Le Teatro Malibran, dont le nom a changé plusieurs fois depuis sa création, en commençant par Teatro San Giovanni Grisostomo (ou Crisostomo) d'après le nom de l'église voisineLynn 2005, pp. 101—103, est une salle d'opéra à Venise qui a été inaugurée en 1678 avec la création de l'opéra Vespasiano de Carlo Pallavicino. En 1683, il a été décrit comme « le plus grand, le plus beau et le plus riche théâtre de la ville »Le Mercure Gallant, mars 1683, dans Lynn, p. 102.

Richement décoré, le théâtre se compose de cinq niveaux de trente loges et d'un grand parterre garni de sièges.

Le Teatro San Giovanni Grisostomo Conçu par Thomas Bezzi pour la famille Grimani, le théâtre est devenu la plus grande scène, la plus luxueuse et extravagante de Venise, connue pour ses productions somptueuses et ses chanteurs de haute qualité tels que Margherita Durastanti, prima donna entre 1709 et 1712. Au cours de son âge d'or, la scène a servi aux créations de très grands compositeurs tels qu'Alessandro Scarlatti dont l'opera seria, Mitridate Eupatore, a été créé le , Georg Friedrich Haendel dont l'Agrippina a été créée le .

Pendant les années 1730, le San Giovanni Grisostomo a commencé un lent et inexorable déclin, malgré les efforts pour maintenir sa position à la tête des théâtres vénitiens jusqu'au milieu du . En 1737, lorsque Carlo Goldoni a été placé à la tête de la scène vénitienne, des œuvres en prose ont commencé à être représentées (dont plusieurs de ses propres comédies). Par la suite, en raison de sa taille considérable, la famille Grimani a décidé d'ouvrir un petit théâtre en 1755, le San Benedetto. L'ouverture de cette nouvelle salle a conduit à la fin de la suprématie du San Giovanni, qui a connu une lente diminution du nombre des représentations.

Repris par la municipalité en 1797, il a été appelé Teatro Civico. Après la chute de la république de Venise et la fin de l'occupation française, le théâtre a été parmi les rares à ne pas être fermés.

le Teatro Malibran vignette|gauche|Illustration du théâtre au (1709) de Vincenzo Maria Coronelli

En 1819 le théâtre a été vendu à Giovanni Gallo, qui en 1834 l'a restauré, le rebaptisant une première fois Teatro Emeronittio (car il restait ouvert de jour comme de nuit) et puis une seconde fois, en 1835, Teatro Malibran, en signe de gratitude envers Maria Malibran, la grande cantatrice qui le de cette année, avait interprété dans ce théâtre, La sonnambula de Vincenzo Bellini. Elle avait été fortement consternée par l'état de l'édifice, et avait renoncé à son cachet pour aider à le réparer.

En 1849, le retour des Autrichiens à Venise a provoqué la fermeture de tous les grands théâtres de Venise à cause de la résistance de la ville, à l'exception du Malibran.

Le fils de Gallo a repris le théâtre en 1852. La salle a été vendue aux enchères en 1886 et alors totalement redécorée dans le style égyptien. Elle a été fermée pendant six ans après une seule saison d'opéra en 1913 en raison de problèmes de sécurité, mais elle a rouvert ses portes pour présenter l'Otello de Verdi en . Le Malibran a alors été utilisé pour représenter des opéras, des opérettes, et même projeter des films durant la première moitié du .

En 1992, la municipalité de Venise a acheté le théâtre, et a entrepris des actions pour le rénover, surtout après 1996, car à la suite de la destruction du Teatro La Fenice, le Malibran devenait indispensable. La décision a été prise de respecter l'ensemble de la structure architecturale originale plutôt que de changer radicalement les installations. Lors de la restauration, la fosse d'orchestre a été élargie et un bassin souterrain énorme a été construit pour recueillir l'eau des inondations occasionnelles de Venise qui auraient rempli d'eau l'ensemble du théâtre.

Le Malibran est devenu le siège temporaire de l'orchestre de la Fenice et, après une décennie de travail, le Malibran avec une capacité de 900 sièges a été rouvert le par le président Carlo Azeglio Ciampi, avec un concert de gala qui comprenait des extraits d'opéras de Verdi (on commémorait le centenaire de sa mort), de Bellini (on commémorait le bi-centenaire de sa naissance) et quelques extraits de musique de Wagner. Le théâtre continue de fonctionner aussi bien comme un lieu alternatif pour les productions de La Fenice, que pour des productions qui lui sont propres.

