Henri-Charles GeffroySelon les sources, Geffroy est alternativement orthographié Geoffroy, né le et mort le , est le fondateur de l'entreprise française de distribution La Vie claire pionnier de spécialisée dans l'alimentation biologique et l'alimentation saine en France. Ouvert à Paris, le premier magasin bio date de 1948 et répond à une demande du public envers une alimentation naturelle et saine telle que décrite depuis 1946 dans sa revue éponyme. Pour approvisionner ses magasins, il crée une coopérative en 1951 : la société l'Aliment sain qui devient, en 1965, la Société française de l'Alimentation saine. Il est auteur d'ouvrages de diététique dont le plus célèbre s'intitule Tu vivras 100 ans.
Biographie
Fils d’une famille d’éditeurs parisiens, la maison Henri Geffroy, anciennement F. Roy, située au 222 boulevard Saint-Germain, Henri-Charles Geffroy naît le selon le catalogue de la Bibliothèque nationale de France . Victime de guerre lors du conflit mondial de 1914-1918, il est gazé à l'ypérite en 1917. Joseph Gicquel écrit alors que , il . Dans La France et son pain, Steven Kaplan et Jean-Philippe de Tonnac évoquent Geffroy en ces termes : . Les auteurs brésiliens Rochele Castelano de Sousa, Julie Duarte et Graciela Mendonça da S. Medeiros précisent, quant à eux, que Geffroy puise son inspiration à partir d'une perception hygiéniste d'un nouveau genre dispensée par plusieurs figures marquantes de l'époque parmi lesquelles figurent : un célèbre chirurgien thoracique en la personne du Ferdinand Sauerbruch le professeur Max Gerson, auteur de la méthode Gerson le docteur Arthur Merrheim (dit professeur Mono) qui est le père de Jean Merrheim cité plus loin D'après Sousa, le point commun qui unit le régime alimentaire de ces trois praticiens préconise entre autres l’éviction des produits d’origine animale tout en privilégiant la consommation de fruits crus, céréales et la cuisson à l'étouffée de certains légumes. C'est ainsi qu'au cours des années 1940 et 1950, Geffroy popularise un discours selon lequel une alimentation ferait . , au sujet de laquelle Michel Delmas écrit, dans La saga des franchises, qu'elle a été Le premier numéro de la revue paraît en 1946. Son contenu comporte différentes rubriques allant de aux en passant par . En 1948, Geffroy ouvre le tout premier magasin bio en France à Paris et enfin une coopérative à partir de 1951 pour y diffuser les produits qu'il prône. La chaîne
À partir de 1974, il appartient au comité de patronage de Nouvelle École. .
Approche nutritionnelle
Végétalisme
Originellement inspiré par les préceptes édictés par le docteur Paul Carton, fortement influencé par Alexis Carrel, puis mû par une conviction inébranlable et prosélyte en un végétalisme assidu, Geffroy reprend en quelque sorte les idées antérieurement avancées par Jean Merrheim, lui-même partisan convaincu de la consommation exclusivement vouée aux végétaux. Dans l'ouvrage Alimentation et nutrition humaine rédigé entre autres par Henri Dupin, Jean-Louis Cuq et Marie-Irène Malewiak, il est notamment précisé que Geffroy proscrit le recours aux légumineuses en raison de leur contenance en purines ; il recommande en outre en sus d'un apport complémentaire en levure de bière pour sa contenance vitaminique et protéinique compensatoire.
