thumb|Jeunes Géorgiens en habit traditionnel Lémigration géorgienne vers la France date du début du , même si au Saba Soulkhan Orbéliani et au certains aristocrates libéraux comme Niko Nikoladzé ou Georges DekanozichviliGeorges Dekanozichvili (consulté le 18 novembre 2015). ont ponctuellement séjourné à Versailles ou à ParisLa transcription en langue française des patronymes géorgiens a été stable jusqu’à la fin du : les règles constituées par l’intermédiation de la langue russe, confirmées par la Légation de la République démocratique de Géorgie en France (1921-1933) et proches de la prononciation en langue géorgienne, étaient utilisées sans exception ; elles le sont encore aujourd’hui par le ministère français des Affaires étrangères et par la plupart des universitaires français s’intéressant à la Géorgie. L’usage a progressivement changé avec l’intermédiation de la langue anglaise et la définition d’une translittération latine proche de la transcription anglaise (2002). Ainsi გიორგი ჯავახიძე donne Guiorgui Djavakhidzé en transcription française et Giorgi Javakhidze en transcription anglaise (et en translittération latine)..
Saba Soulkhan Orbéliani fut le premier dignitaire géorgien connu à se rendre en France : il représenta son pays deux fois à la cour de Louis XIV. Dans la deuxième moitié du une poignée d'aristocrates et de révolutionnaires géorgiens séjourna à Paris ; les plus célèbres furent Niko Nikoladze (1843-1928), journaliste et écrivain, qui joua un rôle essentiel dans le réveil de la nation géorgienne, et Georges Dekanozichvili (1867-1910), ingénieur des mines, qui œuvra dans les domaines économiques et sociaux.
Après la révolution de 1905, le régime du tsar Nicolas II devient plus autoritaire : de jeunes Géorgiens, aristocrates, écrivains , ou opposants politiques, s’exilent vers l’Europe occidentale et plus particulièrement vers la France : ils sont quelques dizaines et considèrent leur expatriation comme provisoire. Certains s’installent définitivement comme Joseph DavrichachviliColisée : « Joseph Davrichachvili, pilote de chasse et membre du contre-espionnage français » (consulté le 12 mars 2015). qui devient pilote d'essai dans l’aviation française durant la Première Guerre mondiale sous le nom de Jean Davri, membre du service français de contre-espionnage, écrivain sous le nom de Jean Violan et résistant contre l'occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale.
En 1919, une nouvelle présence de Géorgiens en France est provoquée par la Conférence de la Paix. La Géorgie a retrouvé son indépendance le et une délégation conduite par Nicolas Tchéidzé et Irakli Tsereteli, et comptant en particulier Sossipatré Assathiany et Zourab Avalichvili, tente de convaincre les puissances alliées de reconnaître la République de Géorgie et plus tard de l’admettre à la Société des Nations. Cette mission aboutit en 1921 : elle a mobilisé des effectifs de quelques dizaines de personnes qui sont intervenues à Paris auprès de l’entourage de Georges Clemenceau, à Londres auprès de l’entourage de Lloyd George, à Rome auprès de l’entourage de Vittorio Orlando, et à Genève auprès de la Société des Nations.
Les bases de l'ouverture d'une Légation géorgienne à Paris, diplomatique et consulaire, sont ainsi jetées« La Légation géorgienne en France » (consulté le 19 mars 2015).. Les Géorgiens ont retrouvé une certaine liberté de mouvement, aristocrates, étudiants et peintres se pressent à Paris ; quelques-uns résident un temps à Montparnasse, puis s'en retournent au pays, comme les peintres Hélène Akhvlédiani, Lado Goudiachvili et David Kakabadzé ; le peintre Chalva Kikodzé meurt de maladie; Félix Varlamichvili. reste définitivement en France.
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Émigration de la classe politique en 1921 De fait, la première véritable vague d’émigration géorgienne vers la France est déclenchée en 1921 lors de l’invasion du territoire géorgien par les armées de la Russie soviétique : une grande partie de la classe politique, une petite partie de la classe militaire et quelques centaines de citoyens s’exilent en France afin de poursuivre le combat de libérationÉmigrent vers la France à partir de 1921, au titre de la majorité parlementaire sociale-démocrate, Rajden Arsénidzé, Valiko Djoughéli, Evguéni Guéguétchkori, Noé Jordania, Noé Khomériki, Grigol Ouratadzé, Noé Ramichvili, Akaki Tchenkéli, Bénia Tchkhikvichvili, ainsi que Nicolas Tcheidze et Irakli Tsérétéli : ces deux derniers, qui avaient antérieurement exercé le pouvoir à Petrograd pour la Russie (1917), et à Tiflis pour la Transcaucasie (1918) -, occupent une position minoritaire au sein de la majorité géorgienneÉmigrent vers la France à partir de 1921, au titre de l'opposition parlementaire nationale-démocrate, Ekvtimé Takhaïchvili, Georges Gvazava.Émigre vers la France à partir de 1921, au titre de l'opposition parlementaire sociale-fédéraliste, Samson Pirtskhalava.Émigrent vers la France à partir de 1921 des militaires de haut-rang, les généraux Guiorgui Kvinitadzé et Guiorgui Mazniachvili: ils partagent souvent les positions de l'opposition..
Ils ont le statut de réfugiés politiques, de nationalité géorgienne jusqu'en 1933, année à partir de laquelle ils perdent leur nationalité sur pression de l'URSS. Certains, par fidélité à leur patrie, deviennent apatrides d'origine géorgienne, d'autres prennent la nationalité française.