Créations mondiales (liste partielle) Vespasiano de Carlo Pallavicino, 1678 Nerone de Carlo Pallavicino, 1679 Il ratto delle Sabine de Pietro Simone Agostini, 1680 avec Giovanni Francesco Grossi Antioco il grande de Giovanni Legrenzi, 1681 Creso de Giovanni Legrenzi, 1681 Flavio Cuniberto de Gian Domenico Partenio, 1681 Carlo re d’Italia de Carlo Pallavicino, 1682 Flavio Cuniberto de Domenico Gabrielli, 1682 Il re infante de Carlo Pallavicino, 1683 Licinio imperatore de Carlo Pallavicino, 1683 Ricimero re de' Vandali de Carlo Pallavicino, 1684 Massimo Puppieno de Carlo Pallavicino, 1685 Penelope la casta de Carlo Pallavicino, 1685 Amore inamorato de Carlo Pallavicino, 1686 Didone delirante de Carlo Pallavicino, 1686 L'amazone corsara, ovvero L'Alvida regina de' Goti, 1686 Elmiro re de Corinto de Carlo Pallavicino, 1686 La Gerusalemme liberata de Carlo Pallavicino, 1687 Carlo il Grande de Domenico Gabrielli, 1688 Orazio de G. F. Tosi, 1688 La pace fra Tolomeo e Seleuco de Carlo Francesco Pollarolo, 1691 Onorio in Roma de Carlo Francesco Pollarolo, 1692 L’Ibraim sultano de Carlo Francesco Pollarolo, 1692 La forza della virtù de Carlo Francesco Pollarolo, 1693 Ottone de Carlo Francesco Pollarolo, 1694 Irene de Carlo Francesco Pollarolo, 1694 Il pastore d'Anfriso de Carlo Francesco Pollarolo, 1695 La Rosimonda de Carlo Francesco Pollarolo, 1695 Ercole in cielo de Carlo Francesco Pollarolo, 1696 Amor e dovere de Carlo Francesco Pollarolo, 1696 Marzio Coriolano de Carlo Francesco Pollarolo, 1698 Il Faramondo de Carlo Francesco Pollarolo, 1698 Il repudio d'Ottavia de Carlo Francesco Pollarolo, 1699 Lucio Vero de Carlo Francesco Pollarolo, 1699 Il colore fa' la regina de Carlo Francesco Pollarolo, 1700 Il delirio comune per l’incostanza dei genii de Carlo Francesco Pollarolo, 1700 Catone Uticenze de Carlo Francesco Pollarolo, 1701 L'odio e l'amore de Carlo Francesco Pollarolo, 1702 Venceslao de Carlo Francesco Pollarolo, 1703 La fortuna per dote de Carlo Francesco Pollarolo, 1704 Il giorno de notte de Carlo Francesco Pollarolo, 1704 Il Dafni de Carlo Francesco Pollarolo, 1705 Filippo, re della Grecia de Carlo Francesco Pollarolo, 1706 Flavio Bertarido, re dei Longobardi de Carlo Francesco Pollarolo, 1706 Il selvaggio eroe de Antonio Caldara, 1707 Alessandro in Susa de , 1708 Sofonisba de Antonio Caldara, 1708 Il vincitor generoso de Antonio Lotti, 1709 Agrippina de Georg Friedrich Haendel, 1709 Ama più chi men si crede de Antonio Lotti, 1709 Il comando non inteso et ubbidito de Antonio Lotti, 1710 Isacio tiranno de Antonio Lotti, 1710 Il tradimento traditor de se stesso de Antonio Lotti, 1711 La forza del sangue, de Antonio Lotti, 1711 L’infedeltà punita de Antonio Lotti, 1711 Publio Cornelio Scipione de Carlo Francesco Pollarolo, 1712 L'infedeltà punita de Carlo Francesco Pollarolo, 1712 Spurio postumio de Carlo Francesco Pollarolo, 1712 Porsenna de Antonio Lotti, 1713 Irene augusta de Antonio Lotti, 1713 Semiramide de Carlo Francesco Pollarolo, 1714 Il germanico de Carlo Francesco Pollarolo, 1716 Foca suberbo de Antonio Lotti, 1716 Ariodante de Carlo Francesco Pollarolo, 1716 Alessandro Severo de Antonio Lotti, 1717 Eumene de Tomaso Albinoni, 1717 Astianatte de Antonio Maria Bononcini, 1718 Ifigenia in Tauride de Giuseppe Maria Orlandini, 1719 Leucippo e Teonoe de Antonio Pollarolo, 1719 Paride de Giuseppe Maria Orlandini, 1720 Il Lamano de Michelangelo Gasparini, 