Le Fonds OPEP pour le développement international (OFID)L'acronyme français est en toute logique FODI. Cet acronyme est présent dans la littérature francophone, par exemple dans : , mais l'organisation a visiblement choisi de privilégier la généralisation de l'acronyme anglais OFID. est l’institution intergouvernementale de financement du développement fondée en 1976 par les États membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). L'OFID a vu le jour lors de la conférence des souverains et chefs d’État des pays membres de l'OPEP tenue à Alger (Algérie) en . Une déclaration solennelle de la conférence avait « réaffirmé la solidarité naturelle qui unit les pays de l’OPEP avec d’autres pays en développement dans leur lutte contre le sous-développement, » et demandé que des mesures soient prises afin de renforcer la coopération entre ces pays.

L'objectif de l'OFID est de renforcer la coopération financière entre les pays membres de l'OPEP et d’autres pays en développement, en apportant à ces derniers le soutien financier nécessaire à leur développement socio-économique. il constitue en particulier un véhicule important de la coopération arabo-africaine. L’institution a pour mission première de favoriser le Partenariat Sud-Sud avec d’autres pays en développement du monde entier dans le but d’éradiquer la pauvreté. Le siège de l'OFID se trouve à Vienne (Autriche). Le Directeur-général actuel est Dr Abdulhamid Alkhalifa d'Arabie saoudite. Il effectue son troisième mandat à la tête de l'OFID, ayant été réélu à l’unanimité par l’instance suprême de l’institution, le Conseil ministériel, en .

Siège de l’OFID thumb|Siège de l’OFID, Vienne (Autriche). Le Siège de l’OFID http://www.ofid.org/Portals/0/Publications/Special%20Publications/HQ_A5_ENG_2014_Aug_web_o.pdf (situé dans le premier arrondissement de Vienne, sur la Ringstraße) était le palais résidentiel de l'Archiduc Guillaume François Charles d’Autriche. Construit entre 1864 et 1868 d’après les plans de l'architecte Theophil von Hansen, le palais fut vendu à l’ordre des Chevaliers teutoniques (ordre Teutonique) en 1870 et utilisé comme siège du Grand maître, le dernier étant l'archiduc Eugène. À partir de 1894, il servit de palais à la fois au Grand maître et maître d’Allemagne, acquérant le nom de Palais Deutschmeister. En 1938, après la dissolution de l’ordre des Chevaliers teutoniques, le bâtiment fut confisqué par l'Allemagne Nazie, en 1942, remis aux autorités policières. Entre 1945 et 1975, il servit de siège à la police de Vienne. Après une période d’inoccupation, le bâtiment devint la propriété de l'OFID.

Histoire

À la suite du premier Sommet de l'OPEP tenu à Alger (Algérie), en 1975, les pays membres ont fait part de leur détermination à aider les pays en développement grâce à un mécanisme de financement collectif. Ainsi, en 1976, les ministres des finances des pays membres se sont réunis et ont mis en place le Fonds spécial de l'OPEP, par l’intermédiaire duquel les pays membres achemineraient l’aide aux pays en développement. Le Fonds spécial de l'OPEP a démarré ses opérations en 1976, avec un capital initial d’environ 800 millions de dollars. À la fin de 1977, il avait accordé 71 prêts à 58 pays en développement, et avait acheminé des dons provenant de ses pays membres vers d’autres institutions de développement, dont le Fonds fiduciaire du Fonds monétaire international (FMI) et le Fonds international de développement agricole (FIDA).

Compte tenu du succès obtenu, les pays membres décidèrent en 1980 de transformer ce mécanisme temporaire en une entité juridique permanente appelée Fonds OPEP pour le développement international, il devint un organisme permanent pour le développement international en http://www.ofid.org/Portals/0/Publications/Special%20Publications/AE-engl.pdf.

Pays membres L'OFID compte 13 pays membres : Algérie Arabie saoudite Émirats arabes unis Équateur Gabon Indonésie Iran Iraq Koweït Libye Nigeria Qatar Venezuela

L'Équateur a rétabli son adhésion en après 22 ans d’absence..

Moyens

L'OFID apporte son concours financier de diverses manières, la répartition entre les différents types d’aide variant au fil du temps à mesure que les conditions régnant dans les pays bénéficiaires évoluent et que les besoins changent. Les modes de financement consistent à :

Consentir une aide financière à des conditions de faveur sous forme de prêts destinés à l'exécution de projets et programmes de développement, au soutien de la balance des paiements et au financement du commerce Financer des activités du secteur privé dans des pays en développement Octroyer des dons à l'appui de l’assistance technique, de l'aide alimentaire, de la recherche et des activités similaires, ainsi que de la fourniture de secours humanitaires d’urgence Contribuer aux ressources d’autres institutions de développement dont les travaux profitent aux pays en développement Servir aux pays membres de l'OPEP d’agent sur la scène financière internationale chaque fois qu’une action collective est jugée nécessaire.

Ressources

Les ressources de l’OFID proviennent de contributions volontaires versées par ses pays membres et des réserves accumulées grâce à ses diverses opérations. Une reconstitution à hauteur de de dollars a été approuvée en par l’instance suprême de l’institution, le Conseil ministériel, en réponse directe aux besoins croissants des pays en développement et aux effets négatifs de la crise financière sur leurs économies..

Bénéficiaires Tous les pays en développement peuvent, en principe, prétendre à l’assistance de l'OFID, bien que les pays les moins avancés soient largement prioritaires et aient reçu, à ce jour, plus de la moitié des engagements cumulés de l’institution. L'OFID accorde également son aide à des institutions internationales dont les activités profitent aux pays en développement. Les pays membres de l'OFID ne peuvent pas bénéficier d’une assistance, sauf en cas de catastrophe naturelle ou dans le cadre d’un programme régional. Au fil des années, l'OFID a étendu sa présence dans 134 pays, dont 53 se trouvent en Afrique, 31 en Amérique latine et dans les Caraïbes, 43 en Asie et 7 en Europe..

