Le Congrès pour la restauration du plain-chant et de la musique d'Église est une conférence tenue à Paris, du au ., par des religieux et des musicologues soutenant la restauration de la liturgie ancienne et du chant grégorien. Il s'agit du premier congrès en faveur de ce chant, après l'évolution à partir de la Renaissance, ainsi que la tendance au gallicanisme.

Histoire

La restauration du chant grégorien vers la version authentique commença au milieu du , avant que des moines dominicains et bénédictins n'établissent leurs travaux. C'était notamment grâce à une découverte, en 1847, du Tonaire de Saint-Bénigne de Dijon par Félix Danjou, une pierre de Rosette musicale, et à la publication qui s'ensuivit de l'Édition rémo-cambraisienne profitant de ce tonaire, dont la rédaction avait été confiée à Jean Tesson. Ce graduel était destiné aux paroisses qui ne souhaitaient pas la liturgie d'après le gallicanisme. Le mouvement était devenu tellement dynamique que l'on organisa le premier congrès en faveur de la restauration du chant ancien liturgique, grégorien.

Le projet du congrès fut, pour la première fois, annoncé le , dans le journal la Maîtrise de Joseph d'Ortigue. Le , le programme fut formellement adopté et la cotisation fut fixée à 10 francs. Le projet était sûrement apprécié. De fait, le bureau reçut une lettre. Il s'agissait d'un des fondateurs du Monde, créé à Paris en 1860 :

Comte de MELLETde l'Acad. de la Relig. Cathol. de Rome

Avant que le congrès ne soit tenu, il fallut la deuxième séance préparatoire le . Le congrès fut finalement tenu du au , à la Société d'encouragement des Beaux-Arts et de l'Industrie, 44, rue Bonaparte.

D'après le programme, celui-ci était soigneusement préparé et organisé, en précisant son objectif : « Tout en jouissant, dans la discussion de la plus grande liberté, les membres du Congrès voudront bien écarter toutes les études et les considérations étrangères au programmes, et respecter scrupuleusement les principes proclamés par l'Église, les Conciles et les Évêques touchant le plain-chant et la musique - 153. »

En 1862, ses procès-verbaux furent publiés chez Typographie Charles de Mourgues Frères, à Paris .

Soutien de l'autorité Certes, étant donné qu'il n'agissait pas de concile, aucun ecclésiastique de haut rang n'assista au congrès. Toutefois, 19 archevêques et évêques tel l'archevêque de Paris avaient envoyé les lettres officielles exprimant leurs soutiens. En outre, plus de la moitié de ceux-ci chargeaient formellement aux religieux une mission spéciale, afin de prendre part aux travaux du congrès : Angers : abbé Tardif, chanoine honoraire et secrétaire de l'évêché (évêque Guillaume Angebault) Arras : abbé Planque, chanoine et grand chantre (évêque Pierre-Louis Parisis, un des promoteurs du Graduel romain (édition rémo-cambraisienne)) Auch : Aloys Kunc, maitre de chapelle (archevêque Antoine de Salinis) Beauvais : Boulenger, organiste de la cathédrale de Beauvais (évêque Joseph-Armand Gignoux) Bordeaux : abbé Laroque, directeur de la maîtrise à la métropole (cardinal-archevêque Ferdinand-François-Auguste Donnet) Bourges : abbé Protat, maître de chapelle (archevêque Alexis-Basile-Alexandre Menjaud) Châlons-sur-Marne : abbé Barat, maître de chapelle (évêque Jean-Honoré Bara) Digne : abbé Aubert, membre de la nouvelle commission de plain-chant, aumônier du collège et organiste de la cathédrale (évêque Marie-Julien Meirieu) Limoges : abbé Valleix, secrétaire général de l'évêché, ainsi que Paul Charreire, organiste et maître de chapelle (évêque Félix-Pierre Fruchaud) Le Mans : abbé Augustin-Mathurin Gontier, chanoine de la cathédrale, ainsi que abbé Blin, maître de chapelle de celle-ci (évêque Jean-Jacques Nanquette) Saint-Claude : abbé Delatour, chanoine honoraire (évêque Charles Fillion)

Enfin, le cardinal-archevêque de Malines Engelbert Sterckx, qui faisait avancer vigoureusement la restauration du chant grégorien en Belgique, ainsi que l'évêque de Bruges Jean-Baptiste Malou envoyèrent à Paris le chevalier et docteur Xavier van Elewyck auprès de l'université catholique de Louvain, membre de l'Académie de Sainte-Cécile de Rome. Ils réaliseront en 1863 et 1864 les Congrès de Malines I et II, inspirés par celui de Paris..

