droite|sans_cadre Le divorce est la rupture officielle d'un mariage civil ou religieux liant deux personnes, ou plusieurs en cas de polygamie. En droit, il se distingue de la séparation de fait, sans conséquence juridique, et de la séparation de corps, qui est reconnue juridiquement, mais qui laisse subsister le mariage. Cette décision se différencie de l'annulation de mariage, qui vise à effacer rétroactivement tous les effets du mariage.

Histoire Dans l'Antiquité En Grèce antique, le divorce existe sous des formes diverses suivant les cités. À Athènes Sarah B. Pomeroy, Goddesses, Whores, Wives and Slaves, Schoken, 1975, ., il peut être obtenu par consentement mutuel ou sur l'initiative de l'un des conjoints. Quand il est demandé par le mari, il prend la forme d'une répudiation : il suffit au mari de renvoyer sa femme du domicile conjugal, sans qu'il lui soit besoin de se justifier. En pratique, la dot constitue un frein puissant : lorsque le mariage est dissous, la femme récupère sa dot — sauf en cas d'adultère — avec un intérêt de 18 % Eva C. Keuls, The Reign of the Phallus, University of California Press, 1985, .. De son côté, celle-ci a le droit de demander le divorce elle-même, mais le plus souvent la requête se fait par l'intermédiaire de son tuteur légal (père, frère ou tout autre parent masculin) : la demande, dûment motivée, est alors déposée auprès de l'archonte qui l'examine et choisit de lui donner suite ou non. Les mauvais traitements constituent un motif valable de séparation, mais non l'infidélité du mariRobert Flacelière, La Vie quotidienne en Grèce au temps de Périclès, Hachette, 1959, .. Il semble qu'il ait été assez mal vu pour une femme de demander le divorce : Euripide fait ainsi dire à sa Médée : « le divorce ternit la réputation d'une femme, et elle ne peut pas, elle, répudier son conjoint » (v. 236-237). Issu de la traduction de Victor-Henry Debidour pour De Fallois, 1999.. Le mariage ayant pour but de perpétuer la lignée masculine, les enfants restent sous la garde de leur père après le divorce. À l'époque hellénistiquePomeroy, op. cit., ., le divorce est davantage formalisé : des documents légaux prennent acte du divorce et en déterminent les conséquences. La disposition la plus importante concerne la dot, restituée à l'ex-épouse. Celle-ci n'a cependant jamais droit à une quelconque part des biens du ménage.

Chez les Romains, le divorce a été pratiqué. Au début, le droit de divorcer était réservé aux hommes, mais très rapidement les femmes obtiennent ce droit. Le mariage qui était dans un premier temps un rituel religieux et social se désacralise comme le reste de la société romaine. Il était codifié dans le droit. À la fin de l'Empire, le divorce devient à peine formel, car pour des raisons de simplification, le mariage est assimilé à un contrat. Les célibataires restant cependant défavorisés par la loi (impôt…).

Au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime, en Europe Au début du Moyen Âge, le mariage n'est pas consacré et les contrats écrits tombent en désuétude. Le mariage ne permet que de sceller des alliances. Il est donc considéré comme normal de pouvoir rompre le mariageJean Bart, Histoire du droit privé de la chute de l'Empire romain au , Montchrestien, coll. « Domat / Droit privé », Paris, 1998, 537 p. , ..

Certaines lois barbares prévoient ainsi : la répudiation de la femme par le mari, avec de nombreux cas possibles ; la répudiation du mari par la femme, plus restrictive ; le divorce par consentement mutuel.

L'Église catholique romaine n'est guère favorable au divorce et considère le mariage comme indissoluble. Cependant, les règles en la matière apparaissent surtout dans des décisions des conciles particuliers, qui n'abordent souvent que des cas particuliers et apportent des réponses contradictoires.

Parmi les cas emblématiques du haut Moyen Âge, on compte ainsi l'échec du divorce de et de Teutberge, son remariage avec sa concubine Waldrade étant refusé par le pape Nicolas .. Cette affaire est utilisée par Hincmar de Reims comme support à l'exposé de la position de l'Église sur l'indissolubilité du mariage.

Pendant longtemps, deux doctrines s'opposent : l'une tend à considérer que le mariage ne peut être rompu dans aucun cas, position s'appuyant en particulier sur saint Augustin ; l'autre réserve le divorce au cas d'adultère de la part de l'épouse. Elle se fonde sur deux phrases de l'Évangile selon Matthieu, notamment celle-ci : « Tout homme qui répudie sa femme, hormis le cas de prostitution, l'expose à l'adultère » (Mt, V, 32)Ibid..

C'est la thèse de l'indissolubilité absolue qui l'emporte par la suite, devenant même la seule défendue au Jean Bart, Histoire du droit privé de la chute de l'Empire romain au , Montchrestien, coll. « Domat / Droit privé », Paris, 1998, 537 p. , ..

L'Église tend à renforcer le caractère sacré du mariage, ainsi que son corollaire, l'indissolubilité. Cette position est fondée sur le fait que le mariage entre un homme et une femme est à l'image de l'alliance conclue entre Dieu et son peuple, son Église. Il est donc fondé sur la fidélité réciproque des époux pour une alliance qui dure jusqu'à la mort de l'un des deux.

