Léglise Saint-Georges est une église catholique paroissiale située à Ully-Saint-Georges (Oise), en France. C'est un vaste édifice assez complexe, qui se compose de parties issues, pour l'essentiel, de trois époques distinctes, à savoir la période romane tardive (années 1130 / 1140) ; la période gothique rayonnante (autour de 1265) ; et la période gothique flamboyante (second quart du ). Hormis deux pans de mur en opus spicatum qui remontent potentiellement au , les parties les plus anciennes sont le transept et la première travée des deux bas-côtés du chœur. Le maître d'œuvre a fait appel à une technique de construction novatrice, le voûtement d'ogives, avec des nervures retombant sur des piliers cantonnés, qui préfigurent le style gothique. Ainsi, l'église Saint-Georges fait partie des quarante églises du département qui possèdent des voûtes d'ogives antérieures au milieu du . À Ully-Saint-Georges, ces voûtes sont au nombre de cinq ; en effet, les absidioles et le vaisseau central du chœur sont reconstruites pour une seconde fois au . Mais dans un premier temps, le clocher reçoit son étage de beffroi, au début du , et la nef est pourvue d'un nouveau portail abrité sous un porche voûté d'ogives. Ensuite, vers 1265, les parties orientales sont rebâties selon un plan ambitieux, avec trois absides à pans coupés qui se côtoient au chevet. Les absides des bas-côtés ne sont peut-être achevées que bien plus tard, au voire au . À la fin de la période gothique, au second quart du , la nef est refaite, et munie d'une nouvelle charpente et d'un collatéral au sud, dont la dernière clé de voûte affiche la date de 1545. Des modifications mineures interviennent encore à la Renaissance et à l'époque moderne. L'église classée aux monuments historiques assez tardivement par arrêté du .. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse Sainte-Claire de Mouy, et les messes dominicales n'y sont plus célébrées que trois ou quatre fois par an, toujours le samedi à 18 h 30.

Localisation

L'église Saint-Georges est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, au pays de Thelle, sur la commune d'Ully-Saint-Georges, au centre du village, place de l'Église. La façade occidentale est précédée d'un parvis, qui donne sur la rue de Noailles (RD 44), et l'élévation méridionale donne sur la place, qui est une grande pelouse engazonnée. Il s'agit de l'ancien cimetière, transféré à son emplacement actuel en dehors du village sous le Second Empire ou peu avantLouis Graves dit en 1842 que le cimetière tient à l'église () ; Antoine-Joseph Warmé écrit en 1873 qu'il a été éloigné de l'église ().. La grange dîmière du jouxte le parvis au nord. L'élévation septentrionale et le chevet sont enclavés dans deux propriétés privées, et non visibles depuis le domaine public. Plusieurs bâtiments de la ferme au nord de l'église sont presque mitoyens de celle-ci. Parmi eux, il y avait l'ancienne prison de la seigneurie.. Selon Maryse Bideault et Claudine Lautier, .. La grange aux dîmes a été inscrite aux monuments historiques par arrêté du ..

Histoire Histoire de la paroisse thumb|Grange dîmière de l'abbaye de Saint-Denis, vue depuis le sud-ouest.

Sous l'Ancien Régime, Ully-Saint-Georges est un lieu important du bailliage de Senlis, et considéré comme bourg bien avant la Révolution française. Jusqu'au , la seigneurie appartient aux comtes de Beaumont-sur-Oise. Vers 1213, le comte vend les terres d'Ully-Saint-Georges en avouerie à l'abbaye de Saint-Denis. Elle reste le seigneur du village jusqu'en 1692, quand le roi Louis XIV donne l'ensemble des possessions de l'abbaye à la maison royale de Saint-Louis, à Saint-Cyr-l'École. La dîme est partagée entre le seigneur et le curé. La paroisse est placée sous le vocable de saint Georges. Sur le plan ecclésiastique, Ully-Saint-Georges relève du doyenné de Mouchy-le-Châtel, de l'archidiaconé Clermont et du diocèse de Beauvais. Le collateur de la cure est l'abbé de Saint-Denis. La tradition orale transcrite au veut que le service paroissial soit primitivement assuré par un religieux de saint Denis, mais c'est impossible à prouver, et impliquerait l'existence d'un prieuré à Ully-Saint-Georges. Le premier curé dont l'on connaisse le nom est un certain Guillon, cité en 1184. Un presbytère n'est mentionné qu'en 1584, mais existe sans doute depuis bien plus longtemps...

