Anne Français, née le à Châtenois (Vosges) et morte le à Ris-OrangisRelevé des fichiers de l'Insee, est une artiste peintre, aquarelliste, pastelliste et lithographe française.
Elle est la créatrice et seule adepte du concept de en peinture.
Biographie thumb|left|180px|Académie de la Grande Chaumière. thumb|150px|Passage du Grand-Cerf, Paris Anne Français naît à Châtenois (Vosges), qu'elle quitte durant son enfance avec ses parents pour s'installer à Paris dans le quartier de Montmartre. Elle s'inscrit en 1925 à l'Académie Julian, puis suit les cours libres de l'Académie de la Grande Chaumière.
Désireuse de s'émanciper d'une vie familiale plutôt conflictuelle, elle part en 1928 vivre avec un aristocrate fortuné qui lui offre son atelier, des soirées dans les cafés, théâtres et concerts, et des voyages. Entre 1928 et 1930, elle effectue plusieurs séjours au Maroc et son premier fils naît en 1931. Les drames de la mort de son enfant à l'âge d'un mois, puis de son compagnon en la même année 1931, la font revenir chez ses parents, reprendre les cours à la Grande Chaumière et poursuivre une formation d'illustratriceJean Perreau, Anne Français (1909-1995), inventeur du ionnisme, ..
Anne Français épouse un fonctionnaire en 1935 et le couple emménage à Saint-Genis-Laval (Rhône). Parallèlement à la peinture, elle se crée des ressources en travaillant dans le décor de théâtre et la peinture de décoration artisanale. En 1943, elle fait près de Villefranche-sur-Saône la connaissance très déterminante pour sa peinture d'André Utter, veuf de Suzanne Valadon et beau-père de Maurice Utrillo. Sa vision qui va naître de cette amitié avec Utter est déjà très perceptible dans ses toiles de Cannes en 1947, de Deauville en 1948, du Finistère en 1949.
La suite logique de l'échec de son mariage et de son divorce en 1944 consiste cependant pour Anne Français à se réinstaller à Paris où elle trouve un grand atelier qui va favoriser ses recherches ionnistes sur de très grands formats au 4, passage du Grand-Cerf. Elle y vit avec le poète Yves d'Anne. Soutenue par son amie Germaine Everling, compagne de Francis Picabia, elle entre alors dans le monde des expositions parisiennes (galeries et salons) où elle est saluée par les critiques d'artAndré Warnod dans Le Figaro, article cité par Jean Perreau, , ..
Dans les années 1950, Anne Français commence à retirer ses toiles des châssis afin de les découper selon les lignes et formes essentielles qu'elle y décèle, comme pour y abolir ce qu'elle perçoit comme les sévères contraintes cartésiennes de l'orthogonalité : répond-elle au critique d'art René Barotte qui s'étonne de cette démarche inéditeRapporté par Gérard Barrière dans Les immobiles ionnistes d'Anne Français.. De la toile, Anne Français passera au support en bois découpé qu'elle baptisera (abrégé d'), la surface peinte s'affranchissant du cloisonnement orthogonal du carré ou du rectangle pour se revendiquer espace en expansion, pour se décréter non plus « tableau » mais, selon le propre mot d'Anne Français, .
Sa santé se dégrade en 1993 et son séjour estival à Plougrescant est interrompu par une hospitalisation urgente à Tréguier. Elle meurt le et est inhumée au cimetière de Châtenois.
Œuvre L'« ionnisme » L'article d'André Warnod paru dans Le Figaro du , s'arrêtant sur , demeure pour Jean Perreau le signe de la réalité de l' en tant que phénomène artistique reconnu.
Le néologisme « ionnisme », inventé par Anne Français, renvoie à la philosophie ionienne développée dans l'Antiquité grecque par les écoles de Milet (le mathématicien et philosophe Thalès) et d'Éphèse (Héraclite). De même que pour Thalès et Héraclite, la nature a un principe fondateur, la représentation de la nature a son principe fondateur dans la peinture : ses « ions » originels, qui pour Anne Français, peuvent être les multiples traits, points ou encore triangles isocèles initiaux en quoi elle décompose sa vision d'un paysage, d'un nu, voire d'une nature morte.