Émigration après l’insurrection nationale de 1924
La seconde vague d’émigration est déclenchée en août 1924, après l’échec de l’insurrection nationale géorgienne contre l’Armée rouge qui conduit à une dizaine de milliers de morts et à des déportations massives vers la Sibérie ou l’Asie centrale. Quelques milliers d’insurgés parviennent à s’échapper par la frontière turque, et parmi eux une partie du commando du colonel Kakoutsa TcholokhachviliMirian Méloua: « Point de vue sur le rapatriement du héros national Kakoutsa Tcholokhachvili » Site CentreEurope consulté le 3 novembre 2015.
Quelques centaines sont accueillies en France. Ils sont généralement jeunes, trouvent des emplois similaires à ceux de leurs aînés, mais aussi dans le domaine automobile, Citroën, Peugeot et Renault recrutant afin de mettre en place leurs chaînes de fabrication. Le Centre de formation de Sochaux Montbéliard fixe des jeunes Géorgiens et donne naissance à un deuxième pôle d’immigration géorgienne, après la région parisienne. Comme leurs aînés, ils ont le statut de réfugiés politiques, de nationalité géorgienne jusqu'en 1933.
À la fin des années 1920, la Préfecture de police de Paris estime que la population de nationalité géorgienne immigrée en France pour raison politique est de l'ordre de Georges Mamoulia : « Les combats indépendantistes des Caucasiens entre URSS et puissances occidentales », page 29, Paris, L’Harmattan, 2009, .. La Paroisse orthodoxe géorgienne Sainte-Nino de Paris est fondée en 1929. Sera à la tête de celle-ci durant des décennies, à partir de 1946 et jusqu'à sa mort en 1998, Élie Mélia, né en 1915 en Géorgie, envoyé encore enfant en 1922 en Belgique par ses parents, puis achèvant ses études à Paris et ordonné prêtre en 1943, une figure marquante de la communauté orthodoxe au sein de la diaspora géorgienne. L'Office des réfugiés géorgiens en France est créé en 1933, en substitution à la Légation géorgienne en France fermée sous la pression de Staline : l'office reprend les missions consulaires de la légation.
Émigration liée à la Seconde Guerre mondiale Les Géorgiens enrôlés dans l’Armée rouge combattent l’armée allemande, souvent en première ligne : en 1942 et début 1943, les prisonniers sont nombreux et envoyés dans les camps allemands. Pour en sortir, et survivre, une bonne part accepte de devenir travailleur civil (Organisation Todt) ou de rejoindre l’Ostlegionen allemandeEn 1942 la section géorgienne de la Ostlegionen allemande est composée de quelques dizaines de milliers de prisonniers faits à l'Armée rouge, mais aussi de quelques dizaines de réfugiés politiques géorgiens en Europe occidentale (ou de leurs fils) déterminés à libérer leur pays de l'occupation soviétique: de mi-1943 à mi-1944, cinq bataillons de l'Ostlegionen, composés de soldats géorgiens, sont affectés au territoire français par l'État-major allemand. 200 à désertent et rejoignent les maquisGénéral Jean-Pierre Faure : « Heurts (sic) et malheurs du bataillon géorgien en Périgord en 1943-1944 » (consulté le 19 mars 2015).. Différents ouvrages évoquent cette situation., et plus particulièrement celui de Pierre Kitiaschvili, acteur de cet épisode.. Après la victoire définitive des Alliés, en 1945, les Géorgiens sont destinés à un retour en URSS selon les accords entre Franklin Roosevelt et Joseph Staline (ainsi qu'entre de Gaulle et Staline) et à une déportation en Sibérie au mieux. Plusieurs dizaines parviennent à y échapper et à rester en France.
Années de guerre froide (1945-1991) La guerre froide, instaurée à la fin des années 1940 et jusqu'au début des années 1980, ne permet aucun mouvement de personne entre l’Est et l’Ouest de l’Europe. Pourtant quelques Géorgiens, bénéficiant d’un appui international, parviennent à quitter l’URSSL’orfèvre Goudji Amachoukéli et le pianiste Irakly Avaliani parviennent à quitter la Géorgie avant la chute du rideau de fer..
Émigration postérieure au retour à l'indépendance (1991) Peu après le retour à l’indépendance, des chefs de guerre locaux entrainent le pays dans une guerre civile, accentuée par les combats en Ossétie du Sud et en Abkhazie. Un premier président, Zviad Gamsakhourdia, est retrouvé mort dans des circonstances suspectes. Un second président, Edouard Chevardnadze, contesté pour son passé soviétique, contrôle difficilement la situation. Leurs partisans s’affrontent Country Studies : « The Struggle for Control » (consulté le 12 mars 2015).. Une nouvelle émigration politique prend naissance. Parallèlement à l’ouverture des frontières, une émigration économique se met en place, légale ou clandestine. Le territoire géorgien perd 20 % de sa population, vers la Russie (personnes d’origine russe), vers Israël ou les États-Unis (personnes d’origine juive) et vers l’Europe. Durant cette période, la France accueille quelques centaines d’immigrés géorgiensGaston Bouatchidzé universitaire franco-géorgien.Thorniké Gordadzé universitaire français et ministre géorgien (consulté le 11 novembre 2015).. La Paroisse orthodoxe géorgienne Sainte-Kéthévane de Strasbourg est fondée en 1998.
Intégration militaire et civile à la société française À la suite des mariages et des naissances, la population d'origine géorgienne passe à quelques milliers de personnes dont une bonne part bénéficie de la nationalité française.
Armée française