Ainsi, en 805, elle rend obligatoire le passage devant un prêtre. Cependant, quelques années plus tard, la présence de seuls témoins laïcs est acceptée. En 1215, lors du quatrième concile du Latran, le mariage devient un sacrement. L'indissolubilité fait l'objet de textes pontificaux repris dans les Décrétales de .

À partir de cette époque, l'indissolubilité du mariage est considérée comme absolue jusqu'à la mort des époux. L'Église admet seulement la séparation de corps (parfois appelée divortium), qui interdit un nouveau mariage.

En 1563, l'Église catholique confirme le statut de sacrement du mariage, pour contrer les Églises protestantes qui autorisent le divorce. En France, le pouvoir royal et les tribunaux confirment cette position.

Néanmoins, sous l'Ancien Régime, la justice prononçait très régulièrement des séparations de corps et de biens, sans pour autant que le divorce soit autorisé. Les « Séparations » étaient prononcées aux causes de « négligence, inconduite, débauche, mauvais traitements »Voir dans la série B des Inventaires sommaires des Archives départementales.

À la fin de l'Ancien Régime, des philosophes comme Voltaire, notamment dans son Dictionnaire philosophique, ou encore Montesquieu, sont favorables au divorce.

En Asie

Au Siam (actuelle Thaïlande), à l'époque du royaume d'Ayutthaya (1350-1767), le divorce était relativement aisé. Le mari rendait sa dot à sa femme et les enfants étaient partagés : ceux de rang impair (le , le , le ) restaient avec leur mère, ceux de rang pair (le , le ) avec leur père. Les divorcés pouvaient se remarier immédiatementMichel Jacq-Hergoualch, Le Siam, Guide Belles Lettres des Civilisations, Les Belles Lettres 2004, , p. 210-211..

La Thaïlande adopte un code civil d'inspiration européenne vers 1925. Ce code mentionne que les époux peuvent, en outre, divorcer par consentement mutuel. De plus, un ou une épouse peut demander le divorce devant les tribunaux, si cette partie à un motif comme l'un mentionné à l' du Code civil et commercial de la Thaïlande. En 2024, la Cour suprême de Thaïlande a décidé de modifier l' du Code civil et commercial de la Thaïlande car il n'était pas égalitaire envers les deux sexes.

Époque contemporaine vignette|Aux Pays-Bas, un couple divorcé quittant le palais de justice (12 février 1968).

Interdiction du divorce Les Philippines et le Vatican sont aujourd'hui les deux seuls États au monde dont les législations interdisent le divorce., après que le Chili en 2004 et Malte en 2011, l'ont autorisé. Ainsi, un référendum, organisé le à Malte sur la légalisation du divorce pour les couples mariés séparés depuis quatre ans et plus quand le bien-être des enfants est assuré, a donné 53 % de « Oui »À Malte, le divorce devient légal, Le Monde, consulté le 22 avril 2015..

Plusieurs tentatives législatives ont été rejetées aux Philippines pour légaliser le divorce, notamment à Manille, mais l'état actuel de l'évolution des mœurs laisse penser que sa légalisation n'est qu'une question de tempsLes Philippines se penchent sur une loi sur le divorce article sur le site Tempsréel.nouvelobs.com, consulté le 22 avril 2015..

En Suisse En Suisse, environ 51,4 % des couples divorcent, et environ 90 % par un divorce à l'amiable. La particularité de la législation suisse est, d'une part, qu'elle ne reconnaît pas le divorce par faute et, d'autre part, qu'elle autorise le divorce sans que la procédure ait été suivie par un avocat. Les époux peuvent divorcer sans être représentés.

En France Une loi autorisant le divorce est promulguée en 1792 pendant la Révolution et abrogée en 1816 sous la Restauration. Il est rétabli en .

Une loi du régime de Vichy du restreint les possibilités du divorce (il ne peut avoir lieu dans les trois ans suivant le mariage). Elle est abrogée à la Libération par l'ordonnance du Sylvie Chaperon, Les années Beauvoir, 1945-1970, Fayard, 2000, p. 19..

Après la Première Guerre mondiale, le nombre de divorces en France croît. Il se stabilise à par an dans les années 1930 avant d'augmenter à nouveau après la Seconde Guerre mondiale, jusqu'en 1946, où on en compte (nouveauté, ce sont davantage d'hommes qui demandent le divorce et on compte en 1946, 60 % de plus de demandes motivées par l'adultère féminin que masculin). Il décroît ensuite jusqu'en 1955, pour retrouver le chiffre de par an.

Le délai de viduité (période pendant laquelle une femme ayant divorcé ou devenue veuve ne peut pas se remarier) a été abrogé en 2004.

Divorce et religion Le mariage ayant une dimension sacrée dans la plupart des religions, la rupture de ce lien (le divorce) est une question dont les religions se préoccupent fortement.

Par ailleurs, . La consommation se définit comme le rapport sexuel entre les époux .

Judaïsme vignette|Carte postale montrant une procédure de divorce, musée juif de Suisse.

Le judaïsme admet la séparation à condition que les deux époux y aient consenti. Le principe est donc le divorce par consentement mutuel. Cette séparation prend la forme d'une procédure de « libération » émanant du mari, souvent perçue à tort comme une répudiation, par la remise du guet.

Christianisme