Les Vieux Fourneaux est une série de bande dessinée française scénarisée par Wilfrid Lupano et dessinée par Paul Cauuet, publiée par Dargaud depuis 2014 et comptant huit albums en 2024.
Un film du même titre basé sur le premier tome sort en 2018. Une suite, Les Vieux Fourneaux 2 : Bons pour l'asile, sort en 2022.
Synopsis Ceux qui restent Pierrot, Mimile et Antoine sont trois Français qui ont dépassé les 70 ans. Ils sont amis depuis l'enfance. Les trois se sont rebellés contre les autorités tout au long de leur vie et ont toujours une attitude révolutionnaire contre tout ce qu'ils perçoivent comme l’Establishment. Quand Antoine apprend que sa femme décédée l'a trompé avec le patron de son entreprise, il décide de commettre un crime passionnel : il veut aller en Toscane pour assassiner le magnat de l'entreprise. Sa petite-fille Sophie - alors enceinte - et ses amis le suivent pour l'arrêter.
Arrivé en Toscane, Antoine trouve son ancien patron devenu un vieil homme sénile atteint de la maladie d’Alzheimer et renonce à lui faire du mal. Le dérangé mental donne à la petite-fille (qu'il prend pour son ancienne maîtresse) le code d'un compte offshore illégal de plus de 90 millions d'euros.
Bonny and Pierrot Sophie envoie anonymement beaucoup d'argent à Pierrot, qu'elle a retiré du compte illégal de l'entreprise. Elle met sur la lettre le nom d'une femme pirate, ignorant qu'il s'agissait du pseudonyme d'une ancienne amoureuse de Pierrot, ce qui amène ce dernier presque au désespoir : il était persuadé qu'elle était morte. Le récit fait des retours dans le passé, avec une protestation contre la guerre d’Algérie et des discussions sur l’affaire Papon. En outre, Pierrot a été impliqué avec sa maîtresse, dans le style de Bonnie et Clyde, lors d’un vol de banque. Sophie regrette son action et est obligée de prendre des mesures drastiques : elle commet un raid anarchiste amusant sur un rassemblement d'actionnaires où elle fait exploser une bombe à farine qu'elle signe du même nom. Pour la bombe, elle a adapté un dénommé « canon à mouton », qu’avaient construit trois enfants du village, qui l’ont appris sur l'Internet. Pierrot, désormais persuadé qu'il s'agit d'une autre personne que celle qu'il cherche, retrouve goût à la vie. Mais entretemps, Mimile et Antoine ont découvert que la femme en question est toujours vivante et mariée avec le rival de Pierrot. Ils décident de taire la vérité à leur ami.
Celui qui part Le troisième volume traite essentiellement de Mimile, qui a passé une partie de sa vie dans le Pacifique, où il a participé à une chasse au trésor. Là, il trouva enfin un trésor, mais son argent et son aventure le conduisirent à gravement estropier un bon ami. Sophie apprend un secret de la jeunesse des trois protagonistes qu’elle préfère garder pour elle : dans leur jeunesse, ils ont gâché la vie d’une fille en se livrant au harcèlement et à des farces. La mère de la jeune fille a été considérée comme collabo parce que son mari, déporté au STO, l'avait quittée pour une femme rencontrée en Allemagne et pour se faire pardonner, lui avait envoyé de l'argent pour sa ferme. Pierrot, Mimile et Antoine, qui devinrent plus tard les porte-paroles des opprimés, commencèrent à gâcher la vie de cette fille.
En parallèle, nous apprenons que Pierrot a été impliqué avec deux autres membres de son collectif anarchiste à une intervention contre la mortalité des abeilles, avec une action inspirée par le raid amusant de Sophie. Mais ils ont été pris par la police et ont craint de perdre la base de leur collectif.
