Morampont (1704-1759) – qui fit carrière dans les armes et devint grand prévôt de la Maréchaussée le .
Marie-Andrée Regnard « fit sensation » à Québec. « La chose est plausible puisque, selon un témoin, elle était avantagée de la beauté du corps et d'un grand esprit…. Sa notice nécrologique mentionne qu'elle fut recherchée par plusieurs personnes de condition », écrit le biographe Jean-Pierre Asselin.
Noviciat Le , à 20 ans, Marie-Andrée entre au noviciat de l’Hôtel-Dieu de Québec et le , elle y fait profession sous le nom de Sainte-Hélène.
Les Annales De 1718 à 1721, elle devient maîtresse des novices, puis dépositaire des pauvres. C’est durant cette période qu’elle participe à la rédaction des Annales de l’Hôtel-Dieu de Québec 1636-1716, avec la mère Jeanne-Françoise Juchereau de la Ferté de Saint-Ignace.
C’est la mère de Saint-Ignace, alitée par la maladie, qui fournit à la mère de Sainte-Hélène les informations sur les événements vécus à l’hôpital et les bouleversements historiques ayant marqué la Nouvelle-France durant ces 80 années, puis elle s’en remet à sa jeune consœur « pour le style, l’ordre, l’économie et la piété ».
L'ouvrage sera publié en 1751 par le père Bertrand de la Tour, ancien supérieur de la communauté.
Correspondance À compter de 1718, en même temps qu’elle rédige les Annales, la mère de Sainte-Hélène entreprend une correspondance, jusqu’en 1758, avec Marie-Catherine Homassel-Hecquet, une amie d'enfance résidant à Abbeville, en Picardie. Ces lettres sont, d’une certaine manière, un prolongement des Annales, contenant une foule de faits et gestes touchant l’Hôtel-Dieu et les événements survenus dans la colonie. Elle lui envoie notamment des descriptions des mœurs et usages des Amérindiens. La mère de Sainte Hélène correspond également avec son frère, le jésuite François-Xavier Duplessis, né au Canada en 1692, mais installé en France en 1716.
Supériorat La mère de Sainte-Hélène occupe les fonctions de supérieure de la communauté des hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Québec pendant 16 ans au total, soit de 1732 à 1738, de 1744 à 1750, de 1756 à 1760, et d'assistante entre ces périodes.
Elle est décédée à l'Hôtel-Dieu de Québec le . Avec elle, disparaît la dernière religieuse de l’Hôtel-Dieu née en France.
Dans sa lettre de condoléances adressée à la communauté, le vicaire géréral Jean-Olivier Briand loue « sa douceur, sa débonnaireté, sa prudence, sa modestie, son humilité, son amour pour la prière, sa mortification, sa régularité et fidélité entière à tout, même dans les plus petites choses ».
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Bibliographie
Fonds d'archives
Notes
Références
Liens externes
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