Georges Rouquier est un acteur et réalisateur français, né le à Lunel-Viel (Hérault) et mort le dans le .
Biographie Georges Rouquier est le fils d'un père aveyronnais et d'une mère languedocienne. Sa mère tient une épicerie et son père une laiterie qu'il gère avec un de ses oncles, et ils ont peu de temps à consacrer à leur fils.. Son père est tué à Verdun en ; sa mère est criblée de dettes et doit se séparer de son commerce. À 16 ans, il devient linotypiste à Paris-Soir. Il tente une première fois sa chance au cinéma avec Nuits magnétiques - Georges Rouquier : "Biquefarre" et "Farrebique" (1ère diffusion : 05/04/1984), durée 01h30m02s. Par Laure Adler- Avec Georges Rouquier - Réalisation Josette Colin, France Culture, à la minute 9.53. Georges Rouquier explique que c'est en voyant le film La marche des machines de Eugène Deslaw qu'il apprend que l'on peut réaliser un court-métrage avec aussi peu d'argent. pour réaliser Vendanges en 1929, Tout en restant linotypiste, son intérêt pour le cinéma le pousse à se rapprocher du milieu professionnel : il travaille aux doublages de films puis comme assistant réalisateur dans le film Jeunes Filles de Paris de Claude Vermorel. Puis la guerre arrive et c'est en rencontrant une personne du COIC (Comité d’organisation de l’industrie cinématographique) créé par le régime de Vichy, qu'il apprend qu'il peut obtenir une aide pour réaliser un court-métrage, il est mis en contact avec Étienne LallierNuits magnétiques - Georges Rouquier : "Biquefarre" et "Farrebique" (1ère diffusion : 05/04/1984), durée 01h30m02s. Par Laure Adler- Avec Georges Rouquier - Réalisation Josette Colin, France Culture, entre les minutes 11.30 et 13.50 qui accepte de le produire et lance sa carrière. Il tourne Le tonnelier, sorti en 1942 qui obtient le grand prix du film documentaire. Mais comme tous les jeunes hommes de sa génération il est menacé d'être engagé dans le STO et pour l'éviter il accepte de perdre son emploi et de réaliser des films de commande et aussi FarrebiqueNuits magnétiques - Georges Rouquier : "Biquefarre" et "Farrebique" (1ère diffusion : 05/04/1984), durée 01h30m02s. Par Laure Adler- Avec Georges Rouquier - Réalisation Josette Colin, France Culture, à la minute16.
Il s'est notamment rendu célèbre auprès des cinéphiles par ses documentaires originaux, et surtout par son diptyque de Farrebique (1947) et, 38 ans plus tard, Biquefarre, documentaires fictions tournés à Goutrens, avec des non-comédiens, de sa famille et du voisinage. Ces fictions documentées sont des chroniques de la vie paysanne dans le Rouergue de l'après-guerre. Contre la polémique , Jean Painlevé joue de son influence auprès des professionnels de la profession pour que ce film soit présenté au Festival de CannesRoxane Hamery, Jean Painlevé : le cinéma au cœur de la vie, Rennes, Presses universitaires de Rennes, « Le Spectaculaire », 2009, 312 p. à la page 177., il écrit notamment l'article : « Une nouvelle bataille d'Hernani, le film qui ne sera pas montré à Cannes : FarrebiquePublié dans Les étoiles, 24 septembre 1946. Cité par Roxane Hamery. » Le film est projeté hors-compétition car éliminé de la sélection officielle. Il obtient malgré tout un prix créé spécialement : le Grand prix de la critiqueQui deviendra le Grand prix de la FIPRESCI.. Il est ensuite présenté en avant-première à l'Opéra de Paris, en présence de Paul Ramadier, président du Conseil, mandaté par le président Vincent Auriol, ainsi que de tous les Rouquier et de nombreux Aveyronnais de Paris.
La RKO Pictures, célèbre compagnie de distribution américaine, achète les droits du film, le distribue et le projette au cinéma Madeleine à Paris, en même temps que Saludos Amigos de Walt Disney, en sortie nationale. Farrebique passe en tête des entrées en une seule semaine et vaudra à Georges Rouquier, outre sa distinction à Cannes, Le Grand Prix du Cinéma Français, la Médaille d'or à Venise et le Grand Épi d'or à Rome.
Farrebique est étudié ensuite dans les universités américaines comme modèle du genre, ce qui explique que Coppola et Spielberg le soutiendront et qu'ainsi, et avec l'aide d'universitaires, il obtiendra un financement de capitaux américains du pour son dernier long-métrage Biquefarre, en 1983, avec les mêmes personnages incarnés par les mêmes non-comédiens locaux, exposant, dans cette fiction documentaire, le monde paysan et ses problèmes au tournant des années 1980. C'est dans ces années d'évolution du monde agricole qu'il rencontre et influence Yves Garric.
