Cormery (prononcé ) est une commune française de la vallée de l'Indre située dans le département d'Indre-et-Loire en région Centre-Val de Loire.

Le bourg se crée peu à peu dans les deux derniers siècles du premier millénaire au contact de l'abbaye bénédictine Saint-Paul, fondée en 791 au bord de l'Indre. L'un des artisans de cette fondation monastique est Alcuin, chancelier de Charlemagne. Cormery bénéficie dès lors des privilèges économiques (foires, marchés) accordés à l'abbaye et grandit peu à peu jusqu'à atteindre plus de au début du . Sa population connaît toutefois par la suite une érosion et il faut attendre la seconde moitié du pour que la proximité de Tours permette à la démographie cormerienne de repartir à la hausse. En , la commune compte .

Cormery est une commune d'assez petite taille où l'agriculture, même si elle n'a pas totalement disparu, n'est plus depuis longtemps une composante majeure de l'activité locale. Au , son économie repose sur les secteurs secondaire mais surtout tertiaire et bénéficie de la présence d'une importante zone d'activités, le « Node Park Touraine » qu'elle partage avec sa voisine Tauxigny-Saint-Bauld.

Bien que démembrée à la Révolution française, l'abbaye de Cormery a laissé d'importants vestiges au cœur de la ville ; ils constituent la plus grande part du patrimoine bâti remarquable de la commune et font toujours l'objet d'études et de restaurations. L'église paroissiale et, dans le cimetière, un monument à la fonction controversée (lanterne des morts ou croix hosannière) font partie, comme l'abbaye, des édifices protégés au titre des monuments historiques. Cormery partage avec des communes voisines deux ZNIEFF et deux sites naturels inscrits. Le « macaron de Cormery », dont plusieurs légendes et traditions évoquent l'origine, est la spécialité pâtissière locale.

Géographie Localisation et communes limitrophes Commune de la vallée de l'Indre, Cormery se trouve à au sud-est de Tours.. Elle se situe à l'extrême ouest du canton de Bléré et la séparent de cette ville.. Les distances sont exprimées « à vol d'oiseau », de chef-lieu communal à chef-lieu communal. Cormery est rattachée à l'aire urbaine et au bassin d'emploi de Tours, mais à l'unité urbaine et au bassin de vie d'Esvres, commune limitrophe.

Géologie et relief vignette|redresse=1.3|alt=Carte en couleurs représentant les couches géologiques affleurantes d'un territoire.|Carte géologique de Cormery..

L'histoire géologique de Cormery, comme celle de la Touraine plus généralement, est marquée par une succession de phases de sédimentation. L'avance marine sur le territoire a déposé le calcaire sénonien et les argiles à silex (c4-6S) issues de sa dégradation, mais ce faciès n'apparaît pas sur la commune. Il est en effet recouvert au Ludien par le calcaire d'origine lacustre de Touraine (e7) caractéristique des sols de la Champeigne tourangelle, souvent meuliérisé. Des poches, dans lesquelles le carbonate de calcium se trouve concentré, ont été exploitées jusqu'à la fin du . Un complexe de sables argileux et de graviers grossiers (Rm-3p) de la fin du Tertiaire recouvre par places cet ensemble, mais la formation affleurante qui domine est constituée de limons éoliens quaternaires, en faible épaisseur (LP). L'Indre et ses ruisseaux affluents ont creusé leur vallée dans cette succession de strates, déposant des alluvions anciennes à mi-hauteur de la vallée actuelle (Fw-x) puis, s'enfonçant un peu plus dans le substrat, des alluvions modernes en fond de vallée (Fy-z). Des colluvions de pente (CF-N) formées d'éléments détritiques, sables ou graviers, descendus du plateau tapissent une grande partie du versant sud de la vallée.. vignette|gauche|alt=Photographie en couleurs d'un pan de roches blanches au flanc d'une falaise.|Ancienne carrière de carbonate de calcium. Le territoire communal de Cormery se développe sur la rive gauche de l'Indre, la rivière servant de limite communale du sud-est au nord-ouest. Sa superficie réduite (, quand la surface moyenne d'une commune française est de en 2016.) est probablement due au fait que la commune, et avant elle la paroisse, s'est constituée assez tardivement sur les marges des grandes exploitations agricoles du plateau de la Champeigne au sud-ouest. Le procès-verbal de délimitation du territoire communal date de 1819 et aucune modification n'y a été apportée depuis.

La commune est installée pour partie sur le flanc de la rive gauche de l'Indre et dans la vallée de la rivière, une portion importante de son territoire, au sud-est, s'étendant toutefois jusque sur le plateau. Le point le plus bas de la commune, à une altitude de , se situe dans la vallée de l'Indre, au nord-ouest, en limite de Truyes et d'Esvres, alors que le point culminant à se trouve sur le plateau, en limite d'Esvres et de Saint-Branchs..

