est le troisième album studio du rappeur américain Kendrick Lamar. Il est sorti le , par Top Dawg Entertainment, Aftermath Entertainment et Interscope Records.

L'album a été enregistré dans plusieurs studios à travers les États-Unis, avec la production exécutive de Dr. Dre et Anthony « Top Dawg » Tiffith. Boi-1da, Flying Lotus, Terrace Martin, Pharrell Williams, Knxwledge, Soundwave, Thundercat et plusieurs autres producteurs de hip-hop ont également contribué à l'album, tandis que Thundercat, George Clinton de Parliament-Funkadelic, Bilal, Anna Wise, Snoop Dogg, James Fauntleroy, Ronald Isley des Isley Brothers, et Rapsody apparaissent dans l'album en tant qu'artistes vedettes. L'album incorpore des éléments de free jazz, de funk et de spoken word et ses paroles explorent des thèmes concernant la culture afro-américaine, l'inégalité raciale, la dépression, la discrimination institutionnelle et le matérialisme.

L'album se classe à la première place du Billboard 200 dès sa sortie, avec 363 000 copies vendues la première semaine aux États-Unis et a reçu de nombreux honneurs de la critique, qui louent sa portée musicale et la pertinence sociale des paroles de Lamar. En outre, To Pimp a Butterfly a été évalué par de nombreux magazines, notamment Rolling Stone, Billboard ou encore Pitchfork, comme étant le meilleur album de l'année 2015. En , on apprend que l'album s'est écoulé à plus d'un million d'exemplaires dans le monde. En , l'album s'était vendu à 788 000 exemplaires aux États-Unis. L'album a été certifié disque de platine par la Recording Industry Association of America (RIAA). En , l'album s'est vendu à un million d'exemplaires aux États-Unis.

L'album est soutenu par cinq singles : i, The Blacker the Berry, King Kunta, Alright et These Walls. Les cinq singles sont entrés dans le US Billboard Hot 100. Lamar a également fait une tournée intitulé Kunta's Groove Sessions Tour, qui comprenait huit spectacles dans huit villes, de la fin 2015 au début 2016.

Sorti plus tôt, le single i a gagné les Grammys de la « Meilleure Chanson Rap » et de la « Meilleure Performance Rap » lors de la 57e cérémonie des Grammy Awards. L'album a été nommé pour le prix de l'« Album de l'Année » et a été élu « Meilleur Album Rap » à la 58e cérémonie des Grammy Awards. Le titre Alright a remporté les prix « Meilleure prestation rap solo » et « Meilleure chanson rap » et These Walls celui de la « Meilleure collaboration rap/chant ».

Contexte Le , Kendrick Lamar a dévoilé pour la première fois son projet de sortie un second album studio après Good Kid, M.A.A.D City (2012), lors d'une entrevue avec Billboard. Entre les sorties de Good Kid, M.A.A.D City et To Pimp a Butterfly, Lamar est parti en Afrique du Sud. Sa visite du pays et de divers sites historiques comme la cellule de Nelson Mandela à Robben Island ont fortement influencé l'orientation de cet album.

L'album poursuit un dialogue nuancé sur des sujets importants qui touchent la communauté afro-américaine. La chanson Alright de Lamar est devenue un cri de ralliement pour le mouvement Black Lives Matter. Avec des paroles comme « » ( « et on déteste la police. On veut nous tuer dans la rue »), il indique clairement qu'il soutient le mouvement et les familles d'hommes et de femmes noirs comme Mike Brown, Sandra Bland et Tamir Rice qui ont été victimes de brutalités policières aux États-Unis. Lamar va plus loin dans ses opinions pour donner sa position sur les crimes que se font les noirs entre eux dans la chanson The Blacker the Berry. Il se critique lui-même et critique sa communauté en rappant : « » (« Alors pourquoi ai-je pleuré quand Trayvon Martin était dans la rue ? / Quand les coups de gang me font tuer un négro plus noir que moi ? ») Certains critiques affirment que son attitude facilite la rhétorique qui réduit au silence le mouvement Black Lives Matter. Stereo Williams du Daily Beast a écrit en réponse à ses paroles qu'« il est dangereux d'utiliser cette violence comme tactique de silence lorsque le public est en colère contre l'assujettissement systématique des Noirs. »

