La Directive sur le bombardement de zone du 14 février 1942 a été émise par le ministère de l'Air du gouvernement britannique à l'attention de la Royal Air Force : elle ordonnait aux bombardiers de la RAF de s'attaquer à l'industrie allemande et de miner le moral du peuple allemand en bombardant les villes avec leurs habitants. Cette directive ne peut pas être vue sans le contexte du bombardement de Londres (Blitz) par la Luftwaffe allemande de à .

thumb|right|La soute d'un Avro Lancaster montrant le chargement usuel pour un bombardement incendiaire : la plus grosse, l'explosive, « Cookie » () et les petites incendiaires (), avant un raid sur Brême, en .

Origines La directive générale (S.46368/111. D.C.A.S) est émise le ... comme un amendement à la directive générale (S.46368 D.C.A.S), produite par le même ministère de l'air britannique le : dans celle-ci le Royal Air Force Bomber Command était informé comme d'une priorité de bombarder les usines en France occupée. ; le , la directive rend prioritaires les objectifs en Allemagne.

Les objectifs prioritaires La directive du (S.46368/111. D.C.A.S) donne une liste des zones industrielles les plus importantes à moins de de RAF Mildenhall, ce qui correspondait à la portée maximale du système de radionavigation GEE (appelé T.R. 1335). Est explicitement mentionnée la Ruhr, et , au centre de la conurbation est désignée comme le premier objectif, ce qui sera réalisé dans la nuit du 8 au . Même les opérations combinées, tels les bombardements périodiques d'installation d'importance stratégique comme les unités navales, étaient reléguées à une priorité moindre (par exemple Channel Dash, 2 jours après la directive).

La directive donnait comme objectif : . ().

Dans sa formulation, la directive mentionnait l'emploi de la force (), contrairement aux invitations du recommandant de garder des forces après les attaques nocturnes de la Luftwaffe de ce mois-là...

Les objectifs secondaires En second lieu, la directive donnait une liste des zones industrielles de la côte Nord dans le rayon d'action du GEE, et au-delà (Berlin, Allemagne du centre-nord et du Sud), comme cibles secondaires à bombarder quand la météo serait plus favorable : on y trouve , Düsseldorf et Cologne. Billancourt (usine Renault), en France occupée, cible prioritaire dans la directive du , devenait secondaire dans la directive du 14 (le bombardement eut lieu dans la nuit du 3 au ).

La mise en œuvre Le lendemain de l'émission de la directive, soit le , le Chef d'État-Major de l'Air Charles Portal demandait des éclaircissements à son adjoint l'air vice-marshal qui en avait fait l'ébauche, afin de préciser que c'était bien des zones habitées qu'il s'agissait et pas seulement des entrepôts ou des usines. thumb|Cologne après les bombardements

Le premier bombardement d'importance dû à la directive est celui d'Essen, dans la nuit du 8 au , et il fut suivi de divers raids incendiaires sur quatorze villes de la Ruhr. thumb|right|Wesel après les bombardements

Les modifications de la directive Entre le et le 3 septembre 1942, il y eut huit modifications de la directive (toujours sous l'autorité du ministère de l'Air): : concentrer les attaques incendiaires, de façon à produire un effet spectaculaire ; : assister les opérations du Special Operations Executive (SOE) ; : bombardement de jour des usines du Creusot ; : bombarder les usines Škoda à Pilsen dans la nuit du 23 au , pour couvrir des actes de sabotage contre les lignes allemandes du front russe et pour remonter le moral des résistants tchèques ; : changement des objectifs secondaires, et bombarder Brême, Cassel, Francfort, et Stuttgart, afin d'affaiblir la chasse ennemie, en vue d'alléger la pression subie par les Russes ; : ajout d'autres objectifs industriels dans les pays occupés, et pas seulement en France ; : définition de nouveaux objectifs en France occupée, en spécifiant de n'y envoyer que des équipages entraînés, qui risquent moins de larguer leurs bombes sur le voisinage des cibles ; : le laboratoire d'essence synthétique de Police qui paraissait permettre aux Allemands de fournir du carburant au front de l'Est. thumb|Une vieille femme devant les cadavres d'enfants à Cologne, après un raid

Autres directives comparables Les opérations de la RAF ont aussi été orientées par d'autres directives que celle du , alors même que celle-ci était encore en vigueur : le , la directive S.3319 A.C.A.S. Ops indique comme cibles prioritaires du Group 2 les Transportation and Transformer Stations ; le la directive S.46344 A.C.A.S. Ops demande qu'on largue des bombes incendiaires pendant la saison de la moisson pour couvrir des opérations de sabotage ; le la directive S.46239/?? A.C.A.S. Ops donne priorité aux installations portuaires des U-boote de Lorient, Saint-Nazaire, Brest et La Pallice, donc sur la côte ouest de la France ; le la S.46368/??? D.C.A.S. Ops prolonge les bombardements de Gênes et Turin qui avaient eu lieu le 23 octobre 1942, à la suite d'un discours de Winston Churchill avertissant l'Italie de ce type de conséquences si elle restait dans l'Axe, en donnant comme objectifs les centres industriels de l'Italie du Nord, soit Milan, Turin, Gênes et La Spezia

Opérations combinées avec les Américains La directive est enfin remplacée par , (C.S. 16536 S.46368 A.C.A.S. Ops), approuvée par les Combined Chiefs of Staff lors de leur du et diffusée le auprès de la RAF et des USAAF. L'objectif prioritaire en était :

()

Une liste d'objectifs donnait priorité : (a) aux lieux de construction des sous-marins ; (b) à l'industrie aérienne allemande ; (c) aux transports ; (d) aux réserves de carburant ; (e) à tous objectifs industriels. Les priorités étant à adapter à la situation stratégique en France et aux bases des U-Boote (sous-marins) dans le même pays.

Notes

Bibliographie

Articles connexes Crimes de guerre des Alliés Bombardement de Dresde

Source de la traduction

Liens externes

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