Les registres paroissiaux commencent en 1654, et fournissent certains renseignements sur la vie de la paroisse. Elle compte alors un millier d'habitants. Chaque année, le curé doit communiquer à l'évêché le nombre des communions pascales. Il s'élève à cinq cents en 1692, ce qui indique qu'une partie des habitants ne fréquentent pas la messe, sans tenir compte des jeunes enfants, des malades et des vieillards. Le curé fait périodiquement interdire aux cabaretiers de servir à boire pendant les offices, mais apparemment, sans grand succès. Les enfants sont généralement baptisés au plus tard à l'âge de deux jours, pour tenir compte de la mortalité infantile élevée. Les naissances illégitimes ne sont pas rares, mais sont généralement régularisées par un mariage, sauf dans les rares cas que l'enquête « innocente » le père supposé. Les mariages sont généralement célébrés peu de temps après les fiançailles. Le curé essaie d'éviter la consanguinité entre les époux. En effet, les mariages entre cousins sont fréquents, puisque l'on se marie toujours sur place ou dans les villages voisins. Mais dans la pratique, l'évêque accorde presque systématiquement une dispense. Le presbytère est décrit dans un texte des alentours de 1730. C'est une maison cossue, . Le terrain représente environ , séparé de l'église par une ruelle dite anciennement Rue-au-Prêtre. Le vicaire est logé dans une autre maison, rue du Moutier..

thumb|upright|Notre-Dame-de-Pitié. L'église Saint-Georges n'est pas l'unique édifice religieux de la paroisse. Le plan terrier de 1710 / 1713 parle dune chapelle ancienne couverte de tuiles, dans une petite cour transformée en jardin, près du manoir seigneurial. Si l'échelle s'avère juste, elle doit mesurer environ de longueur pour de largeur. Selon un devis de réparations daté du , un versant du toit avait été détruit, et sa couverture est à refaire. La chapelle figure encore sur un plan du manoir de 1767. L'on ignore les circonstances de sa disparition, son style architectural, et même son vocable. En outre, l'ancienne ferme seigneuriale comporte un bâtiment d'une architecture très soignée, désigné sur les plans anciens comme pressoir. Le rez-de-chaussée montre quatre arcades bouchées en arc brisé, et l'étage, deux fenêtres à meneaux de la Renaissance. Des vestiges d'un voûtement d'ogives subsistent à l'intérieur. Les dimensions intérieures sont importantes : de longueur pour de largeur. Jean Perrot pense qu'il devrait s'agir du bâtiment conventuel d'un potentiel prieuré de l'abbaye Saint-Denis, qui aurait assez tôt perdu sa vocation initiale. En dehors du bourg, les hameaux de Cavillon et Coussenicourt possèdent des chapelles à l'usage des habitants, dédiées respectivement à Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte, et à Saint-Sulpice-et-Saint-Antoine-l'Ermite. La première est située en pleins champs, près du chemin conduisant de Châteaurouge (commune de Cauvigny) à Dieudonné. Elle est déjà citée dans une bulle pontificale d'Alexandre III datée de 1170, et appartient à l'abbaye Saint-Martin de Pontoise. Elle évoque par ses dimensions une petite église, mais il est en principe interdit d'y faire célébrer des messes, ce qui n'est pas toujours respecté. Vendue comme bien national en 1794, elle tombe petit à petit en ruine, et ses dernières traces disparaissent au début du . Bien plus modeste, la seconde chapelle dépend directement du curé d'Ully-Saint-Georges, qui y dit la messe une fois par an. En 1785, les dames de Saint-Cyr accordent au curé une aide financière pour sa restauration, tout en insistant sur ce fait que rien ne les y oblige : c'est une précaution nécessaire afin d'éviter des procès en justice dans l'avenir. Enfin, restent à mentionner un oratoire dit chapelle du Dieu-de-Pitié, au milieu du carrefour entre la rue des Forges et la rue Jean-Érard, et un oratoire du titre de Notre-Dame-de-Pitié, rue de la Vierge, au hameau de Coupin. Ce dernier subsiste à ce jour, et a même été restauré..