La révélation de l'ionnisme chez Anne Français est historiquement mise en simultanéité avec sa rencontre d'André Utter en 1943 : ce dernier, s'il n'est pas un théoricien de la peinture, privilégie la lumière et dirige Anne Français vers une expression par touches syncopéesRobert Lesieur, Maryvonne Le Bars et Maxence Mazzoni, « Anne Français », La Gazette de l'Hôtel Drouot, , 27 mars 2015, ..
Anne Français s'est elle-même expliquée sur l'ionnisme, car elle écrivit beaucoup : un livre de mémoires sorti en 1952 (Un monstre ) et une revue de philosophie de l'art qu'elle fonda en 1955 (Absence). Jean Perreau éclaire l'expérience ionniste de Français en la citant :
Daniel Chudet peut ainsi définir l'ionnisme comme étant . Et Gérard Barrière de conclure : . De son côté, Gérald Schurr propose la définition suivante :
Quelques thèmes dans l'œuvre d'Anne Français Marrakech, la ville rouge (1929). l'Exposition universelle de 1937, les pavillons français Le Château de Ménars. Cannes (La Croisette, les festivals, les navires). Deauville (le Jardin François André). Plougrescant, (Bretagne). L'Île d'Oléron, 1960. Le Château de Christiansborg (Danemark), 1965. Portraits, Anne Français a dessiné et peint des portraits, entre autres, de Jean Cocteau, Fernandel, Charles Trenet, François Périer et du poète Yves d'Anne. Jusqu'au ionnisme (gravures). Les IOI (Immobiles ionnistes).
Bibliophilie Anne Français (texte et lithographies), Un beau jour à Ménars, lithographies originales imprimées dans les ateliers de Fernand Mourlot, Hachette, 1965.
Expositions Expositions personnelles
Expositions collectives
Vente publique Vente de l'atelier Anne Français, Le Havre, Vente de l'atelier Anne Français au Havre, Présentation de l'évènement in Paris-Normandie, 26 mars 2015..
Réception critique - René Lacôte, 1951
Collections publiques Algérie Cité universitaire Ben Aknoun, Alger, dépôts du Centre national des arts plastiques : Le marché de Quimper, dessin 46x29cm, 1953Centre national des arts plastiques, "Le marché de Quimper" dans les collections ; Intérieur de l'église de Quimper, dessin 46x29xm, 1953Centre national des arts plastiques, "Intérieur de l'église de Quimper" dans les collections. Danemark Statens Museum for Kunst, Copenhague. France
Principauté de Monaco Musée de Monaco.
Notes et références
Annexes Bibliographie Jean Cassou, Bernard Dorival, Georges Duby, Serge Fauchereau, René Huyghe, Jean Leymarie, Jean Monneret, André Parinaud, Pierre Roumeguière et Michel Seuphor, Un siècle d'art moderne - L'histoire du Salon des Indépendants, Denoël, 1984. Gérard Barrière et Daniel Chudet, Les immobiles ionnistes d'Anne Français, édité par La Tour des Cardinaux, L'Isle-sur-Sorgue, 1992. Françoise Woimant, Marie-Cécile Miessner et Anne Moeglin-Delcroix, De Bonnard à Baselitz, estampes et livres d'artistes, Paris, BNF, 1992. Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1993. Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999. Jean Perreau (texte) et Jean-Olivier Rousseau (photos), Anne Français (1909-1995), inventeur du ionnisme, Éditions Jean-Paul Villain, 2000. Robert Lesieur, Maryvonne Le Bars et Maxence Mazzoni, commissaires-priseurs, Catalogue de la vente de l'atelier Anne Français, Le Havre, .
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