Le carré géorgien du cimetière communal de Leuville-sur-Orge (en géorgien : ლევილის სასაფლაო) a formellement pris naissance en 1956 après un accord entre la municipalité locale et l’Association géorgienne en France, cette dernière ayant fait don de terrains attenant au périmètre existant à l’époqueTrois terrains de 10 ares, en particulier, sont donnés : le premier par l’Association géorgienne en France, légataire universel de Simon Tsérétéli (1870-1951), Prince et colonel, le second par Rajden Arsénidzé (1880-1965), ancien ministre de la Justice, et le troisième par Léonti Jrenti (1888-1969), ancien député de l'Assemblée constituante, comme l’atteste la délibération du conseil municipal du et comme le confirme le Préfet de Seine et Oise le ..
Administration La gestion du cimetière communal, dont fait partie le carré géorgien, incombe à la municipalité de Leuville-sur-Orge selon le code général des collectivités territoriales. ; les concessions funéraires sont perdues lorsqu'elles arrivent à échéance et la recherche des descendants, à des fins de renouvellement, constitue parfois une difficulté pour l'administration.. Depuis le janvier 2016 une nouvelle organisation territoriale regroupe 21 communes du département de l'Essonne (celles qui constituaient la communauté du Val d'Orge et celles qui constituaient la communauté de l'Arpajonnais) : elle compte 200 000 habitants environ et un budget de l'ordre de 250 millions d'euros : elle a la particularité de regrouper le cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois (où quelques Géorgiens sont inhumés) et le carré géorgien du cimetière de Leuville-sur-Orge..
Contexte historique Après l’invasion du territoire de la République démocratique de Géorgie par les armées de la Russie soviétique en mars 1921, une grande partie de la classe politique, une petite partie de la classe militaire et quelques centaines de citoyens s’exilent en France afin de poursuivre le combat de libération. Ils acquièrent une résidence dans la commune de Leuville-sur-Orge, en Seine-et-Oise, nommée familièrement le Château des Géorgiens. Les années passant, les premiers décès survenant, un lieu d’accueil des tombes devient nécessaire : en 1931, la première personnalité géorgienne inhumée est Nino Takhaïchivili, épouse de l’homme de science et vice-président de l'Assemblée constituante, Ekvtimé Takhaïchvili : sa dépouille sera rapatriée en Géorgie en 1987 ..
Topographie Le carré géorgien comporte environ 500 sépultures, présentes pour l’essentiel sur deux allées situées sur la partie droite du cimetière à partir de l'entrée principale : il s'étend sur pratiquement toute la longueur du cimetière, en montant. Certaines tombes géorgiennes, pour les plus anciennes, sont exceptionnellement attenantes aux allées de la partie gauche. Sur l'extrême-droite, en amont d'un autre carré communautaire, une nouvelle allée accueille les sépultures les plus récentes. Un ossuaire et un monument, situés à mi-longueur, rappellent le combat mené. Le columbarium, à l'extrême-droite, en aval, conserve les cendres de quelques-uns des descendants. Un relevé topographique, avec numérotation des tombes (partie basse et partie haute), a été établi et publié sous internet en 2005..
