Les élections au Parlement d'Andalousie de () se tiennent de manière anticipée le dimanche , afin d'élire les de la du Parlement d'Andalousie pour un mandat de quatre ans.

Après plusieurs épisodes de tension, la coalition entre le Parti socialiste et la Gauche unie formée en 2012 est rompue en par la présidente de la Junte socialiste Susana Díaz, arrivée au pouvoir en 2013, ce qui conduit à la dissolution du Parlement.

Bien qu'il réalise son plus mauvais résultat historique, le Parti socialiste arrive en tête et conserve le même nombre de députés qu'en 2012. Il redevient la première force d'un paysage politique andalou chamboulé par l'émergence des partis Podemos et Ciudadanos et marqué par l'effondrement du Parti populaire et le recul de la Gauche unie.

Six semaines après le scrutin, Susana Díaz échoue lors de trois votes consécutifs à obtenir l'investiture du Parlement, une première dans l'histoire de la communauté autonome, faute d'accord avec d'autres forces politiques. Elle s'entend finalement début avec Ciudadanos, ce qui constitue la première entente entre un parti du bipartisme historique et un parti émergent. Cela lui permet d'être investie pour un deuxième mandat et de former le premier gouvernement minoritaire depuis 1994.

Contexte Coalition PSOE-IU vignette|gauche|Le socialiste José Antonio Griñán est reconduit grâce à une coalition avec la Gauche unie. Le Parti populaire (PP) de Javier Arenas remporte, pour la première fois de son histoire, les élections régionales du 25 mars 2012 mais sans majorité absolue, ce qui le prive de toute capacité de gouverner puisque les partis de gauche et centre gauche sont majoritaires au Parlement. Défait pour la première fois lors d'élections autonomiques, le Parti socialiste (PSOE-A) du président de la Junte José Antonio Griñán n'est devancé que d'un point et ne souffre pas d'un « vote-sanction » en dépit d'un chômage très élevé, de 30 ans de pouvoir ininterrompu et d'un scandale de fraude aux subventions publiques. La Gauche unie (IULV-CA) de , qui double sa représentation, laisse entendre qu'elle favorisera le maintien de José Antonio Griñán au pouvoir..

Le , le PSOE-A et IULV-CA signent un accord de coalition., un peu plus de deux semaines après avoir formellement ouvert les négociations.. José Antonio Griñán est investi le président de la Junte pour un deuxième mandat par le Parlement avec 58 voix pour.. Il annonce deux jours plus tard la composition de son second gouvernement qui comptera 11 conseillers, dont trois proposés par la Gauche unie.. Le nouvel exécutif est assermenté et entre en fonction le ..

Changement de président de la Junte vignette|Susana Díaz succède à José Antonio Griñán à l'été 2013. À l'occasion du débat sur l'état de la Communauté le , José Antonio Griñán annonce devant le Parlement qu'il ne sera pas candidat à sa succession lors des prochaines élections régionales, prévues en 2016.. La commission exécutive du PSOE d'Andalousie indique dès le lendemain qu'une élection primaire sera organisée le suivant pour désigner le futur chef de file électoral socialiste, le journal El Mundo présentant cette accélération comme une tentative de la direction du parti d'empêcher toute candidature alternative à celle de la conseillère à la Présidence Susana Díaz, choisie comme successeure par José Antonio Griñán..

Le PSOE-A proclame le Susana Díaz candidate à la présidence de la Junte, sans nécessité d'organiser un vote dans les sections socialistes, étant la seule à être parvenue à réunir suffisamment de parrainages de militants.. José Antonio Griñán fait savoir le qu'il a l'intention de quitter la présidence de la Junte, ouvrant la voie à l'accession au pouvoir de Susana Díaz.. Il remet formellement sa démission le .. Le , Susana Díaz remporte l'investiture du Parlement par 58 voix pour, devenant la première femme à exercer la présidence de la communauté autonome.. Elle prête serment deux jours plus tard. et son gouvernement en fait de même le ..