Le blé d'Osiris
thumb|Le professeur Vivi Täckholm réfute la thèse du prétendu
Dans un chapitre intitulé , Wekstein fait mention d'un épisode clé dans le parcours du fondateur de La Vie claire. Le fil rouge — orientaliste et préfacier du livre de Geffroy : — en la personne d'un médecin-acuponcteur et disciple du George Soulié de Morant alias le R. Sauvageot : les semences lui auraient été confiées par l'académicien Joseph de Pesquidoux à son retour d'un voyage exploratoire en Égypte. Toujours selon Wekstein, le R. Sauvageot et son frère auraient cherché à cultiver, promouvoir et faire connaitre ces grains exceptionnels au grand public jusqu'à ce qu'Henri-Charles Geffroy Un article paru dans le journal suisse L'Impartial relate les tenants et aboutissants de cette affaire. Par ailleurs, le livre coécrit par Geffroy et Sauvageot relatant la saga précitée est commenté par la Revue internationale des industries agricoles de 1949 :
Cependant, plusieurs scientifiques, dont Vivi Täckholm — alors professeure à l'université du Caire et attachée au Musée d'agriculture Fouad — ainsi que le professeur P. Pilet de l'université de Lausanne, expriment quelque réserve face aux assertions du Sauvageot.
Pain complet
thumb|Pain complet bio au levain naturel — à l'exclusion formelle de toute adjonction de levure de boulanger — fabriqué à base de farine intégrale de blé et de seigle selon une recette en tout point conforme aux prescriptions du fondateur de La Vie claire Henri-Charles Geoffroy.
Dans la droite lignée des postulats édictés par le Lenglet et à l'image du docteur Henry Thiébaut dont Geffroy préface l'un des ouvrages, il fait mettre au point en 1950 un « pain intégral de pur froment ». Fustigeant les produits raffinés et, notamment, les farines blanches , Geffroy insiste sur la nécessité quasi-biblique de fonder la base de tout repas sur son accompagnement au pain complet — à base de farine intégrale de culture biologique — dont la fermentation panaire se doit impérativement d'avoir été conduite exclusivement au levain naturel par opposition à toute adjonction de levure de boulanger. Dans la revue La Vie claire de , il qualifie d'ailleurs le pain blanc à la levure de Jean Roux rapporte que les déclarations tonitruantes et martelées tous azimuts de Geffroy lui valent consécutivement quelque ennui judiciaire dont celui d'être poursuivi par la Confédération nationale de la boulangerie et de la meunerie qui lui réclame 30 millions d'anciens francs de dommages et intérêts pour et campagne de rétorsion diffamatoire contre le . Cet aléa n'empêche cependant pas Geffroy de récidiver de plus belle quelques années plus tard dans son livre intitulé Le secret de la santé en accusant les industriels d'avoir transformé le pain originel en « pain cadavre ».
Alcoolisme
Dans un ouvrage collectif de 1993 originellement publié en italien sous l'autorité de la Fondation Kousmine, les docteurs Catherine Kousmine, Philippe-Gaston Besson et Alain Bondil font état des connexions étroites qui existeraient — selon Geffroy — entre la consommation régulière de pain blanc, vecteur de carences alimentaires, et la prééminence consécutive d'une surabondance d'ingestion carnée avec, par extension, toujours d'après Geffroy, l'inéluctabilité consécutive d'un alcoolisme implicitement interactif et indissolublement lié.
Remèdes
Chlorure de magnésium
thumb|Le et professeur Pierre Delbet, chirurgien français, membre de l'Académie de médecine connu pour avoir promu le chlorure de magnésium dans l'antisepsie.