Sépultures Les pierres tombales portent des gravures en langue française et en langue géorgienneLa transcription en langue française des patronymes géorgiens a été stable jusqu’à la fin du : les règles constituées par l’intermédiation de la langue russe, confirmées par la Légation de la République démocratique de Géorgie en France (1921-1933) et proches de la prononciation en langue géorgienne, étaient utilisées sans exception ; elles le sont encore aujourd’hui par le ministère français des Affaires étrangères et par la plupart des universitaires français s’intéressant à la Géorgie. L’usage a progressivement changé avec l’intermédiation de la langue anglaise et la définition d’une translittération latine proche de la transcription anglaise (2002). Ainsi გიორგი ჯავახიძე donne Guiorgui Djavakhidzé en transcription française et Giorgi Javakhidze en transcription anglaise (et en translittération latine)., généralement les prénoms, noms, années de naissance et de décès des défunts, plus exceptionnellement des mentions relatives à leur vie; Les inscriptions les anciennes sont parfois en partie effacéesLes graveurs de caractères sur les pierres tombales ont parfois tenté d'apprendre l'alphabet géorgien, pourtant le plus souvent ils ont fait appel aux personnes de proximité géographique afin qu'elles leur dessinent avec précision les inscriptions : portées sur une surface verticale elles résistent mieux que celles gravées sur une surface horizontale, surtout lorsqu'elles sont dorées (Marbrerie Aubry à l'origine, puis Floury, à Arpajon.. Quelques concessions étant arrivées à échéance, les tombes ont disparu. Plusieurs inventaires exhaustifs ont été engagés: en 1971, (1891-1988), Niko Oragvélidzé (1889-1969) et Victor Nozadzé (1893-1975) effectuent un premier relevé en langue géorgienne, en 2000, le professeur Jean Bret, et les élèves du lycée Jean-Pierre-Timbaud, effectuent un deuxième relevé, en langue française, en 2005, Luc Méloua (1936-2010) complète ces études par un troisième relevé et le diffuse sur internet en langue géorgienne et en langue française, depuis 2011, Othar Pataridzé., ancien président de l'Association géorgienne en France, complète en ligne les inhumations survenues.
Classe politique Il convient de noter que la Constitution de la République démocratique de Géorgie, relevant d'un régime parlementaire, ne comportait pas de fonction de chef d'État et que cette dernière était partagée par le président de l'assemblée parlementaire et par le chef de gouvernementConstitution of Georgia, 1921.
Assemblées parlementaires Reposent au carré géorgien un grand nombre de membres des différentes assemblées parlementaires géorgiennes successives (Conseil national de 1918, Assemblée constituante en 1919 et Parlement en 1921) dont (1884-1948), cofondateur du Parti national-démocrate géorgien, Simon Mdivani (1876-1937), social-fédéraliste, vice-président de l'Assemblée constituante, (1868-1943), délégué du Parti social-démocrate au Congrès de Vienne (1912) et opposant aux thèses de Lénine.
Gouvernements Reposent dans le carré géorgien cinq sociaux-démocrates notables, membres de gouvernements de la République démocratique de Géorgie Evguéni Guéguétchkori (1882-1954), antérieurement Haut-Commissaire à la Transcaucasie, nommé par le gouvernement provisoire russe d'Alexandre Kerenski et chargé des territoires arméniens, azerbaïdjanais et géorgiens , président du gouvernement de la Transcaucasie et élu par l'assemblée parlementaire transcaucasienne (novembre 1917- février 1918), Noé Jordania (1868-1953), antérieurement cofondateur du Parti ouvrier social-démocrate géorgien et ayant proclamé au nom du Conseil national le retour à l’indépendance de la Géorgie et la République démocratique de Géorgie (26 mai 1918), élu président des 2 et 3 gouvernements géorgiens par le Conseil national et l'Assemblée constituante (juillet 1918 à mars 1921), Noé Ramichvili (1881-1930), élu président du gouvernement géorgien par le Conseil national (mai à juillet 1918), assassiné à Paris en 1930, Akaki Tchenkéli (1874-1959), antérieurement président du gouvernement de la Transcaucasie et élu par l'assemblée parlementaire transcaucasienne (février 1918 à mai 1918), Irakli Tsérétéli (1881-1959), antérieurement ministre du gouvernement provisoire russe d'Alexandre Kerenski à Pétrograd (avril-octobre 1917),
et de nombreux autres ministres de la République démocratique de Géorgie, sociaux-démocrates, sociaux-fédéralistes ou nationaux-démocrates comme Rajden Arsénidzé (1880-1965), Grigol Ouratadzé (1880-1959), ou diplomates de haut-rang comme Sossipatré Assathiany (1876-1971), directeur de la Légation géorgienne en France (1921-1933) et de l’Office des réfugiés géorgiens en France (1933 à 1954), sauveur de 243 familles juives géorgiennes, des Balkans, d’Asie mineure et d’Asie centrale (1942-1943)OFPRA : « Le combat singulier de Sossipatré Assathiany (1921-1958) (consulté le 16 mars 2015)., ou l’un des deux premiers copropriétaires du domaine géorgien de Leuville-sur-Orge, en 1922, Nicolas Djakéli (1887-1970).
