Roger Bertreux, né le à Le Trait (Seine-Maritime) et mort à Vestric-et-Candiac (Gard) le , est un industriel et un homme politique français.

Biographie

Après des études en agriculture (École d'agriculture d'Hyères (Var)), il entame son parcours professionnel chez « Dunand et Cie » où il se voit confier la gestion de deux propriétés à Valence (Drôme). C'est le début de son engagement dans l'import-export agricole.

En 1963, il crée avec onze autres agriculteurs la coopérative « Conserve-Gard » dotée d’une infrastructure industrielle (usine de fabrication de fruits au sirop) dans le but d’absorber la production fruitière du départementMidi Libre, juillet 1967, divers articles en pleine page mettent l'accent sur l'ampleur de l'usine, qualifiée de "plus importante unité européenne de fabrication de fruits au sirop"Revue "Agriculture", novembre 1969, P. Rouveroux détaille en plusieurs pages la stratégie de R. Bertreux et les importants tonnages de fruits traités par Conserve-Gard. En effet, une problématique d’écoulement du fruit frais se posait à l’époque en raison de l’essor des plantations de vergers, rendues possibles par l’alimentation en eau du bassin languedocien par le canal d’irrigation du Bas-RhôneRevue Bas-Rhône Languedoc de juin 1980.

Il en fut le directeur général jusqu'en , mais également le PDG de la SA « Verjame » (raccourci des Vergers et Jardins de la Méditerranée), qui consacre l’union de « Conserve-Gard » et de « Conserveries St Mamet », l’autre coopérative régionale spécialiste du fruit au sirop. Cette époque marque un grand pas dans l’innovationMidi Libre, 6 août et 13 décembre 1981L'Express, 22-28 mars 1985, Portrait de "Neuf hommes efficaces" qui font l'économie du Sud-Ouest, dont Roger Bertreuxet les modes de consommation avec notamment le développement des formats individuels.

En , il participe avec Jacques Blanc alors secrétaire d'État, à l'étude d'un élargissement de la Communauté économique européenne à l'Espagne, au Portugal et à la GrèceMidi Libre, 29 juillet 1978, article pleine page sur ce face à face.

En 1979, il fait partie des entrepreneurs français sélectionnés pour rencontrer une délégation de dirigeants chinois conduite par Zhao Ziyang, ayant pour mission de créer des partenariats économiques et de développer le rôle des régions dont ils ont la chargeLe Monde, 25 mai 1979, A. Jacob, correspondant du Monde en région, revient sur l'enjeu politique de cette visite. La Chine s'intéresse de près aux progrès de la France dans le secteur agro-alimentaireMidi Libre, 26 juin 1979. En 1982, c'est une délégation Soviétique conduite par M. Koslov, Ministre des Fruits et légumes de l'URSSMidi Libre, décembre 1982 qui s'intéresse à Conserve-Gard. Roger Bertreux insiste alors sur le caractère "made in France" de la plupart de ses machines et lignes complètes de production.

Durant sa carrière, il occupa diverses fonctions : administrateur de l'institut de développement des industries agro-alimentaires (IDIA), créé par Raymond Barre, administrateur du centre technique des conserves de produits agricoles (CTCPA) et expert technique de l'Oniflhor.

Fidèle de Raymond BarreMidi Libre, 07 janvier 1987, J. Daudin signe un article en deux pages titré "Un élu, un économiste et un politique : Roger Bertreux". Il y décrit la "transformation politique" de l'industriel et son action pour la ville de Nîmes, il est pressenti pour être nommé Ministre de l'Agriculture en cas de réélection de Valéry Giscard d'EstaingLe Paysan du Midi, 21 mai 1981, mais avec la victoire de François Mitterrand en , c'est Édith Cresson qui obtiendra finalement ce portefeuille.

En , il crée l'association française interprofessionnelle pour la transformation des fruits et légumes à destinations multiples (AFIDEM), dont il est le président, avec pour mission d'établir et de gérer les relations contractuelles entre producteurs et transformateurs de fruits et légumes à "destinations multiples" (confitures, compotes, fruits au sirop, jus de fruits, distillation, pulpes et purée de fruits, conserves et surgelés).

Il entend ainsi lutter contre les faiblesses des industries coopératives de fruits et légumes transformés (manque de rigueur dans la gestion, méconnaissance du marketing, recherche de l'assistanat) Selon ses mots, l'AFIDEM doit "insuffler une dynamique de recherche, d'accords entre les producteurs et les industriels, de façon à garantir la pérennité des exploitations, qu'elles soient agricoles, industrielles ou commerciales".

Détail des mandats

Sur le plan politique, il remplit les mandats suivants : Membre associé de la CCI de Nîmes et de la Chambre d'agriculture du Gard, Conseiller municipal à la Mairie de NîmesL'Entreprise, avril 1986 et 60, qui commente le basculement politique de l'entrepreneur nîmois qui s'allie à Jean Bousquet dans la lutte d'influence entre les villes de Nîmes et de Montpellier, chargé de l'aménagement du territoire, sous le mandat du maire Jean Bousquet entre 1983 et 1988, Conseiller régional du Conseil régional du Languedoc-Roussillon, et Président de la Commission des productions méditerranéennes et des industries agro-alimentaires, sous le mandat de Jacques Blanc.

Ses deux principales contributions à la ville de Nîmes furent la rénovation de la Place d'Assas et la création du golf de Vacquerolles. Une rue du quartier de Vacquerolles porte ainsi son nom.

Décorations Chevalier de l'Ordre du Mérite agricoleMidi Libre, février 1981, distinction décernée le par Jacques Chirac, alors Ministre de l'Agriculture. Chevalier de l'Ordre national du MériteMidi Libre, 17 juin 1980, distinction décernée le par Valéry Giscard d'Estaing, alors Président de la République, sur proposition de Michel Debatisse, Secrétaire d'État aux Industries Agricoles et AlimentairesMidi Libre, juillet 1980, le Secrétaire d'État confie à la presse "Conserve-Gard représente pour moi l'exemple de ce qu'une entreprise agro-alimentaire peut apporter de positif à toute une région". Chevalier de la Légion d'honneur le .

Notes et références

Voir aussi Articles connexes

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