En 1789, les habitants de chaque village adressent leur cahier de doléances au roi. Les habitants du hameau de Moulincourt, qui vont habituellement à la messe à Lachapelle-Saint-Pierre, et dépendent du bailliage de Beaumont, alors que le reste de la paroisse relève du bailliage de Senlis, rédigent un cahier à part. C'est le seul d'Ully-Saint-Georges qui s'est conservé. Dans le premier chapitre, les rédacteurs déplorent que la religion catholique soit attaquée depuis plusieurs années par , et attirent l'attention du roi sur la pénible condition des curés de campagne, dont les revenus ne suffisent pas pour soulager les malheureux comme il le faudrait. En effet, le curé peine souvent à recouvrir les menues dîmes, et renonce parfois à sa propre part. Les habitants de Moulincourt font part de leur souhait de pouvoir former une paroisse avec les hameaux voisins de Bois-Morel et Cavillon, demandent la permission de construire une église, et promettent de verser à leur futur curé l'équivalent de la dîme actuelle (soit un tiers de la dîme totale de l'ensemble de la paroisse). Ces vœux ne se réalisent pas. Cependant, pendant plus de deux ans, la vie religieuse de la paroisse n'est pas affectée par la Révolution, et le curé Géruzet, assisté du vicaire Delaon, exerce son ministère comme auparavant. Sa signature apparaît pour la dernière fois à l'occasion d'un mariage, le . Ensuite les traces des deux prêtres se perdent. De toute évidence, ils refusent de prêter serment à la constitution civile du clergé, mais l'on ignore s'ils renoncent à la prêtrise, émigrent ou sont emprisonnés et déportés. Moins d'une semaine plus tard, arrive le père Pierre-Laurent Bigot, prêtre constitutionnel, mais il démissionne à la fin de l'année 1792, devient officier public dUlly-les-Fontaines, et se marie le . Il est vrai que l'exercice du culte devient difficile à partir du mois de novembre 1792, quand les vases sacrés et objets liturgiques sont saisis et envoyés au district de Senlis, pour récupérer les métaux précieux. Toutes les cloches sauf une sont envoyées à la fonte. Le reste du mobilier est inventorié, mais apparemment laissé en place. Au mois de novembre 1793, le culte catholique est interdit, et le vicaire Bussy est dénoncé et arrêté. Pour retrouver la liberté, et échapper à une mort certaine, il est contraint de se marier, et se lie donc à une veuve très âgée. Les biens de la fabrique sont vendues et rapportent de recettes. La chapelle Saint-Cyr de Cavillon est estimée à 430 livres, et la chapelle Saint-Antoine de Coussenicourt à 300 livres..

L'histoire de la paroisse depuis le rétablissement de la liberté du culte n'a pas encore fait l'objet d'une publication. Le concordat de 1801 apporte l'intégration de l'ensemble des paroisses du département de l'Oise dans le diocèse d'Amiens. En 1822, le diocèse de Beauvais est restauré dans ses limites définies par la Révolution française, et correspond désormais au territoire du département de l'Oise. Aujourd'hui, Ully-Saint-Georges fait partie de la paroisse Sainte-Claire de Mouy. La vie spirituelle, quasiment éteinte, se limite à trois messes dominicales anticipées célébrées certains samedis à 18 h 30, pendant la période d'avril à octobre. S'y ajoutent quelques célébrations particulières.

Histoire de l'église thumb|Maquette réalisée par des élèves. thumb|Le millésime 1545 se lit sur la clé de voûte de la du collatéral de la nef.