Fondé il y a plus de 60 ans (1963), le Ricardo Bofill Taller de Arquitectura (RBTA) reste à l’avant-garde du design urbain et des professions architecturales. Le siège d’El Taller est situé à Barcelone en Espagne, dans une cimenterie reconvertie, appelée « La Fabrica ».. Son équipe est formée de talents variés provenant de plus de 20 pays, allant d’architectes et d’urbanistes à des graphistes et des économistes. Avec plus de projets dans 40 pays, cette équipe pluridisciplinaire et globale applique une sensibilité culturelle à chacun de ses projets, que ce soit de l’architecture, de l’urbanisme ou du design.
Création Créé en 1963 par Ricardo Bofill, le Ricardo Bofill Taller de Arquitectura a réuni une équipe pluridisciplinaire avec de nombreux talents composée d’architectes, d’ingénieurs, de planificateurs, de sociologues, d’écrivains, de cinéastes et de philosophesVincent Scully assesses the radical classicism of the Spanish architect's housing projects.Architectural Digest, v45, no.n4, 1988 April, pS59(3) . L’entreprise récupéra le savoir-faire caractéristique de l’architecture traditionnelle Catalane, tout en proposant des espaces qui défiaient les normes culturelles, sociales et architecturales de l’époque. Ricardo Bofill Taller de Arquitectura a voulu résoudre des problèmes d’urbanisation locaux dans le contexte politique et social Espagnol. Le besoin d’approcher des projets à grande échelle mena El Taller à concevoir une méthodologie pointue mais organique basée sur la formation géométrique des éléments dans l’espace Ricardo Bofill Website.
Personnages clés
Ricardo Bofill Ricardo Bofill a rejoint en 1963 l’entreprise familiale, et a fondé le Ricardo Bofill Taller de Arquitectura. Depuis sa création, il est le directeur et le président des nombreux bureaux de l’entreprise partout dans le monde. Né en 1939 à Barcelone en Espagne, il a entamé ses études à l’École d’Architecture de l’université de Barcelone et a été diplômé de l’École de Genève. Il est membre honoraire AIA et a reçu de nombreux prix d’architecture partout dans le monde. Par ailleurs, c’est un auteur publié, il a co-écrit « Espaces d’une vie » et « L’Architecture des Villes »..
Peter Hodgkinson Peter Hodgkinson est un architecte partenaire qui fait partie du Taller depuis 1966. Il est né en Angleterre en 1940 et est diplômé de l’Architectural Academy à Londres. Il a été publié dans de nombreux journaux spécialisés comme : AR, AD, Records, etc. Il a tenu des conférences en Australie, Afrique du Sud, Angleterre, France, Pays-Bas, Écosse, etc.. Il a particulièrement étudié toutes les facettes de la conception du projet architectural, où il a gagné une grande expérience dans la résolution de problèmes fonctionnels impliquant les flux et les circulations..
Jean-Pierre Carniaux Jean-Pierre Carniaux est un architecte partenaire qui fait partie du Taller depuis 1976. Il a dirigé les anciens bureaux de l’Agence à New York City en 1986. Il est né en France en 1951 et a étudié les mathématiques à l’Université de Paris et l’Architecture au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Le travail en design de Jean-Pierre Carniaux au cours des quinze dernières années va du design du Théâtre national de Catalogne, au développement à usage mixte de pour un quartier Antigone à Montpellier en passant par le siège de Shiseido à Tokyo ou bien le design des bouteilles de parfum pour Christian Diorhttp://www.archello.com/en/project/parfums-christian-dior-headquarters/977177 Parfums Christian Dior Headquarters.
Il a participé aux projets du nouvel aéroport de Barcelone, d’un gratte ciel de 50 étages à Chicago, et d’un Palais des Congrès à MadridRicardo Bofill - Madrid Congress Center . Son travail l’a mené à Moscou, Paris, New York, Montréal, Tokyo, sans oublier beaucoup de villes en France.