Ses documentaires sur les métiers sont également appréciés, oscillant toujours entre fiction et réalité documentaire.
Marqué par Nanouk l'Esquimau de Robert Flaherty, il lui rendra toujours hommage à travers ses documentaires ainsi qu'à ses références cinématographiques : Charlie Chaplin, Dziga Vertov, Alexandre Dovjenko, Sergueï Eisenstein, Jean Vigo et Marcel Carné, qu'il ne copie pas pour autant, en affirmant un style personnel et original.
Georges Rouquier, meurt en dans le de Paris. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse à Paris (). Il avait épousé Maria Signorini (1922-2015).
Filmographie Réalisateur Courts métrages 1929 : Vendanges 1942 : le Tonnelier - Documentaire 1944 : Le Charron, La part de l'Enfant, L'Économie des Métaux, 3 courts métrages de commande pour échapper au STO 1947 : L'Œuvre scientifique de Pasteur - en collaboration avec Jean Painlevé 1949 : Le Chaudronnier - Film de commande 1951 : Le Sel de la terre - Film sur la Camargue pour démontrer les bienfaits du plan Monnet 1951 : Opération du Spondylogisthésis et Arthroplastie de la hanche - Documentaires - ses premiers films en couleur 1952 : Un jour comme les autres - Documentaire sur la prévention des accidents du travail 1952 : Le Lycée sur la colline - Documentaire pour l'Éducation Nationale 1953 : Malgovert film « industriel » sur le barrage de Tignes 1954 : Lourdes et ses miracles - Trilogie (dans lequel Jacques Demy est son assistant) 1955 : La Bête noire - Court métrage sur la Frégate Renault 1955 : Arthur Honegger - prix du film d'art au Festival de Venise 1957 1958 : Une Belle Peur - Court métrage sur la prévention des accidents 1959 : Le Notaire de Trois-Pistoles - Court métrage 1960 : Le Bouclier - Court métrage sur la prévention et la sécurité 1963 : Sire le Roy n'a plus rien dit - Court métrage sur les meubles canadiens-français des 1976 : Le Maréchal-ferrant - Court métrage - César du court métrage documentaire en 1977
Longs métrages 1946 : Farrebique 1954 : Sang et Lumières (Sangre y luces) d'après le roman de Joseph Peyré Sang et Lumières 1957 : S.O.S. Noronha 1983 : Biquefarre - Fiction - Prix spécial au Festival de Venise
Acteur 1957 : Lettre de Sibérie de Chris Marker- Voix 1957 : Le Bel Indifférent de Jacques Demy - Voix 1965 : Mandrin, bandit gentilhomme de Jean-Paul Le Chanois - Rôle de Voltaire 1967 : Pitchi-Poï dramatique en Eurovision tournée dans 17 pays, d'après François Billetdoux - Rôle principal de Mathieu 1968 : Jeff de Jean Herman - Rôle de Jeff 1969 : Z de Costa-Gavras - Rôle du procureur général 1970 : Nous n'irons plus aux bois de Georges Dumoulin - Rôle du médecin 1972 : Le Secret des Flamands de Robert Valey - Télévision - Rôle du peintre Battestini 1972 : Beau Masque de Bernard Paul 197? : Téléfilm de Pierre Lary - Rôle de Léonard de Vinci 1981 : L'Amour nu de Yannick Bellon avec Folon
Producteur de télévision 1972 : Les Saisons et les Jours pour la de l'ORTF (station de Lille), jusqu'en 1973
Scénariste 1946 : Farrebique 1957 : S.O.S. Noronha scénario cosigné avec Boileau et Narcejac 1983 : Biquefarre - cosigné avec son épouse Maria Signorini
Publication Georges Rouquier, Album de Farrebique, Fortuny, 1947
Distinctions Grand prix de la Critique internationale au Festival de Cannes en 1946 pour Farrebique Grand prix du cinéma français Médaille d'or à Venise Grand Épi d'or à Rome César 1978 : César du meilleur court-métrage documentaire pour Le Maréchal Ferrant
Hommages Un espace, lieu de mémoire et de découverte de l'œuvre du père du documentaire, lui est consacré à Goutrens.
De nombreux hommages sont rendus au réalisateur dans les ciné-clubs et cinémas d'art et essai.
France inter a consacré plusieurs émissions à ce cinéaste indépendant et défenseur du monde rural.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Philippe Haudiquet, Georges Rouquier, Images en bibliothèque, 1989 Dominique Auzel, Georges Rouquier Cinéaste Poète & Paysan, éditions du Rouergue, 1993 Dominique Auzel, Georges Rouquier. De Farrebique à Biquefarre, Cahiers du Cinéma, Petite Bibliothèque des Cahiers du Cinéma, 2002 Georges Rouquier, Images documentaires, , 2008
Liens externes Georges Rouquier sur le site Les indépendants du premier siècle
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