Le château du duc d'Épernon est un château situé à Fontenay-Trésigny en Seine-et-Marne, dans la Brie, à au sud-est de Paris.
Il se dresse sur le Bréon, en face de l'église Saint-Martin, au cœur de la vieille ville autrefois fortifiée. L'histoire de la ville est intimement liée à celle du château. Les châtelains étaient seigneurs de Fontenay-en-Brie sous l'Ancien Régime.
Le château est classé au titre des monuments historiques depuis le , et son parc figure au pré-inventaire des jardins remarquables.
Architecture L'architecture du château porte la marque des différentes époques où il fut rebâti après être tombé plus ou moins en ruine, avec des styles différents.
Le château fort médiéval rebâti par Jean le Mercier après 1389 était clos de murs et de fossés autour d'une cour intérieure, avec deux ponts-levis, au nord face à l'église et au sud. L'édifice actuel a conservé le plan rectangulaire cantonné de tours rondes. Guillaume Prudhomme entreprit de reconstruire le château après 1538.
Le château du duc d'Épernon proprement dit date de la première moitié du : la bâtisse construite par Jean-Louis de Nogaret de La Valette, devient ainsi un château de plaisance. Les appartements sont confortables, décorés de tapisseries et de peintures. Le rez-de-chaussée et la salle des gardes sont recouverts de grands carreaux de terre émaillée.
Le château s'intégrait alors à la ville fortifiée. Un jardin à la française se trouvait de part et d'autre du château au nord et au sud. Un canal était alimenté par le Bréon, avec deux bras partant des douves disposées de manière géométrique ; la branche orientale qui était la plus longue rejoignait un bassin situé en aval de la ferme de Sourdeau. Un grand parc arboré clôturé traversé par de grandes allées se situait au sud. Une longue perspective nord-sud partait de la ville fortifiée, passait par le château et ses jardins et traversait le parc.
Le château ne subira pas de modifications majeures avant la fin du et le début du . Le marquis de Gontaut-Biron, propriétaire en 1837, fait restaurer le corps, le logis principal, les corps latéraux et les deux tours postérieures, mais, pour ouvrir la cour d'honneur, il fait abattre le corps d'entrée, avec ses tourelles, son pont-levis, et les tours d'angle qui abritaient la chapelle gothique et la prison. Les jardins et l'ancienne ferme sont aménagés en parc d'agrément.
Les façades et toitures ainsi que la salle ornée de lambris peints au rez-de-chaussée sont classées au titre des monuments historiques par arrêté du . Les bâtiments des communs incluant le pigeonnier à trois niveaux, les sols des cours et les douves sont inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du .
Histoire
Au Moyen Âge Le château de Fontenay est mentionné au en tant que château fort sous le règne de Louis VI le Gros. Il menace alors ruine. Le château fort primitif fut bâti sur un site stratégique, sur le chemin de Rome (une route de pèlerinage venant de Paris, qui se poursuivait vers Troyes par Rozay-en-Brie et Provins, et vraisemblablement utilisée par les marchands qui se rendaient aux célèbres foires de Champagne et par les pèlerins. Le seigneur y percevait un péage au passage sur son domaine.), sur le Bréon (qui alimentait les douves) en amont de la vallée (qui abritait le château royal du Vivier et où passait une voie), en bordure des terres royales face au comté de Champagne (Rozay-en-Brie et Bernay-Vilbert étaient alors en terre champenoise, séparée de Fontenay par les bois de Lumigny, de Bernay et de Vilbert). Les terres sont dans la mouvance de la famille de Garlande du jusqu'en 1293Famille de Garlande sur le site Racines et Histoire..
En , Jean de Garlande vend la châtellenie de Tournan à Pierre VI de Chambly dit « Le Gras », grand chambellan de Philippe IV le Bel. La châtellenie de Tournan est cédée en à Charles de ValoisPère Anselme, Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France des Pairs, Grands officiers de la couronne et de la Maison du Roi; et des grands barons, tome sixième, Paris, 1730, .. La châtellenie de Tournan est ensuite peu à peu démembrée et appartint à différents seigneurs.