Rupture PSOE-IU et élections anticipées Les années et sont émaillées de tensions entre les deux partenaires de la coalition. En , Susana Díaz retire les compétences en matière de logement social à la conseillère au Logement après que celle-ci a relogé des familles de squatteurs à Séville, mais revient peu après sur cette décision.. Une deuxième controverse apparaît en , lorsque Susana Díaz s'oppose à un voyage de son vice-président aux camps de réfugiés sahraouis, mais le Parti socialiste et la Gauche unie s'entendent pour faire redescendre la pression entre eux..

La Gauche unie décide, en , de programmer en un référendum interne pour décider de la poursuite ou non de la coalition.. Susana Díaz fait remarquer un mois plus tard qu'il « n'y a pas de stabilité » de son gouvernement. et reçoit le soutien des huit secrétaires généraux du PSOE dans les provinces andalouses pour éventuellement anticiper les élections..

Le , la présidente de la Junte informe le coordonnateur général de la Gauche unie Antonio Maíllo de son intention de rompre leur coalition et de dissoudre le Parlement, afin de convoquer les élections au suivant, ce qui en fera le premier scrutin d'envergure depuis l'émergence du parti Podemos.. Elle relève le lendemain de leurs fonctions les trois membres de son exécutif issus d'IULV-CA et confie leurs fonctions par intérim à des conseillers socialistes..

Mode de scrutin vignette|Hémicycle du Parlement, dans l'ancien hôpital de las Cinco Llagas. Le Parlement d'Andalousie () est une assemblée parlementaire monocamérale constituée de (), élue pour une législature de quatre ans au suffrage universel direct selon les règles du scrutin proportionnel d'Hondt par l'ensemble des personnes résidant dans la communauté autonome où résidant momentanément à l'extérieur de celle-ci, si elles en font la demande.

Convocation du scrutin Conformément à l'article 101 du statut d'autonomie, le Parlement est élu pour un mandat de quatre ans.. L'article 14 de la loi électorale andalouse du , combiné aux dispositions l'article 42 de la loi électorale nationale, précise que les élections sont convoquées au moyen d'un décret du président de la Junte d'Andalousie, signé avant la fin du mandat et publié au Journal officiel, le scrutin devant se tenir le suivant la publication du décret mais pas entre le et le . Cette interdiction a été instaurée en , suivant des débats préalables aux élections de , afin d'éviter une chute de la participation causée par la combinaison des vacances et des fortes chaleurs habituelles en Andalousie à cette période.

Nombre de députés par circonscription Puisque l'article 101 du statut d'autonomie prévoit que , l'article 17 de la loi électorale indique que le nombre de parlementaires est fixé à 109 et attribue à chaque circonscription d'office, les restant étant distribués en fonction de la population provinciale.. L'article 104 du statut énonce effectivement que et précise qu'aucune circonscription ne peut avoir plus du double de représentants qu'une autre..

Le décret de convocation des élections, publié le , dispose que les sièges sont répartis ainsi. : CirconscriptionsDéputésCarte Séville18Fichier:Diputados por circunscripción (elecciones al Parlamento de Andalucía, 2012, 2015, 2018, 2022).svg Malaga17 Cadix15 Grenade13 Almería et Cordoue12 Huelva et Jaén11

Présentation des candidatures vignette|Bureau de vote à Montalbán de Córdoba. Peuvent présenter des candidatures : les partis ou fédérations politiques enregistrées auprès du registre des associations politiques du ministère de l'Intérieur ; ceux n'ayant pas obtenu de représentation lors du scrutin précédent doivent recueillir les parrainages d'au moins 0,1 % des inscrits ; les coalitions électorales de ces mêmes partis ou fédérations dûment constituées et inscrites auprès de la commission électorale au plus tard après la convocation du scrutin ; et les électeurs de la circonscription, en nombre d'au moins 1 % des inscrits.

Répartition des sièges Seules les listes ayant recueilli au moins 3 % des suffrages valides peuvent participer à la répartition des sièges à pourvoir dans une circonscription, qui s'organise en suivant différentes étapes : les listes sont classées en une colonne par ordre décroissant du nombre de suffrages obtenus ; les suffrages de chaque liste sont divisés par 1, 2, 3... jusqu'au nombre de députés à élire afin de former un tableau ; les mandats sont attribués selon l'ordre décroissant des quotients ainsi obtenus.