1720 Teodorico de Giovanni Porta, 1720 Nerone de Giuseppe Maria Orlandini, 1721 Lucio Papirio dittatore de Antonio Pollarolo, 1721 Plautilla de Antonio Pollarolo, 1721 Giulio Flavio Crispo de Giovanni Maria Capelli, 1722 Romolo e Tazio de Carlo Luigi Pietragrua, 1722 Venceslao de Giovanni Maria Capelli, Antonio Pollarolo e Giacomo Porta, 1722 Mitridate, re de Ponto vincitor de se stesso de Giovanni Maria Capelli, 1723 Gli equivoci d’amore e d’innocenza de Francesco Gasparini, 1723 Ipermestra de Geminiano Giacomelli, 1724 Il trionfo della virtù de Francesco Brusa, 1724 Il più fedel tra gli amici de Michelangelo Gasparini, 1724 Berenice de Giuseppe Maria Orlandini, 1725 Siface de Nicola Porpora, 1725 Il trionfo de Flavio Olibrio de Giacomo Porta, 1726 Meride e Selinunte de Nicola Porpora, 1727 Aldiso de Giacomo Porta, 1727 Arianna e Teseo de Nicola Porpora, 1727 Argene de Leonardo Leo, 1728 Ezio de Nicola Porpora, 1728 Catone in Utica de Leonardo Leo, 1729 Semiramide riconosciuta de Nicola Porpora, 1729 L’abbandono de Armida de Antonio Pollarolo, 1729 Onorio de Francesco Ciampi, 1729 Artaserse de Johann Adolf Hasse, 1730 Idaspe de Carlo Broschi, 1730 Massimiano de Giuseppe Maria Orlandini, 1731 Demetrio de Johann Adolf Hasse, 1732 L’Issipile de Giacomo Porta, 1732 Epaminonda de Geminiano Giacomelli, 1732 Adriano in Siria de Geminiano Giacomelli, 1733 Merope de Geminiano Giacomelli, 1734 La clemenza de Tito de Leonardo Leo, 1735 Rosbale de Nicola Porpora, 1737 Demofoonte de Gaetano Latilla, 1738 Alessandro Severo de Andrea Bernasconi, 1738 Viriate de Johann Adolf Hasse, 1739 Ottone de Gennaro D'Alessandro, 1740 Oronte re de' Sciti de Baldassarre Galuppi, 1740 Didone abbandonata de Andrea Bernasconi, 1741 Tigrane de Giuseppe Arena, 1741 Merope de Niccolò Jommelli, 1741 Statira de Nicola Porpora, 1742 Il Bajazet de Andrea Bernasconi, 1742 Semiramide de Niccolò Jommelli, 1742 La ninfa Apollo de Andrea Bernasconi, 1743 Arsace de Baldassarre Galuppi, 1743 Siroe re de Persia de Gennaro Manna, 1743 Meride e Selinunte de Pietro Chiarini, 1743-4 Ipermestra de Christoph Willibald Gluck, 1744 Semiramide riconosciuta de Johann Adolf Hasse, 1744 Antigono de Andrea Bernasconi, 1745 Sofonisba de Niccolò Jommelli, 1745 Artaserse de Girolamo Abos, 1746 Tito Manlio ( versione) de Niccolò Jommelli, 1746 Evergete de Lorenzo Gibelli, 1748 Ciro riconosciuto ( versione) de Niccolò Jommelli, 1749 Siroe de Gioacchino Cocchi, 1750 Artaserse de , 1750 Didone abbandonata de Gennaro Manna, 1751 Le nozze de Paride de Baldassarre Galuppi, 1756 Cajo Mario de Baldassarre Galuppi, 1764 Notte si fausta de Ferdinando Bertoni, 1764 Achille in Sciro de Florian Leopold Gassmann, 1766 Il finto pazzo per amore de Michele Mortellari, 1779 L’arrivo del burchiello da Padova a Venezia de Luigi Caruso, 1780 Il geloso corretto de Francesco Gnecco, 1803 Il finto fratello de Francesco Gnecco, 1803 La prima prova dell'opera Gli Orazi e Curiazi de Francesco Gnecco, 1803 Irene e Fliandro de Luigi Antonio Calegari, 1808 Casanova: Opera Pop de Red Canzian et Miki Porru, 2022

Références

Voir aussi Bibliographie Lynn, Karyl Charna (2005), Teatro La Fenice and Teatro Malibran, Venice, Italian Opera Houses and Festivals. Lanham, MD: The Scarecrow Press. Plantamura, Carol (1996), Italy: The Birthplace of Opera, The Opera Lover's Guide to Europe. Citadel Press.

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