La Magicienne Dans le quatrième volume, la petite-fille d'Antoine, Sophie, est au centre de l'histoire. En plus de son métier de marionnettiste dans son théâtre itinérant « Le Loup en slip », elle se soucie en tant que mère célibataire, de sa fille, cependant soutenue par Antoine. Alors que la société pharmaceutique Garan-Servier souhaite étendre sa présence dans leur ville natale, créant de nouveaux emplois dans la région structurellement faible, des œufs d’une espèce rare de sauterelles, la « Magicienne dentelée » sont découverts sur le site prévu. Des zadistes occupent immédiatement le terrain pour empêcher l’installation. Antoine, qui s'inquiète de l'avenir de sa petite-fille alors que Garan-Servier devait s'éloigner de la région, tente d'empêcher la manifestation. Son ami Pierrot, cependant, est totalement en désaccord et arrive avec un groupe d'anciens anarchistes de Paris pour soutenir la résistance. Pendant ce temps, Sophie découvre un secret sur son père et tombe amoureuse involontairement du chef du camp des activistes, qui a une exploitation d’agriculture biologique dans un domaine voisin. Tout irait bien si la jeune femme n'était pas persuadée de porter malheur aux hommes qu'elle rencontre. La situation se résout d'elle même quand l'on découvre que le projet de Garan-Servier servait en fait à cacher un plan social massif. Devant le tollé que provoque la révélation, l'entreprise abandonne les terres.
Bons pour l'asile De retour à Paris. Pierrot, lors d’une énième manifestation anarchiste, rencontre une ancienne protégée. Antoine retrouve son fils et luttent pour la garde collective d’un jour de sa petite-fille. Mimile souhaite se rendre à un match de rugby France-Australie mais a des difficultés à convaincre ses compères de l’accompagner. Ces trois histoires s’imbriquent sur fond de gestion sociale de la question migratoire.
L'Oreille bouchée Mimile invite Pierrot et Antoine à un séjour au fin fond de la jungle en Guyane tous frais payés sans leur en expliquer la raison. Les trois compères découvriront, tout en participant à une pièce de théâtre loufoque centrée sur les méfaits de la chrématistique, les beautés de la nature, en grande partie fragilisée et détruite par les exploitations de mines et la pollution. Ils revivront aussi, d'une certaine façon, leurs rêves d'enfance.
Chauds comme le climat Antoine, blessé dans une manifestation à Paris, rentre chez lui pour assister aux obsèques de son vieil ennemi et ancien patron, Armand Garan-Servier. Peu après, un incendie criminel ravage plusieurs bâtiments et la forêt bordant le village. Tandis qu’Antoine et Pierrot mènent l’enquête, allant de surprises en déceptions, Sophie et Mimile tentent de reloger leur voisine, l’irascible fermière Berthe, sans toit depuis l’incendie. Parallèlement, le fils Garan-Servier entre en pleine période d’incertitude quant à son rôle dans l’entreprise et dans la société.
Graines de voyous Météo asséchée. 60 ans du loup en slip. Pierrot prie devant la croix. Le voisin se met au MMA.
Personnages Principaux
Antoine Perron : grand-père de Sophie et mari de Lucette. Syndicaliste à la retraite, il a travaillé durant quarante ans pour les Laboratoires Garan-Servier dans sa région natale et a passé l’essentiel de sa carrière en bras de fer avec Armand Garan-Servier, afin de défendre les droits des ouvriers de l’usine. Il vit aujourd’hui paisiblement avec Sophie, sa petite-fille, et garde régulièrement Juliette, fille de cette dernière. Toutefois, sa vie de retraité ne lui a pas ôté l’envie de se battre contre l’injustice du système. Pierre « Pierrot » Mayou : anarchiste depuis sa prime jeunesse, il est le trésorierSa fonction est précisée dans le tome 6. d'un collectif parisien appelé « Ni yeux ni maître » et passe son temps à monter des coups avec ses amis (tous des seniors anarchistes) afin de « foutre le boxon » le plus possible. Assez impulsif, il ne s’entendait pas avec Lucette. Dans sa jeunesse, il fut mêlé à plusieurs affaires d’émeutes et d’actions anarchistes, ainsi qu’au braquage d'un bureau de poste en avril 1957. Émile « Mimile » Carabignac : ancien rugbyman du village, il a passé sa vie dans l’océan Pacifique avant de revenir vivre dans une maison de retraite en France. Séducteur et aventurier, il a notamment fait trois tours du monde en bateau, a été joueur de rugby aux îles Samoa, vendeur de voitures à Nauru, chasseur de trésor aux Philippines, propriétaire d’une mine en Papouasie (avec laquelle il fit fortune, puis faillite). Il garde de cette époque plusieurs tatouages et traces de bagarres. C’est le plus calme et le plus flegmatique du trio. Sophie Perron : petite-fille d’Antoine et Lucette et mère de Juliette. Cette jeune femme au caractère bien trempé a abandonné sa carrière dans la communication à Paris et est devenue marionnettiste du théâtre « Le loup en slip », créé par sa grand-mère Lucette. Sophie vit actuellement près de son grand-père Antoine, dont elle est proche, avec sa fille Juliette (dont elle est enceinte dans le tome 1). Elle n’a pas eu beaucoup de succès avec les hommes dans sa vie, si bien qu’elle s’est désintéressée du sujet pendant un moment. Elle finit néanmoins par tomber amoureuse de Vasco dans le tome 4. Dans le tome 5, Sophie tente de réconcilier son père et son grand-père.
