Libération-Nord est un des principaux mouvements français de résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, créé en zone occupée à partir de la fin de l'année 1940, opérant aussi en zone Sud à partir de 1942.
C'est un des huit grands mouvements représentés à partir de 1943 au Conseil national de la Résistance (CNR).
Historique Libération est d'abord un journal clandestin hebdomadaire, qui apparaît en décembre 1940, puis Libération-Nord se transforme en en un mouvement de résistance. Son journal Libération est le seul organe de la résistance à paraître chaque semaine, sans interruption, de 1940 jusqu'à la Libération en Impression et diffusion de Libération-Nord, site du Musée du Général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris - Musée Jean Moulin. Libération-Nord est « le mouvement le plus important » de zone occupéeChris Millington, La France en guerre, 1940-1945, une histoire globale, Flammarion, 2022, p. 179..
Les initiateurs sont Christian Pineau et l'équipe des syndicalistes du Manifeste des douze ; le mouvement veut représenter la SFIO clandestine ainsi que les mouvances syndicales CGT (non communiste) et CFTC. Dans l'ensemble, ce mouvement est surtout formé de socialistes. L'une des caractéristiques du mouvement est de privilégier la politique par rapport au militaireJean-Marie Guillon, Alya Aglan, La Résistance sacrifiée. Le mouvement « Libération- Nord » (compte-rendu), Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1999, 46-4, .
En 1942, deux réseaux de résistance sont créés à partir de Libération-Nord, sous le contrôle du Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) : Phalanx, en zone sud, par Christian Pineau ; Cohors-Asturies, en zone nord.
Début 1943, il commence à organiser des groupes armés, sous l'impulsion du philosophe Jean Cavaillès et du colonel Georges Zarapoff. Représenté au Conseil national de la Résistance, où il relaie l'influence de la SFIO clandestine, le mouvement refuse en décembre 1943 de se joindre aux Mouvements unis de la Résistance (MUR), qui regroupe les principaux mouvements de zone sud.
À l'instar de l'Organisation civile et militaire (OCM), il échoue à créer, avec la SFIO, un grand issu de la Résistance.
Membres
Dans les départements Roger Secrétain, journaliste et écrivain (cofondateur début 1943 du mouvement du Loiret) Pierre Ségelle, médecin, cofondateur du mouvement du Loiret. Arrêté fin 1943 puis déporté en à Dachau, il est libéré en . Jacques Chombart de Lauwe (« colonel Félix » à partir du ), en Loire-InférieureSource Paul Rassinier, dans le Territoire de Belfort (agent de liaison entre Paris et Belfort en ce qui concerne le mouvement, Paul Rassinier a par la suite prétendu être un de ses fondateurs ; cette assertion a été reprise par un certain nombre d'auteurs, par exemple Jean Paulhan en 1953La Nouvelle NRF, , 1953, citée par Nadine Fresco, Fabrication d'une antisémite, Le Seuil, 1999, . Le problème du rôle de Rassinier dans Libération-Nord est traité de façon détaillée dans ce livre, pages 564-567.). Mathieu Donnart, alias Colonel Le Poussin, dans le Finistère. Le groupe "Libé-Nord" du Finistère fut la plus importante organisation de résistance de ce département, comprenant de nombreuses sections dont celles d'Huelgoat - Carhaix (chef: capitaine Merlin), de Lanmeur- Saint-Jean-du-Doigt (dirigé par François Tanguy-Prigent), des Monts d'Arrée - Pays de Morlaix (chef : docteur Le Janne, alias commandant Noël), les résistants de ce dernier groupe se réunissant souvent au Fumé et à Lamprat en Plourin-lès-MorlaixFrançois Mallégol, "Orages de guerre sur l'Arrée", Skol Vreiz, 2008, []. Jean Emond, secteur de Vendôme, Loir-et-Cher. Il dirigea le réseau jusqu'à son arrestation en . Georges Reverbori, responsable de l'arrondissement de Montbéliard entre 1942 et 1944. Raymonde Fiolet, responsable de la cellule de l'Aisne. Edmond Grasset, responsable en Charente-Maritime, assassiné par des miliciens le Edmond Grasset dans Le Maitron.. Henri Henneguelle, responsable de Libération-Nord dans le Pas-de-Calais. Jean Capdeville, responsable de Libération-Nord en Normandie. André Kleinpeter, responsable de Libération-Nord en Seine-et-Oise, mort en déportationAndré Kleinpeter dans Le Maitron.. Georges Bonnac en Gironde, mort en déportation René Peeters, responsable de Libération-Nord en Meurthe-et-Moselle Honoré Commeurec, en Ille-et-Vilaine, mort en déportation Georges Brutelle, en Seine-Inférieure
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Témoignages Christian Pineau, La Simple Vérité. Regard sur la période 1940-1945, Julliard, 1960 ; réédition sous le titre La Simple vérité, 1940-1945, Éditions Phalanx, 1983. Michel Slitinsky, La Résistance en Gironde, Éditions les Cahiers de la Résistance, 1970. Pages 96 à 99 sur la naissance de Libé-Nord en Gironde.
Études . . Exposition et catalogue de Christine Levisse-Touzé, Résister sous l'Occupation, Libération-Nord (1940-1944), Cahiers de la Résistance, La Documentation française (2013, 180 pages, 18€)
Articles connexes Libération-Sud, mouvement de la zone Sud (totalement indépendant de Libération-Nord). Libération (journal de Libération-Nord)
Liens externes
Libération-Nord, site Gallica Libération-Nord (1940-1944), résister sous l’occupation, site d'une exposition de 2012-2013
* Catégorie:Organisation paramilitaire