Geffroy s'intéresse de près aux études des docteurs Pierre Delbet et Auguste Pierre Neveu ainsi qu'au rôle antiseptique exercé par le chlorure de magnésium dans la stimulation locale des globules blancs. Les recherches initiales de Delbet, réalisées au début du sur le front des combats lors de la Première Guerre mondiale, portent en outre sur les qualités antiseptiques de ce remède pour soigner les soldats blessés et combattre les infections. Par des expériences effectuées sur des chiens, Delbet réussit à démontrer que l'action excitatrice du chlorure de magnésium sur les globules blancs s'exerce in vivo dans le sang. Il baptise du nom de « cytophylaxie » cette méthode qui a pour but d'exalter l'activité des globules blancs. Le terme désigne selon lui une méthode qui a pour but d'augmenter l'activité des cellules. Au point de vue chirurgical, il l'oppose à l'antisepsie, bien que son application puisse être dévolue à d'autres domaines que la chirurgie. À partir de 1915, il ne recourt désormais pour laver ou panser les plaies qu'à la seule solution de chlorure de magnésium. Il l'utilise également en injections sous-cutanées et même en injections intravasculaires. Son élève, le Auguste Neveu, confronté à l'impuissance d'alors du corps médical devant nombre de maladies apparemment incurables, parcourt attentivement les travaux de son maître . Des résultats encourageants l'incitent à persévérer. Durant la Seconde Guerre mondiale, il poursuit ses investigations et expériences, notamment sur la maladie de Carré chez les chiens. Il affirme alors avoir guéri de nombreuses maladies infectieuses grâce au chlorure de magnésium : diphtérie, poliomyélite, grippe et fièvre aphteuse entre autres prescriptions. Ce parcours thérapeutique et les succès obtenus incitent Geffroy à promouvoir les travaux de ces deux éminences à une époque où la poliomyélite faisait des ravages alors que la question d'un vaccin efficace demeurait encore controversée. La philosophe et thérapeute française Paule Salomon indique dans son livre — initialement paru en 1983 aux éditions Albin Michel puis réédité en 1995 — que l' à cette époque mais que,
Critiques
Ascèse
thumb|Aliments préconisés par Geffroy : fruits, légumes, fruits secs, fruits oléagineux, céréales, à l'exclusion cependant des légumineuses en raison de leur contenance en purines.
Dans La France marginale publiée en 1975 chez Albin Michel, Irène Andrieu met en exergue la prônée par Geoffroy ainsi que les écueils auxquels sont susceptibles de se heurter une vision nutritionniste manichéenne : Andrieu se réfère en outre à André Passebecq qui . Andrieu relève néanmoins un point commun à la plupart des orientations susmentionnées en précisant :
Hygiénisme Inversement, en 1999, dans la revue Écrits de Paris, Paul Malliavin fait allusion à l'émergence de divers courants écologiques et réformes hygiénistes ou nutritionnelles, fustigeant l', outre, poursuit-il, face à la progression de l'agriculture intensive ainsi que l'usage inconsidéré des fertilisants et engrais chimiques essaimés à outrance.
Dérive sectaire
alt=|thumb|Cette pyramide nutritionnelle de type végétalienne conforme aux préhensions de Geffroy (hormis l'éviction des légumes secs) se fonde sur les préceptes établis par l'Association américaine de diététique.
En 2009, un « Rapport au Premier ministre » établi par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Milivitudes) indique — au chapitre intitulé La naturopathie : une médecine holistique fondée sur l’hygiène nutritionnelle — qu'en France, . Le texte est toutefois précédé d'une mise en garde qui précise que
Le mythe du bio
Citant nommément le parcours de Geffroy et de La Vie claire, Gil Rivière-Wekstein — fondateur de la lettre d'information mensuelle Agriculture & Environnement, spécialiste des questions agricoles et environnementales et auteur de Bio : fausses promesses et vrai marketing paru chez le Publieur en 2011 — fait part d'une étude effectuée aux États-Unis publiée le par la revue américaine Annals of Internal Medicine qui a rendu publics les travaux d'une équipe de chercheurs de l’université de Standford aux États-Unis concernant les allégués effets d’une alimentation bio sur la santé. Les résultats affichent une absence de différence significative entre aliments bio et conventionnels dans la mesure où le parcours agronomique est semblable. Ces conclusions rejoignent ainsi les postulats précédemment énoncés par plusieurs instances parmi lesquelles figurent les comptes-rendus établis par : l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) dont les résultats ont été publiés le le Alan Dangour, chercheur à la London School of Hygiene and Tropical Medicine via un article paru le dans l’American Journal of Clinical Nutrition Léon Guéguen et Gérard Pascal, deux chercheurs honoraires de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) spécialisés en nutrition humaine et sécurité alimentaire qui ont communiqué leur constat en dans les Cahiers de nutrition et de diététique
Zététique