Enregistrement et production vignette|Une console de mixage analogique, Solid State Logic, à 72 canaux aux studios Chalice d'Hollywood. To Pimp a Butterfly a été enregistré dans divers studios, dont Chalice Recording Studios, Downtown Studios, House Studios, Notifi Studios et No Excuses Studios. Lamar a écrit les paroles de la chanson Mortal Man lors du Yeezus Tour de Kanye West. Pendant toute la tournée, le producteur Flying Lotus a joué à Lamar une sélection de titres destinés à l'album de Captain Murphy (l'alter ego de Flying Lotus). Lamar a gardé tous les morceaux, mais seul Wesley's Theory, qui comprend en featuring Thundercat et George Clinton, a été retenu pour le montage final de l'album. Lotus avait produit une version de For Sale ? (Interlude) qui a finalement été écarté. A la place, Lamar a en fin de compte utilisé la version de Taz Arnold sur l'album. Lotus a déclaré qu'il est peu probable que sa version de la chanson soit publiée. La rappeuse américain Rapsody apparaît sur l'album avec un couplet sur la chanson Complexion (A Zulu Love). Lamar avait demandé que 9th Wonder contacte Rapsody et lui demande de poser sur le morceau. Rapsody et Lamar ont discuté de la chanson, mais Lamar a donné peu d'instructions sur sa contribution. Parlant de la chanson, elle a déclaré que Lamar avait déjà décidé du concept de la chanson et que les seules instructions qu'il avait données étaient le titre de la chanson et l'idée que « …nous sommes beaux peu importe notre race mais il voulait vraiment parler à notre peuple et aborder ce complexe lumière contre noir. »

En 2014, Pharrell Williams, qui travaillait auparavant avec Lamar, avec le producteur Sounwave, a performé le morceau Alright au Holy Ship Festival. Le titre reprend le même sample non identifié que celui utilisé par Williams sur le titre Presidential de Rick Ross dans son album God Forgives, I Don't (2012). À l'origine, le rappeur américain Fabolous était présent en featuring sur le morceau. L'album a traversé trois phases différentes avant que l'équipe de production puisse aller de l'avant avec l'idée. Par la suite, le producteur Thundercat a été impliqué dans le processus, après que Flying Lotus l'ait emmené voir la performance de Lamar lors du The Yeezus Tour. Le premier single de l'album, intitulé i, a été produit par Rahki, qui a également produit une autre chanson pour l'album intitulé Institutionalized. Bien que la version de i apparaissant sur l'album soit radicalement différente de celle du single, les deux versions contiennent un sample de la chanson That Lady interprétée par The Isley Brothers. Lamar a personnellement rendu visite aux Isley Brothers pour obtenir la permission du chanteur principal Ronald Isley de sampler le morceau.

Lamar a commencé à se rendre à St. Louis et a commencé à travailler avec Ronald Isley au studio. Isley a également posé sur la chanson How Much a Dollar Cost aux côtés de l'auteur-compositeur-interprète James Fauntleroy. Le producteur et rappeur Pete Rock a fourni des chœurs et des scratches pour la chanson Complexion (A Zulu Love), et comme il l'a dit, la contribution était inhabituelle, car il n'était pas le producteur pour le titre. Le chanteur Bilal est présent sur les chansons Institutionalized et These Walls, et a fourni des chœurs non crédités sur les chansons u, For Sale ? (Interlude), Momma et Hood Politics. Bilal a déclaré que lui et Lamar n'étaient pas certains du nombre de chansons sur lesquelles il allait jouer, déclarant qu'il avait travaillé sur différents morceaux, mais qu'il n'en connaissait pas encore le résultat. "Kendrick avait une idée de ce qu'il voulait pour une grande partie du matériel. Il chantait la mélodie et quelques mots, et j'interprétais ce qu'il me disait." Sur les chansons où Bilal a ajouté des chœurs, il a déclaré que "...une partie était du freestyle ; juste ajouter de la couleur pour en faire un son plus complet". Lamar aurait également travaillé avec le musicien américain Prince, mais le duo était trop pressé par le temps pendant la session d'enregistrement et n'a donc pas été en mesure de terminer son travail pour l'inclure dans l'album. Lamar a déclaré avoir souvent écouté Miles Davis et Parliament-Funkadelic lors de l'enregistrement de l'album.

