L'église Saint-Léonard est une église catholique paroissiale située à Avilly-Saint-Léonard, dans le département de l'Oise, en France. Elle possède un petit chœur du début du à l'architecture gothique très soignée, mais n'est à ce jour pas inscrite ou classée au titre des monuments historiques. Cependant, le mobilier est riche et varié, et comporte six éléments classés., dont un bel ensemble de stalles de la seconde moitié du , qui représente le dernier souvenir matériel du prieuré clunisien de Saint-Nicolas-d'Acy, sur la commune voisine de Courteuil. La nef pourrait comporter des éléments anciens, mais a été fortement remaniée à l'époque moderne. Son voûtement n'a jamais été mené à terme, et la nef reste recouverte d'une fausse voûte en berceau. Les chapelles latérales formant transept datent du , et à l'instar du bas-côté nord du , elles affichent un style gothique flamboyant tardif influencé par la Renaissance. Tout l'intérieur est décoré d'une polychromie architecturale refaite pendant l'après-guerre. La chapelle latérale sud sert de base à un clocher sans caractère du ou du . Aujourd'hui, l'église Saint-Léonard est affiliée à la paroisse Saint-Rieul de Senlis, et les messes dominicales y sont célébrées le samedi précédant le troisième dimanche du mois, à 18 h 30.
Localisation thumb|left|Approche par l'est.
L'église Saint-Léonard est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans le parc naturel régional Oise-Pays de France, sur la commune d'Avilly-Saint-Léonard, entre Chantilly et Senlis, au centre du village de Saint-Léonard, place de la Mairie. La façade et l'élévation méridionale donnent sur la place. La rue du -Lucas-Championnière quitte la place vers l'est, et permet d'apercevoir le chevet. L'élévation septentrionale est enclavée dans des propriétés privées, et n'est en grande partie pas visible depuis le domaine public.
Histoire L'histoire de la paroisse Des origines jusqu'à l'époque de Louis XIV
L'on ignore les circonstances qui ont déterminé le choix du saint patron de la paroisse, saint Léonard de Noblat, dit aussi saint Léonard du Limousin.. L'église est mentionnée pour la première fois dans une bulle pontificale du pape Lucius III, qui confirme au chapitre de la cathédrale Notre-Dame de Senlis la possession de la cure de Sancti Leonardi de Valle Profunda.. Le chapitre Notre-Dame reste collateur de la cure jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, et est également seigneur du village. Il conserve son nom de Valprofond jusqu'au milieu du . Louis Graves affirme que le toponyme de Valprofond s'applique plus concrètement à la partie du village située au fond de la vallée de la Nonette, alors que Saint-Léonard correspondrait au quartier de l'église, mais l'abbé Vattier n'a pas trouvé de documents qui étaient cette hypothèse. Aujourd'hui, seul le château de Valprofond, à mi-chemin entre Saint-Léonard et Saint-Nicolas d'Acy (commune de Courteuil) rappelle encore l'ancien nom du village. Sous l'Ancien Régime, Saint-Léonard est le chef-lieu d'une paroisse qui englobe également le hameau d'Avilly, à l'ouest, et qui relève du doyenné et du diocèse de Senlis. Le prieuré clunisien de Saint-Nicolas d'Acy est le seigneur d'Avilly... Avant 1416 et jusqu'au , la paroisse de Valprofond est réunie aux paroisses de Courteuil, Fontaine-Saint-Firmin et Saint-Nicolas-d'Acy, en raison de la chute de la population consécutive à la guerre de Cent Ans. Les premiers curés dont les noms soit connus sont Michel Pelins, mort vers 1416, et Jean Le Charon.. Jusqu'au , l'on ne sait guère plus sur l'histoire de la paroisse. Les nombreux actes conservés aux archives départementales concernent presque uniquement la ferme du chapitre. thumb|Épitaphe de l'abbé Gaspar Michon.
Avant sa mort en 1635, l'abbé Jean Chérault, qui avait desservi la paroisse pendant vingt-six ans et neuf mois, laisse à la fabrique une somme de cinquante-cinq livres, qui sont à employer pour l'achat d'une rente, qui doit permettre de célébrer une messe annuelle pour le repos de son âme. En 1662, son successeur, l'abbé Louis Dufour, commence les registres paroissiaux. Ils sont conservés sans trop grandes lacunes jusqu'à la Révolution française. L'abbé Gaspard Michon, qui exerce son ministère de 1670 jusqu'à sa mort en octobre 1688, se qualifie de curé de Saint-Léonard, d'Avilly et de Chantilly.. Saint-Léonard est en effet la paroisse-mère de Chantilly, qui en est démembré le à la demande du prince Henri-Jules de Bourbon-Condé. La condition posée par l'évêque de Senlis est le dédommagement du curé de Saint-Léonard par une rente annuelle de 100 livres, et du conseil de fabrique par une rente annuelle de 30 livres. Cet arrangement a survécu à la Révolution française et à la mort du duc d’Aumale en 1897 : c’est son héritier, l’Institut de France, qui doit verser la rente à sa place... En 1693, Magdelaine Marcq, veuve de Guillaume Houbigant, propriétaire de la grande blanchisserie d'Avilly, ainsi que ses enfants, laissent à l'église une rente annuelle de 125 livres, et fondent ainsi plusieurs messes. Comme particularité, le prêtre doit instruire six pauvres enfants, qui touchent en plus deux livres douze sous, mais doivent en contrepartie chanter tous les jours un Stabat Mater, un Salve Regina et un De profundis sur la tombe des fondateurs. Trois ans plus tard, les sommes prévues ne sont pas entièrement versées aux enfants, en raison de certains manquements constatés. En 1698, une cloche est refondue pour la somme de cinquante-cinq livres prêtée par le curé, à rembourser par la paroisse, et des boiseries sont installées pour la somme de quarante-cinq livres, financées en grande partie par des dons..