Lorsque deux listes obtiennent un même quotient, le siège est attribué à celle qui a le plus grand nombre total de voix ; lorsque deux candidatures ont exactement le même nombre total de voix, l'égalité est résolue par tirage au sort et les suivantes de manière alternative.

Campagne Principales forces politiques Force politiqueChef de fileIdéologieRésultats en 2012Parti populaire PPJavier ArenasCentre droit à droiteConservatisme, démocratie chrétienne, libéralisme40,7 % des voixParti socialiste ouvrier espagnol d'Andalousie PSOE-ASusana Díaz(Présidente de la Junte)Centre gaucheSocial-démocratie, progressisme, nationalisme39,6 % des voixGauche unie Les Verts – Appel pour l'Andalousie IULV-CAAntonio MaílloGaucheCommunisme, écologisme, nationalisme11,4 % des voixUnion, progrès et démocratie UPyDCentreSocial-libéralisme, réformisme, centralisme3,4 % des voixPartido AndalucistaParti andaloucistePACentre gaucheSocial-démocratie, fédéralisme, nationalisme2,5 % des voixCiudadanosCitoyensCsJuan MarínCentreLibéralisme, social-libéralisme, unionismeNouveauPodemosNous pouvonsTeresa RodríguezExtrême gauchePopulisme de gauche, républicanismeNouveau

Sondages centre|1000px

Résultats

Participation +Taux de participation aux élections.Taux de participationEn 2012En 2015Différenceà 14 heures29,29 %33,94 %à 18 heures47,21 %51,41 %à 20 heures62,23 %63,94 %final60,77 %62,56 %

Total régional +Résultats des élections au Parlement d'Andalousie de 2015Fichier:Parlement d'Andalousie 2015.svgPartiVoix%+/-Sièges+/-Parti socialiste ouvrier espagnol d'Andalousie (PSOE-A)35,2747Parti populaire (PP)26,6333Podemos14,8015Ciudadanos (Cs)9,249Gauche unie Les Verts – Appel pour l'Andalousie (IULV-CA)6,865 Union, progrès et démocratie (UPyD)1,920Partido Andalucista (PA)1,520 Parti animaliste contre la maltraitance animale (PACMA)0,800Vox0,460Citoyens libres unis (CILUS)0,280 Falange Española de las JONS (FE de las JONS)0,120Autres partis0,74 -0 -Vote blanc1,37Suffrages exprimés98,98Votes nuls1,02Total100,00 -109Abstention37,44Inscrits / Participation62,56

Par circonscription CirconscriptionAlmeríaCadixCordoueGrenadeSièges12151213Nombre%Nombre%Nombre%Nombre%Inscrits100,00100,00100,00100,00Abstentions39,4842,3034,3938,61Votants60,5257,7065,6161,39Nuls0,810,811,210,98Exprimés99,1999,1998,7999,02PartisVoix%Sièges+/−Voix%Sièges+/−Voix%Sièges+/−Voix%Sièges+/−PSOE-A32,895655PP524,00427,34430,004Podemos10,96118,88312,61113,942Cs9,36110,4217,6919,571IULV-CA4,1906,69110,0016,101UPyD1,7802,1001,5501,840PA0,7102,7801,4701,210Autres1,911,871,781,60Blanc1,291,621,641,16

CirconscriptionHuelvaJaénMalagaSévilleSièges11111718Inscrits100,00100,00100,00100,00Abstentions39,8932,0541,0834,23Votants60,1167,9558,9265,77Nuls1,321,210,871,09Exprimés98,6898,7999,2398,91PartisVoix%Sièges+/−Voix%Sièges+/−Voix%Sièges+/−Voix%Sièges+/−PSOE-A6668PP26,42329,10428,32522,024Podemos13,16111,05115,11316,663Cs7,2415,95011,7729,182IULV-CA6,2505,7207,3717,041UPyD1,5701,4502,6301,860PA1,5201,2100,9901,670Autres2,871,652,442,00Blanc1,471,111,251,38

Analyse vignette|Parti arrivé en tête par circonscription et intensité de son score. Avec un Parlement comptant désormais cinq forces politiques, dont deux partis émergents, et aucune majorité absolue, les résultats laissent augurer d'une gouvernance particulièrement complexe de la Junte d'Andalousie..