vignette|Roadster Yamaha MT-07 : l'un des modèles les plus vendus en France en 2024. Une moto, abréviation par apocope de motocyclette, est un véhicule motorisé, sans carrosserie, à deux roues le plus souvent monotraces (en ligne), pouvant être équipé d'un side-car.. Inventées dans la deuxième moitié du dans le même temps que les premiers moteurs thermiques, les motos se déclinent aujourd'hui en plusieurs types selon leurs usages : sportive, supermotard, routière, tout chemin, routière sportive. Le conducteur, appelé « cyclomotoriste » (pour les moins de ), « motard » ou « motocycliste », est assis à califourchon sur une selle, les mains tiennent le guidon et les pieds s'appuient sur des repose-pieds. Un passager peut se tenir à califourchon derrière le pilote, si la moto est conçue avec une selle et des repose-pieds pour passager.
Lorsque le véhicule est plutôt conçu pour la ville avec tablier de protection, variateur de vitesse mécanique, position assise, plancher plat, coffre de rangement, il n'est alors pas désigné comme une moto mais comme un scooter. Les deux types de véhicules, moto et scooter, sont regroupés au sein de l'appellation « deux-roues motorisés ».
Étymologie Historiquement, « Motocyclette » est un nom propre. Déposé en 1897 par les frères Eugène et Michel Werner, fabricants installés à Levallois-Perret, il est depuis devenu un nom générique.. Il semble que ce soit le préfet de Paris qui, trouvant ce nom approprié, ait décidé qu'il désignerait, désormais, l'ensemble des véhicules à deux roues motorisés..
Histoire Ancêtres multiples à la fin du vignette|Motocyclette Werner (1899).
Comme souvent, lorsqu'une technique est émergente, sa finalisation se produit en plusieurs endroits presque simultanémentLes chapitres historiques de cet article n'ont pas vocation à brosser un panorama exhaustif des multiples évolutions techniques, commerciales ou d'organisation industrielle du marché des motos. Ils visent à mettre en évidence certains points caractéristiques de chaque époque, en donnant des exemples les illustrant. En outre, pour alléger l'article et sa liste, importante, de notes et références, certaines affirmations contenues dans le texte ne sont pas directement liées à une source. Le lecteur souhaitant approfondir ces sujets, affirmations ou exemples est invité à lire les liens Wikipedia les concernant.. Ce fut le cas pour l'automobile et l'avion, il en a été de même pour la moto : le , un procès-verbal est établi à la préfecture de la Seine en vue de la délivrance d'un brevet. concernant un « vélocipède à grande vitesse » ; il est délivré sous le numéro 83691 le à Monsieur . Cependant, rien ne certifie que ce « vélocipède » ait roulé avant 1871. Il était équipé, alors, d'un moteur à vapeur entraînant la roue arrière et de pédales agissant sur la roue avant. Un exemplaire de cette moto est exposé au musée de l'Île-de-France au château de Sceaux.
De l'autre côté de l'Atlantique, une autre invention à deux roues mue par un moteur à vapeur voit le jour : le . Vulgarisé lors de sa présentation à des fêtes foraines américaines dont témoignent la presse locale d'époque et des affiches, l'existence de ce véhicule autorise également les Américains à s'attribuer la paternité de l'invention de la moto. Cependant, contrairement à l'invention de Perreaux, le véhicule de Roper n'a pas fait l'objet d'un dépôt de brevet permettant d'officialiser sa date de création que les experts ne se sont jamais accordés à définir. La Smithsonian Institution possède un spécimen daté de 1869 dans sa collection..
L'invention de Daimler, datant de 1885, a été conçue dans le but de tester un moteur fonctionnant au pétrole. Elle était équipée de roues latérales stabilisatrices, donc de quatre roues au total. On peut, cependant, avancer que la Daimler fut la première moto dotée d'un moteur à combustion interne.
Les premiers constructeurs de motocyclettes explorent de multiples solutions techniques et commerciales.. En 1887, le Français Félix Millet fabrique et vend quelques exemplaires d'une moto équipée d'un moteur à pétrole à cinq cylindres en étoile placé dans la roue arrière. En 1894, Hildebrand et Wolfmüller (Autriche) commercialisent une moto équipée d'un bicylindre horizontal de qui bénéficie du premier véritable réseau de vente de l'Histoire. En 1897, Léon Cordonnier brevète son moteur Ixion dont l'essor commercial sera très important au siècle suivant. La même année, les frères Eugène et Michel Werner commercialisent un cycle à moteur placé au-dessus de la roue avant, auquel ils donnent le nom de « motocyclette ».
Naissance d'une industrie dans les années 1900 Les années 1900 voient de très nombreuses sociétés se lancer dans la production de motosPlusieurs centaines rien qu'en Angleterre., notamment en Europe avec entre autres Werner, DeDion Bouton, Peugeot et Monet-Goyon en France, Royal Enfield, Triumph et Norton au Royaume-Uni, NSU et Victoria en Allemagne, Motosacoche en Suisse, Bianchi, en Suède avec Husqvarna et Gilera en Italie, ainsi qu'aux États-Unis avec Indian, Harley-Davidson ou encore ExcelsiorPlusieurs de ces sociétés sont aussi actives dans le domaine des vélos, notamment : Peugeot, Indian, Royal Enfield et Triumph.. Un important tissu industriel se crée autour des constructeurs de voitures et de motos, certaines sociétés se spécialisant dans la fabrication de moteurs, comme le belge Minerva, le français Ixion, ou l'anglais JAP, ou dans la production d'autres pièces (carburateurs, boîte de vitesses, pneus, courroies et chaînes) intégrées ensuite par diverses marques automobiles et de motosCertaines sociétés produisent des composants pour leurs propres modèles et les vendent également à des constructeurs concurrents. Par exemple, pour les moteurs, c'est le cas de Motosacoche, De Dion Bouton ou Peugeot.. L'innovation technique fait rapidement évoluer les modèles proposés et les solutions utilisées. vignette|200x200px|Indian Twin (1908). À la fin de la décennie, le marché américain privilégie les moteurs à quatre temps bicylindres, introduits en 1907 par Indian, qui atteignent et . Le marché européen est essentiellement constitué de modèles monocylindres qui atteignent et , mais plusieurs marques proposent des bicylindresNotamment Peugeot., et même des quatre cylindres.. Les motos ont toutes leur moteur sous le cadre, un frein arrière et, en Europe, un frein avant. La roue arrière est motrice et la transmission secondaire se fait généralement par chaîne ou par courroie, certaines marques proposant déjà une transmission par arbre. Les fourches amorties se généralisent.