Les dernières décennies de l'Ancien Régime thumb|upright|left|Clocher, étage de beffroi.
En 1729, la paroisse intente un procès au fermier qui doit verser annuellement la rente Houbigant. Elle perd ce procès. L'actuel M. Houbigant remet au fermier la somme de cent livres pour alléger les charges de la fabrique. Depuis le mois de décembre 1700, le curé est l'abbé Jacques Vidcoq, ancien vicaire de Saint-Pierre de Senlis, qui a alors soixante-treize ans. Les marguilliers l'invitent à réparer le clocher, qui est en mauvais état, mais il répond que le clocher est à la charge des habitants (ce que les documents conservés semblent confirmer pour le cas de Saint-Léonard). Les habitants ne sont pas contents de cette réponse et mandent un huissier de justice pour sommer le curé à effectuer les réparations réclamées. N'ayant jamais remboursé la somme de cinquante-cinq livres mentionnée ci-dessus, ils prétendent maintenant que leur précédent curé aurait bien payé des réparations sur le clocher. Ne sachant pas que faire, le curé écrit à son ami le chanoine Aubert, et lui demande de prendre un bon procureur pour défendre ses intérêts. En attendant, il réplique par une argumentation archéologique, et démontre que le clocher est plus récent que le chœur, car ses murs intègrent les deux contreforts méridionaux du chœur, et l'arcade ouvrant dans la base du clocher a été percée dans un mur préexistant grâce à une reprise en sous-œuvre, comme le prouve la nature différente de son appareil. L'affaire est plaidée devant le bailli de Senlis en date du , et est délibérée au Grand Conseil le . Les rapports d'experts se succèdent et bien qu'appuyant généralement l'avis du curé, il n'obtient pas encore gain de cause. Pendant presque quatre ans, la machine judiciaire s'arrête. Le , deux experts, un architecte à L'Isle-Adam pour le curé, et un entrepreneur en bâtiment pour les habitants, examinent le clocher, et parviennent à la même conclusion, que celui-ci est indépendant du chœur. Les habitants affirment malgré tout que le clocher soit du même temps que le chœur, et reprochent à leur expert de s'être vendu au curé. Le dénouement définitif intervient au mois de février 1735. En exécution de la sentence, le marguillier en charge verse la somme de 99 livres au procureur du curé, et la somme de 116 livres au procureur des habitants. Le curé n'a à payer que 20 livres à son avocat. Il meurt le de la même année... thumb|L'Adoration des Mages, par Dubourg. thumb|Le martyre de saint Sébastien, par Dubourg, 1760.
Le successeur immédiat de l'abbé Vidcoq meurt assez rapidement à l'âge de vingt-sept ans. Pendant quelques mois, il est remplacé par un Capucin, le frère Georges d'Amiens. Au mois d'avril 1736, un nouveau curé, l'abbé Hugues-Robert Tannier, licencié ès-lois, est installé. Il paraît que c'est lui qui règle la réparation du clocher, qui coûte 261 livres, à titre exceptionnel, en raison de . En plus, deux cloches doivent être refondues pour un prix de 120 livres, dont 48 livres sont payées par le parrain de l'une des deux cloches, M. de la Motte, contrôleur des écuries du prince de Condé. En 1748, les différentes rentes laissées à l'église par des membres de la famille Houbigant depuis 1693 s'élèvent à 120 livres, partagées entre le curé et la fabrique. Réduites à 108 livres en 1713 du fait de l'inflation, les cinq enfants avaient ajouté 325 livres, et un M. Duroil 500 livres, mais trente-cinq ans plus tard, l'on est donc passé à un montant inférieur à la somme de départ, qui était de 125 livres. Les terres que la paroisse d'Avilly possède en propre produisent un revenu de 81 livres. Au total les recettes pour deux ans s'élèvent à 696 livres, et les dépenses à 537 livres. Deux cloches doivent encore être refondues en 1750. L'assemblée des habitants décide que chacun doit participer à concurrence d'une livre. Les marguilliers arrêtent que les cloches ne sonneront pas pour l'enterrement de ceux qui n'ont pas payé, à moins que leurs proches ne paient trente sous, sauf s'ils sont trop pauvres. En 1751, les voûtes du chœur et des chapelles sont blanchies, et les lambris du sanctuaire sont peints en huile et couleur de bois, à deux couches. En 1754, beaucoup d'habitants ne restent pas à la réunion convoquée après la messe. Ils veulent ainsi échapper à la participation à la réfection du sol de la nef, jugée nécessaire par le curé, parce qu'il y a du vide sous certains bancs, et l'on peine à balayer. En 1760, l'église achète deux tableaux peints par un artiste du nom de Dubourg, qui représentent l'Adoration des bergers et le martyre de saint Sébastien, pour une somme de 74 livres. Ils existent encore. Sont également acquis, un boîtier en bois de tilleul pour l'horloge du clocher, et un christ en croix. Au bout de trente-huit ans à la cure de Saint-Léonard, l'abbé Tannier meurt le , et est inhumé dans le chœur : cette sépulture tout comme les autres de l'église paraît avoir été respectée à la Révolution, mais toutes les pierres tombales ont été enlevées ou déplacées..