En 1389, Charles VI fait don par lettres patentes des terres de Fontenay à son conseiller Jean le Mercier, chevalier, seigneur de Noviant, la Neuville et RuglesPère Anselme, Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France des Pairs, Grands officiers de la couronne et de la Maison du Roi; et des grands barons, tome huitième, Paris, 1733, ., avec l'autorisation de reconstruire le vieux château tombé en ruines. Deux ans après, le nouveau château était debout avec auditoire de justice et prisons. Le château est alors clos de murs et de fossés autour d'une cour intérieure, avec deux ponts-levis, au nord face à l'église et au sud. L'édifice actuel a conservé le plan rectangulaire cantonné de tours rondes.
Au Le château passe ensuite dans la famille de Coutes par héritage. Vers 1446, Louis de Coutes, dit Minguet, fils de Jean de Coutes, page de Jeanne d'Arc puis écuyer, châtelain et seigneur de Fontenay en Brie, Viry, Neelle la Gilleberde, etc., en indivision avec ses frères et sœurs Jean de Coutes, dit Minguet, Raoul de Coutes, Jeanne de Coutes et Anne de Coutes, transporte l'usufruit à Denis du Moulin, alors évêque de Paris. Le , Jean du Moulin, fils de Denis du Moulin, échanson du roi, reçoit du roi pouvoir de rétablir le château, terre et seigneurie de Fontenay en Brie, l'hôtel de la Fleur de lis, l'hôtel de Sourdeau, ceux de Viry et d'Escoubley, qu'il a nouvellement acquis de Louis de Coutes.
Au , à la Renaissance En 1538, Guillaume Prudhomme entreprend de reconstruire le château de Fontenay. Les fortifications de Fontenay en Brie sont construites à cette époque.
En 1570, Jean de Nogaret de La Valette est le nouveau propriétaire du château. Il y reçoit Charles IX et Catherine de Médicis. thumb|upright|Jean-Louis de Nogaret de La Valette. En 1571, Charles IX invite les chefs protestants à Fontenay en Brie. Des rencontres secrètes eurent lieu au château de Lumigny, entre des chefs protestants – dont l’amiral de Coligny, Condé et Nassau – et des envoyés de Charles IX et de Catherine de Médicis, qui séjournaient à Fontenay en Brie.. Coligny fut assassiné un an plus tard à Paris, durant le massacre de la Saint-Barthélemy.
En 1575, à la mort de son père, Jean-Louis de Nogaret de La Valette, futur duc d’Épernon en , devient seigneur de Fontenay en Brie.
Au , au Grand Siècle Le château de Fontenay en Brie est le théâtre de nombreux événements et reçoit d'illustres personnages comme Henri III qui laissera le souvenir de magnifiques fêtes à l'occasion de son mariage ou Richelieu, qui y est hébergé en 1633. Durant la première moitié du , construction du château du duc d'Épernon sur l'emplacement de l’ancien château médiéval. Le château devient un château de plaisance. Les appartements sont confortables, décorés de tapisseries et de peintures. Le rez-de-chaussée et la salle des gardes sont recouverts de grands carreaux de terre émaillée.
Dans les années 1630, le château de Fontenay est habité par Jean de CampanChâtelet de Paris. Insinuations, 31 décembre 1640 - 11 février 1642 sur le site des Archives nationales., sieur de Boitron, de Cugny et de Maisonrouge, gendarme de la compagnie de cent hommes d'armes des ordonnances du roi commandée par le duc d'Épernon..
Vers 1640, Pierre Aubert de Fontenay, secrétaire de la Chambre du Roi, trésorier général de l’Artillerie, responsable de la ferme générale des gabelles de 1632 à 1656, se porta acquéreur de la terre de Fontenay en Brie cédée par le duc d’Épernon., où se trouvait le manoir de la famille Donon, ce qui lui apporta une terre, un colombier et droits de justice confortant son titre de noblessePierre Aubert de Fontenay sur le site Histoire-Généalogie.. Il fut très généreux envers sa nièce Marie Chastelain mariée à Roger de Pardaillan de Gondrin, marquis de Termes, parent du marquis de Montespan.
