La classe Capitani Romani est une classe de croiseurs légers italiens de la Regia Marina. Douze croiseurs de cette classe ont été commandés à la fin de 1939, mais seulement quatre ont été achevés et seulement trois d'entre eux avant l'armistice de Cassibile du . Le nom de ces navires est emprunté aux personnages illustres de la Rome antique d'où la dénomination Capitani RomaniBishop, page 489.

Projet La classe Capitani Romani est mise en fabrication en 1939 afin de contrecarrer les contre-torpilleurs de la classe Mogador et Fantasque de la Marine nationale française.

En 1938, et Ignazio Alfano établissent le projet en s'inspirant du Tachkent, un croiseur éclaireur construit par la Marine soviétique. La construction confiée à la société Odero-Terni-Orlando est réalisée dans son chantier naval OTO de Livourne.

Caractéristiques Les navires de classe Capitani Romani sont initialement classés comme des « explorateurs océaniques » (Esploratori Oceanici), bien que certains auteurs estiment que ce soit plutôt des destroyers lourdsShipbuilding & marine engineering international, volume 106, Whitehall Press, 1983, page 388 Sadkovich, James: Reevaluating major naval combatants of World War II. Greenwood Press, 1990, page 132. .

Après la guerre, les deux unités encore en service ont été reclassées « caccia conduttori » (conducteurs de flottille).

Leur conception est basée sur une coque légère, avec un armement léger du type croiseur. La conception originale a été modifiée afin de répondre aux exigences de vitesse et de puissance de feu. Les machines développent une puissance de , équivalente à celle de croiseurs de et de la vitesse escomptée de ().

Les trois navires de guerre achevés ont navigué à () pendant les essais.

Ils possédaient une batterie principale de huit canons de permettant une cadence de feu de six coups par minute à une portée de et huit tubes lance-torpilles de .

Le tonnage en temps de guerre a réduit la vitesse opérationnelle à ()Gardiner & Brown, page 65.

Histoire des opérations Scipione Africano Seul le Scipione Africano a été engagé au combat. Il était alors équipé du radar avancé italien EC.3 Gufo Swords, Séan: Technical history of the beginnings of radar. Volume 6 of History of technology series Radar, Sonar, Navigation and Avionics. P. Peregrinus on behalf of the Institution of Electrical Engineers, 1986, page 129. . Positionné pour fermer le détroit de Messine, il détecte au cours de la nuit du quatre vedettes lance-torpilles Elco au large de Punta PossoScipione: posto di combattimento, Maurizio De Pellegrini Dai Coi. Rivista Maritima, gennaio-febbraio 2012. Il coule la MTB 316 et endommage fortement la MTB 313 entre Reggio de Calabre et Pellaro à la position Pope, Dudley: Flag 4: The Battle of Coastal Forces in the Mediterranean 1939-1945. Chatham Publishing, 1998, pages 121-122. Fioravanzo, Giusseppe (1970). Le Azioni Navali In Mediterraneo Dal 1° aprile 1941 all'8 settembre 1943. USMM, 468-469 Baroni, Piero (2007). La guerra dei radar: il suicidio dell'Italia : 1935/1943. Greco & Greco, 187. . Une douzaine de marins britanniques ont péri lors de cette action Naval-History.net. L'engagement a duré environ trois minutes. Le Scipione Africano a subi des dommages mineurs et deux blessés quand les batteries allemandes déployées le long de la côte italienne ont ouvert le feu. Le croiseur avait initialement reçu l'ordre se rendre de La Spezia à Taranto, qu'il a finalement atteint à 09h46. Sa grande vitesse a été décisive pour l'issue de la batailleGreen, Jack & Massignani, Alessandro (1998). The Naval War in the Mediterranean, 1940–1943. Chatam Publishing, pp. 290-291. .

Du au , avec le , il mouille quatre champs de mines dans le Golfe de Tarente et Squillace Cocchia, Aldo (1966). La Marina italiana nella seconda guerra mondiale. Volume 18. Ufficio Storico della Marina Militare, 397.

Il transporte à Malte le maréchal Badoglio et le roi Victor-Emmanuel III pour la signature de l'Armistice du . Il sert ensuite de navire de transport et de navire d'entraînement.

Désarmé à La Spezia le , il est transféré à la Marine nationale française et est rebaptisé « Guichen ».

Attilio Regolo En 1942, ce croiseur commande une force de six destroyers pour mouiller un champ de mines au sud de la Sicile. À son retour de mission, il est touché le par une torpille du sous-marin britannique Bragadin, Marc'Antonio: The Italian Navy in World War II, United States Naval Institute, Annapolis, 1957, page 241. . Il est convoyé jusqu'au port de Palerme pour y subir des réparations.

Il reprend du service en jusqu'à la capitulation italienne, le . Il se réfugie à Port Mahon aux îles Baléares où il est interné jusqu'en , date à laquelle il rejoindra les forces alliées Tomlin, Barbara: With utmost spirit: Allied naval operations in the Mediterranean, 1942-1945. University Press of Kentucky, 2004, page 241. .