Décédés hors de France Des sépultures de personnalités politiques géorgiennes décédées hors de France y ont également été inhumées, comme Michel Kédia (1902-1952), Grigol Robakidze (1882-1962) გრიგოლ რობაქიძე(consulté le 10 octobre 2017) ou Mikheil Tzereteli (1878-1965), proches du mouvement national-démocrate.
Classe militaire Reposait au carré géorgien un héros militaire géorgien, le colonel Kakoutsa Tcholokhachvili (1888-1930) qui s'était illustré lors de l’insurrection nationale de 1924 : sa dépouille fut rapatriée en Géorgie en 2005 .. Reposent également quelques-uns de ses compagnons de combat comme Alexandre Badourachvili (1903-1982), Gabeau Berbitachvili (1881-1949), Rapho Eristavi (X-1977), Alexandre Kargaréthéli (1899-1983), Mikhéïl Lachkarachvili (1884-1952), David Revasichvili (1887-1956)..
Reposent au carré géorgien d'autres officiers supérieurs et militaires de l’armée nationale géorgienne, ainsi que certains cadets géorgiens ayant effectué leurs écoles militaires en France et ayant rejoint la Légion étrangère française avant et durant la Seconde Guerre mondiale, les lieutenant-colonels Alexandre Djintcharadzé (1899-1970)., Alexandre Kintzourichvili (1900-1976)., Georges Odichélidzé (1899-1970)., Nicolas Tokadzé (1901-1975) ., Alexis Tchenkéli (1904-1985) ., Jean Vatchnadzé (1899-1976) ..
Personnalités Parmi les personnalités inhumées au carré géorgien peuvent être citéesAmbassade de Géorgie en France : « Cimetière géorgien de Leuville - ლევილის ქართველთა სასაფლაო » (consulté le 16 mars 2015)., Chota Abachidzé (1915-1995), danseur et maître de ballets géorgiens, Georges Akhvlédiani (1933-1998), dit Georges Diani, champion de moto-cross et garde du corps du Général de Gaulle, Apollon (1892-1993) et Tatarkhan Antadzé (1902-1997) propriétaires du restaurant géorgien « La Toison d’Or », durant les années 1960 jusqu'aux années 1980, lieu qui fit courir le tout Paris, Roland Assathiany (1910-2008), directeur du ministère français des Affaires sanitaires et sociales, Georges Charachidzé (1930-2010), universitaire français spécialiste du Caucase et linguiste, (1880-1954), militant et combattant, commandant de trains blindésBiographie de Vladimer Gogouadzé, dit Valodia Gogouadzé, Guy Kédia (1934-2016), journaliste, Claude de Kémoularia (1922-2016), banquier et diplomate, Georges Lomadzé (1907-2005), insurgé de 1924 et résistant parisien durant la Seconde Guerre mondiale., Michel Khoundadzé (1898-1983), directeur général des Établissements Citroën, à l'international., Pierre-Alexis Kobakhidzé (1932-2020), architecte-urbaniste et maître de ballets géorgiens., Élie Mélia (1915-1988), archiprêtre de la Paroisse orthodoxe géorgienne Sainte-Nino de Paris et acteur œcuménique, Luc Méloua (1936-2010), motoriste et journaliste, Félix Varlamichvili (1903-1986), peintre ., Ilia Zdanevitch (1894-1975), dit Iliazd, poète, éditeur d'art, découvreur avec son frère du peintre naïf géorgien Niko Pirosmanachvili (1862-1918) et sa femme, née Ibironké Akinsemoyin (1919-1945), princesse yorouba, seule africaine inhumée dans le cimetière. Ainsi que les anciens présidents de l’Association géorgienne en France décédés ., Chalva Abdoucheli (1898-1966)., Guiorgui Jourouli (1865-1951)., Elissé Pataridze (1896-1975)., Charles Skamkotchaichvili (1904-1949)., Yosseb Tsintsadzé (1889-1960)., Lévan Zourabichvili (1900-1975) et Tariel Zourabichvili (1930-2020)..
Religions