Monique Antoine, née le à Paris et morte le dans la même ville., est une avocate et militante féministe françaiseMort de l'avocate féministe Monique Antoine, Le Figaro, 24 mars 2015.Monique Antoine : une figure du féminisme s'est éteinte, BFM TV, 25 mars 2015..
Biographie Monique Antoine, fille de fonctionnaires des Postes dans l'Ariège, obtient une licence en droit à Toulouse. À vingt ans, elle est alitée pour plusieurs années à cause d'un accident de voiture qui handicape une de ses jambes. En 1960, elle obtient un premier emploi à Paris, en tant que conseillère juridique dans une banque. C'est à l'occasion de la guerre d'Algérie qu'elle s'engage : elle soutient les insoumis et les déserteurs, et héberge des militants algériens du FLN. Elle rejoint le réseau « Jeune Résistance » en 1960. Arrêtée en 1961, elle est incarcérée à la prison de femmes de la Petite-Roquette, dont elle n'est libérée qu'après la signature des accords d'Évian, en .
En 1965, elle voyage en Algérie et rencontre Daniel Timsit, qu'elle épouse. Le couple a deux filles, la première née en 1967, la seconde en 1969.
En lien avec son métier d'avocate, son engagement se porte ensuite sur la création du Groupe d'information sur les prisons (GIP) en 1971, avec Michel Foucault et Pierre Vidal-Naquet. Elle fait par ailleurs partie du Mouvement d'Action Judiciaire (MAJ), un collectif d'avocats qui s'est créé à l'issue des événements de Jean-Jacques de félice, avocat militant des droits de l’homme, par le laboratoire d'Histoire Sociale CHS.
Son engagement féministe rejoint aussi son métier d'avocate lorsqu'elle participe à la défense du procès de Bobigny, en 1972. Ce procès est une étape historique de la lutte pour la légalisation de l'avortement. Elle compte également parmi les personnes ayant collecté les signatures du manifeste des 331 (331 médecins attestant avoir pratiqué l'avortement).
Son rôle dans l'histoire du mouvement féministe français du s'illustre aussi par la cofondation, en 1973, notamment avec Jeannette Laot, alors membre de la direction de la CFDT, et Simone Iff, présidente du Planning familial, du Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception (MLAC). Elle préside ce mouvement jusqu'en 1975, année où se dissout le MLAC, avec l'adoption de la loi Veil légalisant l'IVGLe Point du 2 avril 2015, page 17.
Monique Antoine inscrit ensuite son action dans le Mouvement de libération des femmes (MLF) et dans la défense de femmes violées dont elle se fait l'avocate, aux côtés de Josiane Moutet et Colette Auger. Elle est également l'avocate du mouvement français pour le planning familial.
En 2001, elle est élue au conseil municipal de Montbel (Ariège).
Monique Antoine-Timsit meurt d'un cancer, à l'âge de , le , à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Comme l'écrit Martine Storti dans un article du Monde, du : .
Monique Antoine est inhumée le à Montbel (Ariège).
La place Monique-Antoine est inaugurée le , au croisement des rues Vieille-du-Temple et des Francs-Bourgeois, près des anciens locaux du MLAC ( de Paris).
Notes et références
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