En 2016, Lamar a sorti Untitled Unmastered, une compilation qui contient des démos inédites provenant des sessions d'enregistrements de To Pimp a Butterfly. Selon le producteur Thundercat, il "complète la phrase" du troisième album studio de Lamar.

Style musical Selon le musicologue Will Fulton, To Pimp a Butterfly s'engage dans la tradition de la musique noire et la célèbre. Tout comme le chanteur D'Angelo sur son album Black Messiah en 2014, Lamar "indexe consciemment les styles musicaux afro-américains du passé dans une relation dynamique de renouveau nostalgique et d'avant-garde". Kyle Anderson de Entertainment Weekly a décrit l'album comme "embrassant toute l'histoire de la musique noire américaine". Lamar décrit le disque comme une œuvre "honnête, craintive et sans excuses" qui s'inspire du funk, du hard bop, du spoken word et de la soul tandis que les critiques ont également noté des éléments du hip hop de la côte ouest et de l'avant-garde.

Stereogum décrit To Pimp a Butterfly comme une "déclaration avant-jazz-rap ambitieuse" et The Source qualifie l'album de sortie hip hop expérimentale. Greg Kot du Chicago Tribune a également noté les affinités de l'album avec la musique noire précédente, mais a fait valoir que "Lamar emmène des tropes musicaux familiers en territoire inconnu". The Atlantic note l'influence du collaborateur de Lamar, Flying Lotus, écrivant que "sa signature sonore - instrumentation jazz et hip-hop superposée en collages chaotiques - est partout sur l'album". Steve Mallon de The Quietus a noté un "psychédélisme étrangement déformée qui jaillit de ses arrangements idiosyncrasiques".

Thèmes L'album explore une variété de thèmes politiques et personnels liés à la race, à la culture et à la discrimination. Le critique Neil Kulkarni a dit qu'il évalue "les promesses brisées et les chemins sanglants qui mènent au malaise du centre de l'Amérique et en sortent", tandis que Billboard l'a classé comme un album de rap conscient "politiquement chargé", Jay Caspian Kang a observé des éléments de la critical race theory, politiques de respectabilité, théologique et méta-analytiques sur le succès et le statut révéré de Lamar dans la communauté hip hop. L'album a été comparé par Natalie Graham, professeure à l'Université d'État de Californie à Fullerton, à la mini-série télévisée Roots de 1977. Alors que "Roots compresse et simplifie" l'histoire des Noirs, Graham a dit To Pimp a Butterfly "perturbe radicalement les sens de la respectabilité noire, de la moralité héroïque, du traumatisme et de la mémoire". Dans le Toronto Journal of Theology, James D. McLeod Jr. établit des parallèles entre l'examen par Lamar de l'importance dominante de la mort dans l'expérience afro-américaine et les travaux du théologien chrétien Paul Tillich, où McLeod appelle To Pimp a Butterfly un exemple original de "hip hop existentialiste". Adam Blum discerne des liens entre To Pimp a Butterfly et les écrits sur la psychanalyse de Wilfred Bion, Nicolas Abraham et Sigmund Freud. Dans un essai publié dans The Lancet Psychiatry, les professeurs Akeem Sule et Becky Inkster de l'Université de Cambridge ont décrit Lamar comme le "poète de rue de la santé mentale", notant comment To Pimp a Butterfly (ainsi que son prédécesseur, Good Kid, M.A.A.D City) explore des sujets comme la toxicomanie, l'anxiété, la dépression, la résilience.