La Fabrica
La transformation de l’usine en un studio d’architecture est un processus de destruction comme une manière de création de l’espace. De nombreux éléments et structures de l’ancienne zone industrielle ont été démolis, faisant apparaître d’anciennes formes cachées..
Ce qui reste désormais est un mélange hybride de Mémoire et de Futur”Memory-Future". Ricardo Bofill Taller de Arquitectura. Brescia, Punto Grafico s.d, 1993.. Les 8 silos restants sont devenus des bureaux, un laboratoire de maquettes, des archives, une librairie, une salle de projection et un espace gigantesque connu sous le nom de « La Cathédrale », utilisé pour des expositions, des concerts, et toute une série d’évènements culturels liés aux activités professionnelles de l’architecte.
Une fois que les espaces ont été définis, débarrassés du béton et entourés par un nouveau paysage, l’étape suivante était celle d’inventer un nouveau programme pour l’utilisation de ces espaces. Le projet est une négation pratique du fonctionnalisme : la fonction n’a pas créé la forme, mais a prouvé que chaque espace peut être utilisé pour ce que l’architecte désire.
Le projet de rénovation a incorporé différents langages architecturaux ; le néo-gothique Catalan et des éléments surréalistes qui rendent hommage au passé industriel du bâtiment.
Aujourd’hui, « La Fabrica » fait office d’espace de travail pour El Taller, de vastes bureaux et un open space de travail, des aires de réunion retirées et une résidence privée pour Ricardo Bofill, le tout au milieu de jardins luxuriants.
Approche
Approche générale
Une méthodologie de design spécifique à l’entreprise, formalisée pendant les 50 dernières années, se concentre sur le dialogue entre l’architecte, les développeurs et les partenaires locaux. Bofill revendique qu’en engageant toutes les parties concernées pendant la totalité du processus, du commencement, jusqu’à après la finalisation du projet, les travaux du Taller sont définis par les besoins et les souhaits de ceux qui les habitent. L’approche singulière permet à El Taller de s’adresser à tous les projets, aussi bien ceux à petite échelle que ceux à grande échelle, avec la même rigueur“Ricardo Bofill Taller de Arquitectura : Towards a Human Vernacular.” By Borges, Sofia. Berlin, Germany 2013..
Un thème constant dicte le travail du Taller de Arquitectura de Ricardo Bofil, indépendamment du lieu, de la décennie ou de la typologie – celui de ce que l’entreprise elle-même nomme la « Mémoire-Future ». Son travail est dessiné en s’inspirant du passé, en faisant référence aux histoires locales, aux compositions classiques, et/ou aux méthodes de construction traditionnelles, tout en imaginant et en innovant d’un point de vue stylistique et éditorial afin de satisfaire les besoins et les souhaits de la communauté qui habitera ces espaces. Le présent, la conception de ces espaces, se trouve entre l’introspection et la prospection – Mémoire-Future.
L’utilisation d’une perspective historique dans son approche du design permet à l’équipe d’avoir une analyse continue et l’interprétation d’une culture donnée et de son héritage architectural. En se différenciant des modèles de planning urbain Socialistes et Corbuséens qui ont créé des espaces mal utilisés et vides en créant des blocs citadins isolés et répétitifs, le Taller de Arquitectura de Ricardo Bofill propose lui un modèle de ville Méditerranéenne durablehttps://mpra.ub.uni-muenchen.de/10511/1/HAIFA_2008.pdf. Ce modèle est défini par un réseau d’espaces publics qui relient des rues et des places proportionnellement normalisées..
Dans son livre « Espaces d’une vie » Ricardo Bofill évoque, « il est essentiel de récupérer la discipline développée lors de la conception des villes de la Renaissance. Personnellement, je soutiens une stratégie de croissance urbaine contrôlée, organisée et proprement planifiée (…) mon engagement a toujours été guidé par les mêmes principes – disposer une ville en ligne selon les idées d’Ildefons Sardà, l’ingénieur civil qui a conçu le magnifique district de Barcelone au pattern quadrillé, connu comme l’Eixample. L’extension urbaine doit avoir ses limites et ne doit pas, au prétexte de la continuité, annexer d’autres villes. Le design urbain doit être réintroduit dans des districts existants en isolant, préservant et rénovant certaines zones, en les transformant en de vraies communautés avec des centres commerciaux, des places, des rues, des façades et bien sûr, des limites »“Espaces d'une vie” by Ricardo Bofill andJean-Louis André. Paris, Éditions Odile Jacob, 1989..
