Sa reconversion sur circuit désormais achevée, Sébastien Loeb intègre en 2014 le plateau du Championnat du monde des voitures de tourisme à temps complet en prenant part au débarquement de Citroën Racing dans la discipline. Aux côtés de Yvan Muller, quadruple champion du monde, de José María López et de Ma Qing Hua, il participe à la conquête du sacre Constructeurs par la marque aux chevrons et termine sa saison en troisième position du classement mondial. Parallèlement à cet engagement, il reprend ponctuellement le volant de la Peugeot 208 T16 Pikes Peak dans le cadre du Festival de vitesse de Goodwood, poursuit ses piges récurrentes en Mitjet et fait ses débuts dans les courses sur glace du Trophée Andros.

Championnat du monde des voitures de tourisme Officialisation de l'engagement de Citroën

Le , dans le cadre de la 81 édition du Mondial de l'automobile de Paris, Sébastien Loeb annonce à la presse sa retraite progressive du monde des rallyes et confirme les rumeurs évoquées depuis plusieurs années sur son envie de reconversion sur circuit. Pilote emblématique de la marque Citroën depuis ses débuts en compétition, l'Alsacien affirme également sa volonté de poursuivre cette nouvelle aventure avec le constructeur français compte tenu de l'inter-dépendance de leur image respective aux yeux du grand public. Le choix du Championnat du monde des voitures de tourisme est rapidement mis en avant comme l'une des pistes les plus sérieuses par les deux parties. Du point de vue de Sébastien Loeb, cette discipline présente un avantage en matière de crédibilité du fait de son statut de championnat du monde sanctionné par la FIA. Elle permet dans un second temps aux équipes de Citroën d'éviter de partir d'une feuille blanche pour le développement de la voiture, le moteur Turbo imposé étant dérivé du même type de bloc utilisé sur les DS3 WRC mais pourvu d'une bride moins restrictive permettant d'atteindre une puissance de 380 chevaux. Le WTCC séduit également par ses coûts de fonctionnement réduits et la visibilité internationale proposée, le calendrier visitant des zones géographiques clés pour la marque aux chevrons telles que la Chine, la Russie ou l'Amérique du Sud.

En , l'intérêt de Citroën pour la discipline se précise à la suite de la validation par la FIA d'un nouveau règlement technique à compter de la saison 2014, prévoyant initialement la fin du système de lest des performances, un package aérodynamique plus spectaculaire, des voitures plus puissantes ainsi qu'une plus grande liberté dans l'homologation de certaines pièces. Une séance d'essais privée est organisée par le constructeur français en sur le circuit du Jarama près de Madrid afin de tester un modèle de DS3 WRC modifié et adapté aux contraintes de la piste en vue d'un éventuel engagement officiel. La branche sportive de la marque aux chevrons n'ayant aucune expérience dans les compétitions sur circuit, hormis quelques courses disputées en Championnat de France de Supertourisme dans les années 1980, l'objectif fut de dégrossir les grandes lignes du développement de la voiture qui pourrait être alignée, notamment en matière d'aérodynamisme, de refroidissement du moteur et d'absorption des suspensions. Sébastien Loeb et le pilote suisse Alain Menu, vice champion du monde WTCC 2012, se sont à cet effet relayés au volant .

Le , Citroën officialise son engagement en Championnat du monde des voitures de tourisme pour la saison 2014 avec Loeb comme premier pilote confirmé. Le communiqué indique l'alignement d'un certain nombre de voitures supplémentaires venant en complément de celle de l'Alsacien sans évoquer de noms pour ces baquets additionnels. Plusieurs rumeurs indiquent alors l'ouverture de négociations avec Alain Menu et Yvan Muller, autre pilote alsacien dominant la discipline depuis plusieurs années et qui, deux ans plus tôt, avait mis à la disposition du champion du monde des rallyes sa propre Chevrolet Cruze WTCC pour quelques tours de pistes sur le Rockingham Motor Speedway. La présence de l'ex-pilote de Formule 1 Robert Kubica, alors sous contrat avec Citroën en rallye, est également évoquée pour quelques piges. La nouvelle voiture conçue par les ateliers de Satory est dévoilée le au grand public. Contredisant les premières rumeurs laissant présager l'utilisation d'un châssis issu de la DS4, c'est finalement le modèle C-Élysée de la marque qui est choisi comme base de développement, confirmant les intentions du constructeur de considérer ce nouvel engagement comme une vitrine axée vers les pays émergents. La déclinaison WTCC se voit alors doter du moteur Turbo utilisé en WRC et gonflé à 380 chevaux, ainsi que de voies élargies et de plusieurs appendices aérodynamiques.

thumb|right|La Citroën C-Élysée WTCC présentée en lors du Festival Automobile International.

Une courte séquence vidéo produite par Citroën Racing et mettant en scène Sébastien Loeb, Yvan Muller et Daniel Elena aux côtés de la future C-Élysée est mise en ligne sur la toile le . Ce spot promotionnel semble alors confirmer l'association des deux Alsaciens au sein de la nouvelle équipe. L'annonce est officialisée dès le lendemain par communiqué des différents intéressés. La C-Élysée est quant à elle présentée physiquement pour la première fois le , jour d'ouverture de la du Salon de l'automobile de Francfort, aux côtés de ses deux futurs pilotes. L’événement est également l'occasion pour Loeb de faire le point sur son nouvel engagement sportif : . Citroën Racing annonce en la signature d'un troisième contrat de pilote à temps plein pour José María López, triple champion de TC 2000, compétition de courses de tourisme argentine, et vainqueur d'une manche de WTCC à domicile en 2013 .