Hydrographie vignette|alt=Photographie en couleurs d'une rivière entre deux rives arborées avec un massif de maçonnerie affleurant l'eau.|Vue de l'Indre vers l'amont, depuis le pont de Cormery. Le territoire de la commune est arrosé par la rivière Indre, seul cours d'eau permanent. Elle forme plusieurs bras au niveau du chef-lieu communal et décrit deux courbes successives , dessinant un « S » et constitue la limite du territoire, du sud-est au nord-ouest. Le ruisseau temporaire des Riaux sur la rive gauche, qui prend sa source à la limite de Courçay et de Cormery, complète ce réseau hydrographique ; très encaissé à son approche de la vallée, il est aménagé dans sa partie terminale par les moines pour irriguer les jardins et alimenter les viviers de l'abbaye. Des sources karstiques sont drainées par les strates de calcaire lacustre...

La pente moyenne de la rivière, dans sa traversée de Cormery n'est que de , alors qu'elle est d'environ sur l'ensemble de son cours.. Les crues de l'Indre sont le plus souvent de type inondation de plaine, menaçant les secteurs de Cormery bâtis au plus près du cours d'eau et identifiés comme particulièrement exposés dans le plan local d'urbanisme...

Une station de mesures du service d'administration nationale des données et référentiels sur l'eau est implantée sur l'Indre à Cormery..

Trois zones humidesD’après l’article L. 211-1 du Code de l’environnement, « on entend par zone humide les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année ». ont été répertoriées sur la commune par la direction départementale des territoires (DDT) et le conseil départemental d'Indre-et-Loire : « la vallée de l'Indre : de la vallée du Moulin à la Pointe de Farcé », « la vallée de l'Indre : de la Cartonnerie au Faubourg » et « la vallée de l'Indre : de la prairie de la Vacherie aux Prés Germains »...

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Moyenne vallée de la Loire, caractérisée par une bonne insolation () et un été peu pluvieux.. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Reignac-sur-Indre à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Milieux naturels et biodiversité vignette|gauche|alt=Photographie en couleurs d'un champ cultivé avec un bois à l'horizon.|Paysage de Champeigne : plateau de Cormery avec « le Bois Curé » à droite de la photo. En amont du bourg, l'érosion de l'Indre dans la concavité d'un de ses méandres a entamé le coteau de calcaire lacustre en formant des falaises abruptes avec, comme sur la commune voisine de Courçay, quelques phénomènes de surplomb (rocher de la Pinone). Ce site, qui présentait jusqu'au début du un certain attrait touristique et qui était pourvu d'une petit belvédère, est désormais entièrement envahi par la végétation en raison de l'abandon de la pratique régulière du pastoralisme. Le plateau, au sud-est, présente les caractéristiques paysagères habituelles de la Champeigne : grands champs aux formes régulières et à vocation céréalière, avec quelques unités boisées aux noms évocateurs : « le Bois Curé », « la Taille des Pères », « la Taille Haute » ; ce type de paysage naturel occupe près de 60 % du territoire communal. La vallée de l'Indre, en amont du bourg, est composée de prairies bordées par des arbustes et des bois le plus souvent naturels, mais qui sont localement dénaturés par l'implantation de peupleraies dont l'entretien n'est pas toujours suivi ; au niveau de l'agglomération et en aval, elle est occupée par des jardins, fréquemment inondés par les crues de la rivière même lorsqu'elles sont faibles. vignette|redresse=1.2|alt=Carte représentant en couleurs les zones de patrimoine protégé d'un territoire.|Carte du patrimoine naturel de Cormery. Deux secteurs géographiques, aux marges du territoire communal, sont répertoriés au plan européen comme présentant un intérêt en matière de faune et/ou de flore remarquables. La zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique continentale de type I des « prairies et coteaux de l'Indre au moulin de Vontes » se développe en majorité sur les communes d'Esvres et de Truyes, mais elle intéresse également la pointe nord-ouest du finage cormerien. Elle est remarquable par la diversité de ses habitats, prairies à flore des lieux humides comme le Pigamon jaune (), grottes à chiropères comme le Grand Rhinolophe (), pelouses sèches à orchidées comme la Limodore à feuilles avortées ()..

Depuis 2006, Cormery est intégrée pour la partie de son territoire située au sud-ouest de la , au réseau Natura 2000. La zone de protection spéciale (ZPS) ainsi constituée, dite « site Natura 2000 Champeigne », vise à la préservation des espèces d'oiseaux rencontrées dans son périmètre, dont l'Outarde canepetière () est la plus emblématique., grâce à des mesures agroenvironnementales appropriées imposées aux parcelles de culture concernées. en application de la directive oiseaux du édictée par l'Union européenne.

En outre, deux sites de Cormery sont inscrits dans le cadre de la loi du : « l'Indre aux ponts de Cormery » (1943). et le « Rocher de la Pinone, l'Indre, ses rives et l'île » (1942).. Pour ce dernier site, l'environnement des falaises karstiques de la rive gauche de l'Indre, en amont du bourg, est favorable à l'installation de certaines espèces botaniques plus couramment rencontrées en régions montagneuses, comme l'Hutchinsie des rochers ().

Urbanisme Typologie Au , Cormery est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022..