Impact de la Première Guerre mondiale vignette|Triumph Model H (1915). Au début des années 1910 le choix de motos civiles est très large, avec des modèles dont les moteurs ont un à quatre cylindres, sont à deux ou quatre temps, et, pour ces derniers, à soupapes latérales ou en tête. L'offre va s'élargir encore avec la rapide croissance du britannique BSA, qui va devenir un des plus importants constructeurs mondiaux. La seconde moitié de la décennie est marquée par la Première Guerre mondiale, qui va pénaliser certaines marques, mais aussi permettre la très forte croissance de celles qui sauront tirer profit des commandes militaires. Triumph livre ainsi plus de de son monocylindre Model H, confortant sa première position en Europe. À l'inverse, Indian négocie mal cette période et se fait dépasser par Harley-Davidson, qui, en livrant à l'armée américaine près de bicylindres et en continuant à livrer le marché civil, devient l'un des plus gros constructeurs mondiaux.
L'innovation continue à un rythme soutenu : premiers cadres suspendus (Indian, 1913 ; ABC, 1919), fourche à parallélogramme, début des freins à tambour (ABC, 1919), démarrage au kick (Triumph, 1915 ; Harley 1916), généralisation des boîtes de vitesses à deux ou trois rapports et de l'embrayage (Triumph et Harley, 1915), commandes au guidon (Triumph, 1915) La transmission finale par chaîne se généralise également avec l'apparition des boîtes de vitesses et l'augmentation de puissance des moteurs, dont plusieurs dépassent les comme l'Indian Powerplus de 1916. Le marché américain suscite une course à la puissance et à la cylindrée qu'illustre bien la marque américaine Henderson dont les modèles à quatre cylindres passent de / en 1912 à / en 1920.
Turbulences, reprise et coup d'arrêt vignette|200x200px|La R32, première moto BMW (1923). Les années 1920 commencent mal sur le marché américain, le plus important marché au monde : les ventes de Harley, premier constructeur américain, sont ainsi divisées par deux entre 1920 et 1921, pour remonter progressivement jusqu'en 1929. En Europe, Triumph connaît une forte croissance avec des ventes passant de en 1920 à près de en 1925, exportées dans une soixantaine de pays. L'organisation industrielle du secteur évolue fortement avec des disparitions (comme celle d'ABC en 1925) mais aussi des créations, dont deux au moins vont durablement marquer l'histoire de la moto : celle Moto Guzzi en Italie et de BMW en AllemagneEn Allemagne, DKW commence également à produire de motos à partir de 1922.. Les moteurs quatre temps culbutés commencent à supplanter ceux à soupapes latérales, les freins à tambour se généralisentLes motos américaines sont dotées d'un frein avant à partir de 1928., et à la fin de la décennie l'éclairage électrique, remplaçant celui à acétylène, est de série sur la plupart des modèles.
Les motos sont désormais concurrencées, pour un usage professionnel ou familial, par les voitures. Aux États-Unis, les Ford T puis Ford A, par exemple, sont au prix des motos de haut de gamme américaines. Et, en Europe, les premières voitures économiques produites en série, comme la Citroën C 5HP, la Renault NN ou la Fiat 509, offrent une alternative aux side-cars.
En 1929 commence la grande dépression qui frappe l'économie mondiale et va déclencher une profonde restructuration de l'industrie.
Années 1930 et Seconde Guerre mondiale Seuls deux constructeurs américains survivent à la crise : Harley-Davidson et Indian. Le troisième plus grand constructeur américain, Excelsior, fait faillite en 1931. Les exportations américaines de motos chutent de en 1920 à environ en 1930. La concentration en Europe se poursuit également : de nombreuses petites marques disparaissent, Peugeot reprend Automoto, BSA rachète AJS, Triumph est racheté par , qui possède déjà Ariel, et DKW fusionne avec Audi. Cette période est marquée par la sortie d'un grand nombre de modèles de petite et moyenne cylindrées, notamment propulsés par des moteurs deux temps Villiers, et par la forte croissance du marché allemand, qui compte plus de en 1934. DKW, avec vendues chaque année, devient l'un des plus importants constructeurs européens. BMW introduit les moteurs à compresseur et la fourche avant hydraulique, certains modèles ont de série une suspension arrière, notamment les Moto Guzzi et Gilera, cette dernière marque introduisant aussi le refroidissement à eau. Les boîtes de vitesses à quatre rapports avec sélecteur au pied se généralisent, et, juste avant la guerre, Triumph sort deux modèles de bicylindres en ligne, motorisation qui structurera l'offre anglaise pour plusieurs décennies. vignette|Zündapp KS 750 side car (1942).