La nomination des trois pilotes titulaires étant désormais entérinée, le développement de la nouvelle Citroën C-Élysée gagne en intensité à mesure que le coup d'envoi de la saison 2014 approche. Une séance d'essais de cinq jours est organisée au début du mois de janvier sur le circuit Yas Marina d'Abou Dabi durant lesquels Sébastien Loeb, Yvan Muller et José María López se relayèrent au volant de la voiture. Les conditions sèches espérées lors de cette session disputée au Moyen-Orient ne furent en revanche pas toujours au rendez-vous : . Le nonuple champion du monde des rallyes poursuit quant à lui son apprentissage dès la semaine suivante en effectuant des reconnaissances sur l'Autódromo Termas de Río Hondo, circuit hôte du meeting argentin planifié au calendrier, au volant d'une Peugeot 308 du championnat de tourisme local.

La première confrontation avec un autre constructeur a lieu à la fin du mois de février lors d'une séance d'essais mutualisée avec les voitures de l'écurie Honda sur le circuit Paul Ricard sans qu'un tour ne soit officiellement chronométré. Deux exemplaires de la Citroën C-Élysée se trouvaient alors sur place afin de tester notamment la procédure de départ automatique . La marque aux chevrons annonce dans la foulée le recrutement de Ma Qing Hua, vainqueur du championnat de tourisme chinois en 2011 et ancien pilote d'essais au sein de l'écurie de Formule 1 Caterham, pour prendre en charge un quatrième baquet engagé partiellement sur cinq meetings de fin de saison . Le quatuor est réuni au complet pour la première fois lors de la du Salon international de l'automobile de Genève pour une conférence de presse amorçant le lancement du programme 2014. Loeb y évoque ses objectifs et se positionne en outsider du champion du monde Yvan Muller. Il révèle également son choix d'arborer le numéro 9 en référence au nombre de ses titres mondiaux conquis en WRC et dont il usa déjà l'année précédente avec son équipe privée dans les FIA GT Series. Les premiers essais officiels organisés sous l'égide de la FIA se déroulent à Valence sur le circuit Ricardo Tormo. Loeb signe le meilleur temps de la séance devant les deux Honda Civic d'usine .

Race of Morocco 2014 Le coup d'envoi du championnat WTCC est donné le deuxième week-end d'avril à Marrakech sur le circuit urbain Moulay El Hassan. Un total de vingt pilotes répartis dans neuf équipes différentes ont répondu présent pour cette première manche.

L'équipe Citroën domine la séance de test du vendredi en accaparant les trois premières places, Sébastien Loeb terminant derrière ses deux coéquipiers à respectivement six dixièmes d'Yvan Muller et deux dixièmes de José María López . L'Alsacien établit un nouveau record du tour dès le lendemain en réalisant le meilleur temps de la première séance des essais libres, deux dixièmes devant Muller . Le quadruple champion du monde de la discipline réagit quelques heures plus tard en pointant en première position de la feuille des temps de la deuxième session, mais sans parvenir à descendre sous le chrono de référence établi précédemment par Loeb, ce dernier terminant troisième à un peu plus d'une seconde : . Les premières analyses issues de ces essais préliminaires indiquent une domination assez nette des Citroën C-Élysée, leurs rivales les plus proches, à savoir les Chevrolet Cruze TC1 développées par RML, pointant en moyenne à près de deux secondes au tour.

Les qualifications débutent le même jour en début d'après-midi. Sébastien Loeb signe le deuxième temps de la première session, quatre dixièmes derrière Yvan Muller, avant de s'imposer dans la suivante devant ses deux coéquipiers, les trois hommes se tenant alors dans un écart de cinq millièmes de seconde. La troisième et dernière session réunit les cinq meilleurs pilotes qui disposent alors d'une piste entièrement dégagée pour un unique tour chronométré. Dernier à s'élancer, Loeb y décroche le troisième temps, un dixième de seconde derrière le poleman José María López, après avoir pointé en tête dans les deux premiers secteurs du circuit : . Quelques heures plus tard, la décision des commissaires de déclasser Muller en quatrième position pour avoir coupé une chicane pendant son tour de qualification lui permet finalement d'accéder à la première ligne de la grille de départ .

Sébastien Loeb parvient à tenir sa position lors du coup d'envoi de la première course, contrôlant une tentative de dépassement de la part d'Yvan Muller usant de l'aspiration. López conserve la tête à l'issue du premier virage et mène le trio des Citroën C-Élysée. Les voitures de la marque aux chevrons accroissent progressivement leur avance sur leurs concurrentes. Le tracé emprunté de type urbain ne facilitant pas les dépassements, la hiérarchie demeurera inchangée jusqu'à l'arrivée malgré quelques attaques de Muller sur Loeb dans la plus longue ligne droite. Les températures moyennes supérieures à enregistrées le jour de la course ont également contribué à figer les positions en provoquant un échauffement trop important des freins et obligeant ainsi les pilotes à sortir plus tôt de l'aspiration pour les refroidir. Le nonuple champion du monde des rallyes termine à la seconde place, sept dixièmes de seconde derrière son coéquipier argentin, et signe le meilleur tour en course pour son baptême en WTCC : .