Les ordres religieux n'étaient pas non plus indifférents. Au contraire, c'était Dom Prosper Guéranger, abbé de Solesmes, qui soutenait la conférence, surtout en faveur de son collaborateur, le chanoine Gontier du Mansp. 37 : « L'Abbé de Solesmes avait d'ailleurs vivement recommandé la Méthode au président, d'Ortigue, dans une lettre pour la défense du plain-chant que celui-ci fit insérer dans les Actes du Congrès et qui fut publiée dans l'Univers, Le Monde et La Maîtrise. Dom Guéranger y affirmait la « haute importance » des théories de Gontier et assurait que « la vérité est là et non ailleurs. » De même, l'évêque du Mans avait loué sans réserve l'œuvre de Gontier en des termes particulièrement pressants, signalant que la Méthode était suivie à la cathédrale et au Grand Séminaire du Mans avec des résultats pleinement satisfaisants. ». Après avoir rétabli le monastère de Solesmes, Dom Guéranger était supérieur de la congrégation bénédictine de France.

Séances Messe d'ouverture thumb|upright=1.2|Église Saint-Eustache de Paris. Le congrès eut lieu le mardi , à 15 heures. Une grande messe musicale avait précédé la première session. À 11 heures, la plupart des membres avaient assisté à cette messe du Saint-Esprit à l'église Saint-Eustache de Paris, célébrée par l'abbé Simon, curé de la paroisse. Le répertoire était composé des œuvres dans la tradition, mais également d'un cantique contemporain : Veni Creator Spiritus en grégorien motet Adoramus te de Giovanni Pierluigi da Palestrina Ave Maria des pèlerins au Domine salvum en faux-bourdon cantique de Brydayne

président : F. Raillard, vicaire de l'église Saint-Thomas d'Aquin à Paris ; vice-président : Jules Bonhomme, vicaire à Sainte-Élisabeth ; secrétaire : Georges Schmitt ; texte du programme relatif : histoire de la musique de l'Église en France, partie grégorienne et non grégorienne ; indications bibliographiques ; actes du Saint-Siège, des Conciles et des Évêques, concernant le chant et la musique.

président : Adrien de La Fage ; vice-président : P. de Geslin, organiste de l'église Notre-Dame-de-la-Gare de Paris ; secrétaire : Stéphane-Louis Nicou-Cholon ; texte du programme relatif : situation présente des églises des villes et des campagnes, sous le rapport du chant et de la musique ; enseignement du chant, de la musique et de l'orgue, dans les écoles normales d'instituteurs et d'institutrices, les séminaires et les maitrises ainsi que ses résultats ; maîtres de chapelle et organistes : leur nombre, leur répertoire, les ressources d'argent et d'exécution dont ils disposent ; concours des sociétés chorales ; cantiques en langue vulgaire : usage et abus, caractère et défauts .

président : Joseph d'Ortigue ; vice-président : François Benoist ; secrétaire : R. Bézolles, vicaire de Gentilly texte du programme relatif : véritable caractère de la musique d'Église vocale et instrumentale ; composition ; l'orgue : son style, son expression, les limites de cette expression, ainsi que facture ; plain-chant : sa restitution, son exécution, soit mélodique, soit psalmodique ; son accompagnement ; vœux à formuler et à émettre, principes à proclamer.

Jury de concours Soutenu par les Éditions Heugel, des médailles d'or, d'argent et de bronze furent préparées pour un concours prévu afin de promouvoir la composition de la musique liturgique de bonne qualité. Voici le jury de concours : Ambroise Thomas François Benoist Charles Gounod Les trois catégories étaient proposées - 13 : messes brèves motets et chants sur des textes approuvés par l'Ordinaire pièces d'orgue Néanmoins, le concours ne fut pas effectué durant le congrès. Finalement, selon une forte volonté des Éditions Heugel, le concours eut lieu après 1861, par un jury composé de 13 membres dont ces trois issus du congrès, présidé par Daniel-François-Esprit Auber, directeur du Conservatoire de Paris.