Après la guerre, au service de la France Après le traité de paix de Paris le , la France récupère lAttilo Regolo, le Scipione Africano et quatre destroyers en , au titre des dommages de guerre, et en exécution du traité.

Les deux croiseurs ont été renommés respectivement Châteaurenault et Guichen .

Attilio Regolo - Châteaurenault vignette|Le Châteaurenault, ex Attilo Regolo

Arrivé à l'arsenal de Toulon le , lAttilio Regolo est rebaptisé Châteaurenault. Son indicatif visuel est D606. Il subit une refonte aux Forges et Chantiers de la Méditerranée de La Seyne-sur-Mer pour devenir un escorteur d'escadre. Son armement d'origine est remplacé par des canons allemands de , des canons Bofors de et des torpilles de . Il est doté du même équipement électronique que les autres bâtiments construits au titre du programme naval d'après-guerre. Il sera opérationnel jusqu’en 1962 comme navire-amiral de l'Escadre légère à Brest.

Après son désarmement, le navire abrite l’École des fusiliers marins de LorientÉcole des fusiliers marins de Lorient jusqu’en 1969, avant son complet démantèlement.

Scipione Africano - Guichen Arrivé à l'arsenal de Toulon le , le Scipione Africano est rebaptisé Guichen. Il subit une refonte aux Forges et Chantiers de la Méditerranée de La Seyne-sur-Mer pour devenir un escorteur d'escadre en 1952. Son armement d'origine est remplacé par des canons allemands de , des canons Bofors de et des torpilles de . Il est doté du même équipement électronique que les autres bâtiments construits au titre du programme Naval d'après-guerre.

Il sera opérationnel jusqu’en 1961au sein de l'Escadre légère de l'Atlantique à Brest.

Après son désarmement il est utilisé comme base fixe au Poulmic. En 1976 il est remorqué au Cimetière des navires de Landévennec pour démantèlement.

Après la guerre, dans la Marina Militare vignette|San Marco, anciennement Giulio Germanico, en 1959

Le Giulio Germanico et le Pompeo Magno ont repris du service dans la Marina Militare et ont été rebaptisés respectivement San Marco et San Giorgio.

Les deux navires subissent une refonte entre 1951 et 1955 et sont équipés de radars et d'armes américaines. Caractéristiques 6 canons de , trois tourelles doubles antiaériennes Mortier anti-sous-marins 20 canons Bofors de Conduite de tir (canons de 127 mm)

Radar SPS-6 et SG-6 b, Sonar SQS-11 et Mk37

Entre 1963 et 1965, le San Marco est transformé et utilisé comme navire école et équipé de nouvelles machines CODAG (fuel et gaz combiné) et de canons de . Le San Marco a été démantelé en 1971 et le San Giorgio en 1980.

Unités - Classe Capitani RomaniNom navireChantierTerminéMise à l'eauComplétéeNotes Attilio Regolo Cantiere navale fratelli Orlando (OTO), Livourne Cédé en 1948 à la Marine nationale, reconverti en escorteur d'escadre et rebaptisé Châteaurenault jusqu’en 1969 (démantèlement). Scipione Africano Cantiere navale fratelli Orlando (OTO), Livourne Cédé en 1948 à la Marine nationale, reconverti en escorteur d'escadre et renommé Guichen. En 1976, il est remorqué au cimetière des navires de Landévennec pour démantèlement. Pompeo Magno Cantiere navale di Ancona, Ancône Reconverti en 1950 et renommé San Giorgio, Marina Militare, démantelé en 1980. Giulio Germanico Cantiere navale di Castellammare di Stabia, Naples Récupéré en 1950, reconverti et renommé , Marina Militare, démantelé en 1971. Ulpio Traiano Chantier naval de Palerme Coulé le Ottaviano Augusto Cantieri Navali del Tirreno Riuniti, Gênes Coulé le Caio Mario Cantiere navale fratelli Orlando (OTO), Livourne Sabordé en 1944 à La Spezia Lucio Cornelio Silla Ansaldo Gênes Coulé en Claudio Druso Cantiere navale di Riva Trigoso Démantelé avant finition, 1941-1942 Claudio Tiberio Cantiere navale fratelli Orlando (OTO), Livourne Démantelé avant finition, 1941-1942 Paolo Emilio Ansaldo, Gênes Démantelé avant finition, 1941-1942 Vipsanio Agrippa Cantiere navale di Riva Trigoso Démantelé avant finition, 1941-1942

Bibliographie

Elio Ando, Incrociatori leggeri classe « CAPITANI ROMANI », Parme, Ermanno Albertelli Editore, 1994.

Articles connexes Regia Marina Classe Trento Classe Zara

Source de la traduction

Liens externes

Notes et références

Capitani Romani