Récurrents Tarn-et-Garonne
Juliette Perron : fille de Sophie. Elle vit avec sa mère dans une petite ferme et près de son arrière-grand-père. Sophie est enceinte dans le tome 1 et Juliette apparait dans le tome 2. Elle grandit durant la série, mais on ignore son âge véritable (elle sait parler et marcher dans le tome 5). On ne connait l’identité de son père que dans le tome 4. Lucette Perron : épouse d’Antoine, elle décède au début du tome 1. Marionnettiste et ancienne employée de l’usine Garan-Servier, elle a eu une liaison avec Armand, le directeur de l’époque. C’est un fait qu’elle a caché à tous, excepté à Sophie. Elle finira par l’avouer dans une lettre adressée à Antoine. Elle est présente uniquement en flashbacks. Berthe Goitreux (dite « Pouleboche » ou « la Folle des Ravines ») : fermière, elle vit seule avec sa mère. Rejetée par tous à cause de la collaboration de sa mère avec les Allemands (cette dernière cherchait en réalité à retrouver son mari), elle fut victime de harcèlement de la part d’Antoine, Mimile et Pierrot. Lorsqu’elle avait une vingtaine d’années (en 1955), elle fut secrètement l’amante de Mimile, mais ce dernier finit par rompre, ayant peur de la réaction des autres. Blessée, Berthe laboura le terrain de rugby et les stands de la fête du village. Cet acte la maintint définitivement à l’écart de la communauté. Elle ne fut toutefois pas isolée car elle resta en bons termes avec Lucette, Madeleine et Geneviève Larquebuse, la femme du maire. Elle se lia ensuite d'amitié avec Sophie. Dans le tome 7, Berthe, seule depuis le décès de sa mère, semble se réconcilier avec Mimile. Elle perd toutefois sa ferme dans un incendie et est contrainte de loger temporairement chez Civrac. Damien : enfant du village. Il apparaît à partir du tome 2 aux côtés de ses deux amis. Inséparable, le trio n’a de cesse d’inventer de nouvelles activités, se basant sur plusieurs jeux-vidéos tels que Skylanders. Toutefois, le tome 7 révèle que Damien, désormais adolescent et en internat, s’est séparé de ses amis et soutient désormais les mouvements extrémistes identitaires et la théorie du grand remplacement. Il attaque alors un camp de travailleurs clandestins à coups de cocktails Molotov, brûlant ainsi une grande partie de la forêt, la ferme de Berthe Goitreux et l’usine Garan-Servier, ce qui met son père, cadre chez Garan-Servier au chômage. Démasqué par Sophie, Antoine, Mimile et Pierrot, Damien ne montre aucun remords. Le quatuor décide toutefois de ne pas le livrer à la police, ayant promis à ses amis de ne pas le dénoncer s’ils les aidaient dans leurs recherches. Le tome suivant, qui le montre traînant à nouveau aux côtés de ses deux amis d'enfance, suggère que Damien est sorti de la mouvance identitaire.