Opérations

Domaines prioritaires Agriculture : Les fonds ont contribué à stimuler la production végétale et animale, ainsi qu’à améliorer les infrastructures rurales, telles que les systèmes d’irrigation et les installations de stockage du fourrage. Un appui a également été fourni pour aider à promouvoir la recherche agricole.

Éducation : Le financement de l'OFID a permis de construire et de remettre en état des écoles, d’acheter des équipements et du matériel pédagogique, ainsi que de former des enseignants. L'OFID a aussi parrainé la participation de ressortissants de pays en développement à divers conférences et ateliers.

Énergie : En tant qu’un des principaux partenaires de l’initiative des Nations unies Énergie durable pour tous, l'OFID a appuyé des projets énergétiques allant de la fourniture d’infrastructures et d’équipements à la recherche et la création de capacités.

Finance : L'appui à ce secteur a consisté principalement en l’affectation de fonds aux micro, petites et moyennes entreprises (MPME) via des intermédiaires financiers tels que des banques nationales et régionales de développement, des banques commerciales et des sociétés de crédit-bail.

Santé : Le soutien a porté sur la construction et la modernisation d’hôpitaux, de dispensaires et autres infrastructures. Un appui au renforcement des capacités et aux programmes de soins de santé primaires a aussi été fourni. L'OFID joue également un rôle actif dans la lutte mondiale contre le VIH/SIDA grâce à un programme spécial de dons.

Industrie : Le financement de l'OFID a profité à tous les sous-secteurs, notamment les matériaux de construction, l’acier, les engrais et les produits chimiques.

Multisectoriel : Ce domaine inclut des opérations qui recouvrent plus d’un secteur et appuie souvent les activités des Fonds d’investissement social, dont les projets sont habituellement induits par la demande au niveau local et comportent un fort élément de participation communautaire.

Télécommunications : La plus grande partie du financement en faveur de ce secteur a été accordée au titre de la facilité pour le secteur privé de l'OFID, avec des fonds alloués à des opérateurs de réseaux mobiles en Afrique et en Asie.

Transports : L'OFID n’a eu de cesse d’apporter un soutien important à ce secteur, allant de la construction et de la réfection de routes, ports maritimes et aéroports aux chemins de fer, voies navigables intérieures et systèmes urbains de transport en commun.

Eau et assainissement : L'OFID a contribué à financer une vaste gamme d’opérations visant à fournir de l’eau potable salubre et des réseaux d’assainissement sûrs. Cela va de grands projets de stockage, de traitement et de distribution de l’eau à des pompes villageoises et latrines scolaires, en passant par des programmes permettant d’optimiser l’utilisation de l’eau dans les régions arides.

Initiative Énergie au service des pauvres (ESP) L’initiative de l'OFID Énergie au service des pauvres (ESP) est issue de la déclaration solennelle du troisième sommet de l'OPEP, qui s’est tenu à Ryad en . Cette déclaration appelait à faire de l’éradication complète de la pauvreté énergétique une priorité mondiale et enjoignait à l'OFID d’intensifier ses efforts pour atteindre cet objectif. L'ESP a été lancée par le roi Abdullah bin Abdul Aziz d’Arabie saoudite en et a ensuite été adoptée par l'OFID comme programme phare.

Depuis 2008, l'OFID a œuvré sans relâche pour propulser la question de la pauvreté énergétique en tête de l’ordre du jour mondial, et a contribué à ce que l’éradication de la pauvreté énergétique soit reconnue universellement comme l’« objectif manquant » du Millénaire pour le développement.

En , les pays membres de l'OFID ont publié une Déclaration ministérielle sur la pauvreté énergétique et consacré un montant minimum renouvelable de 1 milliard de dollars au financement de l'ESP. L'OFID accroît le volume de ses opérations dans le secteur énergétique en conséquence, en collaboration avec toutes les parties prenantes concernées.

L'OFID et l’initiative des Nations Unies Énergie durable pour tous (SE4All) Grâce à ses efforts de plaidoyer de haut niveau, l'OFID est devenu un partenaire clé de l’Énergie durable pour tous (SE4All), qui poursuit trois objectifs: garantir l’accès universel à l’énergie durable, doubler l’efficacité énergétique et doubler la part des énergies renouvelables, le tout d’ici à 2030. L’OFID considère que sa propre initiative ESP est complémentaire des objectifs de SE4All. En 2011, le Directeur-général de l’OFID, M. Suleiman Jasir Al-Herbish, a été invité à rejoindre le Groupe de haut niveau sur SE4All créé par le Secrétaire général des Nations unies, groupe qui était chargé d’élaborer le programme d’action mondial présenté au Sommet Rio+20 de 2012.

Mécanismes financiers

Opérations en faveur du secteur public Les prêts au secteur public constituent le pilier central des opérations de l'OFID, représentant plus des deux tiers du total des engagements cumulés. Ces opérations sont exécutées en coopération directe avec les gouvernements des pays partenaires à l’appui de leurs stratégies nationales de développement. Les prêts consentis par l'OFID au secteur public sont des prêts concessionnels, à faible taux d’intérêt assortis de longs délais de remboursement. Les conditions de prêt sont fonction de plusieurs facteurs, notamment le revenu national brut (RNB) par habitant de chaque pays partenaire. La contribution de l'OFID à l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) entre également dans le cadre du secteur public..

Opérations en faveur du secteur privé