Après l'arrestation de Nicolas Fouquet en 1661, Pierre Aubert de Fontenay se trouva dans une situation financière difficile. En 1663, ses biens à Paris et à Fontenay en Brie furent confisqués.. À sa mort en 1668, ses créanciers et sa famille se lancent dans une longue procédure pour le partage de l'actif de la succession.
En , Marie Chastelain, veuve de Pierre Aubert, fait don à Roger de Pardaillan de Gondrin et à sa femme Marie Chastelain, de portion de tous ses biens meubles et immeubles incluant le château de FontenayChâtelet de Paris. Insinuations, 18 octobre 1668 - 26 mars 1669 sur le site des Archives nationales.. En 1674, Roger de Pardaillan de Gondrin et sa femme Marie Chastelain parvinrent à se faire reconnaître par arrêt la propriété - provisoire - de la seigneurie de Fontenay en Brie..
thumb|Restitution du parterre du château de Fontenay-Trésigny, fin du . Il y avait des cascades au bout du parterre (ici non représenté faute de document)
En , Roger de Pardaillan de Gondrin, soupçonné de faux-monnayage dans le château de Fontenay, fut dénoncé dans une lettre à Colbert indiquant qu'il faisait transporter de Paris à Fontenay en Brie par des gens d'épée quantité de fourneaux, ustensiles, métaux et produits chimiques. Le pont-levis du château de Fontenay entouré de fossés était souvent levé. Plusieurs personnes conduites par le valet Colomis menaient dans une tour des travaux d'alchimie avec l'assistance de Denis Poculot dit Blessis (amant de La Voisin) retenu prisonnier et de Denis Vautier. Mais rien ne fut décidé, Roger de Pardaillan de Gondrin avait quitté le pays et s'était caché..
En , la terre de Fontenay en Brie est acquise par François Le Tonnelier, comte de Breteuil, avec quittance de l'évêque de Meaux Jacques-Bénigne Bossuet et du seigneur de Tournan Henry de BeringhenMinutes et répertoires du notaire Pierre Caillet, mai 1689 sur le site des Archives nationales.. Fils d'un conseiller d'État, François Le Tonnelier avait été successivement conseiller au parlement (1661), maître des requêtes (1671), intendant en Picardie et Artois (1674) et en Flandre (1683), et enfin intendant de l'armée pendant la campagne de 1684, avant de devenir, la même année, intendant des financesFamille Le Tonnelier de Breteuil sur le site Racines et Histoire.. Il avait été fait conseiller d'État semestre en 1685..
Au , au siècle des Lumières Le duc de Crillon acquiert le domaine en 1751, mais le revend à Jean-Baptiste Paulin d'Aguesseau, seigneur de Fresnes, comte de Compans-la-Ville et de Maligny, marquis de Manœuvre, officier de l'ordre du Saint-Esprit en 1772, conseiller d'État ordinaire, fils du chancelier de France Henri François d'Aguesseau, qui loue le château. thumb|left|La ville de Fontenay et le château du duc d'Épernon vers 1750 Le , le duc d'Ayen, fils aîné du maréchal Louis de Noailles, devient propriétaire du château de Fontenay et du château de La Grange-Bléneau par son mariage avec Henriette Anne Louise d'Aguesseau, fille de Jean-Baptiste Paulin d'Aguesseau.
Se succèdent au château de Fontenay jusqu'à la Révolution le marquis Louis de Santo-Domingo qui y mourut en 1775., François Alphonse de Portalès, comte de la Chèze qui fut capitaine-lieutenant de la première Compagnie des Mousquetaires de la Garde., qu'il tenait à loyer du comte de Rostaing et qui y mourut en 1787Minutes et répertoires du notaire Charles Denis de Villiers, octobre - décembre 1787 sur le site des Archives nationales., et le comte Claude Théophile Gilbert Jean-Baptiste de Colbert-Chabanais qui y mourut en ..
En 1795, Marie Adrienne Françoise de Noailles, mademoiselle d'Ayen, marquise de La Fayette, fille du duc d'Ayen, est autorisée à loger quelque temps au château de Fontenay, avant son départ pour Olmütz où est enfermé son mari le marquis de La Fayette.