La récurrence de villes à usage-mixte dans leurs travaux, avec ce que l’entreprise nomme « urbanisme intégré », suggère la forte conviction de El Taller qu’une ville appartient de façon égale et est partagée parmi toutes les classes socio-économiques. Dans tous ses projets d’échelle urbaine, un cœur fondamental de logements sociaux persiste.
Les années 1960 et 1970 (régionalisme critique)
Les travaux les plus anciens d’El Taller sont caractérisés par une architecture populaire locale, faisant référence à l’architecture traditionnelle Catalane. Il en est ainsi dans la résidence à Ibiza de Bofillresidence in Ibiza , une résidence au bord de la mer qui utilise des matériaux et des méthodes locaux. Cette stratégie architecturale, applique une logique géométrique dans l’organisation des éléments dans l’espace. D’abord développée d’une façon théorique avec le projet La ville dans l’EspaceThe City in Space , l’approche formelle a trouvé sa manifestation concrète en 1975 avec la construction d’un ensemble résidentiel subventionné, Walden 7. Le complexe d’appartements comprend 14 étages avec 446 appartements qui en maximisent l’échelle et la complexité. Dans un article pour Architectural Design, Vincent Scully décrit Walden 7 comme un bâtiment sauvagement expressionniste, mi Gaudi, mi Archigram“Vincent Scully assesses the radical classicism of the Spanish architect's housing projects.” Architectural Digest, v45, no.n4, 1988 April, pS59(3) . Des modules d’appartements à répétition, avec des micro terrasses privées, reliés à travers de saisissantes cours intérieures avaient pour but de repenser le logement social.
Le Château de Kafka est localisé à Sant Pere de Ribes en Espagne et a été conçu en 1968.. Le projet est un hommage à Franz Kafka. Au lieu de développer le projet avec un site, un plan et un contexte, Bofill a mis en œuvre une série d’équations mathématiques qui ont généré les positions des quatre-vingt-dix logements, ainsi que la position du bâtiment. Même si le château de Kafka garde des similitudes éditoriales avec les blocs d’appartements typiquement espagnols, le dessin de ce complexe d’appartements diffère grandement. Des cubes préfabriqués sont assemblés, selon deux équations mathématiques qui génèrent leur emplacement en relation avec une tour de circulation verticale.
La Muralla Roja, créée en 1973, poursuit la recherche de l’entreprise sur la manifestation organique de la forme, le fait d’imposer des critères définis et un lieu. La couleur définit chaque fonction structurelle, en servant de chercheurs de place tectonique pour le bâtiment à forme de labyrinthe. Malgré son esthétisme parfait, Muralla Roja est une référence claire aux racines méditerranéennes architecturales, en particulier aux tours adobes nord africaines et aux Kasbahs.
Le prototype expérimental Xanadu. reflète la théorie de l’équipe d’une ville jardin dans l’espace.. Le bâtiment veut représenter un château, se manifestant sous la forme du rocher Peñon de Ifach situé à proximité. Le module possède des détails d’architecture locale, des rampes courbées, et des éléments du toit, qui synthétisent des principes modernistes avec l’esthétique traditionnelle..
Au début des années 1970, El Taller commença à collaborer avec le gouvernement Algérien sur des sujets liées à l’urbanisme et au domaine du logement. Ce jeune travail en Algérie culmine deux ans plus tard avec la construction du projet de logement d’architecture locale, le village agricultural Houari Boumédienne, dans la partie sud-est du pays.
Les années 1970 et 1980 (le classicisme moderne)