Mémoires « Mémoires dont l'impression a été votée, soit par le congrès, soit par le bureau du congrès » (au regard des séances, voir - 70) :

Extrait de la dissertation de M. l'abbé Gontier, chanoine du Mans, sur le plain-chant et son exécution () Communication présentée par M. l'abbé Vanson, chapelain de Saint-Geneviève, sur une association canoniquement érigée en la paroisse Saint-Pierre, de Nancy, pour l'exécution du chant dans les offices paroissiaux () Du rythme qui convient au plain-chant, par M. Aloys Kunc, maître de chapelle de métropole d'Auch () Le procès-verbal de la séance du porte que l'impression du Mémoire sur la restauration du plain-chant, présenté par M. l'abbé Raillard, n'a été admise qu'en ce qui concerne les parties archéologique et théorique. Au moment où il s'est agi d'exécuter la délibération du Congrès, l'auteur a fait savoir à M. le Président que son Mémoire était imprimé intégralement, et qu'il devenait superflu d'en insérer des extraits à la suite des actes du Congrès. Dans cette situation, le bureau a dû se borner à livrer à l'impression le résumé dudit Mémoire, rédigé par M. l'abbé Raillard, et lu par lui à l'assemblée () Véritable caractère de la musique de l'Église, par M. l'abbé De la Tour () Plan d'un enseignement pratique et général du plain-chant et de la musique d'Église, par M. P. Defort, maître de chapelle de Saint-Pierre de Chaillot () Maîtrise de la cathédrale de Nantes, par M. Félix Martineau, maître de chapelle de ladite cathédrale () Du plain-chant dans le diocèse de Nantes, par M. A.-Félix Martineau, maître de chapelle de la cathédrale () De l'accompagnement du plain-chant, par M. A.-F. Martineau, maître de chapelle de la cathédrale de Nantes () Le maître de chapelle, par le même () Enseignement du plain-chant et de la musique dans les séminaires du diocèse de Nantes, par le même () De l'état actuel de la musique sacrée dans le diocèse de Bayeux, par M. Alfred Lair de Beauvais, membre de l'académie pontificale de Sainte-Cécile de Rome et de l'académie des Beaux-Arts d Florence () Situation présente des églises des villes et des campagnes sous le rapport du chant et de la musique, par M. l'abbé de la Tour () Documents répondant aux questions indiquées par le programme des travaux de la première section, communiqués au Congrès par M. Octave Poix, organiste de Saint-Martin de Chauny, diocèse de Soissons () Situation présente des églises des villes et des campagnes du diocèse de Soissons, sous le rapport du chant et de la musique, par M. Octave Poix () De l'enseignement du chant, de la musique et de l'orgue dans les écoles normales d'instituteurs, les séminaires et les maîtrises ; ses résultats, par le même () Maître de chapelle, organiste, orgues, sociétés chorales, cantiques, par le même () Note sur l'état du chant dans la collégiale de Saint-Quentin, par M. Massart () De l'instituteur primaire au point de vue de la propagation du plain-chant et de la musique religieuse, par M. J.-M.-J. Jouan, instituteur - organiste à Caro (Morbihan) () Note sur la musique d'Église dans le diocèse de Verdun, par M. Alfred Yung, membre du Congrès et de la Société des auteurs et compositeurs () Plain-chant, texte et exécution, par M. A. Lemoine, maître de chapelle au lycée de Vendôme (Loir-et-Cher) () Actes épiscopaux concernant la musique d'Église - deux observations, par M. Avy () La musique de l'Église dans le diocèse de Valence, par M. l'abbé Séguy () De l'état actuel de la musique religieuse dans le diocèse de Saint-Dié, par M. Grosjean, organiste du grand-orgue à la cathédrale de Saint-Dié (Vosges) () De l'accompagnement du plain-chant, par M. A. Populus, organiste de Saint-Pierre de Chaillot ()